Les Salons de la Cour

29Novembre, 2021, 22:00:02
Bienvenue, Invité. Veuillez vous connecter ou vous inscrire.

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
Pages: [1] 2   Bas de page
  Imprimer  
Auteur Fil de discussion: Entrevue avec Castamir (Vëantur)  (Lu 4931 fois)
0 Membres et 1 Invité sur ce fil de discussion.
Léo
Modérateur
Maistre de camp
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 512



WWW
« le: 05Février, 2016, 15:47:06 »

Castamir congédie un secrétaire, et sert lui-même un peu de vin de Dorwinion au marin :

"Bonsoir capitaine ; j'étais en train d'écrire cette lettre au roi d'Arthedain pour lui annoncer notre prochaine offensive avec Tarcil – mais vous ne me dérangez pas.

Alors, alors… qu'allons-nous faire de vous ? Je pensais vous mettre à la tête d'une compagnie de valeur, mais que préférez-vous ? L'infanterie ou la cavalerie ?
"
Journalisée

Marcello
Guidon
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 1 323

alias Dougal / Gunther Goldberg


« Répondre #1 le: 21Février, 2016, 22:40:52 »

Vëantur s'est paré de ses atours les plus martiaux, combinés à ses parures les plus précieuses. Une perle noire luit à son oreille.
Il hume le breuvage avec délectation puis incline la tête avec respect et gratitude, levant légèrement sa coupe :
" Ces derniers mois m'ont vu passé par le fer et le feu, et je me suis cru mourir loin des flots, mais tout cela n'était pas vain :
Un nectar exquis et la perspective d'un commandement dans la Marine... Je suis comblé !
Alors cavalerie ou infanterie, voyons... Je n'ai guère l'étoffe d'un cavalier, et je préfèrerais mener des hommes qui sauront me respecter pour mes compétences.
Alors une bande de vrais gaillards d'Umbar ou du Lebennin, bien tannés par le soleil de Belfalas et les abordages, je pense que j'en aurai bon usage ! "
Journalisée
Léo
Modérateur
Maistre de camp
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 512



WWW
« Répondre #2 le: 24Février, 2016, 10:27:07 »

"Parfait !" sourit Castamir, "C'est parfait ! J'ai justement quelques sabreurs qui ont besoin d'un chef, des coriaces de mes galères et de la garnison d'Umbar.
Une compagnie de braves, mais remuants… J'ai rassemblé les débris de plusieurs unités après la bataille du pont, pour former une troupe de choc et arrêter les piquiers d'Angmar. Il y a toujours eu des rivalités entre les différents équipages et c'est bien normal, n'est-ce pas ? mais maintenant ces gars doivent oublier tout ça et filer droit. Vous saurez vous en charger, j'en suis sûr. Et quand viendra le moment, vous devrez les mener à la bataille contre l'ennemi, pour le tailler en pièces jusque derrière les remparts de Carn Dûm.
"

Il tape du poing sur la table.

"Vous ne me décevrez pas, n'est-ce pas ? Bien sûr, ce sera dangereux. Nous ne l'emporterons pas facilement, ni sans sacrifices. Mais nous l'emporterons."

Pour l'heure… parlez-moi donc un peu de ce mystérieux périple avec notre ami Tarcil.


Se frottant les mains :

"Je veux tout savoir"
Journalisée

Marcello
Guidon
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 1 323

alias Dougal / Gunther Goldberg


« Répondre #3 le: 28Février, 2016, 23:12:59 »

Vëantur s'installe confortablement et s'apprête à conter les aventures uniques vécues ces derniers mois.
Il reste concentré et vigilant, buvant son vin à très petites gorgées pour garder l'esprit vif.
Car s'il ne compte pas mentir, il va simplement omettre de mentionner la quête du Vrai-or.
" Comme vous le savez, mon Grand Projet ne peut se réaliser qu'avec un soutien royal, et avec les meilleures connaissances possibles en science maritime...
Cette campagne réunissant les royaumes du sud et du nord est pour moi l'occasion unique de me distinguer auprès des plus nobles des Dunedain ;
et j'ai poussé l'audace jusqu'à tenter de rencontrer Cirdan le Charpentier, pour lui annoncer la venue des forces gondoriennes.
La chance, ou le destin, a bien voulu m'accorder cette rencontre inoubliable.
Et c'est alors que le Premier-né, dans sa clairvoyance, a ressenti l'Ombre terrible tombée sur Imladris.
C'est pourquoi nous avons décidé, avec la bénédiction du roi d'Arthedain, de gagner la Vallée Cachée. "


S'ensuit le récit détaillé de l'infiltration en Rhudaur, ponctué par le dégoût inspiré par les Orientaux, puis la terreur inspirée par Boldog - les mots manquent au Capitaine, haletant, qui dévoile l'énorme cicatrice barrant sa poitrine.
Journalisée
Léo
Modérateur
Maistre de camp
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 512



WWW
« Répondre #4 le: 29Février, 2016, 20:05:46 »

Castamir écoute attentivement Vëantur, une moue dégoûtée à la mention des barbares, une lueur rêveuse dans yeux à l'évocation des Elfes, tressaillant quand le marin décrit le terrible Boldog, puis il marmonne :

"Décidément, tout ça est fort distrayant et singulier… Et je crois bien que vous ne me dites pas tout, capitaine. Mais vous avez droit à vos cachotteries elfiques, après tout.
Pensez-vous que les Elfes se joindront à nous pour mater l'Angmar ? Je suppose qu'un tel renfort nous faciliterait bien les choses, et rendrait l'affaire encore plus marquante, comme un récit des temps anciens… Mais avant de rentrer au Gondor en héros, il nous reste encore à éradiquer l'ennemi, en empêchant Ornendil de trop tirer la couverture à lui… espérons que l'hiver aura épuisé ses hommes et ses chevaux.
"

Il en vient à des considérations stratégiques, puis donne rendez-vous à Vëantur pour le lendemain matin.
Tous deux vont inspecter la compagnie qu'il va devoir commander, une grosse centaine d'hommes, presque tous vétérans du Pont de la Mitheithel : de l'infanterie embarquée, fines lames et sabreurs des galères, et des soldats d'Umbar couverts de mailles, aux tabards et bannières à l'effigie de nefs et d'oiseaux marins, de lions ou du Pilier Blanc, l'obélisque qui trône sur la plus haute colline du grand port. Castamir lui présente personnellement les principaux personnages de cette troupe, Baranor, Duilin et Imraldân :

Baranor, un sergent de galère coléreux et braillard, que le marin a déjà vu à l'œuvre : c'est lui qui était impliqué dans l'esclandre de la veille, avec les Hommes de Dun. Ce vétéran au cuir tanné semble tout dévoué à Castamir, et devrait l'être désormais à Vëantur, qu'il salue d'une courbette un peu raide.

Les frères Duilin et Dailir de Pelargir, deux jeunes nobliaux qui ont suivi Castamir depuis le Gondor, sans doute en quête de renom, de richesse ou d'aventures… Le premier garde la mine sombre et distante, le second inquiète et fébrile. Castamir ne semble pas beaucoup apprécier les deux frères, et il prévient Vëantur à voix basse :

"Ils savent se battre convenablement, et l'aîné peut peut-être diriger une petite escouade, mais ne leur confiez pas de tâches importantes. Les pauvrets ont l'air très éprouvés par les combats contre l'Angmar. Pas assez de tripes."

Le troisième toise son nouveau chef et bombe le torse, surtout quand Castamir lui fait signe d'approcher puis déclare :

"Lorsqu'il a fallu tenir le Pont, le brave Imraldân était en première ligne, et il a repoussé les piquiers ennemis et les orcs à trois reprises, en chargeant et contre-attaquant comme un démon, en les poussant dans la rivière, en ralliant les blessés et ceux qui menaçaient de flancher. Fiez-vous à lui."

Imposant et robuste même pour un Dúnedain, couturé de cicatrices attestant sa bravoure (dont certaines acquises près de la Mitheithel) Imraldân le Balafré commande l'essentiel de ce qu'il reste des forces d'Umbar, lesquelles représentent presque la moitié de l'effectif de la compagnie, des hommes d'armes aux cottes de mailles et aux casques ornés de perles d'Umbar, flanqués d'une poignée de combattants du Harad munis de cimeterres et de boucliers ronds, de lances, d'arcs ou de javelots.
C'est un solide meneur, d'un vieux lignage aussi poussiéreux qu'arrogant, adoré de ses soudards, et, malgré son salut martial, à lire son regard froid Vëantur devine que le guerrier estime sans doute que sa place devrait lui revenir.

"Il vous secondera" poursuit Castamir. "Messieurs, tâchez d'œuvrer en bonne intelligence, car nous avons du pain sur la planche. Nous recevrons des renforts au printemps, et nous irons alors porter le coup de grâce à l'Angmar. D'ici là, je veux de la discipline, des exercices et de l'allant.
Vous êtes autorisés à recruter si vous le souhaitez… mais en piochant sur votre propre bourse…

Oh, et j'allais oublier : préparez-vous à partir fourrager dans l'Enedwaith, pendant que j'irai à Fornost. Il nous faut collecter un maximum de provisions, faire piétaille et valetaille, et réquisitionner tout le nécessaire pour notre campagne… Mon secrétaire vous donnera les détails. N'hésitez pas à faire du zèle : vous aurez des supplétifs, ainsi que des charrettes et des porteurs pour tout acheminer jusqu'ici.
"

"Nous allons ratisser le pays des monts jusqu'à la mer," promet Imraldân.

"Non. Vous ratisserez le pays, j'entends bien, mais en poussant vers le Pays de Dun : il y a plus de monde par là-bas. Voilà pourquoi c'est Vëantur dirige cette compagnie, mon bon Imraldân. Le capitaine Vëantur sait ce genre de choses, lui."

Il glisse ensuite à ce dernier :

"Vous n'êtes pas obligé de vous coltiner toute cette besogne, Imraldân et Baranor s'en sortiront. Ça risque d'être assommant, et vous aurez peut-être mieux à faire à Tharbad. Mais ça serait bien que vos hommes vous voient un peu sur le terrain avant que nous partions vers le nord."

Puis Castamir va discuter avec les braves qu'il reconnaît, pour flatter leur orgueil et mieux haranguer les autres, en évoquant de glorieux souvenirs d'abordages et de batailles navales.
Pendant ce temps, son secrétaire expose minutieusement à Vëantur et Imraldân ce dont il faudra s'emparer dans l'Enedwaith. Ce vieillard chenu est un proche collaborateur de Castamir, et il déroule son inventaire d'une voix monotone et sévère :

"Vivres et fourrage, chevaux et bêtes de bât, troupeaux et chariots – « tout ce qui a quatre pattes ou des roues » a précisé le Seigneur Castamir – du sel, du vin, du suif et du saindoux, du bois, de charpente ou de chauffe – et pour faire des flèches. Et prenez les flèches si vous en trouvez ; nos troupes en utiliseront probablement d'autres d'un modèle différent, mais on ne sait jamais, ça peut servir… ce n'est jamais bon de tomber à cours de flèches – des flèches donc, des cordes, des tissus, cuirs et fourrures, encres et parchemins, onguents, drogues et herbes médicinales, huiles, poix et résines, charbons, soufre et salpêtre, pierres à feu ou à aiguiser, ainsi que tous métaux vils ou précieux – l'or, les bijoux et les biens de valeur devant être consignés à part, une moitié partagée à titre de butin entre vos hommes, pour récompenser les plus méritants, ou dépensée selon le bon vouloir du capitaine Vëantur, l'autre reversée au trésor. Bref, la routine, mais dans la mesure du possible saisissez également marmites, tisonniers, chenets et hâtiers, les tentes et les bâches, les harnais et la bourrellerie, les outils, les échelles, les auges et mangeoires, les seaux, les tonneaux, les sacs, les coffres, les bottes et les souliers, les chandelles et les lanternes, sans oublier non plus piétaille et valetaille. Au contraire, je dois insister sur ce dernier point : je sais que la région n'est pas très peuplée, mais comme disait le Seigneur Castamir il faut y rappeler à tous qu'ils sont sujets du Gondor, et que cela implique certains devoirs en temps de guerre. Il a ordonné que soient levés les hommes en âge de porter les armes ou de travailler, et les rebelles et les fauteurs de troubles, il y en aura fatalement, aux galères… Il faudra veiller à regarnir les galères si nous voulons retourner au Gondor, l'hiver a été rude, mais je m'égare."

Castamir et sa suite s'en vont ensuite, laissant Vëantur avec ses nouveaux subordonnés.
Journalisée

Marcello
Guidon
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 1 323

alias Dougal / Gunther Goldberg


« Répondre #5 le: 04Mars, 2016, 00:03:29 »

Vëantur a passé les troupes en revue avec l'attitude ferme, digne et légèrement distante du capitaine de vaisseau qu'il est.
Ses regards sont francs, ses mots rares et directs.
Il dissimule avec aisance l'agacement qui le gagne à la litanie du barbon, imaginant la tête de Tarcil s'il entendait cela.
Mais après, soupire-t-il intérieurement, la rive sud est gondorienne, et l'Angmar est puissant !

Le tout nouvel officier décide de passer la journée à prendre les hommes en main. Il demande à ce que l'après-midi soit consacré à l'entraînement aux armes, pour jauger la valeur des hommes, et renforcer leur cohésion, en pratiquant des exercices mélangeant les individus de diverses unités.
Il en profitera aussi pour repérer d'éventuelles fortes têtes ou fauteurs de troubles, une pratique instinctive pour un capitaine de navire, toujours aux aguets d'une possible mutinerie.
Vëantur se procure également, ou fait tailler sur mesure, un uniforme sobre et solide convenant à son grade.
Puis il côtoie pendant la journée ses sergents et les frères nobles, les invitant à déjeuner à une bonne table de la rive sud, où il a ses habitudes.
Il se livre peu, mais fait comprendre qu'il connaît bien Tharbad et la noblesse du nord.
A l'occasion, il ponctue la conversation de quelques anecdotes tirées de ses récents faits d'armes en Rhudaur - sans esbroufe.
Il cherche surtout à mieux cerner les personnalités de chacun.

Enfin, le capitaine conclut la journée, et les rudes exercices des soldats, par la mise en perce de tonneaux d'une bière supérieure qu'il a fait venir à ses frais. Il passe ainsi la soirée à échanger quelques mots avec presque tous les soldats, commentant leurs prouesses, s'enquérant de leurs faits d'armes, évoquant la lointaine patrie, etc.

Pour le lendemain, Vëantur ordonne les préparatifs pour aller fourrager, prévoyant un départ vers le pays de Dun dans quelques jours.

Après une courte nuit, le Gondorien traverse le pont à l'aube, habillé en civil, et se rend à la Tour Mineure.
Son esprit est encore embrumé par l'alcool et la fatigue, mais une idée un peu folle se fraye un chemin...
Journalisée
Léo
Modérateur
Maistre de camp
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 512



WWW
« Répondre #6 le: 07Mars, 2016, 00:04:13 »

Tu peux poster dans "Ombres sur le Cardolan" (je t'aurais bien fait rejoindre "Une charge assommante", mais ils ont quelques jours d'avance )


Dans les jours qui suivent Vëantur prend rapidement ses marques à la tête de sa compagnie. Il est surtout absorbé par les préparatifs de l'expédition dans l'Enedwaith.
Castamir s'entretient à nouveau avec lui, après s'être rendu lui aussi à la Tour Mineure, avant de partir pour Fornost demander audience à Arveleg : il insiste sur l'importance de la mission confiée au capitaine, et sur les résultats qu'il attend, "d'autant que Tarcil souhaite que je ménage les Semi-Hommes. Je le savais entiché de ces lutins, mais, bigre ! Trop de sentimentalisme… N'allez pas faire de même en Enedwaith, hein ? Bonne chance, capitaine."
Journalisée

Marcello
Guidon
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 1 323

alias Dougal / Gunther Goldberg


« Répondre #7 le: 07Mars, 2016, 23:28:50 »

[eh bien dès que je les rattrape je peux les rejoindre, j'ai une petite virée à leur proposer  ]

Vëantur met à profit le temps restant jusqu'au départ de Castamir pour connaître au mieux ses hommes, s'efforçant de déceler les caractères, des veules et cupides aux honorables et braves.
Il étudie avec soin les cartes du Pays de Dun, et s'enquiert auprès des locaux des divers villages et hameaux, ainsi que des axes de communication et leur praticabilité.
Il fait préparer des chariots vides qui devront revenir pleins, et s'intéresse à la possibilité de naviguer avec des esquifs en amont du Nîn-en-Eilph, sur le cours du Glanduin, qui marque la frontière entre le Pays de Dun et l'Eregion.

Parallèlement, le capitaine n'a pas délaissé l'équipage du Kirinki ; il charge ses compagnons de se renseigner sur une piste commerciale potentiellement fructueuse, les échanges avec les Nains de Khazad-Dûm, dont le minerai et les lames sont probablement très demandés en ces temps troublés. Des Nains viennent-ils jusqu'à Tharbad pour commercer ? Peux-t-on se rendre jusqu'à la Porte Ouest de la grande cité de Durin en traversant l'Eregion ?

Enfin, muni de ces renseignements et de ses cartes, après avoir souhaité bon vent à Castamir, Vëantur se rend à la Tour Mineure avec une mine fort réjouie...
Journalisée
Léo
Modérateur
Maistre de camp
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 512



WWW
« Répondre #8 le: 08Mars, 2016, 19:05:57 »

[Vëantur peut maintenant rejoindre "Une charge assommante". Dans la cour de la Tour Mineure, il croise Damangol, qu'il entraîne dans ses conciliabules.]

Le cours inférieur du Glanduin doit être navigable, pour de petites embarcations, mais pas sur les contreforts des Monts Brumeux. Il arrive effectivement que des Nains de Khazad-Dûm viennent commercer en ville, notamment quand ils y font étape dans leur route vers les Montagnes Bleues. En revanche, il est bien plus rare de voir des marchands de Tharbad se rendre chez les Nains.
Journalisée

Léo
Modérateur
Maistre de camp
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 512



WWW
« Répondre #9 le: 13Mars, 2016, 20:00:06 »

[Une petite remarque… mais j'imagine que Vëantur s'en doutait déjà : il est vrai qu'il lui a laissé une large marge de manœuvre, mais c'est probablement plus dans la partie méridionale du Pays de Dun que Castamir envisageait sa mission, une région plus peuplée que la zone frontalière au nord. ]


C'est bientôt l'heure du départ, et Vëantur passe en revue ses troupes.
Outre ses chariots, la capitaine découvre les supplétifs rassemblés par Castamir, que ce dernier a prévu de faire encadrer par une poignée de membres de sa garde personnelle : des cavaliers et des éclaireurs, des hommes de l'Exarque qui connaissent quelque peu l'Enedwaith, une petite compagnie d'archers, des soudards en goguette et des mariniers des galères accompagnés de forçats, et toute une foule de porteurs et rouliers, muletiers et charretiers, suivis d'une bande hirsute de bûcherons, charbonniers et forestiers, et d'une dizaine de scribes pour enregistrer scrupuleusement le produit des rapines.

"Alors capitaine," demande le sergent Baranor, "comment procéderons-nous ? On a assez de monde pour faire plusieurs escadrons et ratisser large."
Journalisée

Marcello
Guidon
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 1 323

alias Dougal / Gunther Goldberg


« Répondre #10 le: 16Mars, 2016, 00:56:33 »

Après avoir fixé les termes d'un rendez-vous à Ost-in-Edhil avec ses amis de la Tour Mineure - et notamment Damangol qui dans son convoi pourra apporter du matériel de fouille et d'exploration, Vëantur s'est attaché à organiser l'expédition gondorienne, avec l'aide de l'Oiseleur qui en fera partie.
A ceux qui le demandent, il présentera celui-ci sous le nom de Sirwë, "un fin connaisseur du pays".

Sans l'expliquer à son sergent, bien entendu, le capitaine a composé la répartition des escadrons en fonction de la distance qui les séparera d'Ost-in-Edhil.
Au plus loin donc, dans la partie méridionale du Pays de Dun, il envoie Baranor avec ses soudards, et la moitié des supplétifs variés, dont les guides fournis par l'Exarque ;
Moins loin, dans la partie centrale, il confie à Imraldân les autres supplétifs, dont les cavaliers et les archers, ainsi que l'essentiel de ses guerriers.

Vëantur et Sirwë se joindront à ce deuxième escadron pour pousser vers l'est rapidement, et y installer un campement central à partir duquel rayonneront les hommes pour leur ouvrage.
C'est depuis ce camp de base, situé au plus à quelques heures de marche d'Ost-in-Edhil, que les deux compagnons partiront accompagnés d'une petite troupe.

Vëantur compte emmener trois mariniers encadrant une demi-douzaine de forçats costauds ;
Trois charretiers pour convoyer les hommes et du matériel, dont quelques esquifs plats permettant de naviguer sur le Glanduin ;
et enfin les frères de Pelargir, Duilin et Dailir, avec quelques soldats aguerris.
Les mariniers et charretiers ressemblent aux supplétifs de Castamir, mais ont été recrutés directement par Vëantur, sur le conseil de ses connaissances à Tharbad : la plupart sont des sujets du Cardolan et plus enclins à soutenir la Tour Mineure que Castamir.
Quant aux frères gondoriens et aux soldats... Vëantur se fie à son jugement, et écoute les conseils de l'Oiseleur qui va les côtoyer pendant le voyage.
Son but est de prendre avec lui des hommes sensibles à l'attrait de l'aventure et l'éventuelle découverte de richesses antiques, prêts à prendre de sérieux risques pour cela.
Et des hommes pas forcément dévoués corps et âmes à Castamir... La composition de ces renforts reste donc à décider au moment opportun.

En plus des chariots, Vëantur, l'Oiseleur et les hommes d'armes se déplaceront à cheval. Il est essentiel qu'un ou plusieurs messagers puissent partir rapidement des ruines si un danger surgit pour appeler Imraldân en renfort.
Le capitaine a pour cela préparé des messages rédigés et scellés dans des tubes étanches, donnant des ordres clairs et fermes pour venir contrer une attaque surprise de l'ennemi.

En résumé donc :
" Sergent Baranor, j'ai décidé de vous confier la moitié des effectifs pour ratisser la partie sud.
Quant à moi je m'implanterai dans la partie nord avec Imraldân et nous rayonnerons par petits groupes.
J'estime qu'en trois semaines,les deux escadrons devraient avoir réuni tout ce qu'il faut, et nous prendrons le chemin du retour.
Et maintenant écoutez-moi bien : les bouseux de cette région ne vont pas forcément être très coopératifs.
Soyez fermes, mais n'oubliez jamais que vous représentez l'autorité du Gondor.
Si le moindre de nos hommes souille l'Arbre Blanc d'un acte vil, maltraitant femme, enfant, ou homme, il en répondra de sa vie.
Comprenez-bien une chose : ces gens-là sont farouches, et nous serons disséminés dans leur territoire.
Si ça tourne au vinaigre, on peut y laisser des plumes avant de les mater.
Or notre mission est de rapporter des vivres, pas de perdre des hommes.
Maintenant, donnez le signal du départ.
En route ! "

Journalisée
Léo
Modérateur
Maistre de camp
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 512



WWW
« Répondre #11 le: 16Mars, 2016, 17:23:53 »

Citation
Les mariniers et charretiers ressemblent aux supplétifs de Castamir, mais ont été recrutés directement par Vëantur, sur le conseil de ses connaissances à Tharbad : la plupart sont des sujets du Cardolan et plus enclins à soutenir la Tour Mineure que Castamir.

Ok pour les charretiers, par contre les mariniers en question sont des marins de galère : ils viennent donc forcément des équipages de Castamir.

Suite dans le nouveau fuseau.
Journalisée

Léo
Modérateur
Maistre de camp
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 512



WWW
« Répondre #12 le: 17Mai, 2016, 23:25:38 »

Les craintes d'Imraldân s'avèrent justifiées : Castamir est déjà revenu à Tharbad, et n'est guère satisfait…
Baranor est revenu du Pays de Dun les chariots bien remplis et les mules lourdement chargées, précédé de troupeaux et de fraîches recrues plus ou moins enthousiastes. Il a aussi fait quelques prisonniers remis aux galères de Castamir :

"J'ai bien suivi vos consignes, capitaine, l'Arbre Blanc et tout ça, mais ce village-là… Des fourbes. La réquisition s'est à peu près bien passée, mais ils ont mijoté une attaque nocturne. Alors il a fallu riposter et sévir, les galères, tout ça…"

Mais si le sergent s'est bien acquitté de sa mission, on ne peut pas en dire autant d'Imraldân et Vëantur…

Le Capitaine des Navires convoque ce dernier dès son retour à Tharbad, et le reçoit la mine sévère. Cette fois, il ne lui propose pas de vin du Dorwinion, et semble déjà avoir eu un rapport très complet de son expédition :

"Que signifie tout ça, capitaine ? Je suis déçu : je vous croyais mieux capable de suivre des ordres, des ordres simples qui plus est, pas d'aller tuer des Orcs et perdre des hommes pour folâtrer dans des ruines elfiques.
Je vous reconnais bien là, toujours prêt à vous enticher de mirages… Des armes secrètes, vraiment ? Si c'est ce Tarcil qui vous a fourré ces idées dans la tête, il est encore plus fol que je ne le croyais ! Je ne vous reproche pas d'entretenir nos relations avec nos amis du Cardolan, mais j'espère toutefois que vous saurez faire preuve de plus de discipline et de discernement à l'avenir.
"

Le visage fermé, il observe le marin un instant puis ajoute :

"On me dit que vous vous êtes bien comporté face aux Orcs, alors je vais passer l'éponge pour cette fois, pour pouvoir juger moi-même de vos talents et du service que le Gondor peut en espérer."
Journalisée

Marcello
Guidon
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 1 323

alias Dougal / Gunther Goldberg


« Répondre #13 le: 20Mai, 2016, 00:02:20 »

Vëantur se tient le plus droit possible, le regard en berne, l'air humble, tandis que son esprit rumine des questions sans réponses.
* Sus à l'Angmar, n'est-ce pas cela le sens réel de notre quête ? Ce Vrai-or existe-t-il vraiment, nous servirait-il vraiment ?
Et Damangol et Sirwë dans tout ça ? Et la Bête... *


Pour une fois à court de mots, le marin se contente d'acquiescer lors du sermon.
Puis, lentement, il extirpe de son pourpoint une petite bourse qu'il ouvre sur la table.
Les pierres précieuses elfiques "trouvées" à Ost-in-Edhil y brillent, mêlées à de la poussière et des fragments de roc.
" Cela ne ramènera pas les tués, mais participera à l'effort de guerre. " grommelle-t-il.

Puis, après un longue inspiration, Vëantur lève son regard vers celui du Capitaine des Navires et joue son va-tout :
" Je suis très fier de pouvoir participer à cette campagne contre l'Angmar, qui débarrassera enfin nos frères du Nord de cette sombre menace.
Votre action est décisive et je souhaite vous accompagner vers la victoire.
Par deux fois déjà, mon chemin a croisé celui de la Bête, cette créature issue des temps anciens, qui a occis la fine fleur du Cardolan.
Je l'ai vue en action, se moquer des lames et des flèches. Et je suis persuadé que l'Angmar recèle d'autres adversaires terribles...
Les plus valeureux guerriers seront abattus, et même un oliphant sera mis en déroute... "


Le capitaine déboucle lentement son ceinturon, fait glisser le fourreau de la dague elfique sur la table. Il la tend à Castamir, poignée en avant.
" A Imladris j'ai compris la noire puissance de l'Ennemi. Glorfindel m'a confié cette lame, forgée à Gondolin, qui pourfend cruellement les gobelins.
Et la dame Galadriel, qui régnât sur le royaume d'Eregion, nous a indiqué où trouver des armes qui seront les fléaux des monstres de Carn Dûm.
Des armes qui seront portées par les grands héros de notre temps, vous, Castamir de Pelargir, le premier ! "


Vëantur s'exalte progressivement dans son discours, ses yeux étincelant, reflétant des combats millénaires contre l'Ombre.
" Nous sommes tout prêt de trouver ces armes, nous avons manqué d'un peu de temps et de ravitaillement.
Et ces orcs ne sont pas venus par hasard, non ! C'est le signe que l'Ennemi craint cette initiative...
Alors ne me faites pas l'honneur de commander un régiment, sans doute n'en suis-je pas digne.
Donnez-moi un escadron de cavaliers du Harad, une troupe de forçats, et en deux semaines l'affaire est réglée.
Je chevaucherai alors en hâte vers le nord pour vous rattraper, et apporter à vous et au Roi les armes de la victoire ! "
Journalisée
Léo
Modérateur
Maistre de camp
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 512



WWW
« Répondre #14 le: 23Mai, 2016, 21:02:11 »

Castamir fixe Vëantur d'un air indéchiffrable pendant sa tirade, ne le lâchant du regard que pour jeter un coup d'œil aux pierres précieuses ou à sa dague elfique, puis il reste silencieux un long moment. Il semble peser le pour et le contre, partagé entre l'irritation et un intérêt aiguisé, malgré ses doutes, par la perspective d'armes fabuleuses... Finalement, un peu plus irrité d'avoir été convaincu et de céder à l'éloquence du marin, il marmonne :

"Je vois que vous n'en démordez pas… Je vous accorde deux semaines. Pas plus. N'abusez pas de ma bonté.
Passé ce délai, armes ou pas, vous prendrez la route du nord : ne traînez pas en chemin, et vous devriez arriver à temps pour le rassemblement de Fornost.

Vous pouvez disposer.
"
Journalisée

Pages: [1] 2   Haut de page
  Imprimer  
 
Aller à: