Les Salons de la Cour

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Auteur Fil de discussion: Le XXIIème concours de scénarios est ouvert !  (Lu 45901 fois)
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Kérosène
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Docteur en procrastination


« Répondre #60 le: 19Novembre, 2008, 23:21:50 »

Citation de: Cuchulain
Et encore : tu l'as pas vu avec un bonnet... 
Ah ben bravo ! Maintenant je vais avoir du mal à m'endormir ! Grin

Citation
"Le trésor du vieil Ezechiel Jones" [...] Bon ça fait 3 lignes pour l'instant mais je ne désespère pas de le finir dans les temps. 
En tout cas, l'idée me plaît bien. J'ai hâte de te lire
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N'est pas mort ce qui est parti traîner dehors ( Merci Marchiavel)

Il faut des lâches vivants pour narrer les exploits des héros morts
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« Répondre #61 le: 19Novembre, 2008, 23:25:16 »

Citation de: Cuchulain
Et encore : tu l'as pas vu avec un bonnet... 
Ah ben bravo ! Maintenant je vais avoir du mal à m'endormir ! Grin

Suffit de l'entendre parler de Linux... 
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« Répondre #62 le: 20Novembre, 2008, 10:22:54 »

la contribution de Lord Skeletor qui m'a franchement impressionnée.

Merci.

Sérieusement : j'ai une inspi pour un scénario Western hollywoodo-lucky-luckesque : "Le trésor du vieil Ezechiel Jones" (copyrigth LS pour le PNJ c'est celui d'un scénario boot-hill particulièrement jouissif qu'il ne fallait pas laisser dans son coin).

C'était lequel celui-là, déjà ? Celui qui se passe à Red Bean Gulch, avec Moona dans le rôle de Gale "Wild Bitch"  O'Sullivan ?

« Dernière édition: 20Novembre, 2008, 13:40:39 par Lord Skeletor » Journalisée

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« Répondre #63 le: 20Novembre, 2008, 10:24:07 »

Je me disais que le forum était calme... Mais, forcément, vous êtes tous en train de bosser comme des fous !  Bravo ! 

Et voilà ! Finies les futilités quand on crée des scénarii pour le concours !
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« Répondre #64 le: 20Novembre, 2008, 12:18:48 »


la contribution de Lord Skeletor qui m'a franchement impressionnée.

Merci.

Sérieusement : j'ai une inspi pour un scénario Western hollywoodo-lucky-luckesque : "Le trésor du vieil Ezechiel Jones" (copyrigth LS pour le PNJ c'est celui d'un scénario boot-hill particulièrement jouissif qu'il ne fallait pas laisser dans son coin).

C'était lequel celui-là, déjà ? Celui qui se passe à Red Bean Gulch, avec Monna dans le rôle de Gale "Wild Bitch"  O'Sullivan ?


Oui tout à fait ! Ah je te remercie : il manquait le nom de la ville ! Je sais qu'Homep jouait Vicious Snake venant de Louisiane mais je ne me souviens pas du nom de son perso... J'ai envie d'en faire des prétirés pour mon scénario ! Par contre ce sera avec des stats GURPS étant donné que je n'ai pas les règles de Boot-Hill... Tu pourras toujours convertir...
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« Répondre #65 le: 20Novembre, 2008, 13:39:43 »


la contribution de Lord Skeletor qui m'a franchement impressionnée.

Merci.

Sérieusement : j'ai une inspi pour un scénario Western hollywoodo-lucky-luckesque : "Le trésor du vieil Ezechiel Jones" (copyrigth LS pour le PNJ c'est celui d'un scénario boot-hill particulièrement jouissif qu'il ne fallait pas laisser dans son coin).

C'était lequel celui-là, déjà ? Celui qui se passe à Red Bean Gulch, avec Moona dans le rôle de Gale "Wild Bitch"  O'Sullivan ?


Oui tout à fait ! Ah je te remercie : il manquait le nom de la ville ! Je sais qu'Homep jouait Vicious Snake venant de Louisiane mais je ne me souviens pas du nom de son perso... J'ai envie d'en faire des prétirés pour mon scénario ! Par contre ce sera avec des stats GURPS étant donné que je n'ai pas les règles de Boot-Hill... Tu pourras toujours convertir...

Ah ! Je ne me souviens plus de l'état civil de Vicious Snake ! Attends, si ! Guillaume "Vicious Snake" DeNemours, cajun et espion travaillant pour l'état français, à la recherche de moyens pour favoriser les intérêts de la France au nouveau continent...  Une tuerie, ce personnage !

Et pourquoi pas pour Aces & Eights : Shattered Frontier ?
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« Répondre #66 le: 20Novembre, 2008, 13:48:10 »

Tu n'auras qu'a proposer les deux Je ne me souviens plus du nom de mon perso tiens : c'était le Marshall "El Cucho" mais à part ça...
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« Répondre #67 le: 20Novembre, 2008, 15:49:10 »

Tu n'auras qu'a proposer les deux Je ne me souviens plus du nom de mon perso tiens : c'était le Marshall "El Cucho" mais à part ça...

Le nom de famille de ton perso...

Ce n'était pas... "Williams" ?
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« Répondre #68 le: 20Novembre, 2008, 18:12:16 »

Tu n'auras qu'a proposer les deux Je ne me souviens plus du nom de mon perso tiens : c'était le Marshall "El Cucho" mais à part ça...

Le nom de famille de ton perso...

Ce n'était pas... "Williams" ?

John "El Cucho" Silver... J'ai retrouvé la fiche. Bon sinon histoire de dire quelque chose d'intéressant, le scénario s'appellera "Le testament d'Ezechiel Jones". Le pitch est que les PJS pour hériter d'une mine de cuivre vont devoir satisfaire les dernières volontés du susnommé : accomplir son rève et trouver de l'or dans une vieille mine abandonné depuis des lustres. Ils vont être en concurrence avec un autre groupe et devoir décider s'ils travaillent vraiment ou s'ils cherchent à tricher (connaissant le pj moyen : il y'a du bidouillage dans l'air). Voilà : je m'amuse à donner des suggestions pour rendre le scénario totalement cliché voire burlesque dans le texte et j'ai une foule d'idées...
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Marcellus Lesendar
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« Répondre #69 le: 23Novembre, 2008, 20:07:59 »

Ouah! Si j'y repense dans la semaine, j'participe! Le thème et l'élément me plaisent et m'insipirent!
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Narbeuh
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« Répondre #70 le: 26Novembre, 2008, 14:27:47 »

Et hop. Merci les délais 



Un c(h)oeur plein d’illusions

Un scénario pour Ombres & Lumières

Résumé

Un jeune vénitien croit entendre à plusieurs reprises la voix de sa bien-aimée. Pourtant, celle-ci est sensée être morte et enterrée depuis des années. Désespéré, se croyant fou ou pire, possédé, le jeune homme met fin à ses jours. Les PJs, des amis de la famille, enquêtent discrètement.

Conseils préalables

Ce scénario se déroule dans la Venise de la seconde moitié du 18ème siècle. Il est conçu pour correspondre au cadre et à l’esprit du jeu de Xaramis, Ombres & Lumières. En raison de l’indisponibilité momentanée de ce jeu  , ce scénario pourra être joué avec n’importe quel système light mais réaliste et quelques sources de renseignements sur la cité des Doges à cette époque. Un peu de musique de Vivaldi (ou autres compositeurs vénitiens de cette époque mais Vivaldi ou Baldassare Galuppi sont particulièrement bien adaptés à cette histoire car ils ont été maîtres de chœur dans des ospedali) pourrait être un vrai plus pour l’ambiance.

La date précise du scénario n’est pas, dans l’absolu, très importante mais il est conseillé de le situer au milieu des années 1770. L’institution des ospedali dont il va être ici largement question est alors en pleine déliquescence financière et, désormais en faillite, passera avant la fin de la décennie sous contrôle de l’administration de la Sérénissime. Le grand besoin d’argent et le encore (relativement) faible contrôle de l’état, deux choses toutes deux fort utiles à ce scénario, sont donc à leur optimum à cette date.

Les personnages des joueurs peuvent avoir à peu près tous les profils possibles. Ils doivent toutefois tous être des proches d’un des protagonistes du scénario, Giuseppe Vicario. Celui-ci est un maître artisan : il gagne très bien sa vie mais n’est pas du même monde que les nobles ou grands argentiers. Toutefois, son art, la lutherie, peut à l’occasion le rapprocher de nobles éclairés et sensibles aux arts (des clients fidèles voire des admirateurs de sa manière). De même, Giuseppe est un homme affable et bon, authentiquement chrétien, et il est imaginable qu’il entretienne une relation d‘amitié avec des personnages miséreux… voire à la morale douteuse si leur fond est bon.

Un deuil secret

L’aventure commence donc dans l’entourage de Giuseppe. Le luthier, âgé d’une cinquantaine d’année, vient d’être frappé par un terrible coup du sort : son fils adoré, Cosimo, vient de mourir dans un accident aussi malheureux que courant. La veille, le jeune homme (âgé de 25 ans) est tombé de la gondole qu’il avait emprunté et a sombré dans les eaux sombres et fongueuses de la lagune. Son corps a été repêché sans vie. Les personnages auront à cœur de venir présenter leurs condoléances à leur ami.

Alors qu’ils sont tous réunis autour de lui (début de la séance, donc), celui-ci leur fait une révélation : son fils n’a pas été victime d’un accident… il s’est suicidé ! Giuseppe est bon catholique et a voulu éviter les complications : il s’est assuré de la collaboration du gondolier, Pietro, un bon garçon compréhensif et a imposé la thèse de l’accident. Bien que Cosimo n’ait laissé ni lettre, ni message d’aucune sorte, le suicide ne fait guère de doute : Pietro a vu Cosimo se lever sans un bruit, s’avancer puis se laisser couler dans l’eau froide comme une masse morte. Un autre barcarolo, à proximité, a confirmé (avec une jolie somme pour prix de son silence…) la version des faits livrée par Pietro.

Il n’y a donc pas de jeune homme en danger à sauver, il n’y a pas non plus de meurtrier à découvrir… Giuseppe serait simplement reconnaissant à ses amis s’ils pouvaient accomplir discrètement une tâche que lui même ne peut faire sans attirer les soupçons sur les circonstances de la mort de son fils : comprendre ce qui a pu pousser Cosimo au suicide ! Cela serait pour lui une grande consolation (ou pas, d’ailleurs…).

Premières investigations

Sans éveiller les soupçons de l’extérieur (voisins, Eglise, autorités…), les personnages peuvent déjà quémander des informations à plusieurs sources :
· Giuseppe : il ne comprend pas. Son fils avait l’air si heureux ces dernières années. Très occupé par des commandes à terminer, il ne l’avait pas vraiment vu ou pris le temps de discuter avec lui depuis une semaine environ mais, auparavant, tout semblait bien aller pour le jeune homme qui avait de nombreux amis, aimait la fête, les flirts et profitait de l’amour de son père pour faire traîner en longueur des études de droit civil, tout en jouant, assez mal, du violon. Bien sûr, Giuseppe sait que son fils a connu par le passé un terrible drame (voir « La déchirure de Cosimo ») mais il lui semblait que son chagrin était loin derrière lui : depuis 3 ou 4 ans, le jeune homme semblait avoir tout à fait repris goût à la vie.
· Pietro : le jeune barcarolo (environ 18 ans) est très impressionné par le drame qu’il a vécu aux premières loges. Il connaissait assez bien Cosimo qui n’était guère plus âgé que lui. Il amarre souvent sa gondole sur les Zattere (les quais sud de Venise), près de la demeure des Vicario. Il avait donc l’habitude de prendre en charge Cosimo pour ses déplacements. Surtout, d’ailleurs, ces derniers temps… En effet, depuis exactement 5 jours, Cosimo a emprunté quotidiennement ses services pour le conduire sur la riva degli Schiavoni (les quasis les plus centraux de Venise). Le jeune homme s’absentait alors une heure ou deux puis revenait, soit avec lui s’il lui avait demandé d’attendre, soit avec un confrère. Hier, c’est exactement ce qui s’est passé : c’est au retour de ce voyage que le drame s’est noué, alors que le barcarolo s’engageait à peine dans le canal della Giudecca. Contrairement à d’habitude où Cosimo était liant et volontiers blagueur, les voyages de ces 5 derniers jours se sont déroulés dans le silence, le fils du luthier apparaissant infiniment triste et absorbé dans ses pensées. Il regardait parfois autour de lui avec des airs anxieux et un regard à demi-fou. Bref, le suicide ne l’étonne pas du tout.
· la maisonnée des Vicario : Cosimo n’avait plus sa mère pratiquement depuis sa naissance. Rosina, une maîtresse femme, s’occupe depuis des années, à la fois de l’intérieur de la maison… et des courbatures du vieux Giuseppe. Elle était comme une seconde mère pour Cosimo et est véritablement éplorée. Entre deux sanglots, elle confiera, sur le ton du reproche adressé à son amant, que le pauvre petit était si pâle et triste depuis quelques jours qu’il semblait avoir croisé le Diable en personne dans quelque calle maudite. Et ce n’est pas faute de s’en être ouverte à Giuseppe qui, débordé, n’a rien voulu voir !
· la chambre de Cosimo : le fils possédait sa propre chambrette au dernier étage de la demeure des Vicario. Elle est dans un grand état de désordre. Il ne semble pas que ce fut là l’habitude de Cosimo ce qui tend à prouver qu’il était perturbé. Seuls deux petits recoins échappent à l’amoncellement de livres ouverts et de vêtements sales. Un petit bureau couvert de tâches d’encre fraîche et sur lequel se trouvent encore, maintenus par un coupe-papier planté dans le bois, quelques morceaux de papier découpés en fines bandes. Des PJs très méticuleux ou possédant des habitudes d’investigation pourront réussir à lire par impression de la plume sur le papier un mot qui revient souvent dans les billets qui furent précédemment écrits sur le dessus de cette liasse : « Maria ». Par ailleurs, sur une console, une image de la Vierge et un chapelet indiquent que Cosimo a tenté de trouver un peu de consolation à ses tourments dans sa foi.

La déchirure de Cosimo

Par son père, Rosina ou un ami, les PJs pourront facilement établir que, en effet, le jeune homme a été marqué par un drame dans sa vie et qu’à l’époque, cela aurait facilement expliqué un suicide. Mais c’était il y a bientôt 10 ans…

L’année de ses 16 ans, Cosimo rencontra l’amour. Elle avait les cheveux d’un blond discret, une peau pâle et toute veinée de bleu comme une délicate porcelaine de Chine. Elle s’appelait Bibiana et était à peine plus âgée que lui. Ils se rencontrèrent lors des cours de musique du vieux maître, Girolamo Conte. Lui prenait, grâce à l’amitié existant depuis des années entre son père et le vieux musicien, de calamiteux cours de violon, elle faisait déjà admirer une voix exceptionnelle de mezzo-soprano qui, aussitôt, enchanta le jeune homme. Elle enchantait aussi le vieux Girolamo d’ailleurs mais celui-ci dut vite refreiner ses espoirs de la pousser à faire carrière. Bibiana était une fille Loredan, une riche et puissante famille patricienne qui donna à la Sérénissime plusieurs Doges au temps de sa splendeur, au 16ème siècle. Il n’était guère dans les intentions de son père d’en faire une cantatrice. Cosimo et Bibiana eurent le coup de foudre, profitant au maximum de ces rares moments de liberté puis, cela ne suffisant plus, en en volant de plus longs.

Leur amour était si fort qu’en dépit de la radicale opposition de Nazzario Loredan, le père de Bibiana, à cette relation, les deux jeunes gens franchirent la barrière des interdits… et qu’ainsi la jeune fille se trouva enceinte. Dès que son père le découvrit, la jeune fille fut consignée à son domicile et jamais Cosimo ne la revit. En effet, quelques jours plus tard, le fils du luthier apprit, stupéfait, que sa douce aimée était morte. Officiellement, elle était morte de « chagrin », n’ayant pas résisté à la douleur de l’embarras dans lequel sa conduite indigne avait placé sa famille. Cosimo entra dans une fureur folle, accusa sa famille de l’avoir poussée au suicide ou, pire, de l’avoir battue à mort… puis il finit par admettre qu’il ne pouvait rien contre cette famille et que, de toutes façons, rien de ce qu’il pourrait faire ne lui rendrait sa Bibiana adorée. Il fut immensément triste, perdit des journées à veiller la modeste tombe de son amante… puis, insensiblement, la vie et l’insouciance de sa jeunesse reprirent le dessus et lui permirent de tourner la page. Croyait-on…

Investigations à l’extérieur

Même si Giuseppe a raison d’être prudent avec la rumeur publique, il n’y a actuellement personne qui n’imagine vraiment que Cosimo se soit suicidé. Les PJs peuvent donc enquêter à l’extérieur sans grande crainte. Toutefois, des investigations maladroites ou trop directes amèneront forcément les gens à parler…
· sur les pas de Cosimo : les PJs voudront aller là où il se rendait et dont il ne revint jamais vraiment. A deux pas de l'endroit où le gondolier le débarquait chaque jour se trouve la prestigieuse église San Zaccaria. Il y a là un petit cimetière triste et malodorant. L’affleurement des eaux rend, à Venise, très aigu le problème des cimetières et de leur proximité avec les vivants. A travers les miasmes et les tombes décelées par le temps et l’humidité, les PJs pourront sans peine (peut-être savent-ils ce qu’ils cherchent s’ils se sont renseignés dans ce sens auparavant) trouver la tombe de Bibiana. Elle est bien nettoyée, fleurie de frais : les attentions récentes de Cosimo permettent de la distinguer de la masse des pierres et croix croulantes qui composent ce cimetière. La tombe est des plus sobres. En dehors du nom et des dates, on n’y voit qu’une lyre gravée qui indique les penchants artistiques de la jeune fille fauchée en pleine jeunesse.
· le confesseur de Cosimo : comme on le sait, Cosimo était issu d’une famille très catholique. Ainsi, il est aisé d’apprendre que, très régulièrement, le jeune homme se rendait auprès du père Erasmo (de la paroisse de San Trovaso) pour se confesser. Bien évidemment, Erasmo invoquera le secret de la confession pour refuser de dire quoi que ce soit aux personnages. Qui plus est, ceux-ci ont fort intérêt à marcher sur des œufs pour ne pas alerter l’ecclésiastique sur les conditions troubles de la mort sur laquelle ils enquêtent. Enfin, le père est sincère et incorruptible : il ne possède pas de sombre secret avec lequel le faire chanter et n’est pas vénal. Toutefois, une petite enquête sur son environnement proche (autres prêtres de la paroisse, laïcs engagés auprès de la paroisse, amis…) permettra de lire en creux ce qui le préoccupait ces derniers temps : bien qu’il y répugnait, Erasmo avait écrit à sa hiérarchie dans le but de commander un exorcisme pour un de ses jeunes paroissiens qui se disait « poursuivi par des fantômes ». Il n’a jamais donné le nom de ce paroissien mais rien n’exclut qu’il s’agisse de Cosimo.
· les amis de Cosimo : comme l’indiquait son père, Cosimo était désormais un garçon gai et festif… ce que ses nombreux amis (musiciens amateurs, étudiants en droit, jeunes du sestiere…) confirmeront. Si les personnages les interrogent dans ce sens, ils ne pourront exposer aucune explication pouvant justifier un suicide. Toutefois, rares sont ceux qui l’ont vu récemment. Cosimo se faisait rare depuis une semaine et, d’après les avis unanimes, seul Tommaso, un étudiant en droit, l’a rencontré ces derniers jours… mais, tiens, au fait, c’est vrai, lui non plus ils ne l’ont pas vu récemment.
· Tommaso : une rapide enquête dans l’entourage proche de Tommaso (son domicile, son voisinage, sa famille…) révélera très vite que l’étudiant n’a pas été gagné par une épidémie de suicide. Toutefois, il est flagrant qu’il se terre chez lui et évite tout contact avec ses amis. C’en est au point que ce sont les PJs eux mêmes qui devront apprendre la nouvelle de la mort de Cosimo à son ami. Il en sera très affecté. Tommaso était parti pour se montrer fuyant et peu causant mais les PJs peuvent alors profiter de ce moment de faiblesse pour le faire craquer. Ils découvrent d’abord que Tommaso pense que Cosimo a été tué (ce qui semble impossible) et qu’il a lui-même peur de subir le même sort ! En effet, il a été menacé, voici 4 jours, par des inconnus masqués à l’air peu engageant qui lui ont conseillé fermement de ne plus voir Cosimo et, de façon générale, de se faire le plus discret possible. Tout cela est consécutif à un évènement qui, forcément, intéressera les PJs qui, toutefois, devront se montrer rassurants vis à vis de l’étudiant apeuré pour qu’il se livre. Il y a une semaine exactement (cela coïncide exactement avec le changement d’humeur de Cosimo), Tommaso, qui partageait le goût de la musique avec son ami, l’a amené à un concert donné en l’église San Lazzaro dei Mendicanti où un talentueux chœur de jeunes filles est réputé y donner d’excellents motets. De fait, le concert fut remarquable mais Cosimo semblait, à la sortie, être plus troublé que de raison. Alors que son ami le pressait de s’expliquer, Cosimo ne put que bafouiller quelques confuses excuses sur des soucis personnels. Dès le lendemain, Cosimo reprit contact avec son ami pour le presser de retourner dès que possible entendre ce chœur… ce qu’ils firent le jour même. C’est là où le scandale survint. Le concert était à peine commencé que Cosimo, comme fou, se leva, bousculant les autres spectateurs et criant à l’adresse du chœur « Bibiana ! Bibiana ! ». Les spectateurs les plus vaillants ainsi que Tommaso lui-même réussirent à le ceinturer et à le pousser dehors. A partir de ce moment, Tommaso ne le revit jamais. Par contre, le lendemain, il recevait une visite menaçante de ces inconnus…

L’ospedale dei Mendicanti

Note : faute de place, j’en dirai ci-dessous le minimum. Je vous invite, pour en savoir plus, à lire ceci : http://theses.enc.sorbonne.fr/document147.html Ce n’est que le résumé succinct d’une thèse universitaire mais cela nous en apprend déjà beaucoup sur cet ospedale.

Que leurs personnages le sachent, qu’ils se renseignent ou, mieux, qu’ils se rendent eux-mêmes à un de ces fameux concerts, voici ce qu’ils pourront apprendre sur l’ospedale. Il s’agit d’un chœur entièrement composé d’orphelines recueillies et formées à la musique par l’institution charitable de l’ospedale dei Mendicanti (il existe 3 autres ospidali à peu près identiques dans la ville). Devant concilier les exigences d’un couvent de jeunes filles et celles, toutes différentes, du monde du spectacle, les concerts donnés par le chœur de l’ospedale en l’église San Lazzaro dei Mendicanti se déroulent de façon singulière : les jeunes filles, toutes habillées d’un même sobre uniforme, paraissent au mieux comme des ombres ou des fantômes cachées derrière les grilles d’un large barco (ou balcon) placé en hauteur, au-dessus du public.

Par conséquent, Cosimo ne peut avoir cru y apercevoir sa Bibiana mais peut-être a-t-il cru l’entendre ? Les PJs savent sans doute qu’elle avait une voix exceptionnelle alors peut-être est-elle reconnaissable entre milles ? S’ils s’en inquiètent, les PJs peuvent apprendre que le vieux maître de musique Girolamo Conte est toujours vivant. Il n’est certes plus très vaillant sur ses deux jambes et est devenu pour le moins acariâtre mais son oreille est toujours excellente. Si les PJs veulent le traîner à une des représentations du chœur de l’ospedale, il faudra se montrer très convaincant : le vieil homme ne sort plus guère et a déjà entendu plus de 100 fois ce chœur jouer… S’ils y parviennent, le vieux maître sera lui aussi stupéfait : si cela n’était pas impossible, il jurerait entendre la voix de son élève autrefois si douée.

Les PJs vont sans doute, dès lors, concentrer leurs efforts sur cette institution. Elle se trouve dans une partie un peu périphérique de la ville, près des Fondamente Nuove (les quais nord de Venise, face à Murano). Comme tout couvent de jeunes filles (même à Venise…), il est tout à fait opaque. Il est impossible d’y pénétrer et les questions n’y sont pas les bienvenues (« Non, il n’y a pas de pensionnaire du nom de Bibiana. Au revoir. »). L’enquête dans l’environnement de l’ospedale (laïcs engagés, personnel, voisins…) sera plus fructueuse. Voici quelques renseignements qui pourraient être utiles :
-   comme les 3 autres ospedali de la ville, la situation financière de celui dei Mendicanti n’est pas fameuse : les dépenses explosent du fait de l’augmentation du nombre de pensionnaires et, surtout, des frais réalisés pour concurrencer les autres ospedali (salaires des maîtres de musique, décorum, représentations offertes…)
-   pour renflouer les caisses, l’ospedale accepte régulièrement de donner des concerts privés où il est beaucoup plus facile aux gens de qualité d’approcher physiquement les jeunes filles.
-   dans le même but, l’ospedale est grandement à la recherche de donateurs généreux.
-   la famille Loredan évolue traditionnellement dans l’orbite de cet ospedale (ainsi que dans celui, il est vrai de leur paroisse et de plusieurs scuole). Le père de Bibiana lui-même en est un des actuels soutiens et mécènes : il a en cela de l’influence sur les choix faits par l’institution.
-   les règles de l’ospedale ont tendance à se relâcher comme les mœurs du reste de la ville : des jeunes filles très douées sont recrutées bien qu’elles ne soient pas orphelines et, au contraire, d’authentiques orphelines peu douées sont poussées dans les bras de généreux mécènes…
-   ces derniers jours, un jeune homme correspondant au signalement de Cosimo a tenté d’entrer, y compris de force, dans le couvent avant d’en être expulsé manu militari. Si les PJs interrogent un membre conciliant du personnel, ils pourront aussi apprendre qu’il a ensuite tenté de faire parvenir de petits billets à une des pensionnaires mais que ceux-ci ont été interceptés et remis aux présidents de l’ospedale.

La conjonction de ces renseignements devrait conduire les PJs à conclure que la présence d’une Bibiana bien vivante derrière ces hauts murs sombres est tout sauf impossible. Réussir à se faire admettre au côté de gens de qualité lors d’un concert privé du chœur de l’ospedale peut aider à le confirmer : les jeunes chanteuses sont masquées mais la soliste à la voix sublime correspond en tous points (âge, corpulence, couleur des cheveux…) à la description de Bibiana. Une autre piste à explorer une fois que les soupçons des PJs seront suffisamment formés pourrait conduire à identifier un membre ancien du personnel du couvent pour évaluer depuis quand, exactement, la talentueuse soliste actuelle se trouve en ces murs…

La vérité sur Bibiana

Comme on le devine désormais, Bibiana est bel et bien vivante. Après avoir appris qu’elle était enceinte, son père est en effet entré dans une colère folle, l’a violemment prise à parti puis l’a consignée dans sa chambre. Mais, pleine du désir ardent de revoir son amant ou même de simplement pouvoir élever le fruit de leurs amours, pas une seule seconde Bibiana n’a pensé à se suicider ou ne se serait laisser dépérir de chagrin.

Après avoir pesé le pour et le contre, Nazzario Loredan a écarté les options les plus traditionnelles : mettre Bibiana au vert le temps qu’elle accouche était un impératif mais, à terme, n’aurait pas solutionné son amour inconditionnel pour le fils du luthier, l’enfermer dans un simple couvent aurait fait courir plus d’une rumeur néfaste au prestige de la famille… Il fallait trouver autre chose.

Comme dans le même temps, sa famille étant un des traditionnels bienfaiteurs de l’ospedale, Nazzario Loredan était constamment assailli de demandes pressantes de dons pour sauver l’institution, une idée un peu folle lui vint. Après en avoir brutalement informé ses très proches, il décida de faire passer sa fille pour morte, organisa un sommaire enterrement sans corps puis la fit disparaître aux yeux du public sans toucher à un cheveu du sang de son sang.

Tout d’abord, il l’envoya achever sa grossesse dans une campagne reculée où son enfant (un garçon) lui fut retiré sans ménagement. Ensuite, après une rapide négociation avec les 4 présidents de l’ospedale et un très gros don que ces derniers (qui n’étaient plus à cette compromission près…) s’empressèrent d’accepter, il la fit entrer sous le nom de « Maria » au rang des orphelines de l’institution. Ainsi, tout en laissant sa fille vivante, il faisait disparaître sa faute et faisait taire les rumeurs. Dans le même temps, il réalisait une bonne opération politique en offrant au prestigieux ospedale de l’argent et, surtout, une future grande soliste.

Hélas pour lui, c’était sans compter sur l’indéfectible amour de Cosimo… Le hasard beaucoup, Tommaso un peu l’amenèrent donc à entendre le chœur de l’orphelinat et, comme on le sait, ce fut son cœur a lui qui fut cruellement frappé d’un mélange de joie et d’incompréhension. Après avoir été expulsé de la chapelle, il tenta d’entrer en contact, d’abord physiquement puis par de petits billets, avec la soliste dont la voix évoquait en lui les fantômes du passé. En vain…

Développements possibles

Notons, tout d’abord, qu’il y a, bien entendu, d’autres moyens de parvenir à la vérité. Il n’est pas exclu que des PJs adeptes de méthodes expéditives tentent de pénétrer de nuit dans le couvent dei Mendicanti ou bien y mettent le feu pour en faire précipitamment sortir toutes les pensionnaires ou encore descellent la tombe de Bibiana pour constater que, en effet, elle est vide. Le MJ devra adapter le déroulement du scénario en fonction de ces actes scandaleux.

Si les personnages se montrent à peine plus subtils, ils risquent de se retrouver face à des oppositions :
-   si la rumeur du suicide de son fils commence à circuler, Giuseppe demandera à ses amis de tout arrêter pour épargner sa famille de l’opprobre.
-   s’ils tournent trop ouvertement autour de l’ospedale ou de la famille Loredan, les PJs risquent de rencontrer les mêmes sbires menaçants que ceux qui ont rendu visite au pauvre Tommaso. Du fer pourrait être tiré…

On le voit, a priori, l’enquête des PJs devrait s’arrêter à l’établissement de la vérité et sa transmission secrète au père éploré. Ce dernier n’a rien à gagner à provoquer la puissante famille Loredan. Toutefois, deux éléments peuvent entraîner de nouveaux rebondissements :
-   si les PJs ont mis à jour tout le plan tortueux de Nazzario Loredan, ils voudront peut-être risquer leur vie en le faisant chanter ou, de façon un peu plus subtile, en monnayant grassement ce sombre secret à un de ses adversaires politiques. Il faudra toutefois des preuves.
-   S’il n’y a rien à découvrir dans la Ca’Loredan, vieux palazzo un peu défraîchi non loin de San Marco, les Loredan ont aussi une confortable villa palladienne le long du canal de la Brenta. Et là, dans la douceur de cette belle maison de campagne, des investigateurs très curieux pourraient rencontrer un jeune serviteur de bientôt 10 ans dont les yeux et le nez, sans doute, ne seront pas sans évoquer les traits du regretté Cosimo…


PS : euh, pour les caractéristiques des PNJs, envoyez donc un MP à Xaramis… 



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« Répondre #71 le: 27Novembre, 2008, 17:23:12 »

Hot damn !  Ça c'est du scénario !

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« Répondre #72 le: 27Novembre, 2008, 17:40:28 »

Hé, c'est la Cour, là les gars. On ne parle pas de vagues scribouillards du Dimanche 

Pour ne pas encombrer ce fil, j'ai posté un article sur mon blog qui présente un lien vers une aide d ejeu potentielle et, surtout, une reproduction d'un Canaletto que je viens tout juste de retrouver en feuilletant par hasard un de mes bouquins sur Venise et qui représente... paf, gagné : l'ospedale et son église ainsi que son environnement proche. Y a bon pour les descriptions.

C'est là : http://mondesenchantier.over-blog.com/
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« Répondre #73 le: 27Novembre, 2008, 19:20:31 »

Au fait, si j'ai des problèmes de connexion, ne fermez pas le concours dimanche. J'ai fini mon scénario. Il est en cours de relecture maintenant. J'ai demandé son avis à mon conseiller secret et j'aimerais vérifier la concordance des temps qui me semble très malmenée.
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« Répondre #74 le: 29Novembre, 2008, 15:34:48 »

L'heure fatidique ne va pas tarder à sonner . Cuchu, Xaramis, Marcellus, on attend encore vos contributions ! Dépêchez vous, pour l'instant ça va, mais les critiques piaffent d'impatience de cracher leur fiel ! Je vais pouvoir les tenir longtemps !

Le concours reste ouvert jusqu'à ce que Macbesse publie sa contribution, comme il a visiblement des soucis de connection, ça peut vouloir dire un nouveau délai à géométrie variable...
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