Ceci est un thread généraliste visant à discuter des jeux de rôles portant sur le genre (ou sous genre) de la "Sword & Sorcery".
Qu'est-ce que la "Sword & Sorcery" me direz vous ? et bien c'est une question qui parait simple, mais qui est en fait EXTRÊMEMEMENT compliquée.
Déjà parce que le terme de "Sword & Sorcery" ne parle qu'aux adeptes de la littérature de fantasy, car pour le commun des mortels les aventures de Conan sont rangés au même rayon que ceux de la communauté de l'anneau ; mais vous, chers connaisseurs, chers camarades qui sachent, avez sans doutes en tête une certaine image d'Épinal: celle du barbare en slip de fourrure qui pourfend un méchant sorcier ethniquement connoté pour sauver une vierge gémissante. C'est une image caricaturale, mais pas totalement infondée, surtout quand on se dirige du côté de peignes cul comme Lin Carter, ou encore l'infame Lyon Sprague de Camp, le perfide L Sprague de Camp, que je ne respecte pas et dont je vais faire exprès d'écorcher le nom à partir de maintenant, mais ne vous inquiétez pas nous reparlons probablement assez vite de John Wilkes Booth de Camp.
Un genre ne devant être jugé qu'à l'aune de ses chefs d'œuvres plutôt que des étrons, je me permet donc de rappeler que la quasi totalité des grandes œuvres littéraires appartenant à ce genre ne sont pas de simples histoires de divertissements destinées à accomplir les fantasmes potentiels du lecteur. On y trouve de très grands romans, mais surtout de très grandes nouvelles : Conan le Cimmérien (Robert E Howard), Jirel de Joiry (C L Moore), Elric (Michael Moorcock), Kane (Karl Edward Wagner), Lankhmar (Fritz Leiber) et tout ceux que j'oublie.
Bref, comment donner une définition précise du genre ? Enfin, je veux dire "essayer" de donner la définition car la tache est plutôt ardue.
L'expression proprement dite vient de Fritz Leiber, qui de son propre aveux l'a proposé uniquement parce que çà claque, et personnellement je luis donne raison, çà résume d'ailleurs plutôt bien la plupart des œuvres qu'on rassemble dans ce giron puisqu'il y a beaucoup de héros avec des épées qui tatanes des méchants sorciers. Cette qualification fait cependant polémique, car beaucoup la trouve réductrice et effectivement çà l'est, çà marche bien pour décrire les aventures de Conan par Roy Thomas où on enchaine les aventures en mode "Épée, Monstres, Ouga Bouga" mais çà rend beaucoup moins justice à la complexité d'histoires comme "Au delà de la rivière noire", "Les Clous rogues" ou encore l'entièreté de l’œuvre de Kane. Le fait qu'elle ait été popularisée par James Earl Ray de Camp pèse aussi beaucoup dans sa dépréciation.
En dépit du caractère polémique du terme "Sword & Sorcery" je pense qu'il est néanmoins nécessaire, pour la simple et bonne raison que tout comme en Science, il convient en littérature de bien nommer les choses, notamment pour les différencier les unes des autres. Car l'intérêt de l'appelllation "Sword & Sorcery" n'est pas tant de fournir une définition exacte que de les différencier des autres œuvres de Fantasy, notamment de High Fantasy. Car quand on compare Conan et Le Seigneur des anneaux, il n'y a aucun point communs, que des différences, et pourtant on les fout tout les deux dans le même panier avec le terme générique de "Fantasy"
À mon avis, ce qui différencie réellement la "Sword & Sorcery" de la "High-Fantasy" que personnellement je préfère appeler "Fantasy Tolkienisante" c'est l'apport de la culture américaine. En effet, Tolkien plonge dans les mythes européens et notamment ceux du Kalevalla ; Howard et Compagnie eux, ne connaissent pas les mythes européens et s'en foutent complétement, les récits de Sword & Sorcery transposent les grand mythes de l’Amérique dans un monde pseudo médiéval, Howard adaptant les histoires de l'Ouest pour Conan et Leiber celles des gangsters de Chicago pour Lankhmar, là réside la vrai différence entre "Sword & Sorcery" et "High Fantasy".
Pour plus de débats sur le terme, je vous invite à visionner un extrait de cette conférence de Patrice Louinet : https://youtu.be/7Z5c0D6nbdo?t=2428
Sword & Sorcery - Acier contre magie
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Re: Sword & Sorcery - Acier contre magie
Salut compagnons de fortune,
Je recycle ici un pavé rédigé sur CasusNO à l'occasion d'une discussion sur les JdR qui auraient le mieux su capter et restituer l'esprit de ce genre littéraire qu'est la Sword & Sorcery.
Je ne modifie pas ce que j'ai écrit là bas, mais apporterai volontiers des réponses et/ou compléments en fonction de l'évolution du sujet.
Voici mon message original :
"Cette discussion est bien intéressante et j'aimerais rebondir sur plusieurs choses.
Tout d'abord, loin de moi l'idée d'opposer BSH, BOL ou les différentes itérations de Conan, ce n'est pas l'idée. Et on pourrait y ajouter La Lune et 12 Lotus, Beasts & Barbarians, ASSH, Épées et voleurs, etc...
Et de préciser qu'un JdR, c'est surtout ce qu'on en fait, même si là je ne vous apprends rien. Chacun s'amusant bien comme il le souhaite.
J'ai fait jouer du Conan avec un GURPS bidouillé il y a bien longtemps, puis des années plus tard motorisé du Conan avec SaWo que j'ai lâché depuis (même si je salue l'effort autour de Beasts & Barbarians). Je n'ai, cependant, jamais été fan des versions Mongoose et Modiphüs, par contre je ne crache pas sur la somme du taf abattu, même si certains bouquins de lore étaient avant tout du remplissage à pas cher (enfin sauf pour l'acheteur).
En fait, on est tous là à tourner autour sans vouloir marcher dedans, mais la question est : quels jeux ont le mieux su capter l'esprit ou l’essence de ce sous-genre littéraire que serait la Sword & Sorcery ?
On va commencer de suite par se débarrasser de ce vocable qui n'a plus de sens aujourd'hui, car non, Robert E. Howard et les auteurs qui se revendiquent de lui ne sont pas des tacherons dont le travail se résumerait à une prose bas du front, de piètre qualité, réservée à des adolescents boutonneux et dont le fond serait limité à des histoires de barbares musculeux sous stéroïdes et de préférence en slip de fourrure, qui passeraient leurs journées à sauver des princesses en détresse, de préférence peu vêtue, tout en distribuant des baffes façon Obelix et des coups de haches (à deux fers) aux vilains sorciers qui les empêcheraient de profiter de la vie avec leur délire permanent de vouloir asservir tout le monde, voire d’anéantir leur prochain.
Non, Robert E. Howard et des mecs comme Karl Edward Wagner, Charles R. Saunders, Fritz Leiber ou Jack Vance (liste non exhaustive) ne sont pas des besogneux qui se sont contentés de publier du roman de gare à pas cher, car tous sont de tres bons écrivains et ont contribué à l'édification de ce qu'on peut nommer aujourd'hui la fantasy à l'américaine et dont REH est le fondateur et chef de file. Ai-je besoin d'aborder l'impact de ce genre sur la culture populaire ?
Du coup, de quoi parlons nous ?
Nous parlons d'un jeune mec paumé au fin fond du Texas qui, abreuvé de récits littéraires en tous genres et d'histoire avec un grand H, a enfanté d'un genre nouveau en foulant de sa sandale ce que véhiculait la fantasy anglo-saxonne originelle.
Robert E. Howard a littéralement fait exploser les codes en vigueur en américanisant ce genre, en lui donnant un nouveau cadre, une nouvelle forme tout en y projetant ses obsessions, quand bien même il a parfois, par nécessité mercantile, sabordé ses propres écrits (et c'est malheureusement de ceux là que s’inspireront mauvais suiveurs et pasticheurs, pas des meilleurs textes...).
- Oui, un nouveau cadre en y injectant l'Amérique (ses paysages, son histoire, la Frontière, la crise de 29...).
- Oui, une nouvelle forme en battant en brèche non seulement les codes de la fantasy anglo-saxone, mais également les conventions littéraires en vigueur à l'époque. Action échevelée, violence décomplexée avec geyser de sang à l'appui, le tout emmené par des personnages en nuance de gris. Point de manichéisme outrancier, les "bons" comme les "mauvais" (je mets des guillemets exprès) sont tous mus par des considérations bassement humaines, richesse, pouvoir, luxure...(en ces temps d'affaire EPSTEIN, la résonance n'en est que plus troublante). La violence et la noirceur de l'âme humaine sont exposées en permanence. Et on peut ajouter sexe, grossièretés (avec couperet de la censure), tonalité ultra pessimiste et parfois absence de happy end, quand on est pas carrément face à des ambiances de fin du monde ! Et tout cela avec un vocabulaire résolument moderne pour l'époque.
- Oui, il y a injecté ses obsessions : la paternité, la famille, le libertarisme, l'opposition entre barbarie et civilisation, etc...
Cependant, le plus drôle, c'est qu'il est devenu le géniteur de ce genre par nécessité, pas par envie.
Il y a d'ailleurs un point à souligner, la plupart des récits fonctionnent quand bien même vous les débarrassez de leur vernis fantastique, ce n'est pas ce qui intéresse REH. Ce vernis n'est là que pour justifier une publication dans Weird Tales, point barre. Je ne vous refais pas ici l'explication complète du "comment on en est arrivé là".
Je termine ce paragraphe en concluant que si l'appellation de Sword & Sorcery doit perdurer, j'aimerais bien qu'elle ne soit utilisée que pour les suiveurs, les pasticheurs et tous les véritables tacherons qui ont bafoué l’œuvre originelle, soit par incompréhension du matériau de base, soit parce qu'il n'en ont gratté que la surface, ou par volonté purement mercantile en se gardant bien d'essayer d'imiter un Howard à son meilleur, mais en se contentant de recycler ses plus mauvaises nouvelles - celles publiées par appât du gain en des périodes difficiles (ce dont il avait parfaitement conscience, puisque nouvelles rédigées à dessein).
Du coup, revenons à nos moutons, c'est quoi l'essence ou l'esprit dont le JdR est censé s'emparer ?
On va dire, grosso modo, qu'un JdR c'est un système, un lore et une ambiance.
Sur le lore, rappelons tout de même que l'Âge hyborien n'est qu'un joyeux fatras pseudo-historique tantôt "antiquisant", tantôt "médiévalisant", avec surtout des humains en nuances de gris, des animaux géants, quelques monstres à tentacules, de la sorcellerie et un peu de religion polythéiste, même si les dieux ne se montrent guère. Tout cela dans l'optique pour REH de ne pas perdre de temps en recherches historiques (et ainsi ne pas se voir reprocher des anachronismes), et de pouvoir justifier ses publications dans Weird Tales, un pulp dont les maitre mot est le fantastique.
Ce que je veux dire par là, c'est qu'il n'y a pas besoin d'une tonne de lore pour s'amuser dans l'Âge hyborien, REH n'ayant jamais tout détaillé ni tout décrit, car ce n'était pas son but, s'appuyant avant tout sur des images suggestives relevant plus de l'imagerie populaire (et donc plus caricaturales qu'historiques), et lui permettant ainsi de poser un décor, une situation et des personnages en peu de mots....pour ensuite passer à l'action. Des pseudo-vikings avec casques à corne pour le Nordheim, des pseudo-égyptiens pétris de sorcellerie avec la Stygie, des pseudo-royaumes médiévaux occidentaux avec l'Aquilonie ou la Némédie, etc, etc...
Les jeux évoqués partagent à peu près tous, d'une manière ou d'une autre, avec parfois certaines originalités, cette approche pseudo-historique, avec une géographie au compas et l'utilisation massive de l'imagerie populaire renforcée par tout ce qui est venu s'ajouter aux récits d'origine depuis la 2ème GM : cinéma, illustration, BD, jeux vidéo, etc... Ceci dit, je ne pense pas que lorsque nous parlons tous ici de "capter l'essence ou l'esprit" de Conan ou de la Fantasy à l’américaine, nous parlons particulièrement du lore, même si le décorum participe forcément, mais pour partie seulement, à la construction du genre.
Peut-être plus que de lore, devrions nous parler d'ambiance...
Et là, oui comme dit plus haut, on est pas dans un monde de bisounours et toute forme de manichéisme est à oublier. Je ne vais pas tout répéter ici, mais concentrons nous sur l'essentiel : REH nous parle de notre monde, mais en le travestissant sous une couche de pseudo-histoire et une couche de sorcellerie, mais qui ne sont pas son propos, juste un véhicule. Il ne s'agit que de parler du genre humain et de mettre en exergue ses plus mauvais penchants, quand bien même on croise aussi des personnages que l'on peut qualifier de plutôt "bons"(Zelata, Hadrathus)...Nuances de gris je vous dis. Pour le reste, beaucoup de salopards, de pessimisme, de morts et parfois la fin du monde (enfin plutôt la fin d'un monde cf. "Au delà de la rivière Noire" et "Les Clous rouges").
Par contre,vous pouvez oublier les conflits cosmiques et les trucs du genre loi/chaos avec REH. Hors cataclysme naturel, l'homme est un loup pour l'homme et le seul auteur de sa propre perte, car toute civilisation finit par s'effondrer, soit de l'intérieur, soit parce que de "nouveaux barbares" viennent prendre la place de civilisés avilis et corrompus par leur propre développement, leurs lois et leur science (avec ici la sorcellerie comme point d'orgue, forcément néfaste et corruptrice, le sorcier étant l'incarnation ultime du civilisé corrompu par sa propre soif de connaissance, mais pas la connaissance acquise pour aider son prochain, celle recherchée pour son ambition perso, sa puissance, son statut, etc.) On revient au pouvoir, richesse, luxure déjà évoqués.
Ce qui signifie également l'évocation potentielle de sujets qui peuvent fâcher comme l'esclavagisme, le racisme, la place des femmes, etc...
Alors oui, cela reste du divertissement, mais quand on gratte un peu, REH semble bien moins bas du front qu'on a toujours voulu nous le faire croire.
Je pense que beaucoup ici n'analysent pas Howard de cette façon ou se sentent bien plus proches des Comics ou du film de Milius...c'est bien moins pesant.
Et pour le système alors ?
On l'a dit, Conan c'est de l'action échevelée, souvent épique et toujours fulgurante. Pas de temps à perdre, un perpétuel enchainement de péripéties physiques époustouflantes et de combats aussi violents qu'expéditifs, avec de bonnes grosses batailles aussi parfois. C'est véritablement fast and furious.
Mais Conan, c'est aussi un personnage qui n'évolue jamais. Il n'est pas le centre d'intérêt d'Howard, ni même le cœur des nouvelles. C'est un homme sans passé, sans avenir et qui est toujours le même d'une nouvelle à l'autre, dans une sorte d'éternel présent et ce, qu'il soit décrit comme jeune ou dans la force de l'âge et quel que soit son rôle, déterminé uniquement pour servir le récit du moment. Besoin d'un voleur, il est voleur. Besoin d'un pirate, il est pirate, besoin d'un capitaine mercenaire, allez hop, le voici capitaine. Ses seules véritables constantes sont d'être le meilleur guerrier de son époque, car doté d'une force, d'une agilité et d'une volonté hors normes, ainsi que d'être intelligent (il sait lire et écrire et est polyglotte).
D'ailleurs, on va tailler à la serpe une autre idée reçue sur le personnage, cette force qui le caractérise lui permet avant tout de ne jamais être soumis (toujours ce libertarisme cher à Howard), mais ne le caractérise pas du tout comme un surhomme nietzschéen (même s'il apparait surhumain dans certains récits). Conan est un homme qui ne se laissera jamais corrompre ou soumettre par autrui et encore moins la civilisation. Penser un instant qu'il aurait pu rester enchainer à la Wheel of Pain est une erreur. Soit il se serait échappé, soit il serait mort en essayant, mais jamais il ne l'aurait accepté. Inversement, à aucun moment, AUCUN MOMENT, il n’utilise sa force pour soumettre son prochain ou conquérir quoi que ce soit ! Conan le Conquérant est une appellation absurde si on s'en tient aux récits de REH.
Alors en conclusion, que pouvons nous faire avec tout cela...
Allez, je me lance sur BoL, car vu que je l’encense plutôt souvent autant vous livrer mon raisonnement et je vous laisserai faire la même chose sur les jeux de votre choix.
Intro :
Oui, je me répète, mais BoL version Ludospherik c'est tout d'abord une superbe proposition d'un rapport qualité/prix mettant à rude épreuve la concurrence. C'est du matos de qualité, très bien présenté et très bien écrit, ainsi que très bien illustré. Une gamme d'une géniale cohérence tant dans son fond que par sa forme.
Et cette captation de l’esprit alors ?
- Le lore : vue que l'inspiration directe est issue de la série Thongor de Lin Carter (un aimable suiveur/pasticheur de Conan, mais qui n’arrive pas à la cheville de REH), on est plutôt pas mal. Une géographie au compas, de la pseudo-histoire "antico-médiévale" située dans notre futur avec des peuples très imagés et évocateurs, des grosses bêtes (et des dinos), des dieux, des monstres, des sorciers et une sorcellerie forcément néfaste et corruptrice, bref... On est dans le tripe, y compris avec des petites originalités comme les nefs volantes, les hommes-oiseaux, etc...
- L'ambiance : il y a clairement une volonté de prendre du recul sur la matière avec un léger second degrés qui n'est cependant jamais méprisant ou condescendant avec le matériau d'origine. Un choix qui permet une forme de légèreté que n’autoriserait pas une adaptation littérale et premier degrés d'un univers à la Conan (est-ce vraiment possible de nos jours d'ailleurs ?). Si le matériau d'origine semble parfaitement digéré, il est proposé là pour le fun avant tout, sans trop s’appesantir sur le fond ou vouloir s'aventurer sur des sujets dérangeants.
Ce n'est absolument pas un reproche, mais mon BoL est plus violent, plus mature, plus proche du véritable Howard en ce sens, ceci dit, je le pratique avec un public averti.
Et pour finir, impossible de ne pas décerner une mention spéciale à Emmanuel ROUDIER dont la patte graphique apporte vraiment un supplément d'âme et de cohérence à l'ensemble, tout en nous plongeant instantanément dans le genre, mais lui aussi, comme pour les textes, avec à la fois un mélange de sérieux et de second degrés qui se marient parfaitement.
- Le système : pour moi BoL est bien l'incarnation même de cette puissance des persos dès le début. Conan il est balèze dès ses débuts. Pareil, pour la violence et la fulgurance des combats avec cette possibilité d’envoyer plusieurs persos au tapis en 1 action. Il faut que ce soit expéditif et brutal sans trop de calculs d'apothicaires ou de surenchères de possibilités.
Pour les autres actions, ce système de carrière est quand même une chouette référence aux "différentes vies" de Conan tout en ayant la bonne idée de nous débarrasser des listes de compétences et des listes d'atouts et des listes...de ce que vous voulez. C'est ultra fonctionnel et bien dans l'esprit.
Alors oui, je reconnais que ce système ne se prête pas au jeu en longues campagnes, mais comme expliqué plus haut, Conan il est balèze de suite et n'évolue jamais ! En cela, l'esprit il y est !!!
Bon c'est un peu facile, mais effectivement, sauf à créer des persos vraiment plus faibles au départ (comme le propose le S+S Codex) et/ou ralentir la distrib d'XP afin de ne pas vous retrouver qu'avec des Conan à la moitié de votre campagne, ça ne le fait pas. Ou alors vous avez des joueurs qui aiment changer de perso d'une poignée de scénarios à une autre, puisque le persos sont déjà balèzes dès le début. Une autre forme de plaisir.
Je ne parle pas de la sorcellerie, non sens pour les PJ si on veut rester dans l'esprit (dixit le gars qui a mis au point une aide de jeu rien qu'à ce sujet
Une dernière chose quand même, ce système est tout de même génial dans sa conception qui permet allégrement de le bidouiller/triturer/compléter selon ses besoins et ses envies sans trop de risque de casser la machine.
En ce qui me concerne, un jeu qui est et restera l'un de mes préférés dans cette version Ludospherik.
Et je me rends compte que malgré la tartine déjà rédigée, on est pas entré en détail sur les motivations des PJ et leurs raisons de partir à l'aventure, mais il est bien évident qu'avec des protagonistes en nuances de gris et donc potentiellement peu recommandables, voire à la moralité douteuse, beaucoup de prétextes sont possibles.
Gardons à l'esprit que chaque individu est d'abord là pour des motifs qui lui sont propres et/ou des raisons pratiques avec souvent la nécessité d'assurer sa subsistance pour le lendemain.
Point de quête initiatique ou de grande mission pour sauver l'humanité, mais l'appât du gain et qqs raisons personnelles peuvent suffire....et si jamais la petite histoire doit percuter la grande, ce sera sans doute avec beaucoup d'opportunisme et encore plus de profits à la clé.
Bravo à tous ceux qui seront parvenus jusque là...Crom s'en fout !"
Barbariquement vôtre,
Pallantides
Je recycle ici un pavé rédigé sur CasusNO à l'occasion d'une discussion sur les JdR qui auraient le mieux su capter et restituer l'esprit de ce genre littéraire qu'est la Sword & Sorcery.
Je ne modifie pas ce que j'ai écrit là bas, mais apporterai volontiers des réponses et/ou compléments en fonction de l'évolution du sujet.
Voici mon message original :
"Cette discussion est bien intéressante et j'aimerais rebondir sur plusieurs choses.
Tout d'abord, loin de moi l'idée d'opposer BSH, BOL ou les différentes itérations de Conan, ce n'est pas l'idée. Et on pourrait y ajouter La Lune et 12 Lotus, Beasts & Barbarians, ASSH, Épées et voleurs, etc...
Et de préciser qu'un JdR, c'est surtout ce qu'on en fait, même si là je ne vous apprends rien. Chacun s'amusant bien comme il le souhaite.
J'ai fait jouer du Conan avec un GURPS bidouillé il y a bien longtemps, puis des années plus tard motorisé du Conan avec SaWo que j'ai lâché depuis (même si je salue l'effort autour de Beasts & Barbarians). Je n'ai, cependant, jamais été fan des versions Mongoose et Modiphüs, par contre je ne crache pas sur la somme du taf abattu, même si certains bouquins de lore étaient avant tout du remplissage à pas cher (enfin sauf pour l'acheteur).
En fait, on est tous là à tourner autour sans vouloir marcher dedans, mais la question est : quels jeux ont le mieux su capter l'esprit ou l’essence de ce sous-genre littéraire que serait la Sword & Sorcery ?
On va commencer de suite par se débarrasser de ce vocable qui n'a plus de sens aujourd'hui, car non, Robert E. Howard et les auteurs qui se revendiquent de lui ne sont pas des tacherons dont le travail se résumerait à une prose bas du front, de piètre qualité, réservée à des adolescents boutonneux et dont le fond serait limité à des histoires de barbares musculeux sous stéroïdes et de préférence en slip de fourrure, qui passeraient leurs journées à sauver des princesses en détresse, de préférence peu vêtue, tout en distribuant des baffes façon Obelix et des coups de haches (à deux fers) aux vilains sorciers qui les empêcheraient de profiter de la vie avec leur délire permanent de vouloir asservir tout le monde, voire d’anéantir leur prochain.
Non, Robert E. Howard et des mecs comme Karl Edward Wagner, Charles R. Saunders, Fritz Leiber ou Jack Vance (liste non exhaustive) ne sont pas des besogneux qui se sont contentés de publier du roman de gare à pas cher, car tous sont de tres bons écrivains et ont contribué à l'édification de ce qu'on peut nommer aujourd'hui la fantasy à l'américaine et dont REH est le fondateur et chef de file. Ai-je besoin d'aborder l'impact de ce genre sur la culture populaire ?
Du coup, de quoi parlons nous ?
Nous parlons d'un jeune mec paumé au fin fond du Texas qui, abreuvé de récits littéraires en tous genres et d'histoire avec un grand H, a enfanté d'un genre nouveau en foulant de sa sandale ce que véhiculait la fantasy anglo-saxonne originelle.
Robert E. Howard a littéralement fait exploser les codes en vigueur en américanisant ce genre, en lui donnant un nouveau cadre, une nouvelle forme tout en y projetant ses obsessions, quand bien même il a parfois, par nécessité mercantile, sabordé ses propres écrits (et c'est malheureusement de ceux là que s’inspireront mauvais suiveurs et pasticheurs, pas des meilleurs textes...).
- Oui, un nouveau cadre en y injectant l'Amérique (ses paysages, son histoire, la Frontière, la crise de 29...).
- Oui, une nouvelle forme en battant en brèche non seulement les codes de la fantasy anglo-saxone, mais également les conventions littéraires en vigueur à l'époque. Action échevelée, violence décomplexée avec geyser de sang à l'appui, le tout emmené par des personnages en nuance de gris. Point de manichéisme outrancier, les "bons" comme les "mauvais" (je mets des guillemets exprès) sont tous mus par des considérations bassement humaines, richesse, pouvoir, luxure...(en ces temps d'affaire EPSTEIN, la résonance n'en est que plus troublante). La violence et la noirceur de l'âme humaine sont exposées en permanence. Et on peut ajouter sexe, grossièretés (avec couperet de la censure), tonalité ultra pessimiste et parfois absence de happy end, quand on est pas carrément face à des ambiances de fin du monde ! Et tout cela avec un vocabulaire résolument moderne pour l'époque.
- Oui, il y a injecté ses obsessions : la paternité, la famille, le libertarisme, l'opposition entre barbarie et civilisation, etc...
Cependant, le plus drôle, c'est qu'il est devenu le géniteur de ce genre par nécessité, pas par envie.
Il y a d'ailleurs un point à souligner, la plupart des récits fonctionnent quand bien même vous les débarrassez de leur vernis fantastique, ce n'est pas ce qui intéresse REH. Ce vernis n'est là que pour justifier une publication dans Weird Tales, point barre. Je ne vous refais pas ici l'explication complète du "comment on en est arrivé là".
Je termine ce paragraphe en concluant que si l'appellation de Sword & Sorcery doit perdurer, j'aimerais bien qu'elle ne soit utilisée que pour les suiveurs, les pasticheurs et tous les véritables tacherons qui ont bafoué l’œuvre originelle, soit par incompréhension du matériau de base, soit parce qu'il n'en ont gratté que la surface, ou par volonté purement mercantile en se gardant bien d'essayer d'imiter un Howard à son meilleur, mais en se contentant de recycler ses plus mauvaises nouvelles - celles publiées par appât du gain en des périodes difficiles (ce dont il avait parfaitement conscience, puisque nouvelles rédigées à dessein).
Du coup, revenons à nos moutons, c'est quoi l'essence ou l'esprit dont le JdR est censé s'emparer ?
On va dire, grosso modo, qu'un JdR c'est un système, un lore et une ambiance.
Sur le lore, rappelons tout de même que l'Âge hyborien n'est qu'un joyeux fatras pseudo-historique tantôt "antiquisant", tantôt "médiévalisant", avec surtout des humains en nuances de gris, des animaux géants, quelques monstres à tentacules, de la sorcellerie et un peu de religion polythéiste, même si les dieux ne se montrent guère. Tout cela dans l'optique pour REH de ne pas perdre de temps en recherches historiques (et ainsi ne pas se voir reprocher des anachronismes), et de pouvoir justifier ses publications dans Weird Tales, un pulp dont les maitre mot est le fantastique.
Ce que je veux dire par là, c'est qu'il n'y a pas besoin d'une tonne de lore pour s'amuser dans l'Âge hyborien, REH n'ayant jamais tout détaillé ni tout décrit, car ce n'était pas son but, s'appuyant avant tout sur des images suggestives relevant plus de l'imagerie populaire (et donc plus caricaturales qu'historiques), et lui permettant ainsi de poser un décor, une situation et des personnages en peu de mots....pour ensuite passer à l'action. Des pseudo-vikings avec casques à corne pour le Nordheim, des pseudo-égyptiens pétris de sorcellerie avec la Stygie, des pseudo-royaumes médiévaux occidentaux avec l'Aquilonie ou la Némédie, etc, etc...
Les jeux évoqués partagent à peu près tous, d'une manière ou d'une autre, avec parfois certaines originalités, cette approche pseudo-historique, avec une géographie au compas et l'utilisation massive de l'imagerie populaire renforcée par tout ce qui est venu s'ajouter aux récits d'origine depuis la 2ème GM : cinéma, illustration, BD, jeux vidéo, etc... Ceci dit, je ne pense pas que lorsque nous parlons tous ici de "capter l'essence ou l'esprit" de Conan ou de la Fantasy à l’américaine, nous parlons particulièrement du lore, même si le décorum participe forcément, mais pour partie seulement, à la construction du genre.
Peut-être plus que de lore, devrions nous parler d'ambiance...
Et là, oui comme dit plus haut, on est pas dans un monde de bisounours et toute forme de manichéisme est à oublier. Je ne vais pas tout répéter ici, mais concentrons nous sur l'essentiel : REH nous parle de notre monde, mais en le travestissant sous une couche de pseudo-histoire et une couche de sorcellerie, mais qui ne sont pas son propos, juste un véhicule. Il ne s'agit que de parler du genre humain et de mettre en exergue ses plus mauvais penchants, quand bien même on croise aussi des personnages que l'on peut qualifier de plutôt "bons"(Zelata, Hadrathus)...Nuances de gris je vous dis. Pour le reste, beaucoup de salopards, de pessimisme, de morts et parfois la fin du monde (enfin plutôt la fin d'un monde cf. "Au delà de la rivière Noire" et "Les Clous rouges").
Par contre,vous pouvez oublier les conflits cosmiques et les trucs du genre loi/chaos avec REH. Hors cataclysme naturel, l'homme est un loup pour l'homme et le seul auteur de sa propre perte, car toute civilisation finit par s'effondrer, soit de l'intérieur, soit parce que de "nouveaux barbares" viennent prendre la place de civilisés avilis et corrompus par leur propre développement, leurs lois et leur science (avec ici la sorcellerie comme point d'orgue, forcément néfaste et corruptrice, le sorcier étant l'incarnation ultime du civilisé corrompu par sa propre soif de connaissance, mais pas la connaissance acquise pour aider son prochain, celle recherchée pour son ambition perso, sa puissance, son statut, etc.) On revient au pouvoir, richesse, luxure déjà évoqués.
Ce qui signifie également l'évocation potentielle de sujets qui peuvent fâcher comme l'esclavagisme, le racisme, la place des femmes, etc...
Alors oui, cela reste du divertissement, mais quand on gratte un peu, REH semble bien moins bas du front qu'on a toujours voulu nous le faire croire.
Je pense que beaucoup ici n'analysent pas Howard de cette façon ou se sentent bien plus proches des Comics ou du film de Milius...c'est bien moins pesant.
Et pour le système alors ?
On l'a dit, Conan c'est de l'action échevelée, souvent épique et toujours fulgurante. Pas de temps à perdre, un perpétuel enchainement de péripéties physiques époustouflantes et de combats aussi violents qu'expéditifs, avec de bonnes grosses batailles aussi parfois. C'est véritablement fast and furious.
Mais Conan, c'est aussi un personnage qui n'évolue jamais. Il n'est pas le centre d'intérêt d'Howard, ni même le cœur des nouvelles. C'est un homme sans passé, sans avenir et qui est toujours le même d'une nouvelle à l'autre, dans une sorte d'éternel présent et ce, qu'il soit décrit comme jeune ou dans la force de l'âge et quel que soit son rôle, déterminé uniquement pour servir le récit du moment. Besoin d'un voleur, il est voleur. Besoin d'un pirate, il est pirate, besoin d'un capitaine mercenaire, allez hop, le voici capitaine. Ses seules véritables constantes sont d'être le meilleur guerrier de son époque, car doté d'une force, d'une agilité et d'une volonté hors normes, ainsi que d'être intelligent (il sait lire et écrire et est polyglotte).
D'ailleurs, on va tailler à la serpe une autre idée reçue sur le personnage, cette force qui le caractérise lui permet avant tout de ne jamais être soumis (toujours ce libertarisme cher à Howard), mais ne le caractérise pas du tout comme un surhomme nietzschéen (même s'il apparait surhumain dans certains récits). Conan est un homme qui ne se laissera jamais corrompre ou soumettre par autrui et encore moins la civilisation. Penser un instant qu'il aurait pu rester enchainer à la Wheel of Pain est une erreur. Soit il se serait échappé, soit il serait mort en essayant, mais jamais il ne l'aurait accepté. Inversement, à aucun moment, AUCUN MOMENT, il n’utilise sa force pour soumettre son prochain ou conquérir quoi que ce soit ! Conan le Conquérant est une appellation absurde si on s'en tient aux récits de REH.
Alors en conclusion, que pouvons nous faire avec tout cela...
Allez, je me lance sur BoL, car vu que je l’encense plutôt souvent autant vous livrer mon raisonnement et je vous laisserai faire la même chose sur les jeux de votre choix.
Intro :
Oui, je me répète, mais BoL version Ludospherik c'est tout d'abord une superbe proposition d'un rapport qualité/prix mettant à rude épreuve la concurrence. C'est du matos de qualité, très bien présenté et très bien écrit, ainsi que très bien illustré. Une gamme d'une géniale cohérence tant dans son fond que par sa forme.
Et cette captation de l’esprit alors ?
- Le lore : vue que l'inspiration directe est issue de la série Thongor de Lin Carter (un aimable suiveur/pasticheur de Conan, mais qui n’arrive pas à la cheville de REH), on est plutôt pas mal. Une géographie au compas, de la pseudo-histoire "antico-médiévale" située dans notre futur avec des peuples très imagés et évocateurs, des grosses bêtes (et des dinos), des dieux, des monstres, des sorciers et une sorcellerie forcément néfaste et corruptrice, bref... On est dans le tripe, y compris avec des petites originalités comme les nefs volantes, les hommes-oiseaux, etc...
- L'ambiance : il y a clairement une volonté de prendre du recul sur la matière avec un léger second degrés qui n'est cependant jamais méprisant ou condescendant avec le matériau d'origine. Un choix qui permet une forme de légèreté que n’autoriserait pas une adaptation littérale et premier degrés d'un univers à la Conan (est-ce vraiment possible de nos jours d'ailleurs ?). Si le matériau d'origine semble parfaitement digéré, il est proposé là pour le fun avant tout, sans trop s’appesantir sur le fond ou vouloir s'aventurer sur des sujets dérangeants.
Ce n'est absolument pas un reproche, mais mon BoL est plus violent, plus mature, plus proche du véritable Howard en ce sens, ceci dit, je le pratique avec un public averti.
Et pour finir, impossible de ne pas décerner une mention spéciale à Emmanuel ROUDIER dont la patte graphique apporte vraiment un supplément d'âme et de cohérence à l'ensemble, tout en nous plongeant instantanément dans le genre, mais lui aussi, comme pour les textes, avec à la fois un mélange de sérieux et de second degrés qui se marient parfaitement.
- Le système : pour moi BoL est bien l'incarnation même de cette puissance des persos dès le début. Conan il est balèze dès ses débuts. Pareil, pour la violence et la fulgurance des combats avec cette possibilité d’envoyer plusieurs persos au tapis en 1 action. Il faut que ce soit expéditif et brutal sans trop de calculs d'apothicaires ou de surenchères de possibilités.
Pour les autres actions, ce système de carrière est quand même une chouette référence aux "différentes vies" de Conan tout en ayant la bonne idée de nous débarrasser des listes de compétences et des listes d'atouts et des listes...de ce que vous voulez. C'est ultra fonctionnel et bien dans l'esprit.
Alors oui, je reconnais que ce système ne se prête pas au jeu en longues campagnes, mais comme expliqué plus haut, Conan il est balèze de suite et n'évolue jamais ! En cela, l'esprit il y est !!!
Bon c'est un peu facile, mais effectivement, sauf à créer des persos vraiment plus faibles au départ (comme le propose le S+S Codex) et/ou ralentir la distrib d'XP afin de ne pas vous retrouver qu'avec des Conan à la moitié de votre campagne, ça ne le fait pas. Ou alors vous avez des joueurs qui aiment changer de perso d'une poignée de scénarios à une autre, puisque le persos sont déjà balèzes dès le début. Une autre forme de plaisir.
Je ne parle pas de la sorcellerie, non sens pour les PJ si on veut rester dans l'esprit (dixit le gars qui a mis au point une aide de jeu rien qu'à ce sujet
Une dernière chose quand même, ce système est tout de même génial dans sa conception qui permet allégrement de le bidouiller/triturer/compléter selon ses besoins et ses envies sans trop de risque de casser la machine.
En ce qui me concerne, un jeu qui est et restera l'un de mes préférés dans cette version Ludospherik.
Et je me rends compte que malgré la tartine déjà rédigée, on est pas entré en détail sur les motivations des PJ et leurs raisons de partir à l'aventure, mais il est bien évident qu'avec des protagonistes en nuances de gris et donc potentiellement peu recommandables, voire à la moralité douteuse, beaucoup de prétextes sont possibles.
Gardons à l'esprit que chaque individu est d'abord là pour des motifs qui lui sont propres et/ou des raisons pratiques avec souvent la nécessité d'assurer sa subsistance pour le lendemain.
Point de quête initiatique ou de grande mission pour sauver l'humanité, mais l'appât du gain et qqs raisons personnelles peuvent suffire....et si jamais la petite histoire doit percuter la grande, ce sera sans doute avec beaucoup d'opportunisme et encore plus de profits à la clé.
Bravo à tous ceux qui seront parvenus jusque là...Crom s'en fout !"
Barbariquement vôtre,
Pallantides
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Re: Sword & Sorcery - Acier contre magie
Merci pour toute cette lecture. 
De mon côté, c'est un genre (ou une grande famille de genres et sous-genres) dont je ne suis pas vraiment connaisseur.
J'avais lu du Fritz Leiber, du temps (lointain) de mes débuts dans le JdR, avec Fafhrd et le Souricier gris.
Je n'ai longtemps "connu" Conan qu'au travers d'un film de John Milius avec Arnold Schwarzenegger (à peu près à l'époque où j'ai vu Blade Runner et que j'ai compris que j'étais plutôt réceptif à l'univers de ce dernier qu'à celui du Barbare).
Et quand j'ai acheté un recueil de nouvelles de Conan, sous la plume de son créateur (mais en traduction française), l'année dernière ou celle d'avant, je n'ai pas vraiment plaisir à la lecture. Même sans juger les écrits de ce temps-là avec mes yeux d'aujourd'hui (comme ceux d'autres facettes du "pulp", d'ailleurs, pas toujours très reluisantes), je n'ai ressenti aucune proximité avec le "héros" de ces aventures.
Alors que je me sens plus à l'aise avec des récits mythologiques comme l'Odyssée, qui ne manquent pas de gaillards musclés, femmes en détresse, magiciennes roublardes et autres adversaires coriaces, sur un ton qui ne prône pas toujours, lui non plus, l'égalité entre les genres humains. Mais, peut-être parce que j'ai été baigné de "contes et légendes" de pays du monde dans mes lectures de jeunesse et d'adolescence, je me sens mieux quand je suis embarqué avec Ulysse qu'avec Conan.
De ce fait, dans le domaine du JdR, je garde un œil attentif sur l'avancée du grand chantier de Kosmos, le JdR de la mythologie grecque (https://kosmoslejeuderole.wordpress.com/), motorisé par le système de Barbarians of Lemuria.
Plutôt que dans le Sword and Sorcery, je suis donc resté dans un ξίφος καὶ γοητεία (ayant étudié - au collège et au lycée - le latin classique et non le grec ancien, je ne garantis pas la solidité de cette tentative de traduction...
)
De mon côté, c'est un genre (ou une grande famille de genres et sous-genres) dont je ne suis pas vraiment connaisseur.
J'avais lu du Fritz Leiber, du temps (lointain) de mes débuts dans le JdR, avec Fafhrd et le Souricier gris.
Je n'ai longtemps "connu" Conan qu'au travers d'un film de John Milius avec Arnold Schwarzenegger (à peu près à l'époque où j'ai vu Blade Runner et que j'ai compris que j'étais plutôt réceptif à l'univers de ce dernier qu'à celui du Barbare).
Et quand j'ai acheté un recueil de nouvelles de Conan, sous la plume de son créateur (mais en traduction française), l'année dernière ou celle d'avant, je n'ai pas vraiment plaisir à la lecture. Même sans juger les écrits de ce temps-là avec mes yeux d'aujourd'hui (comme ceux d'autres facettes du "pulp", d'ailleurs, pas toujours très reluisantes), je n'ai ressenti aucune proximité avec le "héros" de ces aventures.
Alors que je me sens plus à l'aise avec des récits mythologiques comme l'Odyssée, qui ne manquent pas de gaillards musclés, femmes en détresse, magiciennes roublardes et autres adversaires coriaces, sur un ton qui ne prône pas toujours, lui non plus, l'égalité entre les genres humains. Mais, peut-être parce que j'ai été baigné de "contes et légendes" de pays du monde dans mes lectures de jeunesse et d'adolescence, je me sens mieux quand je suis embarqué avec Ulysse qu'avec Conan.
De ce fait, dans le domaine du JdR, je garde un œil attentif sur l'avancée du grand chantier de Kosmos, le JdR de la mythologie grecque (https://kosmoslejeuderole.wordpress.com/), motorisé par le système de Barbarians of Lemuria.
Plutôt que dans le Sword and Sorcery, je suis donc resté dans un ξίφος καὶ γοητεία (ayant étudié - au collège et au lycée - le latin classique et non le grec ancien, je ne garantis pas la solidité de cette tentative de traduction...
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Une dose d'actu JdR avec le Fix
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Re: Sword & Sorcery - Acier contre magie
@Xaramis
Tu es donc un fan de "Sword & Sandal" pour continuer dans les classifications rigolotes, mais souvent réductrices voire condescendantes, qui a dit "Western Spaghetti ?
Un fan de péplum quoi...
Tu es donc un fan de "Sword & Sandal" pour continuer dans les classifications rigolotes, mais souvent réductrices voire condescendantes, qui a dit "Western Spaghetti ?
Un fan de péplum quoi...