Les Salons de la Cour

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Auteur Fil de discussion: BD lovecraftienne  (Lu 4479 fois)
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olivier legrand
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« le: 06Avril, 2008, 11:51:53 »

Hello à tous !   Fans du maître de Providence, je vous recommande tout particulièrement l'excellent album REANIMATOR de Florent Calvez, qui vient de paraître chez Delcourt; c'est, comme son titre l'indique, une (magistrale) adaptation de la nouvelle HERBERT WEST, REANIMATEUR.

Contrairement au film (pourquoi avoir repris le titre, d'ailleurs ?) de Stuart Gordon, cette BD restitue impeccablement la noirceur et l'atmosphère macabre de la nouvelle originale - on n'a jamais envie de rire et, à la lecture, j'ai senti le même malaise insidieux que j'avais éprouvé à la première lecture du récit d'HPL, il y a bien longtemps de cela.

Scénaristiquement, c'est impeccable.

Graphiquement, c'est superbe... et Herbert West a EXACTEMENT la tête que l'on s'imagine à la lecture de la nouvelle. L'ensemble n'est ni vraiment en couleur, ni vraiment en noir et blanc, mais dans une sorte de sépia verdâtre et véritablement "cadavérique", qui baigne le récit dans un climat morbide et poisseux, même durant des scènes a priori anodines... comme le ferait une musique insinuante dans un film.

Il n'y a pas de phylactères : tout est raconté "en voix off" par le narrateur "ami" de West, ce qui est un choix très judicieux : le ton "lovecraftien" est ainsi préservé, y compris dans cette sorte de distance un peu "guindée" caractéristique de la prose d'HPL... et contraste totalement avec l'horreur des images - exactement, une fois encore, comme dans le récit original.

Au final, ce "Reanimator" est, avec les extraordinaires adaptations de Breccia jadis parues aux Humanos sous le titre  "Cthulhu" (quand est-ce que quelqu'un aura l'idée de les rééditer, incidemment ?), une des meilleures adaptations en BD de Lovecraft qu'il m'ait été donné de lire. Jetez-vous dessus sans hésiter !
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« Répondre #1 le: 06Avril, 2008, 14:15:07 »

Que voilà une idée de lecture graphique intéressante...
Je verrai ça la semaine prochaine avec mon vendeur de BD habituel et préféré....
« Dernière édition: 06Avril, 2008, 14:17:45 par L_Ange Déçu » Journalisée

-The Wise Man mocks the Man, The Mocked Man mocks the Mocker.-

Loris
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« Répondre #2 le: 07Avril, 2008, 08:19:18 »

Le film ne reprend pas tout à fait le titre, puisqu'il se limite à "REANIMEATOR".

La BD m'a guère convaincu pour ma part.
Sinon, les adaptations BD des oeuvres du maître sont assez nombreuses et y'en a des pas mal.
Loris.
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"Bref, moi qui ait été élevé avec la fausse croyance que Tolkien avait écrit la bible de la fantasy, je découvre une fois de plus que c'est faux. Howard, Lovecraft et Lieber sont les vrais apôtres du genre. Ceux qui prétendent le contraire sont des hérétiques." ~ Cédric, de Hugin & Munin
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« Répondre #3 le: 07Avril, 2008, 18:02:03 »

Le film ne reprend pas tout à fait le titre, puisqu'il se limite à "REANIMEATOR".

C'est ce que je voulais dire : pourquoi avoir repris le titre du film, alors que la nouvelle s'intitule : "Herbert West, Réanimateur" ?

Sinon, tu pourrais développer un peu ?  Qu'est ce qui ne t'a "pas convaincu", par rapport à la nouvelle originale ?

Sinon, les adaptations BD des oeuvres du maître sont assez nombreuses et y'en a des pas mal.
Loris.

Euh oui, certes... j'en ai lu moi-même un certain nombre, mais franchement, en dehors de celles signées Breccia, et peut-être d'une adaptation des "Rats dans les Murs" de Corben, je n'en ai jamais trouvé une seule qui restitue vraiment le climat lovecraftien... ni même d'ailleurs une quelconque forme d'angoisse. 

Tu as des titres en tête ?
« Dernière édition: 07Avril, 2008, 18:06:27 par olivier legrand » Journalisée
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« Répondre #4 le: 08Avril, 2008, 13:59:42 »

Au feuilletage, je sais pas, j'ai pas été emballé. Alors j'ai pas acheté.

Pour les titres, non. C'était des trucs en noir et blanc au dessin très fouillé.
Loris.
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« Répondre #5 le: 08Avril, 2008, 14:03:05 »

Au feuilletage, je sais pas, j'ai pas été emballé. Alors j'ai pas acheté.

Ah, je pensais que tu l'avais lu... Franchement, c'est une excellente adaptation de la nouvelle d'origine - après, je crois qu'on ne peut pas vraiment dépasser ce cadre interprétatif : qu'as-tu pensé de la nouvelle "Herbert West..." justement ?

Pour les titres, non. C'était des trucs en noir et blanc au dessin très fouillé.
Loris.

Genre crayonnés hyper-réalistes sans bulles mais avec beaucoup de textes ?  Si oui, alors c'était les fameuses histoires illustrées par BRECCIA (voir messages précédents), qui sont effectivement extrêmement réussies et fidèles à l'esprit (et même, d'ailleurs, au texte) des récits d'HPL.
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« Répondre #6 le: 18Avril, 2008, 13:31:34 »

J'ai acheté REANIMATOR et je l'ai lu, normal me diriez vous sinon pourquoi l'acheter...

Donc j'ai un avis plus mitigé qu'Olivier.
Bon tout d'abord, je n'ai pas lu la nouvelle.

Autant pour la réalisation je doit dit que c'est bien fait, c'est carré. le choix du vert et noir rend bien, la voie off traduit bien la durée de certains actions (mais je pense que ce choix de raconter l'histoire par la voie d'un des protagonistes 40 ans après devait déjà être présent dans la nouvelle originale).
 
Là ou je trouve que c'est pas terrible, c'est au niveau de l'histoire. Je n'ai jamais été amateur de HPL, son climat, ses angoisses ne me touchent absolument pas. JE me rabats donc sur l'histoire et là je ne trouve qu'une ressucée du mythe de Frankenstein qui n'apporte rien.
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« Répondre #7 le: 28Avril, 2008, 01:04:44 »

Là ou je trouve que c'est pas terrible, c'est au niveau de l'histoire. Je n'ai jamais été amateur de HPL, son climat, ses angoisses ne me touchent absolument pas. JE me rabats donc sur l'histoire et là je ne trouve qu'une ressucée du mythe de Frankenstein qui n'apporte rien.

Là, on touche fatalement aux limites de ce genre d'adaptation - note bien que dans ma brève recension, j'avais souligné la fidélité au récit originel et l'atmosphère lovecraftienne... à partir du moment où on n'apprécie pas vraiment cette dernière, il semble effectivement difficile d'accrocher à une bd comme Reanimator.

En ce qui concerne l'histoire, je ne suis pas du tout d'accord avec toi. Les personnages de Victor von Frankenstein et d'Herbert West ne se ressemblent que très superficiellement, sur le plan psychologique : Frankenstein est une figure prométhéenne, un "transgresseur romantique" animé, au début en tous les cas, d'intentions aussi démesurées que nobles (je parle du roman, pas des innombrables "adaptations" cinéma), finalement très "humain" (y compris dans son aveuglement) et avec lequel il est tout de même possible de se sentir "en empathie" - au moins à certains moments. Et c'est aussi, comme tu le soulignes toi-même, c'est un personnage d'envergure "mythique".

Rien de tout cela dans la nouvelle de Lovecraft : Herbert West est totalement, entièrement, massivement antipathique et détestable; contrairement à Frankenstein, c'est un être pervers, froid, fondamentalement indifférent à ses semblables... et le côté morbide du personnage cache une personnalité mi-sadique, mi-nécrophile (sans parler du côté homosexuel refoulé, assez fréquent chez HPL et particulièrement flagrant ici) bien éloignée du "romantisme prométhéen" du savant imaginé par Mary Shelley. En fait, quand on y regarde de plus près, le profil psychologique de West évoque finalement bien moins celui de Frankenstein que celui, hélas bien réel, de ces médecins qui "oeuvreront" dans les camps de la mort, quelques années après la mort d'HPL.. On pourrait dire, d'une certaine manière, qu'Herbert West est une sorte de Frankenstein "dégénéré", rabaissé à un niveau des plus sordides et débarrassé de toute dimension métaphysique - et c'est dans cette différence, je crois, que réside tout l'intérêt du récit d'HPL (dont la portée et l'intention ne sauraient évidemment être comparées à celles du chef d'oeuvre de Mary Shelley).



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« Répondre #8 le: 28Avril, 2008, 12:59:02 »

Quand je dis que Reanimator est une ressucé de Frankenstein ou le Promathée moderne, je veux dire que l'on a le même pitche :
Un jeune médecin crée la vie à partir de cadavres. Sa création se retourne contre lui.

Il y a énormément de différence, comme tu le dis toi-même Frankenstein est humaniste, Herbert West n'a pas le moindre sentiment.
D'ailleurs c'est ce coté West est mauvais qui m'a gêné. Il est présenté comme un "méchant". Son objectif est obscur. Se créature sont mauvaises.
pourquoi ?
 
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« Répondre #9 le: 29Avril, 2008, 03:09:13 »

Quand je dis que Reanimator est une ressucé de Frankenstein ou le Promathée moderne, je veux dire que l'on a le même pitche :
Un jeune médecin crée la vie à partir de cadavres. Sa création se retourne contre lui.

Certes, mais je ne vois pas en quoi cela en fait une "resucée"... Je dirais plutôt une variation sur le même thème... et les thèmes sont souvent les mêmes dans la littérature horrifique / macabre, non ?

Il y a énormément de différence, comme tu le dis toi-même Frankenstein est humaniste, Herbert West n'a pas le moindre sentiment.
D'ailleurs c'est ce coté West est mauvais qui m'a gêné.

Eh bien si ça t'a gêné, c'est que le "contrat" est rempli... West est un personnage dérangeant, totalement dénué d'empathie et de compassion - et c'est justement ce qui rend la "variation" intéressante.

Incidemment, je précise que je ne considère certainement pas HPL comme un "génie" - que ce soit au niveau créatif comme sur le plan stylistique. En matière d'épouvante début de siècle, mes préférences vont nettement aux trois précurseurs / inspirateurs trop souvent ignorés de Lovecraft - Machen, MR James et Hodgson. Cela dit, je pense que la nouvelle "Herbert West Réanimateur", dès lors qu'on parvient à faire abstraction de certains passages odieusement racistes, constitue une des meilleures nouvelles "pré-Cthulhu" (ou "Poe-esque") d'HPL, avec "Des Rats dans les Murs".

Il est présenté comme un "méchant". Son objectif est obscur. Se créature sont mauvaises.
pourquoi ?

D'abord, le regard porté sur West par le narrateur est quand même beaucoup plus ambigu : West n'est certainement pas présenté par ce dernier comme un savant fou ricanant. Peut-on vraiment dire que West est "présenté comme un méchant" sur le plan narratif, à partir du moment où le narrateur passe le plus clair de son temps à l'aider dans ses abjectes expériences ?  Je dirais pour ma part qu'il est surtout présenté comme un monstre moral, un personnage inhumain dont l'inhumanité va le condamner et le mener vers une fin atroce, à la mesure de ses crimes - selon un schéma très classique : transgression---châtiment. 

Quant aux morts qu'il ranime, ils ne sont PAS, justement, ses "créatures" - et c'est là qu'on diverge complètement de "Frankenstein". Ce sont des hommes morts dont West s'est approprié les cadavres pour "tester" sa méthode de réanimation - de vulgaires cobayes et certainement le "grand oeuvre" que constitue sa créature pour Victor von Frankenstein. West n'a pour ces morts-vivants pas plus de considération que pour des rats de laboratoire (cf la façon dont il les supprime une fois l'expérience "terminée").

Et ces morts ne sont pas présentés comme intrinsèquement "mauvais" - mais plutôt comme les instruments terribles d'une vengeance d'outre-tombe. West sera puni pour avoir "profané" le mystère sacré de la mort (qui doit rester inconnu aux humains - en tous les cas pour HPL) et les morts qu'il a ramenés à la vie lui rendront "la monnaie de sa pièce". Certains d'entre eux semblent également animés par une véritable fureur bestiale, comme si leur mort et leur retour à la vie les avaient mué en "autre chose" - on retrouve là l'idée classique de la perte de l'âme mais on n'est pas non plus très loin de ce qu'abordera bien plus tard King dans "Simetierre" (à mes yeux son meilleur roman) : il est dangereux de ramener les morts à la vie et l'au-delà semble surtout rimer avec souffrance et démence.
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« Répondre #10 le: 29Avril, 2008, 12:56:59 »

Citation
Eh bien si ça t'a gêné, c'est que le "contrat" est rempli... West est un personnage dérangeant, totalement dénué d'empathie et de compassion - et c'est justement ce qui rend la "variation" intéressante.

Je le refais,
quand j'écris gêne, je voudrais dire qui m'a ennuyé au sens qui m'a procuré de l'ennuie (et pas du soucis).
Je trouve le personnage creux.


Bon ensuite, quand je parle des créatures de West, les morts qu'il ramène à la vie ont un comportement, une personnalité, radicalement différente de celle qu'ils avaient de leur vivant.

Bon je pense que le partie pris : ramener des gens à la vie : c'est mal étant radicalement opposé à mon point de vue, même le mieux écrit du monde, l'histoire ne pouvait pas me plaire.

 
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« Répondre #11 le: 15Mai, 2008, 20:02:55 »

Puisqu'on  parle de lui...

http://www.macguff.fr/goomi/unspeakable/vault260.html
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Quand une femme vous dit "Quoi ?", ce n'est pas qu'elle a mal entendu ; elle vous laisse une chance de modifier ce que vous venez de dire.
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« Répondre #12 le: 29Mars, 2009, 23:45:39 »


 Je dirais pour ma part que West est surtout présenté comme un monstre moral, un personnage inhumain dont l'inhumanité va le condamner et le mener vers une fin atroce, à la mesure de ses crimes - selon un schéma très classique : transgression---châtiment. 

Listes d'éléments horrifiques fondamentaux utilement mis  en œuvre dans un récit d'épouvante : Toute marche irrésistible vers un destin
Un album qui est intéressant c'est le Lovecraft de Giffen et Breccia, où l'écrivain est le personnage principal, et se dresse contre les grands anciens depuis son enfance. Bien dessinée avec de belles phases hallucinatoires
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« Répondre #13 le: 01Mai, 2019, 22:32:13 »

Tiens je ré-anime un sujet fermé, il y a prêt de 10 as jours pour jours.
Mais "N'est pas mort ce qui à jamais dort et au long des ères étranges peut mourir même la Mort"

Je viens de finir de lire Providence d'Alan Moore

Qui est plus ou moins une suite du neonomicon des mêmes auteurs.


Le neonomicon était une histoire assez classique du mythe de Cthulhu à une époque moderne.

Providence est un projet plus ambitieux.
On y suit le parcours d'un ex-journaliste parcourant la Nouvelle-Angleterre occulte en 1919 afin de se documenter pour écrire un roman. C'est  l'occasion de croiser les personnages, auteurs, théories, événements et les lieux du mythe (enfin d'une version alternative , qui ne se passe pas à Arkham, Insmouth et Dunwich, mais à Boston, Manchester-at-see et Salem).

Comme aime le faire Moore, on a un succession de pages dessinées (classiques) et de textes censé reprendre le journal intime du narrateur.

J'avoue que j'ai l'impression d'âtre passé à coté de quelque chose.
Je n'ai pas réussi à voir ou voulait en venir l'auteur.
Les rencontres ne se suffisent pas à elles-mêmes. Elles ne racontent pas grand chose.
On ne comprend rien si l'on ne connaît pas les nouvelles et elle n'apporte rien si on les connaît.
Idem, le fait que le narrateur  rationalise le mythe et insiste sur le conté onirique et symbolique entre en contradiction avec ce que le dessin illustre.

J'ai l'impression d'être passé à coté d'un œuvre au propos vain.
C'est un peu frustrant
 
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