Les Salons de la Cour

14Juin, 2021, 18:10:17
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Auteur Fil de discussion: Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)  (Lu 7562 fois)
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FaenyX
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« le: 17Janvier, 2019, 09:46:31 »

Swen et Hugo se réfugient dans la patrouilleuse pour éviter la pluie et peut-être aussi pour retrouver le cocon que représente le vieux véhicule. Alors que le moteur commence à ronronner, les deux Falks restent silencieux un instant.
L'enquête de voisinage, pour ingrate que soit cette étape, est indispensable.
Les deux Sergents-Chefs ont le sentiment que les recrues ne l'ont pas vécue de la même façon. Décidément, l'Académie de Police ne prépare pas ses élèves au terrain.
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olivier legrand
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« Répondre #1 le: 17Janvier, 2019, 13:13:06 »

Schelling, songeur (et sans le moindre recul sur lui-même  ) :

- Le petit gars, là, Junge... c'est vraiment un homme de dossier; je suis sûr qu'il pourrait faire des merveilles aux archives ou même derrière un bureau... mais il est pas fait pour la rue. Il survivra pas. Et même s'il s'en tire, il tiendra pas le coup. C'est un vrai crime d'envoyer un môme comme lui au casse-pipe... La Turkish, c'est le problème inverse : c'est de la nitro, cette gosse...

(Il tire une bouffée sur sa clope)

- En fait, faudrait réussir à fusionner les deux... Ouais, à eux deux, ils feraient un bon flic... Mais bon, on va déjà voir si Junge survit à une après-midi en huis-clos avec Miss Nitro...
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taillefer
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« Répondre #2 le: 18Janvier, 2019, 13:15:59 »

Swen hoche la tête en écoutant les propos de son collègue, lâchant quelques insultes à l'égard d'autres automobilistes.

- Junge devrait faire une bonne équipe avec Goldberg mais dans le genre "feutré"... Gönul, honnêtement, je sais pas, c'est dangereux un falk tout le temps en colère...Ça pue la bavure... Alleeeez bouge le ton tas de boue toi!!
Tu peux prévenir le central de notre destination et appeler Rholein? Entre sa bourgeoise et sa maîtresse, je serai bien étonné s'il ne nous attends pas déjà!
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olivier legrand
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« Répondre #3 le: 18Janvier, 2019, 13:34:27 »

Tout en branchant la sirène pour faire dégager tous ces peigne-culs, Schelling poursuit sur sa lancée :

- Pour miss Nitro, je devrais peut-être la prendre sous mon aile, genre stagiaire... histoire de la cadrer un peu... t'en penses quoi ?  En fait, on pourrait faire pareil avec Junge et Goldberg : chacun son bleu... et toi au sommet du dispositif...

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FaenyX
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« Répondre #4 le: 19Janvier, 2019, 09:57:06 »

La radio de bord émet quelques grésillements, avant de faire entendre clairement la voix de Karla Liebernich :
- Voiture 45 ? Quelle est votre position ?

En cet instant, seule la voix de l'opératrice raccorde les deux hommes à la Falkhouse. Ils approchent de l'agence bancaire où officie Hans Rholein. Le quartier en question est essentiellement piétonnier, même si un véhicule de police a parfaitement le droit d'y circuler.
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olivier legrand
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« Répondre #5 le: 19Janvier, 2019, 10:29:02 »

Schelling répond à Karla pendant que Köhler gare la bagnole...
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FaenyX
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« Répondre #6 le: 20Janvier, 2019, 11:01:33 »

Tandis que Schelling donne la position des deux Falks, Swen finit par trouver un endroit où garer la patrouilleuse. Il leur faudra marcher un peu pour rejoindre l'agence bancaire.
- Toute votre équipe est avec vous ? demande Karla, de la Falkhouse, si lointaine et si proche à la fois.
La question n'est pas surprenante : savoir où se situent les membres des forces de l'ordre est même normal.

Le quartier où les deux Sergents-Chefs viennent de s'arrêter est essentiellement piétonnier. Les citoyens y déambulent, certains à grands pas, d'autres en prenant le temps. Toutes les strates sociales sont présentes ici. De multiples enseignes lumineuses signalent, ça et là, tel ou tel commerce ou service. Il va falloir se frayer un chemin dans la foule, sous cette pluie qui n'en finit pas.
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olivier legrand
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« Répondre #7 le: 20Janvier, 2019, 16:06:46 »

Après avoir répondu aussi précisément que possible à Karla, Schelling quitte la patrouilleuse avec Swen.

Il n'exhibe pas son badge de policier, comptant plutôt sur sa carrure assez imposante et sur son air peu commode pour se frayer un chemin dans la foule, sous cette putain de pluie...

Puis, brusquement, il s'immobilise. Il a un flash. Dans son crâne, en quelques micro-secondes, le film de sa mise à mort manquée vient de repasser - vite, trop vite pour qu'il puisse enregistrer quoi que ce soit...

Et le film recommence. Toujours trop vite. Quelque chose va bien finir par émerger. Une image, un détail.

Mais rien.

Figé sous la pluie, Schelling ne remarque pas que les passants s'écartent de lui alors même qu'il n'avance plus. Ils se disent qu'il vaut mieux ne pas frôler ce type à la silhouette de brute et au regard vide, qui semble ne plus savoir où il se trouve ni qui il est... et qui est manifestement armé, comme l'auront remarqué les plus observateurs d'entre eux.

Schelling revient à lui. Le flash - ou le blackout ? - n'a duré que quelques secondes. Son regard croise celui de Köhler, qui est assez chevronné pour identifier le regard d'un type fini, un zombie en bout de course qu'on n'aurait jamais dû laisser reprendre du service...

- J'ai pensé à un truc... dit Schelling d'une voix rauque, cassée, en ayant l'impression d'entendre un très mauvais acteur planter la seule réplique qu'il a à dire.

J'ai pensé à un truc. Tu parles...

Alors, d'une voix plus assurée, grave, rocailleuse, d'une voix qu'on n'a pas envie de contrarier :

- POLICE !  Dégagez !

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« Répondre #8 le: 27Janvier, 2019, 09:44:06 »

La foule des badauds s'écarte devant Hugo. Certains des citoyens présents ont un mouvement de panique, sans doute parce qu'ils pensent que l'homme qui vient de crier est prêt à ouvrir le feu sur quelque cible.
A deux pas de Schelling, un homme d'une soixantaine d'années, bousculé par deux jeunes gens qui se sont écartés, est tombé au sol, à genoux. Il regarde en direction du Falk et ce dernier voit dans les yeux de l'homme une sorte de peur qui fait frissonner Hugo.
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« Répondre #9 le: 27Janvier, 2019, 10:30:27 »

Schelling se reprend et aide le sexagénaire à se relever (même si celui-ci a peur).

- Tout va bien, monsieur ?
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« Répondre #10 le: 27Janvier, 2019, 10:57:12 »

L'homme tend le bras, sans qu'Hugo sache s'il veut être aidé ou s'il préfère tenir le Falk à l'écart. Il baisse les yeux et se redresse.
- Oui, oui...c'est bon....merci..
Il s'écarte et se glisse dans la foule, rapidement. Maintenant, Hugo en est sûr : il a effrayé cet homme, probablement un honnête citoyen.

A une dizaine de mètres des deux policiers, l'agence bancaire Illford affiche son logo a grand coup de néons violets et verts.
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« Répondre #11 le: 27Janvier, 2019, 13:51:35 »

Sans attendre son collègue (et chef de groupe...), sans même vraiment se soucier de sa présence, Schelling avance à grandes enjambées à l'intérieur de l'agence bancaire. Il avise le premier employé qu'il aperçoit, en exhibant sa plaque. Il parle d'un ton grave, grondant, qui semble exclure toute possibilité de refus de la part de son interlocuteur.

- Police. Où se trouve le bureau d'Herr Rholein ?

Pendant ce temps, quelque part à l'arrière-plan dans la tête d'Hugo, une voix lancinante murmure :

Pas le moment de déconner. On se calme.

Schelling fait taire cette voix intérieure; la façon dont ses traits se crispent à cet instant précis le rend encore plus inquiétant pour la personne en face de lui...
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« Répondre #12 le: 28Janvier, 2019, 09:10:32 »

Derrière son guichet, un jeune homme relève la tête et dévisage un instant Schelling, avant de répondre presque mécaniquement :
- Vous avez rendez-vous ?...
Le visage du Falk l'empêche de continuer sur sa lancée. Il se lève et ajoute :
- Je vais le prévenir de votre arrivée.
Le jeune homme se dirige vers une porte vitrée, située derrière le guichet. Derrière un bureau, le regard allant d'un écran de terminal à un autre, Rholein est là, donnant des instructions. Quand l'employé frappe à la porte, il relève la tête et s'apprête à le congédier. C'est alors qu'il voit Schelling et, juste en retrait, Swen.
D'un geste sans aucune chaleur, il leur fait signe d'entrer.
- Je vous rappelle, déclare-t-il à ses interlocuteurs à distance, avant de fermer la session de vidéoconférence à laquelle il participait.
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« Répondre #13 le: 29Janvier, 2019, 10:28:28 »

Swen se dirige vers le bureau de Rholein, il garde un oeil sur son collègue et lui glisse:
- on doit se la jouer fine maintenant, si on se foire ici on ne verra jamais la fin de l'enquête.
Puis il entre dans la pièce et fait signe à son collègue de fermer la porte.
[y a t'il des stores?]
-Köhler et Schelling, merci de nous recevoir. Vous devinez sans doute la raison de notre présence? lâche Swen, d'un air grave.

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« Répondre #14 le: 29Janvier, 2019, 11:28:30 »

OK, profil bas, donc, songe Schelling en refermant la porte derrière lui.

Même si le banquier invite son collègue à s'asseoir, Hugo restera debout, en arrière-plan (mais aussi devant la porte, histoire de mettre un peu la pression sur leur interlocuteur), écoutant d'un air sombre la discussion menée par Köhler...

Mais il se connaît. Il sait que, dans le genre d'état limite où il se trouve présentement, il ne pourra sans doute pas s'empêcher d'intervenir si son foutu "instinct" le lui souffle... Cette pensée a à peine le temps de se former dans son crâne que la voix murmurante et insidieuse de tout à l'heure revient à la charge :

- Ton "instinct" ?  Oh, c'est comme ça que je m'appelle, maintenant, alors ?  Mon nouveau nom ?  Hugo, Hugo, Hugo... tu es sûr que je ne serais pas plutôt une des diverses séquelles de ton petit numéro de "résurrection" ?  La voix du vide gris dans ta tête ?

Un bref silence intérieur, puis la voix reprend, débitant un monologue grinçant en quelques micro-secondes :

- Ah oui, Hugo, un autre truc... quand tu crois entendre ta "conscience", c'est moi aussi. Tu pensais vraiment que tu en avais une ?  Köhler, oui... Goldberg aussi, sans doute... Ou peut-être qu'il entend la voix des cadavres qu'il a examinés. Ou une voix d'insecte... La Turkish et le gamin aussi... On a toujours une conscience quand on débute... Après, on apprend à la faire taire. A l'anesthésier. Et puis quand ça ne marche plus, on lui règle définitivement son compte. Et on vit mieux. Avec le temps, on finit même par oublier qu'on en a eu une, un jour. Par contre, une chose est sûre : on ne peut pas la ramener à la vie, elle. Quand on a tué sa conscience, c'est définitif. Donc arrête un peu de te raconter des histoires, Hugo. T'aurais dû crever - ça aurait sans doute été mieux pour tout le monde, d'ailleurs... mais t'as eu un coup de chance... Comme seuls peuvent en avoir parfois les bâtards dans ton genre... Mais tu es toujours le même, au fond. Est-ce que tu veux vraiment que je te rafraîchisse la mémoire ?  OK, alors écoute bien...

TA GUEULE !

La petite voix s'est tue. L'espace d'une seconde, Schelling a crû qu'il avait gueulé à haute voix. Mais non. C'était juste dans sa tête. En arrière-plan, il distingue le dialogue entre Köhler et le banquier, comme un bruit de fond ou la bande-son d'un film auquel on ne prête pas vraiment attention.

Personne ne le regarde avec des yeux ronds. Tout est sous contrôle. Il se concentre sur la conversation en cours...
« Dernière édition: 29Janvier, 2019, 11:30:54 par olivier legrand » Journalisée
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