La Grande Salle, pour causer cinéma

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Modérateur : Le Guet

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Rom1
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La Grande Salle, pour causer cinéma

Message par Rom1 »

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Un sacré film, qui secoue bien. Elsa Zylberstein est exceptionnelle mais c'est surtout Rebeccas Mardrer (qui joue Simone jeune) qui crève totalement l'écran. Les scènes sur les camps ou la marche de la mort sont à la limite du soutenable tant c'est intense, j'étais en larmes tout le long. Le montage est également digne d'intérêt, avec ses constants allers-retours entre les différentes périodes en utilisant des liens thématiques pour passer de l'une à l'autre.
Je recommande. Quelle vie.
Godo
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Re: La Grande Salle, pour causer cinéma

Message par Godo »

Le personnage m'intéresse mais j'avoue que le sujet des camps de la mort un peu moins, qui semble prendre une part importante du film, évidemment.
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Rom1
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Re: La Grande Salle, pour causer cinéma

Message par Rom1 »

Je pense que vue la période que l'on traverse, se rappeler de ce point terminal du fascisme ne peut pas faire de mal.
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Eunostos
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Re: La Grande Salle, pour causer cinéma

Message par Eunostos »

Disons que ça semble difficile de s'intéresser à Simone Veil en contournant complètement sa vie pendant la Seconde guerre mondiale et sa déportation. L'Histoire contient parfois des enchaînements absurdes, mais tout de même aussi pas mal d'enchaînements de causes et d'effets, et ce que Veil a vécu durant cette période explique largement ses engagements ultérieurs. Tout comme l'oubli ou la méconnaissance de ladite période par les générations plus récentes peut expliquer en partie certaines errances récentes.
Kosmos (jeu de rôle amateur sur la mythologie grecque)
Godo
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Re: La Grande Salle, pour causer cinéma

Message par Godo »

Vu Une belle course avec Line Renaud et Dany Boon au cinéma de mon quartier. J'ai trouvé les acteurs un peu irréguliers. Sur l'histoire, je m'attendais pas à quelque chose d'aussi triste. C'est un drame, qui aborde des thèmes durs. Même le dénouement est mi-figue mi-raisin. En tout cas, ça remue dans les tripes, on verse sa petite larme.
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Cuchulain
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Re: La Grande Salle, pour causer cinéma

Message par Cuchulain »

La semaine dernière fut cinéphile.
Lundi : "Black Adam". Blockbuster américain où DC copie Marvel mais en moins bien. Cela reste au-dessus de certaines productions DC classique (Joker ou le dernier Batman ne rentrent pas dans cette catégorie) à mon goût cela dit (les ton délavés à la Snyder me casse les pieds à titre personnel par exemple). Dommage il ne manquait pas grand chose pour rendre le personnage un peu plus étoffé et avec un acteur meilleur on aurait pu avoir un jeu plus nuancé et moins : je suis méchant mais en fait je suis quand même un peu gentil. Ca reste toutefois un bon blockbuster où l'on dépose son cerveau et où on le reprend ensuite avec plaisir.

Mardi : Novembre. Un sujet qui me touche un peu plus que la moyenne des gens étant donné que je travaillais près du stade de France à l'époque et que j'ai vu les séquelles des explosions en retournant bosser le lundi matin. Lors de l'assaut je n'ai pas pu aller travailler car tout était bouclé. Ca fait bizarre... Bref : je ne sais pas exactement qu'est ce qui est de la fiction et qu'est ce qui est tiré de faits réels mais c'est du polar fichtrement efficace. J'avais un peu peur de Jean Dujardin en mode cabotinage mais il est bien dirigé et donc pas en roue libre. On évite le ton particulier (un genre de chuchotement) des acteurs et actrices dans les films français qui se regarde le nombril et on est pris aux tripes.
Cuchulain l'homme qui a du chien !
Godo
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Re: La Grande Salle, pour causer cinéma

Message par Godo »

@Cuchulain si tu aimes les blockbusters je te recommande Everything Everywhere All at Once, qui est un croisement entre un Marvel, Men In Black, un Nolan et le traiteur asiatique de ta ville 😁

J'ai vu Avatar 2, je l'ai trouvé tellement pauvre en terme de worldbuilding, de scénario et de personnages...
Dernière modification par Godo le 15 janv. 2023, 10:05, modifié 1 fois.
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Usher
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Re: La Grande Salle, pour causer cinéma

Message par Usher »

Avec un an de retard, on a vu The Northman, de Robert Eggers.

Commençons tout de suite par le plus problématique : le film n'a qu'un rapport anecdotique avec l'histoire d'Amleth, que ce soit le drame shakespearien ou la Gesta Danorum de Saxo Grammaticus. Vu l'évolution de l'histoire de vengeance et son aboutissement en Islande, Robert Eggers aurait très bien pu renommer ses personnages.

Cette réserve émise, quel film fabuleux ! Alors oui, c'est un film de vengeance testostéroné, une sorte de western nordique des âges sombres, mais qui possède trois qualités : il en met plein les yeux, la restitution de la culture matérielle est étourdissante de réalisme et de fidélité, et tout le film sue littéralement le paganisme.
Robert Eggers ne fait pas de son Amleth (au passage, "Amlaith" signifiait fou ou imbécile, en vieux norrois) un prince pusillanime ni un ange vengeur, mais juste un héros scandinave qui va jusqu'au bout du destin qui lui est assigné, quitte à commettre des crimes inexcusables. En ce sens, il est un gœfumadr, celui qui respecte le destin assigné, auquel il a été initié par Horwendil, son père, au cours d'une cérémonie religieuse. Manifestement, un des objectifs de Robert Eggers a été de proposer une restitution cinématographique de ce sens du sacré nordique, avec une profusion de séquences païennes : chamanisme, nécromancie, frénésie berserkr, visions du grand frêne, arbre univers qui, par condensation, devient aussi l'arbre de la lignée d'Amleth, sans oublier le bref aperçu d'une Valkyrie splendide. L'onirisme païen est entretissé aux séquences de vie ordinaire : pillages, servage, funérailles, travaux quotidiens des esclaves autour des nobles.
Les décors et le mobilier sont à tomber par terre. Les temples d'Odinn, reconstitués d'après le modèle des églises de bois du moyen-âge scandinave, sont criants de réalisme ; les intérieurs des maisons, avec leurs portes à seuil surélevé, leurs poutres sculptées, leurs fosses à feu, leurs métiers à tisser, sont tout aussi étourdissants de fidélité ; et tout cela est éclairé au feu, avec une lumière chaude et contrastée qui donne une âme à ces décors archaïques.
A noter aussi la performance de certains acteurs. Je pense en particulier à Ethan Hawk (Horwendil, le père d'Amleth), étonnant de charisme en roi viking et païen (et méconnaissable quand on pense à des rôles plus policés comme celui qu'il a tenu dans La Vérité, d'Hirokazu Kore-eda) ou encore Nicole Kidman (Gudrun, la mère d'Amleth), faussement effacée, complexe, altière, toxique, parfois réellement hideuse.
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Rom1
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Re: La Grande Salle, pour causer cinéma

Message par Rom1 »

Je partage chaque mot de ta critique.
Ce film, ça a été le choc de l'an dernier.
Je le place au côté de Conan le Barbare et Excalibur en tant qu'exemple de mythe directement gravé sur pellicule.
Uodano
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Re: La Grande Salle, pour causer cinéma

Message par Uodano »

Vu : "Hinterland" de Stefan Ruzowitzky.

C'est beau, prenant et tout à fait adaptable à "Rats in the wall", "Horrifique" ou n'importe quel Cthulhu.

L'histoire raconte le retour d'un groupe de soldat Autrichien à Vienne, en 1920. Retenu deux ans comme prisonniers de guerre en Russie, ils reviennent dans un pays et une ville qu'ils ne reconnaissent pas : leur Empereur a disparut pour laisser place à une République. Il reviennent deux ans trop tard pour être reconnue comme héros de guerre. Ils sont laissé à l'abandon par les autorités.
Pour ne rien arrangé, leur groupe est la cible d'un tueur qui les pourchasse un par un et les assassine de manière extrêmement cruelle et mis en scène.

Le protagoniste est un lieutenant, ancien policier et fin limier de la police de Vienne qui a cédé aux chants du drapeaux mais qui en est revenu.

Le scénario est efficace, le perso principal est charismatique. La mise en scène et plutôt bonne.
Ce qui marque, ce sont les décors : les perspectives sont tordu, avec des angles impossibles. La lumière est maitrisée et pose une ambiance assez sombre tout en étant visible.

On est dans la même veine que "Seven" pour l'histoire et "les mystère de Barcelone" pour l'image.

Ce qui m'a marqué : le lieu et le temps. Vienne et l'Autriche au sortir de la Der' des Der'. Des soldats qui partent d'un empire et qui reviennent dans une république. et deux ans après la fin de la guerre. Comment vit-on cette expérience ? Sur quoi on se reconstruit ? Est-ce que nous sommes encore nous même ? Ca questionne le rapport à sa culture, la distanciation qu'il peux y avoir entre l'entité politique et l'individu, qui parfois, se confondent et sont les germes du nationalisme.

Une piqure de rappelle que "la carte n'est pas le territoire" et que "ceci n'est pas une pipe".
Tout ce passera bien mais rien ne se passera comme prévu.
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