Les Salons de la Cour

Parties en ligne => PbM Berlin XVIII => Discussion démarrée par: FaenyX le 17Janvier, 2019, 09:46:31



Titre: Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 17Janvier, 2019, 09:46:31
Swen et Hugo se réfugient dans la patrouilleuse pour éviter la pluie et peut-être aussi pour retrouver le cocon que représente le vieux véhicule. Alors que le moteur commence à ronronner, les deux Falks restent silencieux un instant.
L'enquête de voisinage, pour ingrate que soit cette étape, est indispensable.
Les deux Sergents-Chefs ont le sentiment que les recrues ne l'ont pas vécue de la même façon. Décidément, l'Académie de Police ne prépare pas ses élèves au terrain.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 17Janvier, 2019, 13:13:06
Schelling, songeur (et sans le moindre recul sur lui-même  :mrgreen:) :

- Le petit gars, là, Junge... c'est vraiment un homme de dossier; je suis sûr qu'il pourrait faire des merveilles aux archives ou même derrière un bureau... mais il est pas fait pour la rue. Il survivra pas. Et même s'il s'en tire, il tiendra pas le coup. C'est un vrai crime d'envoyer un môme comme lui au casse-pipe... La Turkish, c'est le problème inverse : c'est de la nitro, cette gosse...

(Il tire une bouffée sur sa clope)

- En fait, faudrait réussir à fusionner les deux... Ouais, à eux deux, ils feraient un bon flic... Mais bon, on va déjà voir si Junge survit à une après-midi en huis-clos avec Miss Nitro...


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: taillefer le 18Janvier, 2019, 13:15:59
Swen hoche la tête en écoutant les propos de son collègue, lâchant quelques insultes à l'égard d'autres automobilistes.

- Junge devrait faire une bonne équipe avec Goldberg mais dans le genre "feutré"... Gönul, honnêtement, je sais pas, c'est dangereux un falk tout le temps en colère...Ça pue la bavure... Alleeeez bouge le ton tas de boue toi!!
Tu peux prévenir le central de notre destination et appeler Rholein? Entre sa bourgeoise et sa maîtresse, je serai bien étonné s'il ne nous attends pas déjà!


Titre: Re : Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 18Janvier, 2019, 13:34:27
Tout en branchant la sirène pour faire dégager tous ces peigne-culs, Schelling poursuit sur sa lancée :

- Pour miss Nitro, je devrais peut-être la prendre sous mon aile, genre stagiaire... histoire de la cadrer un peu... t'en penses quoi ?  En fait, on pourrait faire pareil avec Junge et Goldberg : chacun son bleu... et toi au sommet du dispositif...



Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 19Janvier, 2019, 09:57:06
La radio de bord émet quelques grésillements, avant de faire entendre clairement la voix de Karla Liebernich :
- Voiture 45 ? Quelle est votre position ?

En cet instant, seule la voix de l'opératrice raccorde les deux hommes à la Falkhouse. Ils approchent de l'agence bancaire où officie Hans Rholein. Le quartier en question est essentiellement piétonnier, même si un véhicule de police a parfaitement le droit d'y circuler.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 19Janvier, 2019, 10:29:02
Schelling répond à Karla pendant que Köhler gare la bagnole...


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 20Janvier, 2019, 11:01:33
Tandis que Schelling donne la position des deux Falks, Swen finit par trouver un endroit où garer la patrouilleuse. Il leur faudra marcher un peu pour rejoindre l'agence bancaire.
- Toute votre équipe est avec vous ? demande Karla, de la Falkhouse, si lointaine et si proche à la fois.
La question n'est pas surprenante : savoir où se situent les membres des forces de l'ordre est même normal.

Le quartier où les deux Sergents-Chefs viennent de s'arrêter est essentiellement piétonnier. Les citoyens y déambulent, certains à grands pas, d'autres en prenant le temps. Toutes les strates sociales sont présentes ici. De multiples enseignes lumineuses signalent, ça et là, tel ou tel commerce ou service. Il va falloir se frayer un chemin dans la foule, sous cette pluie qui n'en finit pas.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 20Janvier, 2019, 16:06:46
Après avoir répondu aussi précisément que possible à Karla, Schelling quitte la patrouilleuse avec Swen.

Il n'exhibe pas son badge de policier, comptant plutôt sur sa carrure assez imposante et sur son air peu commode pour se frayer un chemin dans la foule, sous cette putain de pluie...

Puis, brusquement, il s'immobilise. Il a un flash. Dans son crâne, en quelques micro-secondes, le film de sa mise à mort manquée vient de repasser - vite, trop vite pour qu'il puisse enregistrer quoi que ce soit...

Et le film recommence. Toujours trop vite. Quelque chose va bien finir par émerger. Une image, un détail.

Mais rien.

Figé sous la pluie, Schelling ne remarque pas que les passants s'écartent de lui alors même qu'il n'avance plus. Ils se disent qu'il vaut mieux ne pas frôler ce type à la silhouette de brute et au regard vide, qui semble ne plus savoir où il se trouve ni qui il est... et qui est manifestement armé, comme l'auront remarqué les plus observateurs d'entre eux.

Schelling revient à lui. Le flash - ou le blackout ? - n'a duré que quelques secondes. Son regard croise celui de Köhler, qui est assez chevronné pour identifier le regard d'un type fini, un zombie en bout de course qu'on n'aurait jamais dû laisser reprendre du service...

- J'ai pensé à un truc... dit Schelling d'une voix rauque, cassée, en ayant l'impression d'entendre un très mauvais acteur planter la seule réplique qu'il a à dire.

J'ai pensé à un truc. Tu parles...

Alors, d'une voix plus assurée, grave, rocailleuse, d'une voix qu'on n'a pas envie de contrarier :

- POLICE !  Dégagez !



Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 27Janvier, 2019, 09:44:06
La foule des badauds s'écarte devant Hugo. Certains des citoyens présents ont un mouvement de panique, sans doute parce qu'ils pensent que l'homme qui vient de crier est prêt à ouvrir le feu sur quelque cible.
A deux pas de Schelling, un homme d'une soixantaine d'années, bousculé par deux jeunes gens qui se sont écartés, est tombé au sol, à genoux. Il regarde en direction du Falk et ce dernier voit dans les yeux de l'homme une sorte de peur qui fait frissonner Hugo.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 27Janvier, 2019, 10:30:27
Schelling se reprend et aide le sexagénaire à se relever (même si celui-ci a peur).

- Tout va bien, monsieur ?


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 27Janvier, 2019, 10:57:12
L'homme tend le bras, sans qu'Hugo sache s'il veut être aidé ou s'il préfère tenir le Falk à l'écart. Il baisse les yeux et se redresse.
- Oui, oui...c'est bon....merci..
Il s'écarte et se glisse dans la foule, rapidement. Maintenant, Hugo en est sûr : il a effrayé cet homme, probablement un honnête citoyen.

A une dizaine de mètres des deux policiers, l'agence bancaire Illford affiche son logo a grand coup de néons violets et verts.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 27Janvier, 2019, 13:51:35
Sans attendre son collègue (et chef de groupe...), sans même vraiment se soucier de sa présence, Schelling avance à grandes enjambées à l'intérieur de l'agence bancaire. Il avise le premier employé qu'il aperçoit, en exhibant sa plaque. Il parle d'un ton grave, grondant, qui semble exclure toute possibilité de refus de la part de son interlocuteur.

- Police. Où se trouve le bureau d'Herr Rholein ?

Pendant ce temps, quelque part à l'arrière-plan dans la tête d'Hugo, une voix lancinante murmure :

Pas le moment de déconner. On se calme.

Schelling fait taire cette voix intérieure; la façon dont ses traits se crispent à cet instant précis le rend encore plus inquiétant pour la personne en face de lui...


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 28Janvier, 2019, 09:10:32
Derrière son guichet, un jeune homme relève la tête et dévisage un instant Schelling, avant de répondre presque mécaniquement :
- Vous avez rendez-vous ?...
Le visage du Falk l'empêche de continuer sur sa lancée. Il se lève et ajoute :
- Je vais le prévenir de votre arrivée.
Le jeune homme se dirige vers une porte vitrée, située derrière le guichet. Derrière un bureau, le regard allant d'un écran de terminal à un autre, Rholein est là, donnant des instructions. Quand l'employé frappe à la porte, il relève la tête et s'apprête à le congédier. C'est alors qu'il voit Schelling et, juste en retrait, Swen.
D'un geste sans aucune chaleur, il leur fait signe d'entrer.
- Je vous rappelle, déclare-t-il à ses interlocuteurs à distance, avant de fermer la session de vidéoconférence à laquelle il participait.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: taillefer le 29Janvier, 2019, 10:28:28
Swen se dirige vers le bureau de Rholein, il garde un oeil sur son collègue et lui glisse:
- on doit se la jouer fine maintenant, si on se foire ici on ne verra jamais la fin de l'enquête.
Puis il entre dans la pièce et fait signe à son collègue de fermer la porte.
[y a t'il des stores?]
-Köhler et Schelling, merci de nous recevoir. Vous devinez sans doute la raison de notre présence? lâche Swen, d'un air grave.



Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 29Janvier, 2019, 11:28:30
OK, profil bas, donc, songe Schelling en refermant la porte derrière lui.

Même si le banquier invite son collègue à s'asseoir, Hugo restera debout, en arrière-plan (mais aussi devant la porte, histoire de mettre un peu la pression sur leur interlocuteur), écoutant d'un air sombre la discussion menée par Köhler...

Mais il se connaît. Il sait que, dans le genre d'état limite où il se trouve présentement, il ne pourra sans doute pas s'empêcher d'intervenir si son foutu "instinct" le lui souffle... Cette pensée a à peine le temps de se former dans son crâne que la voix murmurante et insidieuse de tout à l'heure revient à la charge :

- Ton "instinct" ?  Oh, c'est comme ça que je m'appelle, maintenant, alors ?  Mon nouveau nom ?  Hugo, Hugo, Hugo... tu es sûr que je ne serais pas plutôt une des diverses séquelles de ton petit numéro de "résurrection" ?  La voix du vide gris dans ta tête ?

Un bref silence intérieur, puis la voix reprend, débitant un monologue grinçant en quelques micro-secondes :

- Ah oui, Hugo, un autre truc... quand tu crois entendre ta "conscience", c'est moi aussi. Tu pensais vraiment que tu en avais une ?  Köhler, oui... Goldberg aussi, sans doute... Ou peut-être qu'il entend la voix des cadavres qu'il a examinés. Ou une voix d'insecte... La Turkish et le gamin aussi... On a toujours une conscience quand on débute... Après, on apprend à la faire taire. A l'anesthésier. Et puis quand ça ne marche plus, on lui règle définitivement son compte. Et on vit mieux. Avec le temps, on finit même par oublier qu'on en a eu une, un jour. Par contre, une chose est sûre : on ne peut pas la ramener à la vie, elle. Quand on a tué sa conscience, c'est définitif. Donc arrête un peu de te raconter des histoires, Hugo. T'aurais dû crever - ça aurait sans doute été mieux pour tout le monde, d'ailleurs... mais t'as eu un coup de chance... Comme seuls peuvent en avoir parfois les bâtards dans ton genre... Mais tu es toujours le même, au fond. Est-ce que tu veux vraiment que je te rafraîchisse la mémoire ?  OK, alors écoute bien...

TA GUEULE !

La petite voix s'est tue. L'espace d'une seconde, Schelling a crû qu'il avait gueulé à haute voix. Mais non. C'était juste dans sa tête. En arrière-plan, il distingue le dialogue entre Köhler et le banquier, comme un bruit de fond ou la bande-son d'un film auquel on ne prête pas vraiment attention.

Personne ne le regarde avec des yeux ronds. Tout est sous contrôle. Il se concentre sur la conversation en cours...


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 29Janvier, 2019, 17:43:27
D'un geste sur la console de son bureau, Hans Rholein a fait en sorte que les vitres qui entourent son bureau soient opacifiées. Bien qu'ayant vue sur l'extérieur, les trois hommes sont désormais seuls dans la petite pièce.
- Asseyez-vous, je vous en prie, dit-il en montrant deux sièges face à son bureau.
Les deux Falks s'installent dans de confortables fauteuils. Ils aimeraient que leur équipement, là-bas, à la Falkhouse, soit aussi bien doté.
Face à eux, l'homme semble faire preuve d'un remarquable sang-froid. Tout porte à croire que l’agression dont il a été victime, quelques jours plus tôt, n'a pas laissé de traces chez lui. Mais ils savent aussi qu'ils ont face à eux un de ces hommes d'affaires qui ne peuvent se permettre de faillir.
(https://imagizer.imageshack.com/v2/280x200q90/922/Spc9nZ.jpg) (http://imageshack.com/f/pmSpc9nZj)
- Oui, évidemment. J'ai déjà été interrogé par l'Inspecteur Kapek, cela dit. Auriez-vous du nouveau ?
En prononçant ces mots, il s'est confortablement installé dans son fauteuil. Son visage est totalement neutre : l'homme contrôle complètement ses émotions.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: taillefer le 30Janvier, 2019, 13:52:53
Swen prend place en face de son interlocuteur:
- effectivement, il y a deux nouveaux éléments, mon collègue ici présent et moi-même...
...nous aimerions pouvoir reprendre votre témoignage depuis le début. Nous pouvons le faire ici, ou à la falkhouse du XVIII. Vous pouvez nous accorder un peu de votre temps... précieux, comme le notre?


Swen sait pertinemment à quel genre de Berlinois il a affaire, il a déjà géré (bien peu) des affaires de "crimes en col blanc" et fait face à des hommes qui appartiennent à une catégorie particulière de citoyens, ceux qui pensent ne pas dépendre de la même justice que celle des berlinois lambda...Obtenir de simples informations peut relever d'un réel exploit...et s'il y a une affaire dans l'affaire, alors les choses vont réellement se compliquer.
Pour autant, Swen a mené trop d'interrogatoire pour se montrer impressionné par Rholein. Mais il est vrai que le falk peut paraître tendu; malaise provoqué en réalité par la présence de Schelling...(pourvu qu'il ne fasse pas tout foirer).


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 30Janvier, 2019, 19:04:30
Schelling a fini par s'asseoir. Il ronge son frein, se force à la jouer profil bas.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 30Janvier, 2019, 21:10:27
Rholein pousse un léger soupir, avant de sourire aux deux Falks :
- Eh bien...j'imagine que tout est dans ma déposition. Ce matin là, je venais ouvrir la succursale vers 7 h 30 environ...J'arrive toujours le premier et j'entre par la porte de service, dans la ruelle. Un homme est arrivé dans mon dos et m'a menacé avec une arme de poing... Il m'a forcé à ouvrir la porte et à lui remettre le contenu du coffre.
Il lève les yeux au ciel, feignant l'embarras.
- Comme j'ai d'abord refusé, il m'a tendu un téléphone....au bout du fil, il y avait Andrea...je veux dire, Fraulein Karminz, une...amie. Elle m'a dit qu'elle était menacée par deux hommes, chez elle, et qu'il fallait que je fasse ce qu'on me demandait, pour qu'il ne lui arrive rien.
Il écarte les mains :
- J'ai cédé. Qu'auriez-vous fait, à ma place ? Dès qu'il a eu en main le contenu du coffre, il a pointé son arme sur moi et a tiré.
Il soupire de nouveau :
- J'ai cru que j'allais mourir, je ne vous le cache pas. Quand mes yeux se sont fermés et que mes jambes se sont dérobées sous moi, j'y ai vraiment cru.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 30Janvier, 2019, 21:59:05
Bon, finalement, cette histoire de "profil bas", ça n'était pas une bonne idée  :mrgreen:

Sans hausser le ton, d'une voix presque nonchalante, après un soupir :

- "Un homme"... c'est un peu vague comme description, non ?


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 31Janvier, 2019, 19:44:24
Rholein sourit à Hugo :
- Tout à fait, c'est vague...j'ai déjà donné son signalement à votre collègue qui m'a interrogé.
En haussant les épaules, il ajoute :
- Bref... il était de taille moyenne, je dirais 1 mètre 70 environ, les cheveux bruns, plutôt longs. Il portait une petite moustache. Je n'ai pas vu ses yeux, car il avait des lunettes de soleil. Assez nerveux, il parlait vite, sans accent particulier..


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 02Février, 2019, 13:51:58
- Jamais aperçu auparavant, j'imagine ?

Après quelques secondes :

- Il y a un truc que je ne comprends pas. C'est que ces types aient pris votre maîtresse en otage et pas votre femme et vos enfants... c'est curieux, non ?


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 02Février, 2019, 14:20:28
Hans Rholein adresse un sourire à Hugo. Il n'a pas réagi quand le Falk a prononcé le mot "maîtresse".
- Oui, c'est plutôt curieux. J'y ai beaucoup réfléchi, ces derniers jours.
Je pense qu'ils n'ont pas cherché à en savoir plus sur moi. Sans doute m'ont-ils vu avec Andrea...

Il se penche en avant, vers les deux Falks.
- A propos de Fraulein Karminz... j'ai appris que vous l'aviez interrogée, tout récemment. Vos...méthodes me semblent...comment dire ? un peu dénuées de psychologie...je pense contacter mon avocat tout prochainement à ce sujet.

Le silence s'abat ensuite dans la pièce.


Titre: Re : Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 03Février, 2019, 21:52:32
Schelling ignore délibérément la dernière remarque.

- Ils savaient où trouver Andrea Karminz. Ils vous ont donc surveillé, filé... mais "sans chercher à en savoir plus sur vous", c'est ça ?  Ca ne vous paraît pas un peu contradictoire ?


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 04Février, 2019, 11:34:15
Face à Hugo, Rholein ne perd pas son assurance :
- Ils nous ont probablement vus ensemble et ont repéré son immeuble un jour où je l'ai...raccompagnée.
Les deux Falks comprennent que la maîtresse de cet homme fut sans doute un moyen de pression bien plus efficace que ne l'aurait été son épouse. Si les deux brutes qui s'en prirent à Andrea Karminz avait pris sa femme et ses enfants en otage, aurait-il cédé aussi vite ?
- Avez-vous des pistes ? Des suspects en vue ?
Hans Rholein fixe Schelling puis, faute de voir émerger quelque lueur dans ses yeux, se tourne vers Swen.



Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: taillefer le 04Février, 2019, 15:56:27
Swen sourit, se redresse un peu sur sa chaise en se frottant la nuque de sa main, comme un joueur face à un adversaire coriace.

- Il est encore trop tôt pour le dire.
C'est très, généreux de votre part de faire profiter des conseils de votre avocat à votre "amie"... je suis navré d'entendre que nos méthodes ne vous conviennent pas et j'espère que votre épouse ne vous a pas fait part des mêmes remarques.


Swen a l'air très sérieux, hochant légèrement la tête pour appuyer ses propos. Il fouille dans la poche à la recherche de son paquet de cigarette mais marque un temps d'arrêt dans son geste, le temps de balayer d'un regard le bureau de Rholein à la recherche d'un indice quant à la possibilité de satisfaire son besoin de nicotine.

- Quoiqu'il en soit et pour en revenir à cette question de suspect, nous allons devoir rentrer plus en détail que notre précédent collègue dans cette affaire.

Swen hausse légèrement les yeux au ciel en reprenant sa respiration.

- Une simple question de routine, les méthodes habituelles, nécessaires mais parfois désagréables pour les gens comme vous dont la probité n'est évidemment pas à remettre en cause...
...le siège de votre banque va devoir nous communiquer le dossier du personnel... dans son ensemble. Et bien sûr nous allons devoir faire un point avec le responsable de la sécurité, celui de votre sous-traitant mais aussi votre responsable de secteur en interne. J'espère que vous pourrez nous aider dans l'obtention de ces informations et des contacts en interne.
Toute information peut s'avérer primordiale...même anodine...vous savez...


Swen fixe à son tour Rholein, d'un regard froid.

-...tout le monde peut avoir un moment de faiblesse, un point faible...qui pourrait pousser à faire une erreur : train de vie dispendieux, penchant pour la boisson, trafic de contraceptif... problèmes conjugaux au sens large.
Bien évidemment tout ce qui se dira entre nous restera confidentiel, il n'est peut-être pas nécessaire que votre direction apprenne tout de la vie de ses employés, ici...



Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 05Février, 2019, 14:16:39
Rholein soutient le regard de Swen, avant de se repositionner dans son fauteuil.
- Vous aurez tout ce dont vous avez besoin. Je tiens autant que vous à ce que ces ordures soient arrêtés.
Les deux Falks savent d'expérience que tout ce que Swen vient d'exiger ne leur sera pas fourni si aisément. Qu'un mandat soit manquant et n'importe quel avocat saura annuler la procédure pour vice de forme. Et c'est sans compter le SAD, qui ne perd jamais une occasion de tomber sur un Falk qui commet une erreur, fût-elle involontaire. Ils savent qu'ils vont sans doute devoir arrondir les angles après les éclats de tout à l'heure. Ce n'est pas le moment de faire un écart.
Comme en écho à leurs pensées, Rholein répète.
- Ces salauds s'en sont pris à moi, personnellement et professionnellement...à moi et à quelqu'un qui m'est cher.
Vous aurez toute l'aide que je peux vous apporter. Nous sommes du même côté, non ?


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 05Février, 2019, 16:07:43
Schelling fait profil bas et laisse Köhler conduire la danse, tout en continuant à trouver que "quelque chose ne cadre pas" dans cette affaire. Il se dit qu'il faut absolument jeter un oeil à l'autre braquage, faire des recoupements, trouver le dénominateur commun révélateur...




Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: taillefer le 05Février, 2019, 16:41:29
Swen soupire. Il est déjà fatigué par cette discussion. Il leur faudra encore du temps avant de faire craquer Rholein… ils craquent tous…
En attendant, mieux valait passer à autre chose et s’occuper de préparer les demandes d’autorisations en 15 exemplaires pour obtenir le maximum d’infos sur ce type, sa banque, ses collègues.

-Nous sommes du côté de la justice, si c’est la question que vous me posez. Nous vous ferons passer toutes les demandes par voie officielle. Il serait préférable que… votre direction se montre diligente à nous répondre, les braqueurs n’ont pas ciblé cette banque au hasard…et il est certain qu'ils en savent bien plus sur vous que vous ne semblez le penser...

Swen jette un œil à son collègue en se levant :

-Bien, nous en avons terminé pour l’instant?


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 05Février, 2019, 17:21:03
Schelling grommelle quelque chose qui peut passer pour un acquiescement.

Alors que Köhler et lui se dirigent vers la sortie de l'agence bancaire, il a un flash - mais cette fois-ci, c'est un bon flash. Il vient enfin de mettre le doigt sur un de ces "trucs qui ne collent pas" qui le taraudent depuis le début... Il fera évidemment part de ses réflexions à son collègue dès qu'ils seront seuls - mais voilà le fil actuel de ses pensées :

Les deux types qui ont pris Andrea Karminz en otage ne portaient pas de masques; a priori, ils n'étaient pas grimés et n'ont rien fait pour dissimuler leur accent etc. S'ils avaient eu l'intention de la liquider, cela aurait été parfaitement logique : pourquoi s'emmerder avec des cagoules ou des postiches s'il n'y a plus personne pour donner votre signalement ?  

Mais ils ne l'ont pas tuée.

Ils ne l'ont pas non plus menacée de l'éliminer si elle parlait.

Ils savaient donc qu'elle allait les décrire - et ça ne les emmerdait pas plus que ça.

Peuvent-ils être sûrs à ce point de ne pas être identifiés ?  Sont-ils déjà sur un autre continent ?  Ca ne cadre pas.

Est-ce que ça pourrait indiquer une complicité de Rholein, sur l'air de "faites lui peur mais surtout ne lui faites pas de mal" ?  Une prise d'otage bidon - sauf pour la demoiselle, complètement et authentiquement terrifiée ?

Mais dans ce cas, pourquoi pas de masques ?

Si ces types sont des amateurs / des branques / des losers au point de ne pas penser à dissimuler leur visage, ils sont aussi très bien informés, efficaces et sûrs d'eux.

Des amateurs très pros. Ca ne cadre pas du tout.

Des militants quelconques - des "idéologiques" comme on disait quand j'ai commencé ce boulot ?  Non - il n'y a eu aucun slogan, aucune revendication anti-banque ou que sais-je, rien qui cadrerait avec cette possibilité.

Des types lambda qui auraient un compte personnel à régler avec le secteur bancaire ?  Mais là encore, pourquoi opérer à visage découvert ?

Il faut absolument qu'on épluche le deuxième braquage. Cette fois, c'est bien l'épouse et la fille du responsable qui ont été prises en otage... Pourquoi pas la première fois ?  

Pourquoi ce changement de M.O. ?

Mais peut-être qu'il n'y a pas d'explication rationnelle... qu'ils ont agi comme ça par opportunité, parce qu'ils avaient la possibilité de faire comme ça.

Ou peut-être juste pour filer un os à ronger à un vieux flic sur le retour...

Putain de casse-tête...

Pourquoi "pas de masques", bordel ?

Ils veulent qu'on les trouve ou quoi ?



Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 06Février, 2019, 11:27:04
Les engrenages tournent à plein régime, sous le crâne abîmé de Schelling.
A ses côtés, Swen est lui aussi perdu dans ses pensées. Tous deux tentent de faire le tri entre le plausible et l'improbable. Cette affaire, de petite envergure (au vu des sommes récoltées par les braqueurs) ne ressemble à rien qu'ils aient connu. Mais c'est toujours le cas, ou presque, dans chaque affaire. Après tout, c'est à l'humain qu'ils sont chaque fois confrontés.

La pluie a enfin cessé, mais la foule est toujours dense, en cette fin d'après-midi, lorsqu'ils retrouvent la rue. Sous le ciel plombé de Berlin se dessine au-dessus d'eux la silhouette d'une autograv' qui passe sans s'arrêter. Dire qu'à chaque budget, le Ministère leur promet que le Secteur sera doté de pareil véhicule et qu'ils doivent se contenter des vieilles patrouilleuses.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: taillefer le 07Février, 2019, 10:43:17
Swen allume une cigarette et tire longuement dessus, exhalant la fumée dans un soupir, ses épaules et le reste de son corps se relâchant.

- Belle journée de merde pour un début d'enquête...il faut que l'on jette un oeil fissa au deuxième braquage... Quelque chose ne tourne par rond... mhhh... il nous faut plus de trucs à se mettre sous la dent... On retourne à la falkhouse?


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 07Février, 2019, 16:42:35
Schelling acquiesce et, sur le trajet, partage avec Köhler le fruit de ses cogitations (voir ci-dessus).


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 08Février, 2019, 09:48:42
Alors que les deux Falks reprennent place dans la patrouilleuse et commencent à se frayer un chemin dans les rues encombrées de véhicules et de passants téméraires, c'est la perplexité qui règne. Cette affaire, pour banale qu'elle soit, a tout du dossier compliqué. La procédure menée par la Brigade Financière est incomplète, et les nombreux trous dans le dossier sont autant de failles dans lesquelles des avocats malicieux ou le SAD pourraient s'engouffrer pour pourrir la vie des Falks.
Köhler et Schelling ont déjà connu maintes fois ce genre d'affaire, où les témoignages sont fragiles, incomplets, partiaux parce que pleins de ressentis et d'intérêts pas toujours convergents. Toujours est-il que quelques petits malins ont trouvé comment se remplir les poches et que c'est à eux de faire cesser leurs agissements.
Le ciel est plus gris, sur le Secteur XVIII. C'est sans doute le soir qui s'approche.
La silhouette familière du bâtiment de la Falkhouse se dessine droit devant. C'est avec un drôle de sentiment que Swen se dirige vers la rampe.
- On est à la maison, songe-t-il.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: taillefer le 08Février, 2019, 17:54:29
Swen gare la voiture dans le parking, il jette un oeil rapide dedans histoire de la rendre aussi propre que possible.
Il rend les clefs au falk de garde en précisant que ce serait sympa qu'il puisse la récupérer demain.

- Bon, on va se taper un peu de paperasse et faire le point avec les bleus. Je te rejoins sur tout les points. Mi-amateurs, mi-pro, ça ne colle pas, on n'a clairement pas affaire à des Volkaubers classiques.
Il faut que l'on fouille l'autre affaire demain, que l'on bouche tout les trous de ce dossier... on s'en jette un après le service, en groupe? au bar en face?


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 09Février, 2019, 15:41:09
Lorsqu'ils arrivent au bureau, les deux Falks se rendent compte que le reste du groupe n'est pas encore rentré à la Falkhouse. L'étrange trio formé par Gönul, Mark et Goldberg est sans doute coincé dans les embouteillages, à moins qu'ils n'aient été appelés sur une urgence.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 09Février, 2019, 16:10:55
En attendant le retour du reste de l'équipe, Schelling décide de se replonger dans les données dont ils disposent concernant le second braquage : signalements, différences avec le premier coup, détails bizarres jusqu'ici négligés... Pour aider sa concentration, il se prend quelques cachets qu'il fait descendre avec un infect café de la machine...


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 11Février, 2019, 09:25:21
Alors que, sous son crâne, les molécules se disputent la place entre douleur et soulagement, Schelling plisse les yeux devant l'écran.
La deuxième attaque a eu lieu le 30 avril, devant la banque Sekurity Europa de Lankershim Strasse.
Le responsable de la clientèle privée, Joachim Geerts, a été attaqué par un homme qui s'est conduit de la même façon qu'avec Rholein.
Herr Geerts a donné un signalement de son agresseur très proche de celui de Hans Rholein. L'homme a expliqué à Geerts que deux de ses complices retenaient en otage sa femme et sa fille. Naturellement, Geerts a ouvert le coffre, où se trouvaient environ 110 000 EM. Il a reçu une fléchette anesthésiante juste après et a été retrouvé dans le hall de la banque par les premiers employés arrivés peu après.
Le modus operandi est tellement semblable que Schelling n'a aucun doute : il s'agit des mêmes coupables, qui utilisent et réutilisent une combinaison plutôt maline. S'il y avait plus d'argent liquide dans les coffres, ils seraient probablement loin depuis longtemps, et très riches.


Titre: Re : Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 11Février, 2019, 15:29:01
Les engrenages du cerveau de Schelling tournent à plein régime... (ou peut-être à vide ?  :mrgreen:)

Le modus operandi est tellement semblable que Schelling n'a aucun doute : il s'agit des mêmes coupables, qui utilisent et réutilisent une combinaison plutôt maline. S'il y avait plus d'argent liquide dans les coffres, ils seraient probablement loin depuis longtemps, et très riches.

Donc tout porte à croire qu'ils sont encore là et qu'une troisième attaque est possible... Mais dans ce cas, pourquoi n'ont-ils pas récidivé depuis ?

A quoi sert ce petit trésor de guerre qu'ils sont en train de se constituer ?

Et pourquoi ils laissent leurs victimes en vie ?  Pourquoi s'emmerder avec des fléchettes anesthésiantes... surtout quand on opère comme ça à visage découvert ?  Bon, d'accord, si ces histoires se répandent, le fait de savoir qu'on ne sera pas descendu à la fin, mais juste endormi, pourrait constituer un "argument" susceptible de rendre les prochaines victimes plus coopératives... mais ça indique une mentalité particulière. C'est Berlin, secteur 18, ici.

Au cours de ma putain de carrière, j'ai vu plein de gens se faire buter pour rien. Pour une dose, pour un refus de priorité, pour un mauvais regard ou un mot de travers... Cette ville est sans pitié.

Mais ces types opèrent presque comme des "gentlemen cambrioleurs"... sauf qu'ils n'en ont pas du tout les manières, si on en juge par l'impact sur Andrea Karminz...

Mais ils l'ont aussi laissée en vie, elle aussi.

Et même le petit vicieux n'est PAS passé à l'acte, alors que tout semblait lui permettre de le faire...  Encore une fois, rien ne cadre.


Encore des questions, toujours des questions...


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 12Février, 2019, 10:12:42
Le bouillonnement semble incontrôlable, sous le crâne de Schelling. Il a beau tenter de raisonner, d'essayer de comprendre ce qui motive ce gang, si on peut employer ce terme, il sait qu'il y a aussi une part d'imprévisible, d'inattendu dans nombre d'affaires, si ce n'est la majorité. N'en déplaise aux scénaristes de séries policières abreuvant le public, et le rassurant sur l'efficacité quasi-mécanique des enquêteurs, le facteur humain vient souvent tout bouleverser. Certains parleraient de théorie du chaos, c'est juste le merdier habituel, le bordel ambiant, pour les Falks.
Pourquoi un père de famille serait prêt à se jeter dans le vide ? Pourquoi deux Falks au bout du rouleau réussiraient-ils à l'en empêcher ? N'en déplaise aux experts, il y a des milliers de grains de sable prêts à gripper leur jolie mécanique théorique.

Schelling se verse un nouveau verre et l'avale d'un coup. Comme une bête tapie dans l'ombre, la migraine est là, prête à s'abattre sur ses facultés de raisonnement.
Autour de lui, quelques Falks quittent leur poste. L'heure de la relève arrive.
Et toujours pas de nouvelles des "jeunes" et du Falkdoktor.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: taillefer le 12Février, 2019, 14:08:46
Pendant que Schelling cogite, Swen s'est installé lourdement dans son fauteuil. Il prépare machinalement la paperasse administrative de la journée, une ébauche de rapport.
Il consigne également rapidement les éléments principaux de la journée dans son calepin; mélange d'impressions, de données.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 12Février, 2019, 15:44:12
Schelling se dit qu'il serait plus utile dehors à faire la tournée de ses indics habituels...

Quelqu'un, quelque part, doit savoir quelque chose. Surtout que ces types ne semblent pas être des obsédés de l'incognito...


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 13Février, 2019, 11:26:53
Malgré la taille du Secteur XVIII, tout ou presque se sait rapidement dans ce morceau de Berlin. L'inconvénient, c'est que l'information a toujours un prix. Si les braqueurs sont affiliés à un gang, il sera difficile d'apprendre quoi que ce soit sans marcher sur les plates-bandes du gang en question. S'ils agissent de leur propre chef, ils ont sans doute déjà attiré l'attention d'une ou plusieurs bandes.
Schelling se demande quelle hypothèse est la moins mauvaise et qui, parmi ses indicateurs, serait le plus à même d'aller à la pêche aux informations.

Pendant ce temps, alors que Köhler tente de mettre en ordre le rapport et les différents éléments glanés au cours de cette journée, la silhouette du Lieutenant Schultz se profile devant les deux Sergents-Chefs. La "smurfette" est affublée d'un bandage sur la main droite. Un peu de sang a perlé sur le tissu blanc. La journée n'a pas été de tout repos pour elle non plus, on dirait.

- Alors, messieurs ? Comment les choses se présentent-elles ?


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 13Février, 2019, 20:22:43
Schelling répond par un grognement inarticulé, genre ours qu'on a dérangé dans ses cogitations.

Il faut que j'aille parler à Svetlana, au Zapoï. J'aurais dû commencer par ça. Je me rouille, putain.

Il prend son téléphone et compose le numéro du bar.




Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 14Février, 2019, 19:58:16
Au bout du fil, malgré le boum-boum de la musique techno-postwar, la voix un peu traînante de Sveltlana se fait bientôt entendre :
- Salut Hugo... tu as besoin de ta vieille copine ?
Le Falk entend, au fond, des éclats de voix, des rires, mais il devine aussi la lassitude qui habite la femme. Elle a vu le pire et n'aspire même plus au meilleur, il le sait.



Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 14Février, 2019, 20:01:22
- On peut rien te cacher, Svet. On peut causer tranquille ?  Si je te dis "Hispaniques", "secteur 18", ça t'inspire ?


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 14Février, 2019, 20:11:18
Après quelques secondes, Svetlana répond :
- Rien de particulier...mais je peux demander à mes copines, si tu veux. Tu as quelques précisions ? Leur....activité ?
Un homme crie "à boire !" non loin de l'interlocutrice de Schelling, qui lui répond vertement, avant de reprendre le fil de sa conversation.
- Il faudrait que tu passes dans le coin, Hugo...une de mes cousines a quelques...soucis.
Elle ne change pas, Svetlana : c'est toujours donnant-donnant, avec elle...et souvent gagnant-gagnant, d'ailleurs.


Titre: Re : Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 14Février, 2019, 22:09:40
(Et c'est normal)

- Je passerai ce soir sans faute. D'ici là, peux-tu essayer de me trouver quelque chose sur un trio de braqueurs opérant dans le secteur 18 ?

(Il résume alors les grandes lignes de l'affaire et donne un signalement aussi précis que possible des individus - il sait que c'est un peu une bouteille à la mer mais il se dit aussi que le "petit vicieux" est assez susceptible de rechercher de la compagnie - et que dans ce cas, les copines de Svetlana pourraient effectivement savoir quelque chose.)

- Une adresse, un nom, n'importe quoi...  A ce soir - sans faute !

Après avoir raccroché, il se tourne vers Köhler :

- Ce verre dont on parlait tout à l'heure... on ira le prendre au Zapoï... tu connais ?  La patronne aura peut-être quelques trucs pour nous... Elle est fiable.

(En disant cela, Schelling réalise alors que Svetlana est plus que "fiable" - quelque part, elle est le seul être humain identifiable comme tel qui gravite encore dans l'orbite de Hugo... en dehors de ses collègues, bien sûr... enfin de certains d'entre eux...)


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 21Février, 2019, 08:46:05
Nathalia Schultz  s'est assise face à Köhler, qu'elle considère visiblement comme le chef de l'équipe. Elle pose sur le bureau, dans un coin d'espace épargné par la paperasse, sa tasse de thé brûlant. Un parfum agréable s'en échappe. C'est à cela que devait ressembler l'odeur de la nature, autrefois.
- Avez-vous des pistes ?
Elle se penche plus près et, sa voix se faisant plus douce, semble-t-il :
- Et votre équipe ?
Schelling n'a rien perdu de ce que Schultz vient de dire. D'ailleurs, le Lieutenant n'a pas essayé d'être particulièrement discrète. Elle ne porte pas pas Hugo dans son cœur, la réputation de ce dernier n'étant plus à faire.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: taillefer le 21Février, 2019, 10:52:06
(https://image.ibb.co/jMfm4z/4502081_0.jpg)

Swen fait face à sa supérieure, hésitant... aucune des questions posées par la Smurfette n'est innocente, aucune n'amène une réponse simple.
Swen soupire, son caractère resurgit.
- hem, ce dossier est plus vicieux qu'il en a l'air... encore que j'ai jamais douté du fait que ce soit complexe.
Swen se redresse, cherche une position plus confortable, se sentant mal à l'aise face à la douceur du lieutenant.
- heu, les suspects ne se cachent pas, mais ils agissent en vrai professionnel, comme s'ils voulaient que l'on sache qui ils sont...nous ou... les victimes. Même si les sommes ne sont... pour l'instant... pas énormes, il y a une vraie organisation derrière tout cela, du temps passé à observer, peut être même des complicités. Et il vont remettre ça, ils auraient toute une brigade sur le dos s'ils piquaient 1 million d'EM; mais là pour des petites sommes, le risque est moindre, ils sont malins.
Swen s'éclaircit la voie, cherche du regard sa tasse de café froid.
- donc non, je ne pense pas que nous ayons des pistes à ce moment précis. Le travail préliminaire a été baclé, et les victimes elles-mêmes ne nous disent pas tout. Quand au reste heuu...
Swen regarde son collègue, par dessus l'épaule de Schultz, avale une gorgée de café froid en grimaçant.
- l'équipe... hé bien... ca va aller, on va s'en sortir...oui...
... je ne sais plus qui est le lieut' de service demain mais je.. j'aimerai être sûr d'avoir un véhicule, vous ... pensez pouvoir lui en toucher deux mots...durant la transmission?

Swen sent bien qu'il bafouille, il n'aime pas cette affaire, il est mal à l'aise face à l'image que renvoie Schultz, l'image d'un bon flic, l'image du flic qu'il n'est plus...


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 22Février, 2019, 08:36:11
Nathalia Schultz sourit :
- C'est moi qui suis de permanence demain aussi. Le Lieutenant Upshaw sera sur un opération spéciale...je vais le remplacer.
Swen n'est même pas étonné : le zèle de la smurfette n'est plus à prouver. Elle ne va pas probablement même pas rentrer chez elle et passera la nuit dans son bureau, avant d'enchaîner une deuxième journée de permanence. Quelque part, il est rassuré de savoir qu'elle sera là demain aussi, et que c'est à elle qu'il rapportera.
- J'aime tellement ce boulot que je fais deux permanences de suite...ajoute Schultz en se levant.
Impossible de démêler la profession de foi de l'ironie dans ces paroles. En regardant le Lieutenant quitter le bureau, Swen et Hugo se rendent compte que l'heure à laquelle leur service se termine approche et qu'ils n'ont pas de nouvelles de Goldberg et des deux recrues.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 22Février, 2019, 10:34:57
Hugo à Swen :

- Bon, qu'est-ce qu'on fait ?  On reste tous les deux à attendre ou bien je vais voir mon indic au Zapoï pendant que tu bats le rappel ?


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: taillefer le 22Février, 2019, 16:05:18
- Scheiss, j'ai failli les oublier...pff, je vais vérifier ce qu'ils foutent, deux secondes.
Swen décroche son téléphone et tente de joindre le standard histoire de savoir si ses brebis ne sont pas égarées.
- vu la journée qu'ils viennent de se taper, je suppose qu'il est inutile de leur imposer des heures supp', quant à moi... picoler chez moi ou dans un bar...


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: olivier legrand le 22Février, 2019, 16:13:59
Schelling, qui n'est pas bien sûr d'avoir correctement interprété la réponse de Swen, décide d'aller au Zapoï tout seul. Il ne compte pas prendre la patrouilleuse mais les transports en commun.

- A tout à l'heure... Bon courage avec les bleus et l'empailleur !


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 23Février, 2019, 09:55:35
Alors que Schelling se lève et quitte les lieux (pour se rendre au Zapoï (http://couroberon.com/Salon/index.php?topic=5082.0)), Swen décroche le téléphone et contacte le Central. C'est encore une fois la voix de Karla qui lui répond.
- Aux dernières nouvelles, le reste de ton équipe s'est rendue sur les lieux d'un...incident domestique, au 451 GründStrasse.
Swen jette un oeil à la carte murale du Secteur. GründStrasse n'est située qu'à un quart d'heure de la Falkhouse, environ. Il reste à espérer que l'incident dont Karla fait mention, c'est-à-dire une dispute conjugale, n'ait pas donné trop de fil à retordre au trio. Pour leur première journée dans le Secteur, les bleus ont été servis : la vie quotidienne les a plongés directement dans le sordide. Bienvenue en enfer.
- Je les contacte, Swen.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: taillefer le 25Février, 2019, 12:38:06
Swen se dit qu'il vaut mieux attendre que le reste de son équipe rentre au bercail. Schelling est un loup solitaire, il sera dans son élément au Zapoï. Le cas échéant, il le rejoindra là-bas plus tard.

Swen prépare rapidement les dossiers faisant le bilan de la journée (l'administratif, ça le connaît) puis, repère une imprimante qui marche encore (il a suffisamment tapé sur les nerfs de tout le monde à cet étage pour que celle-ci soit bien entretenue et respectée, malgré son âge et sa lenteur d'impression) et photocopie le dossier général ainsi que les photos des protagonistes (il planque des ramettes de papiers dans un de ses tiroirs qui ferme à clef).
Il sort un tableau de derrière son bureau, un tableau en liège qu'il a trouvé dans un entrepôt, il y a quelques années, durant une affaire.
Il y punaise rapidement des bouts de papiers griffonnées, des photos... des carrés blancs pour les suspects, dans lesquels il y a inscrit les descriptions sommaires données par Karminz.
Il s'applique à sa tache, machinalement; il reconstitue l'affaire, la rend visible, lisible: qui, quoi, où? Les victimes, les suspects, les lieux, l'argent, tout y figure. Tout ce qu'ils savent à cette heure tout du moins.

Une fois cette tâche accomplie, Swen allume une cigarette et sans se retourner sur son "oeuvre", s'en va se servir un café. Il fait un détour par la main courante et va saluer le Sergent de quart, histoire de prendre le pouls du secteur en cette fin de journée.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 28Février, 2019, 18:13:45
Swen sent sur ses épaules toute la fatigue de cette journée, éprouvante pour ses nerfs plus que pour son corps. Il aurait sans doute préféré cavaler après quelque pickpocket et se sentir physiquement vidé.
- Alors, Köhler, tu t'en sors, avec ton équipe de choc ?
C'est Harry Boons, évidemment. Une cigarette éteinte au bec, ce flic brutal ricane ouvertement. Pourtant, lui aussi affiche un visage où les marques de fatigue sont évidentes.
(https://imageshack.com/i/pmZwn1wYg)
A ses côtés, le Sergent-Chef Seiburg tient sous le bras un dossier rempli de papiers.
Tous deux, bien que travaillant en binôme, détonnent fortement :
(https://imageshack.com/i/poAKYbCfg)
-Le Capitaine doit t'avoir dans le nez pour t'avoir refilé ces recrues, tu crois pas ? Et puis, Schelling, en plus de tout ça...
L'espace d'un instant, Swen a cru percevoir comme un peu de compassion de la part de Seiburg. Mais cela n'a pas duré puisque, imitant son collègue, ce dernier s'est mis à ricaner.

Le hall d'accueil est toujours bondé. C'est à croire que le Secteur ne connaît jamais la paix.


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: taillefer le 05Mars, 2019, 10:22:23
Swen secoue la tête en soupirant.
- le pire dans tout ça c'est que le capitaine veut que je récupère deux clampins de plus dans mon équipe. Des gros loosers de première..."Boons et Seiburg"...vous connaissez? Non?

[Que dit la main courante de la journée?]


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer)
Posté par: FaenyX le 05Mars, 2019, 15:59:20
Les deux Falks s'écartent de Kohler, non sans que celui-ci ait entendu Boons maugréer un juron entre ses dents.

Arrivant au guichet, Swen se penche sur l'écran du terminal et prend connaissance de tout ce qui a été déposé en main courante. Il y a de tout aujourd'hui, des agressions en pagaille, du vol à la tire, des cadavres de junkies trouvés dans des ruelles infâmes, des personnes disparues. La récolte est abondante, mais n'a rien d'extraordinaire. Ca n'est rien d'autre qu'une journée comme tant d'autres, dans le Secteur XVIII.

Le téléphone de Köhler vibre dans sa poche. Le nom de Gunther Goldber s'affiche sur l'écran. A peine Swen a-t-il décroché qu'il entend le FalkDoktor lui dire :
- Chef, on arrive...on est accompagnés, le Sergent Gönul et moi.

Puisque Goldberg a compris que le sergent-chef est proche de l'entrée, il ajoute :
-On s'arrête devant l'entrée dans 2 minutes, pour décharger, et le sergent Gross ira garer son véhicule.
Tu peux nous réceptionner ?
Je serai seul avec le client, Junge est dans une ambulance.
J'espère qu'il pourra remarcher un jour. "



Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: taillefer le 06Mars, 2019, 11:32:28
Swen sort du hall et repère le véhicule de ses collègues. Il compte bien laisser le soin à un des deux falks de sortir l'armoire à glace de la voiture, mais il cherche de la main sa matraque télescopique.

- je t'ai laissé avec un gringalet en uniforme et tu reviens avec un mastoc en rogne... où est mon sous-off?


Titre: Re : Deux briscards et un banquier (Taillefer - Olivier)
Posté par: FaenyX le 06Mars, 2019, 18:45:04
Swen retrouve une partie de son équipe (Gönul et Gunther) à l'entrée de la Falkhouse : http://couroberon.com/Salon/index.php?topic=5065.msg139742#msg139742 (http://couroberon.com/Salon/index.php?topic=5065.msg139742#msg139742)