Les Salons de la Cour

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Rom1
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« Répondre #675 le: 17Mars, 2011, 10:52:57 »

Citation
Il me semble t'avoir répondu déjà sur le sujet  non ?

Arf, alzheimer !
Merci d'avoir pris le temps de retrouver ton avis ! 
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Glorfindel
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« Répondre #676 le: 17Mars, 2011, 11:01:21 »

Quant au roman sur lequel je travaille, il s'inscrit en plein dans cette démarche, puisque mes personnages principaux (Ambigat, Bellovèse et Ségovèse) viennent tous trois d'une page controversée d'Ab Urbe Condita de Tite Live. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles Lavinia m'a attiré : bien que l'action ait un cadre géographique et des personnages différents, le principe du sujet est un peu identique, puisqu'il s'agissait de broder autour d'un personnage ébauché par un auteur augustéen traitant d'une époque archaïque.

La grosse différence que j'y vois, c'est qu'Ursula Le Guin part tout de même d'un mythe très connu. Elle peut donc jouer sur un horizon d'attente, surprendre le lecteur par de l'inattendu ou respecter sa source, etc. Les personnages que tu me cites sont inconnus de moi, et même si je ne prétends pas être un "honnète homme" achevé, je ne crois pas trop m'avancer en supposant qu'ils sont inconnus du grand public. Donc, tu n'as pas vraiment d'horizon d'attente sur lequel jouer. En fait, ça ferait presque penser à Astrate, dans Les Héros de romans de Boileau.

"PLUTON : Quel est ce grand Innocent qui s’en va des derniers, ce qui a la mollesse peinte sur le visage ? Comment t’appelles-tu ?
ASTRATE : Je m’appelle Astrate.
PLUTON : Que viens-tu chercher ici ?
ASTRATE : Je veux voir la Reine.
PLUTON : Mais admirés cet impertinent. Ne diriés vous pas que j’ay une reine que je garde ici dans une boëte et que je montre à tous ceux qui la veulent voir ? Qu’es-tu, Toi ? As tu jamais esté?
ASTRATE : Oui-da, j’ai esté, et il y a un Historien Latin qui dit de moi en propres termes Astratus vixit. Astrate a vescu.
PLUTON : Est-ce là tout ce qu’on trouve de toi dans l’histoire ?
ASTRATE : Oui. Et c’est sur ce bel argument qu’on a composé une Tragedie intitulée, de mon nom, Astrate où les passions tragiques sont maniées si adroitement que les Spectateurs y rient à gorge déployée depuis le commencement jusqu’à la fin tandis que moi j’y pleure toûjours, ne pouvant obtenir que l’on m’y montre une Reine dont je suis passionnément épris."


Mais je ne doute pas que tu trouveras quelque chose de plus intéressant à faire d'Ambigat, Bellovèse et Ségovèse.
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Usher
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« Répondre #677 le: 17Mars, 2011, 11:07:09 »

Disons que j'aborde l'horizon d'attente par l'autre bout.

Dans Préquelle, je construis tout le récit comme de la fantasy, bien que tout soit documenté ; Attila est le dernier mot de la nouvelle, et vient théoriquement bouleverser toute la perspective du lecteur. (Du moins était-ce mon intention…) Mon but est en quelque sorte de créer un effet d'attente à rebours : à la fin de sa lecture, le public peut se rendre compte qu'il y a une autre lecture à faire du récit qu'il vient de lire.

J'ai un principe un peu semblable en tête pour le roman sur lequel je travaille actuellement.
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Léo
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« Répondre #678 le: 11Avril, 2011, 19:06:58 »

J'ai interrompu ma lecture de L’énigme du cadran solaire, de Mary Gentle, que je trouve plaisant mais un peu poussif (qu'en pense Xaramis?). En général, je n'aime pas interrompre une lecture, mais c'était un cas de force majeure : le dernier roman d'Umberto Eco, qui a déclenché une polémique en Italie*.

D'entrée, je dirais que Le cimetière de Prague m'a un peu déçu, sans doute parce que j'en attendais trop. Je l'ai tout de même dévoré en quelques jours, et sans bouder mon plaisir, mais je le trouve un peu en dessous des autres romans d'Eco, sans doute à cause de son côté un peu fouillis et décousu, qui fait plus penser à une succession d'épisodes reliés par un fil rouge, le héros, qu'à un véritable roman.

Un aspect intéressant est qu'à part le héros, quasiment tous les personnages du roman ont existé, depuis des figures connues telles que Garibaldi, Alexandre Dumas, Maurice Joly, Freud, ou ce grand mystificateur de Leo Taxil, jusqu'à des existences plus obscures, dans la Sicile en révolution ou les bas-fonds de Paris.
D'un point de vue rolistique, c'est une mine d'informations et d'inspiration sur le métier de faussaire, qu'exerce le héros, ou sur le XIXe siècle occulte et conspirationniste : on croise des carbonaro, des jésuites, des agents secrets, des communards, des barbes pastiches et des cannes-épées... Outre palimpsestes et mystifications chères à Eco, ou encore sa théorie du Narrateur qui intervient directement dans la narration, les amateurs du Pendule de Foucault retrouveront beaucoup d'éléments connus, évidemment : l'Okhrana, l'ésotérisme, les complots judéo-maçonniques... Ce dernier élément est d'ailleurs vraiment au centre de l'histoire, puisqu'il s'agit d'une généalogie de l'apparition des Protocoles de Sage de Sion, le fameux faux antisémite, dont on voit la composition, à partir de matériaux antérieurs, célèbres (comme le Dialogue aux Enfers de Montesquieu et de Machiavel, de Joly) ou moins connus.

*Un dernier mot à propos de cette polémique, que je comprend, même si je la trouve ridicule. Accuser Eco d'antisémitisme, ou de propager l'antisémitisme, n'est pas très sérieux... Bien sûr, certains pourraient faire un mauvais usage des déclarations de son (anti)héros, ou voir là un manuel conspirationniste... mais encore une fois, c'est tirer sur le messager parce qu'on a pas compris le message.
Le mieux reste encore de relire le savoureux second chapitre, avec sa déclaration de haine à l'encours successivement des Juifs, des Allemands, des Français et des Italiens 

Citation
Depuis que ce Gobineau a écrit sur l'inégalité des races, on a l'impression que si quelqu'un médit d'un autre peuple, c'est parce qu'il juge le sien supérieur. Moi, je n'ai pas de préjugés. Depuis que je suis devenu français (et je l'étais déjà à moitié du côté de ma mère), j'ai compris combien mes nouveaux compatriotes étaient paresseux, arnaqueur, rancuniers, jaloux, orgueilleux sans borne au point de penser que celui qui n'est pas français est un sauvage, incapable d'accepter des reproches.
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Xaramis
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« Répondre #679 le: 12Avril, 2011, 01:47:47 »

J'ai interrompu ma lecture de L’énigme du cadran solaire, de Mary Gentle, que je trouve plaisant mais un peu poussif (qu'en pense Xaramis?)
J'en suis à la moitié du livre, et parfois je traîne les pieds pour avancer. Je trouve ce roman bavard (si j'étais éditeur, je couperais presque la moitié de ce que j'ai lu, pour que ce soit plus ramassé, plus dense, plus prenant). Et je trouve que l'auteur appuie d'une façon si lourde qu'elle en devient envahissante, sur les érections que procure à M. de Rochefort les situations où il se retrouve humilié ; j'ai bien compris cette pulsion-là lorsqu'elle est décrite la première fois ; je ne pense pas avoir besoin que l'auteur me la rappelle tous les deux chapitres, quasiment de la même manière à chaque fois. Ce n'est pas cette pulsion en elle-même qui me gêne (chacun trouve ses désirs et ses plaisirs comme il veut), mais la répétition de ce genre de scènes qui n'apporte pas grand-chose ni au personnage ni au récit.
Je me rends compte que j'en suis à tourner les pages et à les lire en diagonale, juste pour survoler le récit et voir vers quoi ça va mener au final. Et chaque chapitre qui passe fait baisser la note que je donnerai au livre au final. Pour l'instant, je dirais que c'est juste au-dessus de la moyenne.
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« Répondre #680 le: 18Avril, 2011, 12:37:42 »

J'ai terminé la lecture de ce livre, et mon impression s'est confirmée : un livre trop bavard, avec tellement de redites (surtout dans les introspections du personnage narrateur) que j'ai eu du mal à ce qu'il ne me tombe pas définitivement des mains. Chaque chapitre qui passait écrasait un peu plus sous la botte de l'ennui mon intérêt de lecteur. En arrivant au bout de ce chemin d'ennui, je me suis dit "quoi ? tout ça pour ça ?".

Les lignes élogieuses de la 4e de couverture, mettant cet auteur sur un pied d'égalité avec Arturo Pérez Reverte et Umberto Eco, sont au mieux prétentieuses, au pire mensongères (même si Arturo Pérez Reverte arrive très bien à écrire du mauvais roman, comme son Cimetière des bateaux sans nom). Mais, me direz-vous, qui se laisse encore aller à prendre pour argent comptant les quatrièmes de couverture ?

Bref, si la lecture de cette Enigme du cadran solaire vous tente quand même, faites au moins des économies en l'achetant d'occasion (envoyez-moi un MP, je vous ferai un prix d'ami !).
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« Répondre #681 le: 18Avril, 2011, 13:09:05 »

Pour le peu que j'en ai lu (qui ne concerne pas L'énigme du cadran solaire), j'ai trouvé la réputation de Mary Gentle très surfaite. Si l'on veut lire de la fantasy XVIIe siècle distrayante et assez bien tournée, je recommande plutôt Pierre Pevel.
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« Répondre #682 le: 19Avril, 2011, 17:19:22 »

Ces temps, j'ai délaissé un peu San-Antonio (après avoir fini les six premiers volumes de la réédition) pour m'attaquer aux "Atrocity Archives" de Charles Stross.

En gros, c'est un croisement entre Delta Green et Dilbert: le héros, geek trentenaitre lambda, est employé dans une agence gouvernementale britannique qui protège le public de Secrets Indicibles. Ça implique beaucoup de réunions, des audits, de la mesquinerie comptable et des grenouillages interservices; à côté, les rejetons de Nyarlathotep, ce sont des vacances.

J'aime bien. C'est très, très geek avec un mètre cube de jargon par page, mais c'est très fun.
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« Répondre #683 le: 19Avril, 2011, 17:20:56 »

J'ame beaucoup leur système pour les agents défunctés 
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« Répondre #684 le: 19Avril, 2011, 19:33:16 »

Durant mon arrêt de travail, j'ai terminé plusieurs polars, mais également la tétralogie (ou trilogie selon que "Magician" est en deux volumes ou un seul) de Feist : "The Riftwar ".

Je dois dire que j'ai bien aimé, dans l'ensemble, surtout le troisième tome : Silverthorn. Dans ce livre, Feist abandonne (presque) complètement Pug et Thomas, et se concentre sur d'autres personnages que je trouve plus intéressants : le voleur Jimmy the Hand et le prince Arutha. Plus de grandes combats ou Thomas massacre les ennemis par dizaines, plus de magiciens qui font des ravages. Il s'agit là d'une mission d'infiltration où la discrétion est primordiale. Et j'aime bien l'humour de Jimmy et Arutha. Aucun lien, semble-t-il avec la guerre du rift et l'on se demande pourquoi cela fait partie du même cycle.

Le quatrième tome fait ce lien, avec la réapparition de Pug et Thomas. Ce quatrième tome raconte deux histoires simultanées ; d'un côte Arutha, Jimmy et les autres, de l'autre Pug et Thomas. J'ai bien aimé "dans l'ensemble", car cette deuxième partie du récit gâche, à mon avis le reste ; j'ai l'impression que c'est un grand n'importe quoi (le piège temporel, la visite à la déesse de la mort)... et la fin est assez décevante également avec le grand combat des boss de fin...

Feist est très bon dans son évocation du siège de la ville de Armengar, dans sa peinture des personnages avec une part d'ombre (Jimmy, Arutha, mais également Amos Trask et Guy du Bas-Tyra), mais avec les héros tout blancs et les grands magiciens, il essaye de faire du neuf, du plus grand que nature, et finalement cela tombe dans l'excès.


Je suivrai donc les conseils prodigués ici en arrêtant sur une bonne impression, et en lisant (plus tard) la trilogie de l'Empire.

Merci.
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« Répondre #685 le: 19Avril, 2011, 20:48:31 »

J'ai fini de relire pour la 5-6e fois "3 coeurs-3 lions" de Poul Anderson.  Au départ je l'avais juste ouvert pour voir comment il décrivait les fées en général et les trolls en particulier. Puis ça m'a donné envie de le relire car je suis faible. Ce bouquin est vraiment un petit chef d'œuvre de fantasy.  L'ambiance fantastique-médiévale est très bien rendue et c'est un plaisir de voir Holger Carlsen se demander comment fonctionne avec ses connaissances de physique moderne l'intérieur d'un dragon ou la magie en général. Un passage savoureux le voit tenir en échec un géant aux jeu des énigmes grâce à une devinette pour enfant !  On voit vraiment comment Morcook s'est inspiré de ce bouquin pour sa saga du champion éternel et Gygax pour le Paladin (avec Cortanna l'épée sainte !)

Bon après ça je me partage entre  :
'"L'elfe des terres noires" de J-Louis Fetjaine le 2nd tome des Chroniques des elfes. La préquelle à la fameuse trilogie des elfes. Normalement je devrais détester les elfes qui tirent à l'arc dans la forêt, mais Fetjaine mêle ça avec talent avec un soupçon d'histoire et une bonne dose de mythologie celtique, ça me donnerait presque envie de faire du Pendragon décomplexé là dedans tiens ! 

Et mon nouveau grand amour pour le Haut Moyen Age ! Après Michel Rouche je suis passé à Isabelle Catteddu et son ouvrage :
"' L'archéologie médiévale en France : le premier Moyen-Age"
voici le 4e de couverture :
Le premier Moyen Âge, période mal connue, sinon mal aimée, de l'histoire s'étend sur sept siècles, entre la fin de l'Empire romain, au Ve siècle de notre ère, et le Moyen Âge classique au XIIe siècle. Si les clichés ont largement fleuri sur la période, depuis les dévastations des « invasions barbares » jusqu'aux pittoresques « rois fainéants », c'est que longtemps nos connaissances n'ont reposé que sur des textes rares, sélectifs, voire partiaux. Mais depuis les années 1980, l'archéologie a entièrement renouvelé la connaissance de cette période en France, grâce tout particulièrement aux grandes fouilles préventives, qui ont permis d'en étudier sur de vastes surfaces les paysages et les habitats.

C'est extrêmement intéressant car ça met à bas pas mal de clichés sur les paysans du HMA s'usant la peau sur des terres ingrates, une époque sombre, barbare et pauvre. Une très bonne aide de jeu pour Avant Charlemagne mais aussi et surtout pour Ynn Pryddein.
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« Répondre #686 le: 20Avril, 2011, 09:41:10 »

Ces temps, j'ai délaissé un peu San-Antonio (après avoir fini les six premiers volumes de la réédition) pour m'attaquer aux "Atrocity Archives" de Charles Stross.

En gros, c'est un croisement entre Delta Green et Dilbert: le héros, geek trentenaitre lambda, est employé dans une agence gouvernementale britannique qui protège le public de Secrets Indicibles. Ça implique beaucoup de réunions, des audits, de la mesquinerie comptable et des grenouillages interservices; à côté, les rejetons de Nyarlathotep, ce sont des vacances.

J'aime bien. C'est très, très geek avec un mètre cube de jargon par page, mais c'est très fun.

J'ai lu les 3 tomes disponibles et j'ai adoré. Malheureusement le 2eme Tome est très "grand n'importe quoi" et moins bon que le reste de la série, mais le 3ème tome est de nouveau excellent !
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« Répondre #687 le: 09Mai, 2011, 12:47:32 »



La Bibliothèque des Miroirs est une collection des Moutons électriques qui publie des ouvrages fort érudits sur les comic-books. Divers opus sont déjà sortis, s'intéressant à Jim Steranko, Jack Kirby, Alan Moore ou Frank Miller - et d'autres sont en préparation sur Grant Morrison ou Stan Lee notamment.
Chacun de ces livres est, sous un format des plus agréables, une véritable mine sur le sujet traité. Adoptant la plupart du temps un angle intelligent, les essayistes parviennent à nous faire voir le comic-book autrement - même quand on se prétend déjà cultivé en ce domaine.

Etant depuis toujours passionné par la mythologie et les comics - et persuadé de l'intime connection existant entre ces formes de narration -, autant dire que j'attendais ce Mythes & Super-héros avec une impatience aussi immense que l’appétit de Galactus.
Et je n'ai pas été déçu : c'est juste génial. Alex Nikolavitch, l'auteur, traîne ses guêtres dans le milieu depuis longtemps et il en a une vision érudite. Le point de vue de son livre est classique : les super-héros ne sont que les avatars modernes des demi-dieux et héros des légendes et les sagas des comics sont le pendant actuel de la mythologie classique. Il n'y a certes là rien de neuf mais l'ouvrage développe ses arguments avec une clarté telle que l'on passe son temps à se frapper le front en s'exclamant "Mais oui ! C'est si évident !" Je pense notamment à la trinité divine fondatrice (Souveraineté / Force / Production) théorisée par des mythologues et qui est ici appliquée aux deux principaux groupes de héros : la Justice League (Superman / WonderWoman / Batman) et les Avengers (Captain America / Thor / Iron Man) - et ce n'est là qu'un exemple.
Car des interconnections de ce type, Mythes & Super-héros en regorge. Analysant le travail des démiurges du comic-book (notamment Kirby et Dikto), il montre comment cela s'inscrit dans la grande tradition mythologique - en étant toujours clair et accessible, sans pour autant affadir son propos. De fait, ce livre me semble certes indispensable aux amateurs de comics, mais aussi à ceux qui y sont réfractaires : car ils trouveront là une porte d'entrée et au moins des clés pour comprendre pourquoi ces fascicules colorés et souvent considérés comme puérils rencontrent un tel succès.

De plus, si l'on prétend écrire du jeu de rôle de super-héros ou que l'on masterise dans un tel univers, Mythes & Super-héros est une formidable boite à outils permettant de donner une cohérence et du fond aux textes développés. Un formidable supplément transversal pour ce genre qui connaît au final un certain succès en France - en témoignent Humanydyne ou la Brigade chimérique.

Vous l'aurez compris : je recommande chaudement Mythes & Super-héros. Tout aussi bien écrit et cultivé que les autres ouvrages de la Bibliothèque des Miroirs, il a l'avantage d'être plus directement accessible aux profanes et néophytes.
On espère en tout cas que les Moutons électriques continueront longtemps à nous offrir de tels essais, anoblissant d'une certaine façon une forme de littérature populaire (j'assume) trop souvent mésestimée.
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Usher
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« Répondre #688 le: 09Mai, 2011, 17:59:20 »

Vivent les MoutonsGrin

Coïncidence rigolote. Les connexions entre super-héros et dieux de la mythologie, j'y pensais il y a deux jours en relisant ceci :

"En parlant ainsi, il excita l'ardeur déjà brûlante d'Athéna. Elle descendit d'un bond des sommets de l'Olympe. Tel un météore, que le fils de Cronos aux pensées tortueuses lance, comme présage, aux matelots et à un vaste rassemblement de troupes, astre éclatant dont mille étincelles jaillissent ; telle, Pallas Athéna s'abattit sur la terre, et tomba au milieu des deux camps. La stupeur s'empara de ceux qui l'aperçurent, Troyens dompteurs de chevaux et Achéens aux belles cnémides."

Homère, Iliade, Chant IV, trad. Mario Meunier
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« Répondre #689 le: 12Juin, 2011, 18:40:59 »

En ce moment, je lis Ysaïe le triste, très beau roman de chevalerie du XVème siècle qui fait suite au Tristant en prose. Ysaïe est le fils illégitime de Tristan et d'Yseut. Héros prédestiné, il naît en tenant dans sa main une épée, symbole de Justice, Justice à laquelle il se consacrera une fois fait chevalier par les ossements de Lancelot. Le monde arthurien, privé de son roi après la bataille de Salesbières, voit l'iniquité germer partout, et aura bien besoin d'un tel champion, qui erre en redressant les torts, accompagné de son écuyer et ami, le nain Troncq, personnage fascinant appartenant au monde de la féerie. Du reste la féerie imprègne tout le roman. Vraiment, je ne peux que conseiller ce livre.

A noter qu'André Giacchetti en a sorti, séparément, l'édition et la tradiction. Mais bon, le Français du XVème, ça se lit bien. Plus facilement, en fait, que les extravagances linguistiques d'un Rabelais.
Journalisée
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