Les Salons de la Cour

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Rom1
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« Répondre #1185 le: 12Février, 2019, 09:46:50 »

Je suis allé voir l'Intervention hier et pour moi, ce film français est un petit bijou.



Ça raconte un des événements à l'origine de la création du GIGN - de façon romancée.
Et c'est un film de guerre, un film d'otages, un film de commando et - durant son climax de taré -, un western. Le tout quasi en huis-clos, qui plus est !
Les personnages sont attachants, brossés à gros traits (ce qui est au final une convention du genre) mais incarnés par des acteurs qui ont la classe.
Surtout, la réalisation est aux petits oignons, avec des gimmicks très "ciné des années 70" (l'action se passant en 1976) et des plans d'une grande précision, grâce auxquels on n'est jamais perdu. Il y a des côté très 'américain' tant dans le scénario que dans la mise en scène, qui permet d'iconiser les héros.
Et ce final purée... D'autant qu'il arrive en catharsis au terme d'un film tendu du string dès la première scène (la prise d'otage du bus scolaire) et dont le suspens ne faiblit jamais.
 
Je suis assez dégoûté de voir qu'il va forcément se planter (dans mon cinéma, il va dégager dès mercredi), tandis que la merde raciste de Clavier monopolise deux salles à flux tendu et que la dernière merde de Dubosc vient s'y ajouter.
Si vous en avez l'occasion, allez le voir. Sérieux.

https://www.youtube.com/watch?v=75T_Pw_uY6Q&fbclid=IwAR0OI4VJti_q8SI9PjFXZ-ergXI_0Vq7Xz38ihPtPfkalv4AyhyzqHZqlss
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« Répondre #1186 le: 07Avril, 2019, 19:42:41 »

Je me lamente régulièrement sur le cinéma français et en particulier sur la comédie hexagonale, devenue en quelques années un territoire sinistré. Rares sont les films qui arrivent à me faire rire (voire sourire) tout en gardant du fond et réussissant à marquer ma mémoire. Souvent, je cite à titre d'exception "Le nom des gens", petite pépite qui, sous couvert de comédie romantique, réussissait à offrir une jolie vue en coupe de notre société.
Son réalisateur, Michel Leclerc, et sa coscénariste, Baya Kasmi, nous offrent aujourd'hui "La lutte des classes", qui traite à la fois de l'intégration, de la mixité, de la carte scolaire et j'en passe. Porté par un duo épatant (Edouard Baer, en vieux punk fidèle à ses convictions et Leïla Bekhti, en avocate issue de l'immigration), épaulé par des seconds rôles géniaux (Ramzy Bédia, en directeur d'école "cash", Baya Kasmi, en institutrice adepte de la novlangue imposée par l'Education Nationale, et surtout les enfants, d'un naturel désarmant), "La lutte des classes" réussit presque son pari : évoquer les errements des "bobos" confrontés à leurs contradictions dans une société qui bouge trop vite pour eux. Presque, parce que les dernières minutes, usant d'un mécanisme artificiel sentant bon le bouclage vite-fait-mal-fait d'un scénario trop ambitieux, viennent tout gâcher.
C'est dommage parce qu'il y a de chouettes moments, des instants vraiment drôles et des scènes très touchantes (notamment celle où Edouard Baer discute avec ses parents, interprétés, justement, par les acteurs incarnant ceux de Jacques Gamblin dans "Le nom des gens"...oui, cette phrase est tarabiscotée, je sais ).
Une demi-réussite (ou un demi-échec), selon qu'on voit le verre à moitié vide ou à moitié plein, donc.
« Dernière édition: 08Avril, 2019, 16:56:29 par FaenyX » Journalisée

Rom1
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« Répondre #1187 le: 13Octobre, 2019, 15:21:29 »

Bon et bien je me range dans le camp "douche froide" avec Joker.

[SPOILERS en dessous]

 Je ne suis jamais parvenu à rentrer dans le film, la faute à un traitement qui ne sait vraiment pas sur quel pied danser - ce n'est même plus le cul entre deux chaises mais entre deux continents.
Je ne sais pas quel est le propos du film mais soit il est réactionnaire soit le réalisateur a été incapable de transmettre sa vision de façon intelligible.

Pourquoi réactionnaire ?
Le film évoque la violence des riches envers les pauvres mais elle n'est démontrée que de rares fois - et presque jamais dans sa dimension systémique. La grève des éboueurs est évoquée mais après 18 semaines, on s'attendrait à des rues bloquées par des monceaux d'ordures - or on voit juste quelques sacs poubelles, y a des graffitis ici et là mais, bon ça va quoi. Gotham City, c'est pas bien pire que Lille en fait. Au final, à part la baisse de budgets des services sociaux, rien n'est explicite. La seule violence réelle du film, elle s'exerce dans la fange - entre membres de la fange. Des petits voyous agressent gratuitement, des collègues de galère essaient de te faire virer, etc. Tout ça culmine avec les émeutes dont on ne sait pas ce qui en est à l'origine. On nous parle bien d'un rassemblement prévu mais pourquoi a-t-il dégénéré ? Ni expliqué ni montré, on peut juste en déduire que la populace est composée de sauvages qui ne font que jalouser ce qui ont fait quelque chose de leur vie (et donc le propos de Thomas Wayne est validé - les simples citoyens sont des clowns "qui ne sont rien").

Mais si ce n'est pas réactionnaire, alors le réalisateur s'est tiré une belle balle dans le pied.
Car tous ses choix scénaristiques désamorcent l'idée d'une révolte légitime face au système et d'un Joker qui surgit ex nihilo pour incarner un chaos né de la normalité poussée à son extrême. Tout le background d'Arthur Fleck fout en l'air le parcours illustrée par l'oeuvre. Décider qu'il soit atteint d'un trouble neuro dès sa petite enfance, ça va à l'encontre du motto que Moore utilisait dans Killing Joke (oeuvre que le film cite quasi directement, donc j'aurais du mal à croire qu'il n'y a aucune filiation). Décider que ce trouble neuro vient du fait que sa mère et ses petits amis le maltraitaient, ça nous montre qu'encore une fois, le peuple est responsable de ses propres malheurs (alors que Bruce Wayne est un enfant si choyé) (faudra aussi qu'on m'explique comment le petit Arthur a pu rester à la garde de sa mère maltraitante et malade mentale).

De là, le film va se dérouler mécaniquement. Tuile après tuile tombant sur le protagoniste avec une régularité de métronome. Aucune surprise dans la construction, au point qu'on reste extérieur et que même le minimum d'empathie ne parvient à poindre - et je ne sais pas quelle était l'intention du film avec le délire de la petite amie imaginaire, mais si ça consistait à offrir un twist, c'est complètement raté (parce qu'il est impossible de croire à cette romance).
En réalité, on sent que le but de Joker est de cocher toutes les cases du film à prix en offrant à Joaquim Phoenix l'occasion de sublimer son talent (transformation physique, check ; interpréter un malade mental, check ; jouer la tristitude de la tristesse, check ; incarner la folie, check).
Paradoxalement donc, ce film qui se voulait hors système, d'auteur, etc. est en réalité tout aussi formaté que les blockbusters envers lesquels il cherche à se mettre en opposition - c'est juste qu'il se calibre pour un autre résultat mais la construction sonne tout aussi artificielle. Jusqu'aux images subliminales ou retours sur scènes déjà vues et montrées sous un autre angle afin d'alimenter la machine à interprétation du public - un procédé gratuit et qui tombe à plat (la petite amie, encore).
Quant au traitement des médias... Bah où est l'originalité, la subversion ? Robert de Niro est un présentateur de talk-show d'un classique éprouvé. On est très loin de ce que faisait Frank Miller dans Dark Knight Returns notamment (là encore, difficile de croire que le réalisateur ne s'en soit pas inspiré : le plan des dizaines d'écrans TV empilés les uns sur les autres vient directement du découpage de Miller).

Juste un petit détour par Thomas Wayne, justement. Si vraiment l'intention était de s'éloigner de la source comics, pourquoi utiliser cette figure essentielle de Batman ? N'importe quel politicien anonyme aurait pu incarner le personnage. Le dépeindre comme un riche méprisant le peuple (y a du Macron dans sa rhétorique) change totalement la mythologie de l'homme chauve-souris dont le réalisateur prétend s'éloigner : si Bruce Wayne devient un héros, c'est bien parce que Thomas est un homme bon - médecin, philanthrope... - et qu'il désire marcher dans les pas de ce père exemplaire. Avec un enfoiré comme le film le dépeint (enfoiré et con - le gars sort avec sa petite famille sans aucune escorte le soir même où il est annoncé un embrasement de la ville), le petit Bruce va juste devenir Benallaman : le vigilante qui tabasse du populo'.
Il y a donc non seulement une réelle hypocrisie ("Hihi j'ai arnaqué Warner en prétendant faire un film sur le Joker mais je vais détourner ça pour servir mon propos" tout en utilisant le background de la source et en étudiant certaines œuvres capitales pour y puiser à pleines mains - mais mal) mais un emmêlage de pinceaux énorme qui brouille ledit propos au point de le rendre inintelligible - ou interprétable dans sa pire version...

Qu'a voulu dire Todd Phillips avec ce Joker ? Au final, je n'en ai aucune idée. A-t-il seulement voulu dire quelque chose, d'ailleurs ? Ou bien son objectif n'était-il que de jouer au plus malin avec son studio ? Vu le succès public et critique, il aura au moins atteint ce but...
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« Répondre #1188 le: 14Octobre, 2019, 09:23:36 »

Merci. J'en avais assez qu'on me le survende sur la base d'une performance d'acteur.
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« Répondre #1189 le: 17Octobre, 2019, 11:49:47 »

Vu hier avec madame et en sortant de la séance,  je me suis demandé quel était le propos du film.
Mais j'étais probablement influencé par la dernière chronique de bolchegeek sur les antagonistes "révolutionnaires "
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« Répondre #1190 le: 17Octobre, 2019, 12:32:28 »

SPOILER JOKER

Je ne partage globalement pas le point de vue de Rom1 mais je comprends ce qu'il veut dire et je trouve que sa vision du film est tout à fait recevable.

Je ne partage pas ce point de vue parce que, pour moi le débat n'est pas de savoir si le film est réactionnaire ou pas. Je n'ai pas trouvé que le débat se plaçait au niveau de la lutte des classes. Violence des riches / responsabilité des pauvres / légitimité de la révolte ou du maintiens de l'ordre, pour moi ce n'est pas de ça dont il est question.

J'ai trouvé que c'était un film sur la noirceur, sur l'immoralité (l'amoralité), la médiocrité humaine. A une exception près, il n'y a pas un personnage attachant, qui révèle son humanité :

* La mère qui laisse son fils subir des sévices.
* L'assistante sociale qui visiblement s'en fiche.
* Le personnel de l’hôpital pour enfant qui balance pour le flingue.
* Thomas Wayne - et il y a de la violence chez les riches aussi avec la scène des toilettes.
* les collègues de travail
* le présentateur faussement amical.
* la mère de famille dans le bus.
* (...).

le seul personnage qui échappe à ça, le seul personnage pour lequel j'ai ressenti de l'empathie, de la compassion, le seul qui essaie d'apporter quelque chose à son prochain au mieux de ses capacités, de rendre le monde meilleur, c'est le joker.

Et ça c'est quand même étonnant et paradoxal pour un film de super héros. Le seul personnage que j'ai eu envie de sauver c'est le méchant.

Petit à petit il se retrouve perverti par la société mais à son corps défendant. Il s'en prend plein la gueule tout le film.

Pour moi c'est un film sur la chute d'un homme. La faillite d'un système. La faillite de l'homme.

Et la question que je me pose c'est : en quoi est-ce pertinent que ce film tourne autour du joker?  Pour moi ce film peut très bien exister sans l'environnement Gotham, sans l'environnement super héros. Il suffit d'aménager un peu la fin, de virer le meurtre des parents Wayne et on a un film qui tient.

Peut être d'ailleurs que le film aurait été meilleurs.


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« Répondre #1191 le: 17Octobre, 2019, 12:48:20 »

Ce mépris de l'humanité, cet anti-humanisme c'est très réactionnaire
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« Répondre #1192 le: 17Octobre, 2019, 13:27:34 »

On va débattre sur ce qui est réactionnaire ou pas.

Que te dire: Peut être.

Mais je dirais que si c'est réactionnaire alors cela ne l'est pas dans le sens du développement de ROm1 puisque sauf à ce que j'ai raté une ligne l'anti humanisme n'est pas un thème qu'il développe.

Au delà de ce qu'on peut mettre ou pas dans la case réactionnaire. (et qui est somme toute très secondaire) as tu un autre commentaire sur ce film autre que de t'interroger sur son propos ?

Entendons nous bien : j'échange avec plaisir sur les thèmes : j'ai aimé j'ai pas aimé, j'ai ressenti ça ou ça, je pense que le réalisateur a voulu exprimer ça ou ça.

En revanche, je ne pars pas sur la discussion: Telle chose est réactionnaire ou ne l'est pas.
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« Répondre #1193 le: 17Octobre, 2019, 15:10:44 »

Ce mépris de l'humanité, cet anti-humanisme c'est très réactionnaire

Quand il est compris comme "la nature humaine est mauvaise". Si c'est le système qui est mauvais et destructeur, on n'est pas dans une pensée réactionnaire.
(Je précise que n'ai pas vu le film).
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« Répondre #1194 le: 17Octobre, 2019, 15:27:56 »

Dans le film,  c'est la nature humaine (si tant est que ce concept a un sens qui est mauvaise).
Le joker se fait tabasser gratuitement deux fois  :
Une fois par des gamins noirs pauvres
- une fois par de jeunes cadres blancs richesses dans un métro/  train de banlieue sordide).

Sinon au-delà du propos du film,  on a un film de super sans super,  un film où la question du rire est ultra présente mais où il n'y a que deux Gags : ( quand le joker se prends une porte vitrée dans la gueule et quand un nain n'arrive pas à fuir l'appartement dans lequel il est car le loquet est trop haut), un film sur la folie où l'on n'a pas la moindre idée de la maladie du joker (si ce n'est rire parfois de manière inappropriée,  surtout en condition de stress),  un film sur le passage à l'acte (dont le suicide )  sans que cela ne soit vraiment abordé.

On a , je trouve,  une atmosphère très proche de celle de tchao pantin,  mais avec un seul acteur
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« Répondre #1195 le: 18Octobre, 2019, 11:06:58 »

Citation
Et la question que je me pose c'est : en quoi est-ce pertinent que ce film tourne autour du joker?  Pour moi ce film peut très bien exister sans l'environnement Gotham, sans l'environnement super héros. Il suffit d'aménager un peu la fin, de virer le meurtre des parents Wayne et on a un film qui tient.

Dans ce genre, il y a Chute libre qui me vient à l'esprit.



Après je ne sais pas...
Comme j'ai dit, le film nous montre bien la médiocrité humaine mais principalement dans les classes pauvres. OK, y a Thomas Wayne et le présentateur TV mais les plus grandes violences infligées à Arthur sont bien le fait de gens de sa propre classe sociale : ses collègues qui veulent le faire virer, les anciens amants de sa mère qui le tabassaient enfant, les voyous qui volent sa pancarte, jusqu'à sa mère qui lui a menti toute sa vie. La foule haineuse qui est mise en scène façon BFM TV sans que jamais on ne comprenne ce qui a mis le feu aux poudres. L'exécution des parents Wayne par un protestataire change énormément la donne.
Y a un truc qui continue à me déranger dans ce film - mais je ne sais dire si c'est volontaire de la part du réal' ou s'il est juste pas très doué en écriture.
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« Répondre #1196 le: 20Octobre, 2019, 19:26:00 »

Sortant à l'instant d'une projection de Joker, je rejoins quasiment à 100 % l'appréciation d'Estrella.
A mon humble avis, c'est un film sur la noirceur de l'homme, seul ou en société. Le fait que les violences que subit (directement) Joker viennent de ses "semblables" va dans le sens de cette noirceur à tous les étages.
C'est un film sur la chute d'un homme et pas un film de super-héros. Le choix de placer cette chute dans Gotham City n'est, je crois, pas tout à fait réussi, parce que Philips, qui filme mieux qu'il ne scénarise, ne réussit pas toutes ses connexions à l'univers qu'il veut utiliser. Je ne suis pas persuadé qu'il ait voulu glisser un message dans son film.
Mais c'est globalement un film plutôt réussi, malgré ses maladresses et ses hoquets et il devrait valoir à Joaquin Phoenix une statuette dorée.
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« Répondre #1197 le: 21Octobre, 2019, 13:41:16 »

Je suis assez d'accord avec ce que postent CCCP Rom1 et FaenyX.

Je serais simplement moins catégorique que CCCP s'agissant de trancher la question soulevée par Macbesse. Est ce que la nature humaine est mauvaise ou est ce que la société rend l'homme mauvais? On a des personnages adultes qui vivent en milieu urbain avec une grande promiscuité. (ascenseur, métro, rues, bus, les gens sont les uns sur les autres). Je ne sais pas dire si les gens sont mauvais par natures ou si c'est la société qui les as rendus ainsi.

ce passage:
Sinon au-delà du propos du film,  on a un film de super sans super,  un film où la question du rire est ultra présente mais où il n'y a que deux Gags : ( quand le joker se prends une porte vitrée dans la gueule et quand un nain n'arrive pas à fuir l'appartement dans lequel il est car le loquet est trop haut), un film sur la folie où l'on n'a pas la moindre idée de la maladie du joker (si ce n'est rire parfois de manière inappropriée,  surtout en condition de stress),  un film sur le passage à l'acte (dont le suicide )  sans que cela ne soit vraiment abordé.

Est très pertinent.

Je rejoins Rom1 quand il écrit que la médiocrité humaine est principalement montrée dans les classes pauvres. Je le nuance un peu en notant que l'essentiel du film se passe parmi les basses classes sociales. Ce n'est donc pas si étonnant ou pas si significatif. il n'y a en tous cas pas de contrastes de ce coté la quand on passe chez les riches.
Mais je suis pleinement d'accord avec lui quand il dit qu'il y a quelque chose qui continue à le déranger à propos de ce film. Moi aussi quelque chose continue à me déranger à propos de ce film, sans que j'arrive trop à dire quoi.

Tchao Pantin, Chute libre, bien vu. De mon coté j'avais pensé à Bernie.


« Dernière édition: 21Octobre, 2019, 15:27:37 par estrella » Journalisée
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« Répondre #1198 le: 22Octobre, 2019, 11:00:43 »

Citation
Je le nuance un peu en notant que l'essentiel du film se passe parmi les basses classes sociales. Ce n'est donc pas si étonnant ou pas si significatif.
C'est toutefois un choix du réalisateur de ne montrer que ça.
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« Répondre #1199 le: 22Octobre, 2019, 12:02:34 »

Citation
Je le nuance un peu en notant que l'essentiel du film se passe parmi les basses classes sociales. Ce n'est donc pas si étonnant ou pas si significatif.
C'est toutefois un choix du réalisateur de ne montrer que ça.

Je n'ai pas encore vu ce film - mais j'y compte bien. A la lecture de certains commentaires, je me pose tout de même une question.

Si j'ai bien compris (merci de le confirmer ou non), dans ce film, le personnage de Thomas Wayne (le père de Bruce) est montré sous un jour extrêmement défavorable... alors que lui, le millionnaire philanthrope, a toujours constitué, dans la mythologie de Batman, l'incarnation idéale de l'homme-riche-mais-bon. C'est un trait iconique, au même titre, par exemple, que la sagesse du père de Superman etc.

Mais si, là, ce personnage d'habitude très idéalisé est montré comme le contraire total de ce qu'il est censé représenter, n'est-ce pas, précisément, à l'intérieur du "paradigme batmanien", une éclatante attaque contre ces "classes aisées" ou "dirigeantes" qui seraient, selon vous, un peu "épargnées" dans le film ?

Je suis désolé mais si c'est bien le cas, ça change tout - parce que Thomas Wayne n'est pas, justement, "un personnage parmi d'autres". C'est un archétype - et donc, à ce titre, il est forcément représentatif.  

Et si cet archétype se trouve ici brutalement inversé / détruit / remis en cause, à l'échelle de l'univers de Batman et de ses codes / tropes (et jusqu'à preuve du contraire, c'est aussi dans ce cadre que le débat sur le film doit s'inscrire), n'est-ce pas justement le "maximum" possible, en termes de déboulonnage des "élites" (ou de ce qui est perçu comme tel) ?  

Après, si j'ai mal compris et que Thomas Wayne est montré sous un autre jour que celui que j'évoque ici, alors évidemment mon argument ne tient pas.

Cela dit, au passage, je trouve aussi un peu facile (et gênant) le fait de vouloir absolument plaquer sur un film un filtre idéologique qu'il n'a jamais prétendu suivre (là encore, sauf erreur de ma part) pour lui reprocher ensuite de ne pas faire sens à l'intérieur de ce filtre : intellectuellement, ça peut sembler un peu incohérent.

L'analyse sociologique systémique est une approche, disons (oui, j'ose) une doctrine comme une autre, dont on peut se réclamer ou, au contraire, qu'on a le droit de rejeter ou de vouloir nuancer : au nom de quoi, après tout, ce film serait-il obligé de s'y conformer ?   Qu'on le veuille ou non, le "sociologisme" (OK, je ne fais pas de détails) est une idéologie (défendable mais aussi discutable) - qui se pare (comme la plupart des idéologies) des apparences de la vérité objective indiscutable. Soit... mais quand une idéologie devient une espèce de vérité absolue qu'il est interdit d'ignorer sous peine d'être considéré comme quelqu'un qui "réfléchit mal", le débat devient tout simplement impossible.

 
« Dernière édition: 22Octobre, 2019, 12:29:40 par olivier legrand » Journalisée
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