Pour mon (n-ième) retour dans la Cour, me voici accompagné de quelqu'un que j'avais cru mort, abandonné par son auteur au grand désespoir des "fans" (dont je suis). J'ai nommé
Diego Alatriste y Tenorio, dit "El capitán Alatriste", soldat vétéran des tercios et spadassin à solde.
Voilà trente ans que nous étions compagnons d'armes, depuis ses premières aventures en 1996, sous la plume d'
Arturo Pérez Reverte, quand Alatriste sauvait de l'acier des tueurs un grand seigneur anglais en ambassade secrète à Madrid. Avaient suivi
Limpieza de sangre (1997) où se déployait la chasse au sang impur (comprendre "juif"),
El sol de Breda (1998) tournant autour du siège de cette ville dans les Flandres,
El oro del rey (2000) sur des magouilles, en Andalousie, autour de l'or revenant des Amériques,
El caballero del jubón amarillo (2003) où certains veulent réserver un sort funeste à un roi qui sort la nuit en pourpoing jaune, puis
Corsarios de Levante (2006) où les troupes espagnols luttent contre les corsaires barbaresques, et enfin
El puente de los asesinos (2011) qui avait mené Alatriste et ses compagnons à se fourvoyer dans une calamiteuse conspiration à Venise.
Et depuis, plus rien.
Deux autres livres étaient pourtant "promis" :
Misión en París (Mission à Paris, vous l'aurez deviné) et
La venganza de Alquézar (La vengeance d'Alquézar).
Près de 15 ans se sont écoulés depuis l'aventure vénitienne. J'en étais venu à me dire que l'attente des deux derniers tomes était vaine.
Et tout à trac, à l'automne 2025, bruits de rapière, de cape et de bottes dans les rue de Paris, mais au son de jurons en espagnol ! Des
Por Dios et des
hideputa, la moustache d'Alatriste, les bésicles de Quevedo, et les dentelles de Monsieur de Tréville, sans oublier un quatuor de gaillards dont je ne vous ferai pas l'affront de citer les noms si connus.
Je n'ai plus les jambes d'il y a trente ans, je suis un peu à l'étroit sous le "buffle", la rapière pèse un peu plus dans la main, mais quel plaisir de retrouver une telle compagnie. Diego Alatriste, Íñigo Balboa, Francisco de Quevedo, Sebastián Copons, vous m'avez tant manqué !