Les Salons de la Cour

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Xaramis
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« Répondre #525 le: 07Avril, 2010, 17:46:36 »

Je lis l'Etrange Voyage de Hareton Ironcastle, du grand Rosny Aîné.
Je ne connais pas du tout ce roman. Je vais essayer d'en trouver un exemplaire pour y jeter un œil.
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« Répondre #526 le: 07Avril, 2010, 18:06:12 »

Ces temps-ci, je lis (entre autres livres) Green zone de Rajiv Chandrasekaran.
On peut difficilement, je pense, traiter un journaliste du Washington Post d'anti-américanisme profond. Et c'est ce qui rend son livre d'autant plus accablant, surtout si on le lit, comme moi, après avoir lu Plan d'attaque / Plan of Attack de Bob Woodward (un des deux journalistes rendus célèbres par leur mise à la lumière de l'affaire du Watergate).

Le livre de Woordward nous éclaire sur tout ce qui a conduit au déclenchement de la guerre par Bush fils et sa bande de faucons néoconservateurs, brossant le portrait de dirigeants totalement aveuglés par leur propre doctrine politique sur la "démocratie" et le capitalisme source de liberté pour les peuples du monde, et à peu près totalement ignorants des réalités de cette partie-là du monde.

Le livre de Chandrasekaran, qui dépeint l'action des Américains engagés dans la "reconstruction" de l'Irak après la guerre, enfonce le clou. Les gens envoyés là-bas par le gouvernement américain étaient, pour la plupart, totalement ignorants des domaines auxquels ils étaient affectés (de la relance du système universitaire irakien à la relance de la production d'électricité, en passant par le lancement d'une Bourse "moderne"). Le principal atout qu'ils devaient faire valoir pour obtenir un poste était d'être de "bons" républicains, prouvant qu'ils étaient totalement en phase avec la doctrine de Bush et de ses "cerveaux". D'après le livre, tous ceux qui connaissaient assez bien l'Irak et le Moyen-Orient, qui avaient un peu d'expérience dans le coin en tant que diplomates ou entrepreneurs, et qui ne regardaient pas les Irakiens avec condescendance, ont été totalement écartés.
Incompétence, aveuglement, corruption, mensonge, le portrait du système américain mis en place en Irak en 2003-2004 est consternant. Pas étonnant qu'une demi-douzaine d'années plus tard, ce pays soit encore autant meurtri et instable.

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« Répondre #527 le: 28Avril, 2010, 11:12:13 »

Une amie m'a conseillé : "La cabane" de Paul Young, quelqu'un a-t-il lu ce bouquin et pourrait me donner un avis autorisé ?

Sinon j'ai fini le 1er tome de la série "Orc" de Stan Nicholls. C'est très bien ! Ça sort des poncifs habituels de la fantasy avec les gentils humains d'un côté et les méchants orcs de l'autre. Les héros sont donc une unité orc : "les renards". Ils sont envoyés pour récupérer un artefact par une reine-sorcière (du genre pas commode) sur fond de guerre entre les partisans d'un dieu unique (les unis) et les polythéistes (les multis). L'originalité donc du livre étant que les orcs fonctionnent de façon militaire : un officier, des sous-off, un guérisseur, toute une chaine de commandement disciplinée. Le 1er tome se finit sur un suspens "insoutenable" et ça m'a donné envie de lire la suite. 
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Marcellus Lesendar
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« Répondre #528 le: 28Avril, 2010, 13:39:48 »

Orcs, il est resté sur mes étagères depuis que j'l'ai acheté.
Soit que la traduction est mauvaise, soit vraiment c'est mal écrit. En tout cas, j'n'ai pas pu franchir les quelques dix premières pages... Et encore j'ai galéré...
Pourtant, une histoire à la Orkworld, ça me bottait
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« Répondre #529 le: 28Avril, 2010, 17:40:11 »

J'ai, il a peu, sur un coup de tête, commencé une la campagne du livre de base de Khaos : 1795


Bien évidemment sans m'être vraiment renseigné sur la période avant, sur un coup de tête, pasque j'aimais beaucoup leur mouture du Dk (pasque y'a pas de niveaux)

Mais étant prévoyant de nature, j'avais acheté un roman que je comptais avoir lu avant le début de la campagne,  que j'ai maintenant lu :

Les Bouffons de Hubert Monteilhet (sous titré "Roman des temps révolutionnaires") où il reprend, reformule et améliore les mémoires du marquis de Kervignac, Royaliste et contre révolutionnaire.


Et bien ce fut une lecture intéressante. Le style n'est pas mirobolant, mais je n'ai rien remarqué qui ne m'aie gêné, cela est donc raisonnablement bon.
Les points de vue du personnage principal sont aux antipodes des miens et maintenant je voie comment m'imaginer les contre-révolutionnaires. Je n'ai eu aucun mal à me distancier de ce personnage 
En tout cas, la tranche de vie décrite me permettra facilement d'apporter de l'eau au moulin de ma campagne de Khaos : 1795.
Donc une lecture intéressante dans ce contexte ou l'optique de comprendre les sentiments contre-révolutionnaires et royalistes, mais je ne suis pas sûr que je conseillerais ce livre à tout un chacun. Précisons que je ne suis absolument pas fan de romans historiques (ce n'est pas mon premier mais presque, et j'avais été déçu par l'autre aussi  )
Mais une lecture agréable et le livre a été fini et assez rapidement, ce qui est plutôt un gage de qualité.
De plus j'ai découvert plusieurs personnages historiques que je vais intégrer dans ma campagne (en particulier le Baron de Batz, version romanesque)
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« Répondre #530 le: 01Mai, 2010, 20:23:22 »

Cela fait bien longtemps que je n'ai pas posté ici, je vais devoir déverser un tombereau.

Cosmopolis de Don de Lillo : un golden-boy se baigne dans (se shoot à ?) l'information totale, épurée. Il traverse Manhattan dans sa limousine, un univers quasi-matriciel d'écrans et de fils de données en continu, désincarnant le présent pour mieux prédire le futur. Sa parole vaut oracle et son empire financier est immense. Sauf que...
Je n'en dis pas plus, mais vous devinez bien que les mauvais pensants qui ne croient pas que le marché est un artefact pur et parfait ne seront pas rebutés par la lecture. Les amateurs de SF y trouveront - de justesse - leur compte, les amateurs de littératures de l'entre-deux, de décalages, de dérapages stylistiques et de destruction subtile des codes littéraires seront ravis.

Les Enquêtes du Juge Ti - L'Intégrale par R Van Gullik. Est-il besoin de présenter ce monument du roman policier à des rôlistes ? Pour ceux qui aurait raté un épisode, il s'agit d'enquêtes menées par un fonctionnaire de l'époque Tang (qui a vraiment existé) au VIIIe siècle. Les romans sont construits sur le modèle des récits policiers chinois - n'attendez pas un roman noir, mais plutôt des élucidations brillantes et une pointe d'humour acide. C'est très au-dessus de Sherlock Holmes, dont les déductions m'ont toujours semblé parfaitement fumeuses et les intrigues atrocement répétitives. N'attendez pas non une oeuvre majeure de la littérature du XXe siècle, mais les 4 volumes de l'intégrale, soit une bonne trentaine de romans et nouvelles, sont parfaitement lisibles cover to cover. Le conformisme social du Juge Ti lui donne une savoureuse ambiguïté et évite toute répétition
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« Répondre #531 le: 03Mai, 2010, 19:47:20 »

La course au Mouton sauvage d'Haruki Murakami.
Pour commencer, si vous ne connaissez pas Murakami, vous êtes passé à côté d'un monument de la littérature. Vous allez commencer par acheter le premier roman ou recueil de nouvelles de lui que vous trouverez, c'est un ordre (avec le pistolet sur la tête si vous tombez sur Kafka sur le rivage).
Dans les romans de Murakami, les choses les plus improbables arrivent : dans La Course au mouton sauvage, vous croiserez notamment une fille aux oreilles surnaturellement belles, un mouton pour le moins spécial et une organisation d'extrême-droite presciente.
Et vous y croirez.
Pas une seule seconde, votre cerveau ne vous dira que vous êtes en train de lire des choses invraisemblables. Vous allez entrer dans le monde où une vache peut vous demander une clé à molette. Quand vous lui demanderez pourquoi et qu'elle vous répondra qu'elle en besoin pour réparer l'herbe de son pré, vous ne formulerez aucune objection.
L'écriture de Murakami est magique : dans le détail, tout paraît cohérent d'un bout à l'autre. Par conséquent, l'intrigue, totalement vrillée, paraît extrêmement proche, comme si elle faisait potentiellement partie de notre quotidien, et il est très difficile de ne pas être totalement imprégné, et plus encore de se défaire de la mélancolie et du sentiment de perte - irréversible - que le roman fait passer en contrebande bien que sa lecture soit jubilatoire.

Quand je vous dis que vous passez à côté de quelque-chose.  
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« Répondre #532 le: 03Mai, 2010, 21:05:51 »

La Bâtarde d'Istamboul de Eli Shafak est un roman pétillant, qui démarre fort et ne cesse d'accélérer. C'est l'histoire croisée de deux familles. L'une est turque, dont les hommes ne dépassent mystérieusement jamais la quarantaine - reste un véritable gynécée où vit la dite bâtarde, résidu d'avortement raté. L'autre est arménienne et appartient à une communauté repliée sur elle-même qui vit dans ses 3000 ans d'histoire et dans le souvenir sans cesse réactivé du génocide de 1915. Ces deux familles, en apparence, n'ont qu'un point commun, une américaine basse du front qui sert de conjointe à l'un de leurs ressortissants mâles. Or, il advient que la jeune fille issue du premier lit, l'arménienne, se décide à partir sur les traces de son passé, à Istamboul. Au-delà des inévitables squelettes dans le placard déterrés pour l'occasion - les retournements de situation sont sympathiques, le roman met en scène avec beaucoup d'humour et de nuances  la perte des préjugés (mais les filles portent des minijupes en Turquie aussi ? et elles peuvent reconnaître le génocide ?) et la rencontre de l'absence de passé qui pèse sur la bâtarde avec l'écrasement par le passé qui étouffe la jeune arménienne. La plume est acerbe, joyeusement vitriolée est enlevée - je peux mettre l'estampille "chaudement recommandé".
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« Répondre #533 le: 03Mai, 2010, 22:33:12 »

Les Enquêtes du Juge Ti - L'Intégrale par R Van Gullik. Est-il besoin de présenter ce monument du roman policier à des rôlistes ? Pour ceux qui aurait raté un épisode, il s'agit d'enquêtes menées par un fonctionnaire de l'époque Tang (qui a vraiment existé) au VIIIe siècle. Les romans sont construits sur le modèle des récits policiers chinois - n'attendez pas un roman noir, mais plutôt des élucidations brillantes et une pointe d'humour acide.
Je n'ai jamais réussi à être emballé par ces romans de Van Gulik, malgré plusieurs essais avec des romans différents.
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« Répondre #534 le: 04Mai, 2010, 08:26:53 »

Le traquemort tome 1
Je vous avais dit combien j'avais été emballé par le dernier tome de la série il y a de ça plusieurs mois. Et bien, j'ai décidé de lire les tomes précédents puisqu'ils sont à ma bibliothèque.
Je ne regrette pas du tout ce choix!
Simon R green nous embarque dans un univers touffu, à la technologie futuriste mais malgré tout "rétro" comparé à nombre d'oeuvres d'SF. Les personnages qu'on suit sont "héroïques", une élite de l'humanité. Au départ simples humains, ils arrivent rapidement à prendre une importance incroyable tant aux yeux du lecteur que des "méchants" de l'histoire.
Ce que j'aime (avant de vous faire un résumé de l'histoire), c'est la narration de green. C'est tout simplement jouissif (voire parfois "frustrant"). Il nous présente une situation, des personnages sur un nombre de pages conséquent et en une page voire une page et demie, il met fin à la situation brutalement et n'hésite pas à tuer tout ou partie des personnages en place. C'est incroyable car ça fonctionne. Et ça donne de l'importance ou aux survivants ou à d'autres placés ailleurs.

L'intrigue principale du premier tome, c'est le fait que l'impératrice décide qu'Owen Traquemort (descendant direct d'une lignée de guerriers fantastiques) est un proscrit. Elle met sa tête à prix. Il parvient à fuir par miracle en compagnie d'une hors-la-loi. Et là s'emballe l'histoire. Des héros de légende vont refaire surface, des situations compliquées apparaissent. Entre complots actuels et machinations anciennes, entre action et répliques cinglantes, on ne s'ennuie jamais.

On pourrait comparer cette série à du Star wars matiné des trois mousquetaires. C'est une série qui me donne envie de jouer à Fading suns à chaque page que je lis. Qui me donne des inspirations terribles...

Pourtant, je dois être honnête. D'autres lecteurs sont moins emballés. Un des retours qu'il m'a été donné d'entendre est que l'histoire est répétitive (ce que je reproche aux star wars) qu'on avance par bonds, que c'est assez long de lire la série entièrement. Que le lecteur s'essoufle vers le quatrième ou cinquième tome...
Je ne peux pas dire. J'ai dévoré le premier et là je dévore le second. Je verrais si ça me fait le même effet plus tard...

En tout cas je ne regrette nullement d'avoir commencé cette série par le dernier tome. Je peux voir la "transformation" des héros entre le premier et le dernier tome. Je peux voir l'évolution de l'univers (toutes les planètes, les vaisseaux, etc...)
Bref, je prends mon pied quoi^^
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« Répondre #535 le: 04Mai, 2010, 09:57:41 »

Je n'ai jamais réussi à être emballé par ces romans de Van Gulik, malgré plusieurs essais avec des romans différents.

Je n'ai jamais prétendu que c'était une oeuvre majeure - ça reste un who dunnit : je préfère de loin un roman d'Ellroy, d'Izzo ou de Manchette. Mais cela reste, à mon goût, divertissant.
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« Répondre #536 le: 28Mai, 2010, 17:11:56 »

Je n'ai pas encore dit tout le mal que je pense de l'ouvrage d'Olivier Caïra, Jeu de rôle, les forges de la fiction.

L'auteur postule qu'avoir une méthode et de la distance critique, c'est mépriser son objet et les acteurs. Par conséquent, il faut rester en surface, au niveau de la description - "au ras de la table" pour reprendre l'expression d'un des relecteurs, reprise et assumée par l'auteur. Bien sûr, ceux qui comme moi critiqueraient cette posture a-méthodologique tomberaient dans le travers sus-cité. Olivier Caïra justifie cette approche qui fait abstraction de la société pour se contenter de décrire des parties en invoquant une grande autorité de la sociologie, Goffman, le pape de la sociologie des organisations (comprenez par là l'organisation de micro-sociétés, comme une table de jeu de rôle). C'est là que l'imposture intellectuelle atteint son comble, car le sens de l'article cité est déformé. Dans ce même article, qui marque un véritable tournant dans la pensée de Goffman, il affirme, contrairement à ce qu'Olivier Caïra essaye de lui faire dire pour légitimer ses travaux, que les rapports sociaux qui se tissent au sein de l'organisation ne prennent sens que mis en relation avec l'ensemble de la société ! Non content de proclamer l'absence de méthode comme l'alpha et l'oméga de la sociologie, l'ouvrage est d'une grande malhonnêteté intellectuelle.

Et ce n'est pas tout. Au fil de la lecture, la consternation va grandissant. L'ouvrage s'égare du côté de la narratologie, sans même prendre la peine de citer le nom de cette branche de la critique littéraire. Il balaye, sans démonstration, la thèse développée par Umberto Eco dans Lector in Fabula suivant laquelle le lecteur joue un grand rôle dans la construction du sens. En effet, Olivier Caïra confond construction du sens et interactivité. Il se livre par conséquent à des comparaisons suivant des critères mal définis, avec une réflexion qui tourne à vide, mais flattera les rôlistes puisque leur loisir devient supérieur à la littérature.

Des points positifs ? Laissez moi chercher. C'est bien écrit et les trois comptes-rendu de partie sont agréables à lire. Ils donneront une bonne idée de ce qu'est une partie de jeu de rôle à un novice. Mais c'est bien tout. Même la description des différents genres de jeu de rôle ne fait que se contenter de reprendre les catégories du Grog. Autant consulter le site. Côté théorie du jeu de rôle, on trouve ce qu'on trouve partout, et même moins que ce qu'on peut trouver sur des sites comme Place to go, place to be.

Un ouvrage à éviter. Non, un ouvrage à fuir.
« Dernière édition: 28Mai, 2010, 17:16:13 par Macbesse » Journalisée

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« Répondre #537 le: 31Mai, 2010, 12:14:28 »

Une excellente découverte aux Imaginales :
http://www.lecarnoplaste.fr/

J'ai passé une bonne heure sur son stand à discuter avec lui.
En fait, ce monsieur édite des fascicules comme au bon vieux temps (début du siècle), reprenant déjà du Harry Dickson dans de nvlles aventures. Le format est réellement comme à l'époque, avec la couverture peinte, une grosse nouvelle de 30 pages écrite dans un style fleurant bon les années 20, des aventures rocambolesques...

Je conseille vraiment si vous avez la curiosité d'en commander qques-uns pour vous faire une idée.

Qques photos prises là-bas :
http://img17.imageshack.us/img17/2497/img0143xz.jpg
http://img84.imageshack.us/img84/9854/img0144v.jpg
http://img695.imageshack.us/img695/3904/img0145m.jpg
http://img192.imageshack.us/img192/6176/img0146sl.jpg
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« Répondre #538 le: 31Mai, 2010, 19:26:11 »

J'ai fini dans le TER : "L'aigle et le dragon" de Gillian Bradshaw.

Voici le résumé du 4e de couverture : "Automne 175. Vaincus par Marc Aurèle, les Sarmates du Danube s'engagent à mettre la fine fleur de leur cavalerie nobiliaire, sous leur étendard au dragon, au service des aigles  romaines. Mi-otages, mi-auxiliaires, trois de leurs unités sont envoyées dans l'île de Bretagne, conquête récente que menacent les troubles internes et les raids des tribus insoumises. A la tête de l'une d'elles, le prince sarmate Ariantès, déchiré par sa culpabilité dans la défaite de son peuple et la mort atroce de sa famille, et qui sera bientôt partagé entre sa culture et sa compréhension des mécanismes du pouvoir romain. Entraîné dans les conflits et les complots, pourra-t-il rester sarmate et devenir romain ? Retrouvera-t-il en Bretagne tout ce qu'il a perdu sur le Danube: amour, foyer, certitudes ?"

Bon je le dis tout de suite : j'ai adoré ! Non seulement c'est extrêmement intéressant au point de vue historique et parfaitement documenté, mais en plus ça se paye le luxe d'être bien écrit/traduit d'être passionnant en tant que roman (on s'attache très vite aux personnages)  et d'offrir le point de vue de barbare se romanisant sans tomber dans le cliché de la belle civilisation romaine qui miroite aux yeux des sauvages incultes (ni l'inverse : les nobles barbares tombant dans la décadence). C'est un roman qui se dévore avec de nombreux retournements de situation et des personnages fouillés. La postface du traducteur : éminent spécialiste du monde sarmate si j'ai bien compris, apporte des éléments supplémentaires et viens justifier tous les éléments du roman. L'auteur a non seulement utilisé les sources historiques mais a en plus postulé certains éléments qui a défaut d'être vérifiables sont plus que vraisemblables !

C'est du pain béni pour Ynn Pryddein ! 
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« Répondre #539 le: 03Juin, 2010, 12:59:11 »

La tour de Tokyo. Maman, moi, et papa de temps en temps.
Un roman de Lily Franky (Le pseudo de Nakagawa Masaya).
Cet auteur n'est pas vraiment connu en France, pourtant au Japon,il est illustrateur, musicien, chroniqueur de presse et de radio, scénariste, acteur de cinéma, auteur d'albums pour les enfants. Bref, c'est un personnage polymorphe et complet.

Ce roman est en fait un récit rendant hommage à la mère de l'auteur. Le titre en soit n'apporte pas autant d'informations sur le livre que le sous-titre. "maman, moi, et papa de temps en temps."

L'auteur est né dans la campagne japonaise dans les années soixante. C'est un Japon en plein mutation qu'il nous fait découvrir. Un Japon qui éclate et qui s'éveille dans la modernité, tout en gardant son mode de vie ancestral.
Mais très rapidement, cet aspect "sociologique" du livre passe au second plan, s'efface devant la relation du fils et de la mère. Le père a quitté très tôt la cellule familiale pour continuer à vivre SA vie, mais qui n'a de cesse de repasser dans la vie de sa femme et de son fils. La mère, elle, a en grande partie quitté sa vie de femme pour ne rester que mère.

Lily Franky nous présente sa vie, sa mère, mais sa tomber dans la mièvrerie, sans faux-semblants, sans se cacher. Un tableau qui bouleverse et émeut tant on s'identifie aux personnages, ou tant on aimerait ou non ne pas se retrouver dans ce qu'il raconte.

Nombreux sont les passages où l'on ri, où l'on s'indigne, où l'on acquiesce aux propos de l'auteur. On ne peut que s'étonner aussi lorsqu'on se rend compte que malgré les différences culturelle et sociale, les japonais sont "comme nous en occident".
Comment ne pas tomber d'accord lorsque l'auteur remarque que l'homme ne cesse d'évoluer, d'inventer, d'innover, de s'entourer de technologie et de se différencier de ses ancètres, mais que malgré tout, les sentiments qu'éprouvaient nos ancètres, nous les éprouvons aussi.

On se retrouve aux côtés du narrateur. A arpenter le japon au cours du temps, jusqu'à aujourd'hui. Ses griefs, ses coups de coeur, on ne peut que se les approprier en s'étonnant de ne pas les avoir écrits, voire exprimés nous même.

Pour palier à d'éventuels a priori que vous pourriez avoir, je tiens à signaler deux trois choses (au vu d'autres critiques sur le net, je ne peux que m'étonner et le signaler ici).
L'auteur présente sa vie, en regard de ses expériences, il parle de ses parents en les présentant comme il les ressent. J'ai pu lire que son père était violent. Je ne suis pas d'accord. Oui Lily parle de deux scènes de violences liées à l'alcool, oui il parle d'un père rentrant tard et alcoolisé, mais à aucun moment il ne dit que son père était "mauvais ou le frappait", d'ailleurs on ressent l'intensité de ces scènes, mais pas pour autant une maltraitance continue. D'ailleurs les parents se séparent rapidement, mais pas seulement pour ces raisons. Lorsque l'enfant reverra son père, on comprendra que celui-ci n'est pas un "père". Il voudrait sans doute l'être, et encore. Il gère son fils à distance, sans vraiment interférer dans sa vie, et quand il le fait, c'est bien maladroitement (par exemple, emmener son fils de 15 ans dans les "bains turcs" pour lui apprendre à dessiner des casques de chantier. Il le fait sans arrière-pensée sans doute, mais en terme d'éducation, c'est moyen...)
De même, la mère à laquelle rend hommage Lily, est une mère "parfaite", et cette image pourrait choquer nos féministes, voire des mères moins "fusionnelles". Pourtant, là encore, ce n'est pas ça qui m'a marqué, mais plutôt les sentiments du fils à l'égard de cette femme. Elle s'est "sacrifiée" pour qu'il puisse devenir un homme, un être responsable et adulte. Elle lui a donné toute sa vie. Jusqu'à ce qu'à son tour, son fils la prenne en charge. Alors, oui on pourra s'indigner de voir ce fils lui mentir, la prendre de haut. Pourtant, qui ne l'a pas fait? Qui n'a pas à un moment eut des choses à se reprocher après une dispute avec ses parents, ou après un événement "quelconque"? Mais comme je le disais plus haut, la force de Lily, c'est qu'il ne tombe pas dans le drama, il raconte. Il explique avec son regard et ça frappe au ventre, ça touche, parfois jusqu'aux larmes. Il sait manier les mots, sans en faire trop, en rythmant son texte comme pour nous enchanter.
Enfin, la tour de Tokyo. Ce titre, pour vraiment en apprécier toute la saveur, sans doute faudra-t-il en observer une photo et relire les premières pages du livre. Faute de quoi on pourrait passer à côté de certaines images qui titillent à la lecture mais ne s'imprègnent qu'au final.

Pour conclure, j'ai été plus qu'ému par ce livre, dévoré en deux soirées. Je regrette de ne pas l'avoir lu plus tôt (faute de quoi ma mère l'aurait reçu à la fête des mères) et encore une fois je me dis que jamais un enfant ne pourra remercier ses parents ou leur rendre hommage à la hauteur des sacrifices qu'ils font pour eux.

Un jour, en mai, quelqu'un m'a dit comm ça:
Fais juste ce que tu veux. Mais c'est ça qui est difficile.
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