Ce raisonnement est fallacieux. Comme si la médiocrité d'une œuvre était la seule faute des spectateurs, c'est nier le principe même de l'art que de raisonner ainsi. Si l'auteur exige un public "parfait" pour son œuvre "parfaite", alors dans ce cas il n'a qu'à la garder pour lui.acritarche a écrit : ↑29 janv. 2026, 11:30 Peut-être que de grandes attentes créent de grandes frustrations quand elles ne sont pas rencontrées…
Votre livre de chevet
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Re: Votre livre de chevet
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Re: Votre livre de chevet
Le fait est que l'histoire littéraire est remplie de malentendus entre le public et des auteurs.
Dans son essai Le Roman, Maupassant évoque ce phénomène de façon assez limpide :
"Le lecteur, qui cherche uniquement dans un livre à satisfaire la tendance naturelle de son esprit, demande à l'écrivain de répondre à son goût prédominant, et il qualifie invariablement de remarquable ou de bien écrit l'ouvrage ou le passage qui plaît à son imagination idéaliste, gaie, grivoise, triste, rêveuse ou positive. […]
Seuls, quelques esprits d'élite demandent à l'artiste :
— Faites-moi quelque chose de beau, dans la forme qui vous conviendra le mieux, suivant votre tempérament.
L'artiste essaie, réussit ou échoue.
Le critique ne doit apprécier le résultat que suivant la nature de l'effort ; et il n'a pas le droit de se préoccuper des tendances."
Dans son essai Le Roman, Maupassant évoque ce phénomène de façon assez limpide :
"Le lecteur, qui cherche uniquement dans un livre à satisfaire la tendance naturelle de son esprit, demande à l'écrivain de répondre à son goût prédominant, et il qualifie invariablement de remarquable ou de bien écrit l'ouvrage ou le passage qui plaît à son imagination idéaliste, gaie, grivoise, triste, rêveuse ou positive. […]
Seuls, quelques esprits d'élite demandent à l'artiste :
— Faites-moi quelque chose de beau, dans la forme qui vous conviendra le mieux, suivant votre tempérament.
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Re: Votre livre de chevet
J'essayais humblement de te proposer une explication complémentaire à ton légitime dégoût de ce livre (au vu des arguments que tu avances). Bah, si tu n'en veux pas, je ne vais pas me formaliser…Belphégor a écrit : ↑30 janv. 2026, 11:54Ce raisonnement est fallacieux. Comme si la médiocrité d'une œuvre était la seule faute des spectateurs, c'est nier le principe même de l'art que de raisonner ainsi. Si l'auteur exige un public "parfait" pour son œuvre "parfaite", alors dans ce cas il n'a qu'à la garder pour lui.acritarche a écrit : ↑29 janv. 2026, 11:30 Peut-être que de grandes attentes créent de grandes frustrations quand elles ne sont pas rencontrées…
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Re: Votre livre de chevet
J'avoue ne pas trop savoir ce que tu essaie de me dire, ou d'insinuer, donc par hypothèse rhétorique je vais partir du principe que je répond à Maupassant puisque tu le cite. Si mon unique but dans la lecture était de satisfaire des fantasmes par procuration, je ne me serais pas donné la peine de lire Choderlos de Laclos, Friedrich Nietzsche, Céline, Platon, Miyamoto Musashi ou même … Guy de Maupassant ; des auteurs qui si j'en ai pas toujours parlé avec le plus d'éloges sur le forum, je pense les reconnaitre à leur juste valeur. D'ailleurs aujourd'hui si on veut assouvir des fantasmes par procuration, on joue à des jeux vidéos, on ne lit pas des livres. Et à plus forte raison, si ma lecture était uniquement à but de gratification je n'irais pas non plus parcourir ce qu'a pu faire Howard en dehors de Conan, ou Wagner en dehors de Kane.Usher a écrit : ↑30 janv. 2026, 14:38 Le fait est que l'histoire littéraire est remplie de malentendus entre le public et des auteurs.
Dans son essai Le Roman, Maupassant évoque ce phénomène de façon assez limpide :
"Le lecteur, qui cherche uniquement dans un livre à satisfaire la tendance naturelle de son esprit, demande à l'écrivain de répondre à son goût prédominant, et il qualifie invariablement de remarquable ou de bien écrit l'ouvrage ou le passage qui plaît à son imagination idéaliste, gaie, grivoise, triste, rêveuse ou positive. […]
Seuls, quelques esprits d'élite demandent à l'artiste :
— Faites-moi quelque chose de beau, dans la forme qui vous conviendra le mieux, suivant votre tempérament.
L'artiste essaie, réussit ou échoue.
Le critique ne doit apprécier le résultat que suivant la nature de l'effort ; et il n'a pas le droit de se préoccuper des tendances."
Non ta réponse je n'en veux pas parce que.acritarche a écrit : ↑31 janv. 2026, 13:55 J'essayais humblement de te proposer une explication complémentaire à ton légitime dégoût de ce livre (au vu des arguments que tu avances). Bah, si tu n'en veux pas, je ne vais pas me formaliser…
1) Tu veux défendre un livre que tu n'as pas lu, sauf erreur de ma part puisque tu ne répond pas de façon pertinente à ma critique.
2) Tu me prête des intentions que je n'ai pas, en plus de me prendre pour je ne sais quoi, comme si je lisais un livre dans l'espoir de le détester, j'ai quand même autre chose à faire de ma vie.
3) Tu surestime très largement la qualité littéraire supposé du livre dont je parle, c'est du Pulp hein, pas Shakespeare
Si on ne veut pas que son travail soit jugé par des spectateurs, il ne faut pas faire d'art.
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Re: Votre livre de chevet
OK. Fin de la conversation.Belphégor a écrit : ↑01 févr. 2026, 11:39Non ta réponse je n'en veux pas parce que.acritarche a écrit : ↑31 janv. 2026, 13:55 J'essayais humblement de te proposer une explication complémentaire à ton légitime dégoût de ce livre (au vu des arguments que tu avances). Bah, si tu n'en veux pas, je ne vais pas me formaliser…
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Re: Votre livre de chevet
J'ai récemment relu l'essai Les Jeux et les hommes, de Roger Caillois, et il m'a paru encore plus lumineux qu'au cours de sa première lecture.
Je l'avais lu il y a facilement vingt-cinq ans ; à l'époque, déjà, sa conceptualisation du jeu m'avait paru remarquable. Le livre, publié en 1958 puis réédité dans une édition revue et augmentée en 1967, est nécessairement daté dans ses exemples de jeux. En revanche, dans sa définition du jeu (très largement influencée par Homo ludens de Johan Huizinga) et sa catégorisation des différents types de jeux, l'essai de Caillois me semble plus stimulant que jamais.
Pour Caillois, qui adopte un angle sociologique dans l'approche du jeu, le jeu est à la fois expression et production de civilisation. Schématiquement, il définit quatre grandes catégories de jeux, compétition, hasard, simulacre et vertige, montre qu'il existe des jeux qui combinent ces catégories, et que les jeux reflètent les cultures, leurs croyances, leurs valeurs, leurs travers et conditionnent même dans une certaine mesure leur évolution. Caillois ne pouvait connaître le jeu de rôle quand il a défini sa théorie, mais il suffit de prolonger la logique de son argumentation pour que sa réflexion l'intègre harmonieusement.
Je l'avais lu il y a facilement vingt-cinq ans ; à l'époque, déjà, sa conceptualisation du jeu m'avait paru remarquable. Le livre, publié en 1958 puis réédité dans une édition revue et augmentée en 1967, est nécessairement daté dans ses exemples de jeux. En revanche, dans sa définition du jeu (très largement influencée par Homo ludens de Johan Huizinga) et sa catégorisation des différents types de jeux, l'essai de Caillois me semble plus stimulant que jamais.
Pour Caillois, qui adopte un angle sociologique dans l'approche du jeu, le jeu est à la fois expression et production de civilisation. Schématiquement, il définit quatre grandes catégories de jeux, compétition, hasard, simulacre et vertige, montre qu'il existe des jeux qui combinent ces catégories, et que les jeux reflètent les cultures, leurs croyances, leurs valeurs, leurs travers et conditionnent même dans une certaine mesure leur évolution. Caillois ne pouvait connaître le jeu de rôle quand il a défini sa théorie, mais il suffit de prolonger la logique de son argumentation pour que sa réflexion l'intègre harmonieusement.
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Re: Votre livre de chevet
Le livre de chevet de certains d'entre nous est mis à l'honneur et analysé.
https://www.youtube.com/watch?v=g5q6LnQzqA8
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Re: Votre livre de chevet
Attention : si vous êtes allergiques aux thèses dumeziliennes et au comparatisme indo-européen, et un adepte inconditionnel des thèses de J-L Bruneaux par ex, épargnons-nous mutuellement du temps et de l’énergie : sautez mon message.
Ceci étant dit :
Valery Raydon et Claude Sterckx : "Hagiographie bretonne et mythologie celtique: Le cas de saint Goëznou, avatar chrétien du dieu Dagda."
Résumé (merci Babelio)
Le Dagda (dieu druide et plus ou moins assimilable à Zeus/Jupiter chez les Gréco-Latins) est un des sujets de recherche principaux de Valery Raydon. Si j’osais je dirais que « le Dagda c’est son dada ». Il en a même fait le nom de sa page humoristique lié aux celtes sur les réseaux sociaux « Le chaudron du Dagda » et c’est aussi accessoirement (hum) le nom d’un de ses ouvrages les plus connus (je les recommande tous). Notons que le monsieur a aussi une chaîne YouTube que je recommande chaudement. Pour en revenir au Dagda, cette figure pan-celtique (un peu comme Lug, Lugh, Lugus, Lleu) se retrouverait en Gaule notamment via la figure de Sucellos (le bon frappeur).
En résumé ultra rapide : St Goëznou est donc un saint breton, à qui un seigneur local offre un lopin de terre pour construire un monastère. Selon un motif classique des légendes européennes* : la taille n’est pas définie et c’est avec une condition spécifique (autant qu’en une journée/nuit ou avec une peau d’animal) que la surface sera établie. Dans une version de son hagiographie, St Goëznou utilise un bâton fourchu dont l’extrémité à deux branches va tracer un sillon. Le bâton trace un sillon extrêmement profond et sur une grande distance.
C’est ce premier indice original qui pousse les auteurs à s’intéresser au saint. En effet le bâton fourchu est un des attributs du Dagda et outre divers pouvoirs** ce bâton est connu pour tracer des sillons extrêmement profonds (ils pourraient servir de fossé de frontière entre les royaumes par ex.)
Bien sûr ce n’est pas le seul attribut commun et outre ce saint breton, les auteurs vont s’intéresser à des saints irlandais et écossais.
Ce livre a plusieurs avantages : le premier est qu’il met en lumière (encore une fois) le processus de christianisation de divinités païennes en saint/sainte mais pour une fois sur un exemple beaucoup moins connu (la relation « Dyonisos –> St Denis , Birgit -> Ste Brigitte de Kildare est plus connue par ex.), ce qui outre intéresser le passionné de mythologie/folklore que je suis, vient aussi titiller mon côté parpaillot et sa sainte (hu-hu-hu) horreur du culte des saints.
Un autre avantage c’est qu’il se lit facilement. Pas besoin d’avoir de grandes références et d’avoir lu X fois les mythes dont parlent les auteurs (même si en avoir connaissance est un plus bien sûr) pour apprécier sa lecture. Il est court, se focalise sur un sujet précis et n’utilise pas tout un jargon technique qui obligerait à recourir à un dico.
A titre personnel je l’ai trouvé passionnant. D’un point de vue rôliste, ça peut donner des idées pour des scénarios dans Légendes Celtiques, Pendragon et bien-sûr #jeprèchepourmaparoisse Ynn Pryddein.
Mais je pense aussi que ça peut intéresser Usher
*On le retrouve par exemple pour les saxons qui s’installent en Grande Bretagne.
** Je m’en suis inspiré pour le scénario « la chasse du grand sanglier blanc » pour Ynn Pryddein #AutoPubGratuite
Ceci étant dit :
Valery Raydon et Claude Sterckx : "Hagiographie bretonne et mythologie celtique: Le cas de saint Goëznou, avatar chrétien du dieu Dagda."
Résumé (merci Babelio)
Claude Sterckx est une référence pour ceux qui s’intéressent aux celtes et est sans doute plus connu que Valery Raydon. Donc parlons de ce monsieur :« L’hagiographie médiévale de Goëznou, saint breton dont le centre du culte était installé à Gouesnou près de Brest, présente la singularité d’avoir recyclé des motifs mythologiques propres au dieu au maillet des Celtes, appelé Dagda en Irlande et Sucellos en Gaule. À partir de ce constat, les auteurs nous convient à une passionnante enquête à la recherche de l’origine de la source exploitée et des motivations qui avaient pu conduire un monastère du Bas-Léon à façonner le personnage de son saint fondateur à partir du modèle d’un ancien grand dieu du paganisme celte.
Les auteurs nous proposent en parallèle un voyage dans l’ancienne religion des peuples celtes, à la découverte de rituels propres au culte du dieu au maillet panceltique qui firent l’objet pour certains d’une récupération par l’Église et qui survécurent jusqu’au XIXe siècle en certains secteurs des pays celtophones : rite de passage de la vie à la mort et vice versa, mais aussi rite pour soigner les maladies mentales. »
Le Dagda (dieu druide et plus ou moins assimilable à Zeus/Jupiter chez les Gréco-Latins) est un des sujets de recherche principaux de Valery Raydon. Si j’osais je dirais que « le Dagda c’est son dada ». Il en a même fait le nom de sa page humoristique lié aux celtes sur les réseaux sociaux « Le chaudron du Dagda » et c’est aussi accessoirement (hum) le nom d’un de ses ouvrages les plus connus (je les recommande tous). Notons que le monsieur a aussi une chaîne YouTube que je recommande chaudement. Pour en revenir au Dagda, cette figure pan-celtique (un peu comme Lug, Lugh, Lugus, Lleu) se retrouverait en Gaule notamment via la figure de Sucellos (le bon frappeur).
En résumé ultra rapide : St Goëznou est donc un saint breton, à qui un seigneur local offre un lopin de terre pour construire un monastère. Selon un motif classique des légendes européennes* : la taille n’est pas définie et c’est avec une condition spécifique (autant qu’en une journée/nuit ou avec une peau d’animal) que la surface sera établie. Dans une version de son hagiographie, St Goëznou utilise un bâton fourchu dont l’extrémité à deux branches va tracer un sillon. Le bâton trace un sillon extrêmement profond et sur une grande distance.
C’est ce premier indice original qui pousse les auteurs à s’intéresser au saint. En effet le bâton fourchu est un des attributs du Dagda et outre divers pouvoirs** ce bâton est connu pour tracer des sillons extrêmement profonds (ils pourraient servir de fossé de frontière entre les royaumes par ex.)
Bien sûr ce n’est pas le seul attribut commun et outre ce saint breton, les auteurs vont s’intéresser à des saints irlandais et écossais.
Ce livre a plusieurs avantages : le premier est qu’il met en lumière (encore une fois) le processus de christianisation de divinités païennes en saint/sainte mais pour une fois sur un exemple beaucoup moins connu (la relation « Dyonisos –> St Denis , Birgit -> Ste Brigitte de Kildare est plus connue par ex.), ce qui outre intéresser le passionné de mythologie/folklore que je suis, vient aussi titiller mon côté parpaillot et sa sainte (hu-hu-hu) horreur du culte des saints.
Un autre avantage c’est qu’il se lit facilement. Pas besoin d’avoir de grandes références et d’avoir lu X fois les mythes dont parlent les auteurs (même si en avoir connaissance est un plus bien sûr) pour apprécier sa lecture. Il est court, se focalise sur un sujet précis et n’utilise pas tout un jargon technique qui obligerait à recourir à un dico.
A titre personnel je l’ai trouvé passionnant. D’un point de vue rôliste, ça peut donner des idées pour des scénarios dans Légendes Celtiques, Pendragon et bien-sûr #jeprèchepourmaparoisse Ynn Pryddein.
Mais je pense aussi que ça peut intéresser Usher
*On le retrouve par exemple pour les saxons qui s’installent en Grande Bretagne.
** Je m’en suis inspiré pour le scénario « la chasse du grand sanglier blanc » pour Ynn Pryddein #AutoPubGratuite
Cuchulain l'homme qui a du chien !
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Re: Votre livre de chevet
Avis aux connaisseurs, Quelle édition des "Mille et une nuits" recommanderiez vous pour quelqu'un qui voudrait lire une traduction française, mais qui reste fidèle le plus possible aux textes d'origines, tout en étant "belle" ? Et si possible une édition disponible au format EBOOk s'il vous plait.