Les Salons de la Cour

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killerklown
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Guidon
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« Répondre #585 le: 28Août, 2010, 19:42:49 »

On m'a offert les 2 tomes du Secret de Ji, de Pierre Grimbert.

Qqu'un saurait me dire si ça vaut le coup que je me lance dedans ? Ça fait plus de 1.000 pages et si c'est de la mauvaise fantasy, j'ai pas trop envie de perdre mon temps.

Je dirais pas que c'est mauvais, mais ça ne m'a pas passionné dans mes souvenirs d'ado... 

C'est si vieux que ça ? 

C'est pas tout récent en effet, ca doit dater des années 90 (pour le 1er cycle)

Par contre moi j'en ai plutot un bon souvenir.
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cavaillon
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« Répondre #586 le: 30Août, 2010, 18:25:23 »

Je viens de terminer ma seconde lecture de "Sir Gawain and the Green Knight, Pearl & Sir Orfeo" de Tolkien.

Il s'agit de la traduction en Anglais moderne de ces poèmes datés du quatorzième siècle. Bon, "Anglais moderne", pour Tolkien, ça reste un concept...          Bien des mots me sont inconnus, mais cela ne nuit pas à la compréhension générale de l'histoire. Par contre, il faut relire les phrases plusieurs fois, pour bien discerner les sujets, verbes et compléments, ce qui rend la lecture assez laborieuse. Mais si l'on a le loisir de lire à haute voix (pas dans le bus), c'est assez plaisant : Tolkien a conservé les rimes lorsqu'elles étaient présentes dans les originaux et a tenté de conserver les allitérations, même s'il a dû parfois renoncer (c'est expliqué dans l'appendice).

Je pense qu'il faut quand même un niveau correct en Anglais. Anecdote personnelle : j'avais tenté de le lire il y a des années et j'avais été très déçu ; je ne comprenais rien ! J'ai retrouvé ce livre lors de ma dernière visite chez mes parents, et j'ai retenté l'aventure en espérant que mes deux ans et demi chez les Américains m'aideraient, ce qui a été le cas...

Les histoires en elles-même sont plutôt surprenantes pour qui n'est pas versé dans la littérature de cette époque, comme moi (Glorfindel serait sûrement moins dépaysé). Les chevaliers s'y livrent de surprenant défis (genre "coupe-moi la tête et si j'y survis, je ferai pareil dans un an") ; on y trouve du merveilleux, fortement teinté de christianisme, et on se laisse bercer par la poésie...

Je suis content d'avoir retrouvé et finalement apprécié ces oeuvres, et ma préférence va à la plus courte "Sir Orfeo", peut-être la moins surprenante...
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Glorfindel
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« Répondre #587 le: 30Août, 2010, 21:09:59 »

Ben en fait, j'ai réalisé une traduction rimée en Français moderne de Sir Orfeo. Je vais la poster dans "Taquinons la Muse", tiens.
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« Répondre #588 le: 31Août, 2010, 13:37:07 »

Je viens de ressortir de derrière les fagots: "Contes sorciers" de Claude Seignolle.
Des nouvelles fantastiques fleurant bon le terroir et les traductions populaires. Le tout dans un style agréable et envoutant...
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Cuchulain
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« Répondre #589 le: 01Septembre, 2010, 16:04:33 »

Je viens de terminer ma seconde lecture de "Sir Gawain and the Green Knight, Pearl & Sir Orfeo" de Tolkien.
(...)
Les chevaliers s'y livrent de surprenant défis (genre "coupe-moi la tête et si j'y survis, je ferai pareil dans un an") ; on y trouve du merveilleux, fortement teinté de christianisme, et on se laisse bercer par la poésie...

Je suis content d'avoir retrouvé et finalement apprécié ces oeuvres, et ma préférence va à la plus courte "Sir Orfeo", peut-être la moins surprenante...

Vieil héritage païen : Cuchulainn se livre au même défi avec deux autres chevaliers de la Branche Rouge. Quand on voit le nombre de points commun entre Gauvain et le père Sétanta, ce n'est pas surprenant. Fait intéressant : le fait de couper la tête chez les celtes est synonyme de mort ultime. Lors de la bataille des Tuatha de Danan contre les fomoirés (ou contre les Fir-Bolg ? J'ai un doute... ) leur druide dit qu'il peut guérir n'importe quel guerrier dont le cou ou la colonne vertébrale n'est pas touché..

Bon et à part ramener ma science : j'ai parcouru pour ma part l'adaptation/ traduction de la saga de Volsungar par Tolkien dont le nom précis m'échappe (mémoire de poisson rouge).  Où la aussi JRRT a fait de belle allitérations et à un style très médiéval... J'en parle un peu plus sur mon blog (un peu de pub ça fait pas de mal  )
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« Répondre #590 le: 01Septembre, 2010, 16:46:13 »

Fait intéressant : le fait de couper la tête chez les celtes est synonyme de mort ultime. Lors de la bataille des Tuatha de Danan contre les fomoirés (ou contre les Fir-Bolg ? J'ai un doute... ) leur druide dit qu'il peut guérir n'importe quel guerrier dont le cou ou la colonne vertébrale n'est pas touché..

Citation de: Ramirez
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« Répondre #591 le: 01Septembre, 2010, 17:09:29 »

Comme le dit Cuchulain, le symbolisme de la tête coupée est un vieil héritage païen, celtique en l'occurrence chez le Chevalier vert. Claude Sterckx en fournit une analyse intéressante dans Mythologie du Monde celte, situant dans le cerveau la "psyché" (l'âme vitale), distincte de la "thymé" (la conscience, placée dans le cœur par les anciens). Couper la tête, c'est donc séparer le corps de sa force vitale : on retrouve ce symbolisme dans pas mal de civilisations archaïques. Les Scythes ou les Germains, qui buvaient dans le crâne des ennemis prestigieux, pratiquaient de la sorte une forme de vampirisme symbolique. Dans le folklore actuel, une manière de tuer un vampire reste la décollation, ce qui atteste que le mythème est resté dans nos consciences.

Plus rigolo : le culte des têtes coupées a longtemps survécu dans le christianisme sous la forme des saints céphalophores, les saints martyres portant leur tête coupée. On en voit toujours un ou deux dans les statues des cathédrales médiévales. Le plus célèbre d'entre eux n'est autre… que Saint-Denis, le protecteur tutélaire du royaume de France ! 
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« Répondre #592 le: 01Septembre, 2010, 18:24:23 »

Comme le dit Cuchulain, le symbolisme de la tête coupée est un vieil héritage païen, celtique en l'occurrence chez le Chevalier vert. Claude Sterckx en fournit une analyse intéressante dans Mythologie du Monde celte, situant dans le cerveau la "psyché" (l'âme vitale), distincte de la "thymé" (la conscience, placée dans le cœur par les anciens). Couper la tête, c'est donc séparer le corps de sa force vitale : on retrouve ce symbolisme dans pas mal de civilisations archaïques. Les Scythes ou les Germains, qui buvaient dans le crâne des ennemis prestigieux, pratiquaient de la sorte une forme de vampirisme symbolique. Dans le folklore actuel, une manière de tuer un vampire reste la décollation, ce qui atteste que le mythème est resté dans nos consciences.

Plus rigolo : le culte des têtes coupées a longtemps survécu dans le christianisme sous la forme des saints céphalophores, les saints martyres portant leur tête coupée. On en voit toujours un ou deux dans les statues des cathédrales médiévales. Le plus célèbre d'entre eux n'est autre… que Saint-Denis, le protecteur tutélaire du royaume de France !  

Mode je ramène ma science [ON]
On retrouve aussi le symbolisme de la tête qui sert de récipient dans le fameux toast scandinave Sköll qui a donné Skull - crâne en anglais.
Mode je ramène ma science [OFF]


Sinon je suis dans " La légende de Marche Mort" de David Gemmel. Sympa mais sans plus. Encore une histoire de siège (ça doit être le 4e bouquin que je lis de lui ou les héros sont enfermés inférieur en nombre pour résister à des ennemis cruels et sans merci.) avec Druss qui manie la hache et semble limite invincible. Perd pas mal de son intérêt quand dans les premières pages on voit Druss vieux raconter ses péripéties, donc même si on pas lu "Légende" on sait déjà qu'il ne va pas mourir. Mais ça fait bien passer le temps.

J'ai fini "A la pointe de l'épée" dont je parlais plus haut. Pas mal mais vraiment pas à s'en relever la nuit. Outre une histoire qui m'a parue décousue, des personnages falots qu'on a tendance à confondre et pas vraiment d'action ; l'auteure semble fascinée par les relations sexuelles entre hommes dont l'évocation parsème le bouquin (tout en restant fort évasif) et dont la description n'apporte que peu de choses voire rien (c'est là que l'avis d'une personne rentrant dans la catégorie de ceux que ce genre de scènes peut titiller m'intéresserait pour savoir si justement ça l'a titillé, histoire que ces scènes ait au moins une quelconque utilité). Moralité : il ne suffit pas de mettre des bretteurs en scène et un complot politique pour rivaliser avec Dumas ou Perez Reverte ! Dans le genre :  je conseille plutôt le cycle des Lames du roi qui mélange avec brio fantasy avec rapière.  
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« Répondre #593 le: 01Septembre, 2010, 18:26:26 »

Soit dit en passant, Cavaillon, si tu veux lire davantage de choses du même genre que Sir Orfeo ou Sir Gawain and the green knight, je te recommande :
-Lais de Marie de France, Edition bilingue de Philippe Walter, Gallimard, 2000.
-Lais féériques des XIIème et XIIIème siècles, Alexandre Micha, GF Flammarion, 1992.

Ce sont des textes qui appartiennent au genre des lais bretons : des contes en vers, qui puisent leurs racines dont la tradition orale et se chantaient à l'origine en s'accompagnant à la harpe ou la rote. Comme leur nom l'indique, ils se rattachent à la matière de Bretagne, parfois par inclusion explicite dans le contexte arthurien ou tristanien, mais le plus souvent par la mention géographique de la Bretagne, grande ou petite. Un des principaux indicateurs du genre est aussi la présence du merveilleux d'origine celtique. ça se lit très bien, même dans le texte d'origine, quoi qu'en l'occurence je te cite des éditions bilingues, et c'est passionnant.
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« Répondre #594 le: 01Septembre, 2010, 19:41:32 »

-Lais de Marie de France, Edition bilingue de Philippe Walter, Gallimard, 2000.

Très bon ouvrage effectivement ! De toute façon lorsque vous voyez le nom e Philippe Walter sur la couv d'un livre allez-y c'est du tout bon !
Et non je ne dis pas ça parce qu'il fut mon prof en fac à Grenoble ! 
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Il n'était pas ailier, il n'était pas pilier, il nétait pas talonneur, il n'était pas entraineur... Mais alors qui était-il ?
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« Répondre #595 le: 01Septembre, 2010, 19:55:51 »

Et non je ne dis pas ça parce qu'il fut mon prof en fac à Grenoble ! 

Toi aussi ? Par exemple ! C'était vers quelle époque, à peu près ? Enfin, tu es plus âgé que moi, alors j'imagine qu'on n'a pas du se trouver ensemble sur les bancs de la fac. Mais c'est un prof génial, c'est sûr. J'ai fait mon master avec lui. 
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« Répondre #596 le: 02Septembre, 2010, 07:44:03 »

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« Répondre #597 le: 02Septembre, 2010, 20:12:25 »

Donc je t'ai suivi à une dizaine d'année d'intervalle. Se pourrait-il que tu aies connu Guillaume Issartel à l'époque ? C'est un disciple de Walter, que j'ai eu la chance de rencontrer par la suite et qui a récemment publié sa thèse de doctorat.

La geste de l'ours : L'épopée romane dans son contexte mythologique, XIIe-XIVe siècle, Guillaume Issartel, Honoré Champion, 2010.

Citation
Les chansons de geste françaises, occitanes, italiennes et espagnoles forment un vaste corpus difficile à interpréter, et d’où n’émergent encore aujourd’hui, aux yeux d’un public cultivé, que la Chanson de Roland et quelques aventures de Guillaume d’Orange. Le foisonnement des textes (plus de cent), des personnages héroïques, des situations dans lesquelles sont pris Charlemagne et ses braves guerriers, les Aymerides, ou le lignage de Ganelon le perfide, pose toutes sortes de problèmes complexes qui semblent souvent interdire une approche d’ensemble du phénomène épique. Les avancées de la mythologie comparée fournissent pourtant peu à peu les moyens de mieux cerner cette riche littérature, qui se révèle hantée par des figures mythiques totalement inattendues, surgies d’un lointain passé. Parmi elles, l’ours ; objet de croyances partagées par différents peuples eurasiatiques et américains, cet animal a su léguer une part de ses habitudes, son nom, sa démarche ou sa force à de nombreux héros épiques, tels Orson de Beauvais, ou Guillaume d’Orange soi-même, qui trahit dans son surnom bien connu (Fierebrace, « à l’étreinte sauvage ») ses accointances avec le plantigrade. La mythologie de l’ours structure en profondeur l’imaginaire épique médiéval, dont les éléments, aussi divers qu’ils soient au premier abord, révèlent une cohérence étonnante au fur et à mesure de l’analyse. Le rapprochement entre le corpus roman, d’autres o euvres européennes (en particulier germaniques), des textes beaucoup plus « exotiques » (chinois, indiens,…), et de nombreux rites, mythes et contes populaires marqués par la présence de l’ours apporte ainsi une foule d’explications à propos des tribulations des héros francs, de leurs comportements et des objets qui leur sont propres, de leur façon de combattre, de leurs enfances, des chemins qu’ils arpentent… sans oublier les rapports troubles qu’ils entretiennent avec l’Histoire, et qui ont souvent masqué leur véritable origine.

Un livre absolument passionnant, certainement l'étude la plus complète à ce jour sur la mythologie de l'ours. L'auteur solliscite un corpus énorme provenant de nombreux pays, traquant l'ours mythique de la Sibérie à la Chine en passant par la Grèce, la Russie et bien d'autres lieux encore. L'ouvrage réussit la prouesse de concilier érudition et accessibilité. Fallait bien que j'en parle un jour, tiens.
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« Répondre #598 le: 02Septembre, 2010, 21:35:57 »

Ce nom ne me dit rien. Enfin si mais je ne me rappelle pas l'avoir côtoyé sur les bancs de la fac. Intéressant et impressionnant en tout cas sa thèse !
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« Répondre #599 le: 02Septembre, 2010, 22:13:19 »

C'est un type épatant, d'une érudition époustouflante et avec ça très sympathique. Je lui dois beaucoup, il m'a vraiment aidé dans mon exploration personnelle de la littérature médiévale, et m'a fait découvrir plusieurs oeuvres que j'ai lues avec un réel bonheur. Par exemple La Pérégrination vers l'Ouest dont j'ai déjà parlé dans ce fil.

Il commence juste à percer dans le domaine de la recherche, mais il a déjà à son actif quelques articles parus dans des publications scientifiques. On peut même en trouver sur le net.
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