Les Salons de la Cour

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Usurpateur à l'ananas


« Répondre #750 le: 01Août, 2011, 18:30:06 »

De Yann Brékilien, j'ai gardé un excellent souvenir du roman La Louve et le Sanglier, mais j'ai lu ça il y a quinze ans et c'est l'âge que j'avais. Je suis donc bien en peine d'évaluer la qualité de la documentation, sans compter que mes bons souvenirs sont très vagues, que la relecture serait peut-être décevante et que je ne sais plus du tout ce qui m'a plu dans ce roman, mais je le conseillerais quand-même.  
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« Répondre #751 le: 02Août, 2011, 18:42:13 »

Je suis en train de lire un bouquin très intéressant :Le chevalier lettré, Savoir et conduite de l'aristocratie aux XIIe et XIIIe siècles, de Martin Aurell, Fayard.

Il s'agit d'un bouquin d'histoire, écrit avec un réel souci pédagogique, mais dense et parfois énumératif. Donc, ce n'est pas de la littérature d'évasion. En revanche, si l'on s'intéresse à la noblesse médiévale, à la culture de cour, à l'émergence du roman ou plus généralement à la façon dont la "littératie", pour reprendre un néologisme d'Aurell, peut infléchir les mœurs d'une société, alors ce livre est vivement recommandé !

Martin Aurell pose la façon dont le rapport à l'écrit évolue à partir du XIIe siècle. Pour ce faire, il invoque un nouveau concept, la "littératie". Ce néologisme formé sur l'anglais "litteracy" (et qui pourrait renvoyer à la "scripturalité" de la critique française) renvoie à la culture de l'écrit au sens large, dans son rapport au savoir, à la représentation du monde, à son influence sur les processus cognitifs et sur les rapports sociaux. C'est en quelque sorte le pendant de l'oralité. Pour commencer son essai, M. Aurell rappelle que le XIIe siècle est une période de renaissance intellectuelle en Occident, qui s'accompagne d'une plus grande diffusion de l'écrit. En conséquence, la relation au savoir change. Certaines innovations, qui peuvent nous paraître anecdotiques tant elles sont intégrées dans nos usages, révolutionnent le rapport à l'écrit. Ainsi, l'invention du paragraphe, de l'alinéa, de la segmentation des mots dans la phrase écrite permettent l'apparition de la lecture silencieuse, c'est-à-dire d'une lecture mentale ; l'usage d'une calligraphie liée dans la gothique cursive, permettant d'écrire un mot sans relever la main (à la différence de la caroline, si lisible, mais qui nécessitait de relever la plume après chaque lettre), accélère la cadence de la copie. Ces innovations permettent de favoriser la diffusion plus large des livres, et de toucher une autre classe que le clergé : la noblesse.

Après quoi, Aurell passe en revue toutes les relations que la noblesse entretient avec la culture littéraire et savante. Il s'intéresse à l'éducation des garçons et des filles, à la relation entre clercs et chevaliers, aux loisirs artistiques et littéraires, au caractère souvent curial des pratiques poétiques, musicales et romanesques. En exploitant un corpus impressionnant de textes médiévaux, il dégage des typologies souvent complexes de nobles plus ou moins lettrés. Certains passages sont absolument passionnants, comme les relations nouées entre troubadours et jongleurs, les différents usages de la poésie (ludiques, sociaux, amoureux, politiques, religieux…) et l'apparition de nouvelles formes littéraires, comme le roman ou les mémoires.

M. Aurell dégage différents types d'écrivains chez les aristocrates : les grands seigneurs lettrés, plus souvent poètes que romanciers ; les mémorialistes ; les écrivains illettrés, qui dictent leurs livres ; les écrivains lettrés qui, par posture aristocratique, prétendent être illettrés et destiner leur œuvre à l'oralité (Wolfram von Eschenbach).

J'en suis aux deux tiers du livre, mais je sais déjà que je ne regretterai pas de l'avoir lu : il brosse un panorama de toute la culture de cour médiévale (de la Méditerranée à l'Islande : Snorri Sturluson est aussi évoqué) qui est aussi passionnant qu'enrichissant.
« Dernière édition: 02Août, 2011, 19:56:08 par Usher » Journalisée
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« Répondre #752 le: 02Août, 2011, 19:13:47 »

J'ai terminé aujourd'hui le pavé qu'est "Gagner la Guerre". Je regrette. J'aurais aimé qu'il y ait encore quelques centaines de pages...

Comme la plupart des obéronistes, j'ai beaucoup aimé. Aimant habituellement les d'écritures soutenues, voire très soutenues, je me suis adapté sans problème au langage plus parlé de don Benvenuto. Langage qui d'ailleurs utilise un vocabulaire riche, aussi bien en argot qu'en parlé "normal". Ce qui paraît surprenant dans la bouche d'un assassin, mais qui s'explique quand on apprend que son enfance a été bercée par l'art sous la tutelle du Macromuopo.

Conter ce roman à la première personne du singulier est un sacré piège pour le lecteur, car il permet une immersion aisée et totale dans l'histoire. Et comme cela ne suffit pas, Usher utilise ses qualités de conteur pour rendre les sensations de Benvenuto presques tangibles. La passage à tabac d'une violence inouïe, tout comme la lente guérison ; la rixe avec Dilettino Schernittorre et ses mignons ; la chambre (mortuaire) de Tremore Schernittore ; l'évasion par les toits ; le combat dans la rivière ; le froid dans la carrée de dame Plectrude ; la fuite vers Vieufié dans l'hiver et cette impression de nager dans un brouillard sans avoir les pensées claires ; tous les dialogues avec le Podestat... J'ai ressenti tous ces moments (et bien d'autres que j'oublie) avec acuité. J'ai été un peu moins convaincu par le massacre des Mastiggia dans le palais en feu, mais ça ne ternit pas mon plaisir.

Comme bien des lecteurs, je n'ai pas saisi l'intérêt de l'hiver à Bourg-Preux. Usher parle de "grosses ficelles" dans ce chapitre, mais elles m'échappent entièrement. De plus, je garde en tête l'image des Elfes de Tolkien : des êtres féériques, hors du temps, comme l'est Annoeth dans "Le Conte de Suzelle", et là, je trouve Eirin (et Annoeth par passivité) très terre-à-terre. En fait, sauf leur vue perçante et un charme hors du commun, rien ne les distingue des Humains et de leurs appétits grossiers, menant une vie de larrons.

C'est d'ailleurs frappant dans ce livre : mis à part les deux Ouromands et le Macromuopo, pas un seul personnage de ce livre n'est honnête ! Pas un seul ! Les puissants sont pourris jusqu'à la moëlle (le Podestat tient, et de loin, le ponpon), leurs enfants commencent déjà, avec plus ou moins de succès, à intriguer, de concert avec, ou contre, leurs parents, et leurs hommes d'armes sont prêts à tuer froidement, sans émotion, parce que c'est demandé. Je crois que tous les personnages ne considèrent la vie que comme un paramètre, une variable d'ajustement.

J'ai d'ailleurs beaucoup apprécié le clin d'oeil d'usher quand il fait remarquer au lecteur que ce dernier s'est pris de sympathie pour Benvenuto, alors que c'est lui aussi une belle ordure !

De même pour Sassanos. Je ne sais pas si Usher sait exactement ce qu'il a fait et ce qu'il est devenu, ou s'il laisse même pour lui un peu de mystère, mais c'est un personnage extrêmement intéressant.

Même Melanchter (et là aussi, un Elfe capable de flécher froidement femme et enfants, ça me gêne. Cette scène me laisse un souvenir très désagréable ; je crois que je m'immerge trop dans mes lectures, parfois) est entré dans le jeu de la dissimulation, des messages cryptés. Et là, je remercie Usher de prendre soin de ses lecteurs qui, comme moi, sont trop ingénus pour comprendre le sens véritable des actes des politiciens, leur signification réelle, ou pour décrypter les informations contenues dans les dialogues autant que dans les silences. Les personnages ne disent jamais ce qu'ils pensent, ni ne font ce qu'ils semblent faire, et tous ces froids calculs politiques, m'auraient échappés.

Et enfin, en prenant du recul, les allusions à l'Histoire montrent que ce récit se passe dans un univers construit, solide, pas dans un mode en carton-pâte créé pour l'occasion, et cela donne encore plus de profondeur à l'ensemble de l'oeuvre.


Vraiment un très bon livre. Beaucoup plus sombre que "Mauvaise Donne".
Je relirai. Pas tout de suite, mais je relirai. Certains obéronistes ont relevé des indices, des incohérences dans le récit de Benvenuto, qui éclairent d'un nouveau jour les agissements de certains personnages, notamment Sassanos, et il y a  toujours cette histoire des grosses ficelles à Bourg-Preux, l'impression d'avoir manqué quelque chose, qui me titille...


Sinon, cela reste du registre de l'anecdote, mais c'est détail plein de charme à mes yeux, comme dans les différentes nouvelles de "Janua Vera", j'apprécie énormément l'entretissage des destins des différents personnages (Cecht, dame Lusinga, Annoeth,...).

Et sinon, je regrette quand même, j'ai espéré durant presque toute ma lecture, que le bayraktar finirait proprement suriné par Benvenuto. Au souvenir de cette scène pénible, je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi un tel déchaînement de violence. Certes, il fallait bien dissimuler les tractations secrètes en amôchant le messager, mais à ce point ! Etait-ce bien nécessaire ?
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« Répondre #753 le: 05Août, 2011, 16:09:07 »

Je lis en ce moment "Le Rayon Vert" de Jules Verne. Il faut croire que les Français ont évolué depuis 1882.

On peut effectivement y lire "Il y avait là [...] deux ou trois de ces Français que n'abandonne jamais leur amabilité géniale, même hors de France."

L'amabilité n'est pourtant pas la première qualité employée pour nous décrire, que ce soit en ou au-dehors de nos frontières...     
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« Répondre #754 le: 05Août, 2011, 18:31:51 »

Je lis en ce moment "Le Rayon Vert" de Jules Verne. Il faut croire que les Français ont évolué depuis 1882.

On peut effectivement y lire "Il y avait là [...] deux ou trois de ces Français que n'abandonne jamais leur amabilité géniale, même hors de France."

L'amabilité n'est pourtant pas la première qualité employée pour nous décrire, que ce soit en ou au-dehors de nos frontières...     

Tous des jaloux ! 

Bon moi j'ai fini le livre "Pytheas le Grec" découvre l'Europe du Nord. Intéressant, mais c'est un peu une "arnaque". On nous explique en fait qu'on ne sait quasiment rien de Pytheas et l'auteur en profite pour placer une description des conditions de voyage à la période où aurait vécu Pytheas. J'ai sinon quasiment fini de relire "Bran Mak Morn" de R.E Howard, nouvelle traduction chez Bragelonne. Les récits sont vraiment captivants et c'est du grand Howard ! Moins intéressant sont les nouvelles écrites après une grosse influence de Lovecraft où un type se rend compte qu'il a vécu une vie antérieure et qu'il a eu affaire à  "une race basse dans l'échelle de l'évolution" , "de type mongoloïde" qui sont confondu avec les pictes, alors que eux sont des  hommes de petite taille aux cheveux et à la peau sombres. Il y a toujours la patte du maître, et on se cramponne à son bouquin mais le récit à un arrière gout pas génial.
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« Répondre #755 le: 05Août, 2011, 18:55:03 »

Pour ma part j'alterne entre "Pytheas découvre l'europe du Nord". Dans la collection mémoires. Il y a la partie purement de ce voyageur grec qui a voyagé loin au nord suivant la route de l'étain, et une partie introductive au contexte historique. Très intéressant.
Sur Pythéas, je me permets de te conseiller de jeter un œil sur le livre d'Hugues Journès et Yvon Georgelin, illustré par les magnifiques aquarelles de Jean-Marie Gassend, Pythéas, explorateur et astronome, aux éditions de la Nerthe (2000). C'est un "beau livre", et son prix est donc en conséquence (45€). [voir là, par exemple]

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« Répondre #756 le: 05Août, 2011, 19:38:33 »

Vil tentateur mousquetaire ! 

J'y jetterais un coup d'oeil à l'occasion et me le payerais quand les finances seront au beau fixe.
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« Répondre #757 le: 06Août, 2011, 12:07:08 »

La couverture du bouquin m'a immédiatement fait penser à Cuidala 
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« Répondre #758 le: 10Août, 2011, 18:46:53 »

J'ai terminé "Le Rayon Vert".

Hé bien, Jules Verne ne me fait plus autant voyager que quand j'étais jeune... Je ne parviens pas vraiment à être entraîné dans l'histoire pour deux raisons.
1/ Les personnages sont caricaturaux : les oncles sont aisés et bons, la jeune fille est belle, intelligente, passionnée et bonne, le jeune homme est fort, courageux, romantique, artiste et bon, le prétendant est un binoclard, scientifique, pédant, arrogant, maladroit, emm*rdant et bon. Heu non, c'est pas un "b" mais un "c".

A la fin, la jeune fille épouse le jeune homme sous le regard bienveillant des oncles qui avaient porté leur dévolu sur le prétendant au début de l'histoire...

2/ L'histoire ? Un prétexte à l'auteur pour qu'il puisse étaler sa connaissance de la géographie des Hébrides (ou un bel enfumage, puisque je n'irai pas vérifier) et de la poésie Ecossaise, le scénario pouvant tenir sur une feuille simple (quand je pense qu'en première, en Français, je ne savais jamais faire un résumé suffisamment court dans le premier sujet du bac !).


J'avais déjà trouvé le "20 000 Lieues sous les Mers" un peu trop pédant (Jules Verne passant des pages complètes à étaler sa science des animaux et végétaux marins), mais au moins, il y avait une histoire et le capitaine Nemo est tout sauf un personnage manichéen...


A mes yeux d'adultes, seul "Michel Strogoff" est une oeuvre valable (mais je n'ai pas encore tout lu)... A la limite, je me demande si je ne préfèrerais pas un Henri Vernes (mais ça a peut-être également mal vieilli).
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« Répondre #759 le: 24Août, 2011, 14:29:27 »

Quelqu'un a t il lu "The once and futur king" de T.H White par hasard ? Qu'est ce que ça vaut ?
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« Répondre #760 le: 26Août, 2011, 09:20:49 »

Aprés avoir visité le château d'Anet (suite à l'émission de notre cher Stéphane Bern), je lis La lune et le serpent de la princesse de Kent. Une vision légèrement romancée de la rivalité entre Diane de Poitiers et Catherine de Médicis...
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« Répondre #761 le: 27Août, 2011, 13:27:28 »

Le Club James Bond avait organisé il y a quelques années une grande visite au château d'Anet, non pas par rapport à l'histoire ancienne des lieux mais par rapport au tournage du prégénérique d'Opération Tonnerre qui y avait été tourné en 1965.
« Dernière édition: 27Août, 2011, 13:42:28 par Inigo Montoya » Journalisée

Jé m'appelle Inigo Montoya. Tou a toué mon père?. Prépare-toi à mourir!
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« Répondre #762 le: 27Août, 2011, 13:38:22 »

Quelqu'un a t il lu "The once and futur king" de T.H White par hasard ? Qu'est ce que ça vaut ?

Oui, il a été publié en français sous le titre de L'épée dans la roc, également L'épée dans la pierre et encore Excalibur- L'épée dans la pierre. Le livre a servi pour l'adaptation de Merlin l'enchanteur par les studios Disney.

C'est un très beau roman qui raconte l'initiation du jeune La Verrue qui deviendra le roi Arthur. Un très beau style, un peu vieillot, ce qui n'est pas pour déplaire, avec beaucoup d'humour et parfois des passages quasi-burlesques. C'est très fantaisiste au sens on y rencontre également Robin des Bois dans une histoire malgré tout basée sur l'initiation d'un jeune garçon.

Il y a eu des suites mais je ne les ai jamais lues.
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« Répondre #763 le: 30Août, 2011, 15:19:54 »

Je suis en train de lire Il est parmi nous, de Norman Spinrad, un auteur que j'ai toujours apprécié... mais là, c'est une très grosse claque.
Je vous en parlerai plus une fois terminé.

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« Répondre #764 le: 05Septembre, 2011, 16:32:32 »

Bon, j'ai fini les 900 pages d'Il est parmi nous, et je ne suis pas déçu du voyage. C'est intelligent, cynique, et souvent très drôle. Mon seul reproche serait quelques répétitions et longueurs par ci par là.

Le livre est dédié à Timothy Leary (le pape du LSD) et à Gene Roddenberry (créateur de Star Trek), et le fait est qu'il donne envie de ressortir les champignons hallucinogènes, et de prendre une machine à remonter le temps pour retourner au Summer of Love.
Il y est justement question de voyage dans le temps, "Il" étant Ralf, qui se présente lui-même comme un comique venu d'un futur peu engageant, pour prévenir l'humanité du sort qui l'attend si elle ne change pas de comportement. Personnage central, Ralf demeure cependant un mystère jusqu'à la fin : dit-il vrai? est-il cinglé? est-il un comédien qui ne sort jamais de son rôle? On suit trois personnages qui vont être déterminants dans l'évolution de sa carrière, et dans l'élaboration d'un talk-show dont il est la star : Texas Jimmy Balaban, agent d'artiste roublard mais réglo, Amanda, guru New Age d'Hollywood, et Dexter Lampkin, écrivain de SF avec femme et enfant. Parallèlement, un quatrième personnage, Foxy Loxy, se fraye un chemin dans l'enfer du crack et de la prostitution... et il faut ici saluer le travail des traducteurs (Sylvie Denis et Roland C. Wagner, rien que ça), car le langage employé dans les chapitres qui lui sont consacrés est plus que déroutant...

On retrouve tout un tas de thèmes chers à Spinrad, le show-bizz, la crise de conscience de l'espèce humaine, la fibre écolo-alarmiste (déjà présente dans Bleu comme une orange, qui est vachement moins bien), et de nombreuses références ou clins d'oeil à ses romans antérieurs, Bug Jack Baron, Les Miroirs de l'Esprit (avec moult références à Hubbard et la Scientologie) ou Rêve de fer. Lui-même apparaît à plusieurs reprises, cité par Dexter Lampkin, ou faisant l'objet d'anecdotes amusantes. De même, on croise ou entend parler d'autres figures de la SF américaine, notamment Silverberg, Vonnegut, et surtout George Clayton Johnson. En fait, je trouve que c'est surtout un roman sur la SF plutôt qu'un roman de SF, plein d'ironie et d'auto-dérision, avec le personnage de Lampkin et son entourage, ou dans la description impitoyable du public des conventions (Et d'ailleurs le seul élément "science-fictionnel" n'apparaît qu'au bout de plusieurs centaines de page...)

Je dois préciser que j'ai toujours été fan de Spinrad, et qu'en plus j'ai peut-être des atomes particulièrement crochus avec ce livre (par exemple ayant moi-même été escrocagent artistique, et ayant participé à des conventions... pour ne dire que le plus avouable), mais, bref, vous l'aurez compris, je vous le recommande très très chaudement 

Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez lire cet article de Libé'.
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