Vieille Branche
Publié : 11 mars 2026, 19:45
« Ce que les contes nous révèlent,
ce n'est pas l’existence des dragons,
mais que l'on peut les vaincre »
(citation de mémoire, lue en exergue d’un film oublié)
Salut !
Voici un court texte (à peine plus d'une page), dans l’espoir qu’il soit lu, mais surtout en quête d’un commentaire, même succinct, qui m’aiderait à le peaufiner (n’hésitez pas à pointer les maladresses et autres lourdeurs). Je ne me fais pas d’illusion mais, s’il éveille la curiosité d’un éventuel lecteur, une suite est en cours.
A la chaude lueur des flammes, des ombres dansent sur les visages, les yeux brillent.
A leur attitude, on devine l’extrême lassitude des voyageurs.
Tassés sur un banc face à la cheminée, dos appuyés contre l’immense table invisible dans la pénombre, cheveux, manteaux et capuches pas encore tout à fait secs malgré la flambée.
- De qui sommes-nous prisonniers, déjà ?
- Dans votre langue, on appelle ces terres province de la cité d’albâtre, me semble-t-il. Mais vous n’êtes pas prisonniers. À l’aube, nous vous accompagnerons à la frontière occidentale, où vous serez libres de poursuivre votre chemin. En attendant, considérez-vous nos hôtes.
- Charmante hospitalité.
- Ce sont les ordres.
Un las silence retombe sur la curieuse assemblée.
Mis à part les gardes, en retrait dans les coins obscurs de la pièce, aucun des invités ne ressemble à ses compagnons d’infortune.
Un grand cavalier aux cheveux couleur de paille, en temps normal bardé de métal, maintenant moins bruyant.
Un oriental vêtu à la façon des nomades des steppes, empoussiéré par ce qui semble une longue chevauchée.
Un trappeur patibulaire à l’identité indéfinissable, que l’on aurait pu croire muet.
Une voyageuse a priori du midi, d’après son accent, son franc-parler, ses sarcasmes.
Un vieillard chenu, une étincelle dans le regard, parfois un brin d’espièglerie.
Et le dernier : un gars hirsute, l’air perdu loin de chez lui avec une monumentale gueule de bois.
Compagnie à laquelle se joignent deux grands chevaux occidentaux, un infatigable poney des steppes, et une mule incroyablement sagace, trouvée avec le gars perdu, qui nie la connaître.
L’anecdote, invraisemblable, avait tiré les seuls sourires de la soirée. Deux gardes en pleuraient même de rire, le plus discrètement possible, au fin fond de la vaste salle à manger, pendant que celui semblant tenir le rôle d’officier leur faisait les gros yeux.
- Donc, vous prétendez descendre le fleuve en direction des hautes chutes, où vous seriez censé livrer aux bûcherons cinq tonnelets de vin (on remarque un frémissement du côté des gardes, au fond de la salle).
- Je ne prétend pas, c’est un fait.
Regard direct, quoique perplexe, de l’officier.
- Lorsque votre embarcation fut interceptée sur le fleuve, vous étiez endormi, vraisemblablement ivre mort d’après les tonnelets vides trouvés à bord (ricanements au fond de la salle, sanctionnés par l’officier d’un regard appuyé – retour au silence).
- Effectivement... La veille, j’ai rencontré des saltimbanques à l'orée des bois. Nous avons un peu bu, je me suis assoupi et, à mon réveil par vos hommes, j’étais dans la barque. Il n’y avait plus de vin, seulement cette mule (francs éclats de rire – regard noir de l’officier - les soldats, soudain au garde à vous, toussotent).
- Un détail me chiffonne, voyez-vous ? Une légère incohérence.
- Si je peux éclairer votre lanterne...
- Avez-vous une idée de la distance parcourue par cette barque, pendant que vous y cuviez votre vin ?
- Pour tout dire, pas vraiment (les gardes, mâchoires crispées, semblent difficilement se contenir : l’un essuie discrètement quelques larmes, l'autre se détourne vers le mur). Je n’étais jamais venu dans cette région.
- Vous dites vous être endormi en amont des hautes chutes. Or, vous avez été arrêté à... cinq jours de navigation, en aval des chutes. Cinq jours. (les gardes craquent : pendant que l’un, secoué de spasmes silencieux, se cache tant bien que mal derrière sa lance, l’autre étouffe un fou-rire dans sa manche ; l’officier, imperturbable, les ignore, le regard fixe sur sa proie, qui bafouille :)
- Cinq jours ? En aval ? Je ne comprend pas…
- Moi non plus. Les chutes font plusieurs centaines de pieds de haut. Il est hautement improbable d’y survivre, a fortiori sur votre coquille de noix, dérivant comme si de rien n’était. Ces baladins semblent de sacrés farceurs, et votre vin fort enivrant. Bref, l'histoire est louche, et vous auriez tout d'un espion s’inventant un alibi... mais il est si ridicule que l’on a du mal à vous prendre au sérieux.
ce n'est pas l’existence des dragons,
mais que l'on peut les vaincre »
(citation de mémoire, lue en exergue d’un film oublié)
Salut !
Voici un court texte (à peine plus d'une page), dans l’espoir qu’il soit lu, mais surtout en quête d’un commentaire, même succinct, qui m’aiderait à le peaufiner (n’hésitez pas à pointer les maladresses et autres lourdeurs). Je ne me fais pas d’illusion mais, s’il éveille la curiosité d’un éventuel lecteur, une suite est en cours.
A la chaude lueur des flammes, des ombres dansent sur les visages, les yeux brillent.
A leur attitude, on devine l’extrême lassitude des voyageurs.
Tassés sur un banc face à la cheminée, dos appuyés contre l’immense table invisible dans la pénombre, cheveux, manteaux et capuches pas encore tout à fait secs malgré la flambée.
- De qui sommes-nous prisonniers, déjà ?
- Dans votre langue, on appelle ces terres province de la cité d’albâtre, me semble-t-il. Mais vous n’êtes pas prisonniers. À l’aube, nous vous accompagnerons à la frontière occidentale, où vous serez libres de poursuivre votre chemin. En attendant, considérez-vous nos hôtes.
- Charmante hospitalité.
- Ce sont les ordres.
Un las silence retombe sur la curieuse assemblée.
Mis à part les gardes, en retrait dans les coins obscurs de la pièce, aucun des invités ne ressemble à ses compagnons d’infortune.
Un grand cavalier aux cheveux couleur de paille, en temps normal bardé de métal, maintenant moins bruyant.
Un oriental vêtu à la façon des nomades des steppes, empoussiéré par ce qui semble une longue chevauchée.
Un trappeur patibulaire à l’identité indéfinissable, que l’on aurait pu croire muet.
Une voyageuse a priori du midi, d’après son accent, son franc-parler, ses sarcasmes.
Un vieillard chenu, une étincelle dans le regard, parfois un brin d’espièglerie.
Et le dernier : un gars hirsute, l’air perdu loin de chez lui avec une monumentale gueule de bois.
Compagnie à laquelle se joignent deux grands chevaux occidentaux, un infatigable poney des steppes, et une mule incroyablement sagace, trouvée avec le gars perdu, qui nie la connaître.
L’anecdote, invraisemblable, avait tiré les seuls sourires de la soirée. Deux gardes en pleuraient même de rire, le plus discrètement possible, au fin fond de la vaste salle à manger, pendant que celui semblant tenir le rôle d’officier leur faisait les gros yeux.
- Donc, vous prétendez descendre le fleuve en direction des hautes chutes, où vous seriez censé livrer aux bûcherons cinq tonnelets de vin (on remarque un frémissement du côté des gardes, au fond de la salle).
- Je ne prétend pas, c’est un fait.
Regard direct, quoique perplexe, de l’officier.
- Lorsque votre embarcation fut interceptée sur le fleuve, vous étiez endormi, vraisemblablement ivre mort d’après les tonnelets vides trouvés à bord (ricanements au fond de la salle, sanctionnés par l’officier d’un regard appuyé – retour au silence).
- Effectivement... La veille, j’ai rencontré des saltimbanques à l'orée des bois. Nous avons un peu bu, je me suis assoupi et, à mon réveil par vos hommes, j’étais dans la barque. Il n’y avait plus de vin, seulement cette mule (francs éclats de rire – regard noir de l’officier - les soldats, soudain au garde à vous, toussotent).
- Un détail me chiffonne, voyez-vous ? Une légère incohérence.
- Si je peux éclairer votre lanterne...
- Avez-vous une idée de la distance parcourue par cette barque, pendant que vous y cuviez votre vin ?
- Pour tout dire, pas vraiment (les gardes, mâchoires crispées, semblent difficilement se contenir : l’un essuie discrètement quelques larmes, l'autre se détourne vers le mur). Je n’étais jamais venu dans cette région.
- Vous dites vous être endormi en amont des hautes chutes. Or, vous avez été arrêté à... cinq jours de navigation, en aval des chutes. Cinq jours. (les gardes craquent : pendant que l’un, secoué de spasmes silencieux, se cache tant bien que mal derrière sa lance, l’autre étouffe un fou-rire dans sa manche ; l’officier, imperturbable, les ignore, le regard fixe sur sa proie, qui bafouille :)
- Cinq jours ? En aval ? Je ne comprend pas…
- Moi non plus. Les chutes font plusieurs centaines de pieds de haut. Il est hautement improbable d’y survivre, a fortiori sur votre coquille de noix, dérivant comme si de rien n’était. Ces baladins semblent de sacrés farceurs, et votre vin fort enivrant. Bref, l'histoire est louche, et vous auriez tout d'un espion s’inventant un alibi... mais il est si ridicule que l’on a du mal à vous prendre au sérieux.