Les Salons de la Cour

15Juillet, 2020, 11:53:01
Bienvenue, Invité. Veuillez vous connecter ou vous inscrire.

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
Pages: 1 ... 31 32 [33] 34 35 ... 130   Bas de page
  Imprimer  
Auteur Fil de discussion: Votre livre de chevet  (Lu 316341 fois)
0 Membres et 1 Invité sur ce fil de discussion.
Glorfindel
Invité
« Répondre #480 le: 15Janvier, 2010, 12:00:09 »

A défaut d'avoir réussi à me décider sur mes coups de coeur 2009 (non que la matière manquât, au contraire : j'en avais trop), je tiens mon premier coup de coeur 2010 : En nos vertes années, de Robert Merle. Ce palpitant roman nous est narré avec une verve rabelaisienne par Pierre de Siorac, cadet de famille périgourdin, que nous suivons gasconnant, courant la gueuse et l'aventure à travers un XVIème siècle troublé, jusqu'à Montpellier où il se rend pour étudier la médecine. On n'ennuie pas un instant, et même si notre huguenot de narrateur accomode les papistes de la belle manière, sanguienne ! Cette fripouille de Siorac est tellement sympathique que le papiste que je suis ne peut que lui pardonner.
Journalisée
cavaillon
Maistre de camp
**
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 338



« Répondre #481 le: 26Janvier, 2010, 00:11:18 »

Dans les Bois de Harlan Coben. Je pense qu'H. Coben commence à souffir du même mal que M. H. Clark : après en avoir lu quelques uns, on retrouve les mêmes ficelles (un traumatisme du passé qui resurgit et qui est lié à une affaire actuelle), et même si c'est toujours bon, ça paraît réchauffé.

Bref, ceux qui ne connaissent pas Harlan Coben et aiment les polars ont toutes les chances d'apprécier, les inconditionnels d'Harlan Coben, qui ne s'en lassent pas, également, mais moi, j'en ai encore un dans ma bibliothèque, pour plus tard, mais je pense que ce sera, sinon le, parmi les derniers...
Journalisée

Quand une femme vous dit "Quoi ?", ce n'est pas qu'elle a mal entendu ; elle vous laisse une chance de modifier ce que vous venez de dire.
Cuchulain
Dispensateur officiel de bonheur à la cour
Les Rêveurs
Dizainier
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 11 345


Grand maître du Djyhad rouge tolkiennien


WWW
« Répondre #482 le: 26Janvier, 2010, 12:52:23 »

Les druides : de Leroux et Guyonvarc'h.

Un bon pavé comme on les aime ! Bourré d'explications sur ce qu'était les druides, leur fonctions, leur rôle précis dans la société celtique, leur "magie"... Je m'étais lancé là dedans il y a bien 5-6 ans quand j'ai commencé à rassembler de la doc pour Ynn Pryddein. Malheureux que j'étais ! C'est le genre de bouquins à lire quand on a une certaine habitude des écrits du professeur Guyonvarc'h, des notions de base dans les thèses dumeziliennes et une certaine connaissance de la société celtique par d'autres bouquins. A l'époque j'avais lu le livre et n'avait rien compris, quasiment rien retenu ! Je me souviens encore d'une discussion via MSN avec M. Glorfindel qui m'avait ré-expliqué certains concepts.... Bon maintenant après les différents livres que je me suis enfilé : ça passe mieux et je prends des notes à en avoir mal au poignet tellement c'est intéressant.

L'auteur s'appuie donc sur la mythologie irlandaise mais pas seulement : les auteurs comme César dans la guerre des gaules, ou Pline sont évoqués pour mieux expliciter ce qu'était les druides.  Détenteurs de la souveraineté, conseillers des rois, prêtre, médecin, devin, juge, combattant, artiste, savant... Toutes ces fonctions rentraient dans le cadre du druidisme. On est bien loin du druide ADDesque se battant au cimeterre  et perdu dans les bois ! 
Chaque rôle est appuyé par des exemples venant d'auteurs anciens ou de la mythologie. Il est aussi intéressant de voir les sacrifices humains expliqué et exposés sans pathos ou rejet sur les tentatives des auteurs classiques pour noircir l'image des celtes.En résumé : indispensable pour mieux comprendre les celtes et un défi pour votre serviteur : arriver à résumer et simplifier tout ça pour des yeux profanes dans Ynn Pryddein.

Mon prochain bouquin : Magie, médecine et divination chez les celtes par le même auteur.  Cool
Journalisée

Cuchulain l'homme qui a du chien.

Les pensées de Cuchu
Puck
Maistre de camp
**
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 919


« Répondre #483 le: 26Janvier, 2010, 17:41:34 »

LE DERNIER TEMPLIER

Une sombre bouse infâme, à éviter comme la peste. Un sous Da Vinci Code, c'est dire.....Avec des méchants templiers dedans, un prêtre bi classé assassin, un professeur d'histoire de 70 ans  ninja.....bref....une grosse, une ENORME M.....
Journalisée

Marre d'entendre parler de Michael Jackson. Vivement qu'il meurt.
Glorfindel
Invité
« Répondre #484 le: 27Janvier, 2010, 23:37:05 »

Voulant m'essayer à la littérature japonaise, je me suis lancé dans Le dit de Hôgen, le dit de Heiji : Cycle épique médiéval des Taïra et des Minamoto, traduit par René Sieffert.

Citation
C'est au milieu du XIIe siècle que commence l'histoire du Dit de Hôgen. Le Japon vient de connaître la période la plus brillante de sa civilisation, et deux groupes mènent le jeu politique: d'une part la Cour, dominée par les Fujiwara, et d'autre part le clan des guerriers avec à leur tête les Taïra et les Minamoto, rivaux mais pas encore ennemis déclarés. Les Dits de Hôgen et de Heiji relatent une véritable révolution : l'éviction des Fujiwara et la lutte sanglante pour le pouvoir entre les deux clans. On assiste ainsi à l'irruption de la province dans les affaires de la Ville et à la naissance d'une classe féodale qui va contester le pouvoir central pendant des siècles. Ces récits constituent la source où puiseront, à toutes les époques, les romanciers et les dramaturges. Ils étaient à l'origine colportés par des aveugles, les moines au biwa, qui les racontaient partout, village ou château, à travers l'archipel. Aujourd'hui, leurs thèmes vivent encore au théâtre, au cinéma et à la télévision.


Ben les enfants, j'accroche pas. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, ce n'est pas faute d'avoir perséveré, mais rien à faire : je m'ennuie terriblement à lire ce livre. Oh, certes, la valeur littéraire et culturelle de l'oeuvre n'est pas en cause, j'ai bien conscience de ce que le problème vient de moi. Je n'arrive tout simplement pas à passer outre la distance culturelle, à comprendre quelque chose à ces complexes intrigues entre gens parés de titres qui me sont étrangers, à m'y retrouver parmi tous ces personnages dont je ne parviens pas à retenir les noms. Bref, une déception en ce qui me concerne, mais sans doute que des lecteurs plus versés que moi en civilisation japonaise y trouveraient leur compte.
Journalisée
Cuchulain
Dispensateur officiel de bonheur à la cour
Les Rêveurs
Dizainier
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 11 345


Grand maître du Djyhad rouge tolkiennien


WWW
« Répondre #485 le: 28Janvier, 2010, 17:22:11 »

Tu devrais peut être commencer par des écrits occidentaux sur le japon ? Ou par un truc plus "simple" ? Genre le Sabre et la pierre & La parfaite lumière de Eiji Yoshikawa... J'avais lu ça après ma découverte du Japon "médiéval" via un ami et GURPS Japon. Ça te parlerait plus après qui sait ? 
Journalisée

Cuchulain l'homme qui a du chien.

Les pensées de Cuchu
cavaillon
Maistre de camp
**
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 338



« Répondre #486 le: 28Janvier, 2010, 18:33:58 »

Expiation de Patricia Mc Donald.

C'est la première fois que je lisais un Mc Donald. Ouais. Ca se laisse lire... C'est un peu long au début, il y a de l'oppression psychologique sur la personne de l'héroïne (ma mère, qui en a lu beaucoup, me dit que c'est la marque de fabrique de Mc Donald), c'est assez macabre. On n'échappe pas à la lutte de femmes, qui se ceinturent et roulent sur le plancher (c'est aussi ridicule qu'à la télé)... Les personnages ont parfois des réactions étranges         ... et à la fin, tout s'arrange !

Comme ce n'est pas franchement désagréable, je lui en subtiliserai bien un autre, pour confirmer, mais celui-ci vaut bien un film de M6...
Journalisée

Quand une femme vous dit "Quoi ?", ce n'est pas qu'elle a mal entendu ; elle vous laisse une chance de modifier ce que vous venez de dire.
Macbesse
Dalaï-Misu
Le Guet
Pétardier
**
Hors ligne Hors ligne

Messages: 7 538


Usurpateur à l'ananas


« Répondre #487 le: 28Janvier, 2010, 18:50:33 »

Dans la rubrique post-apo.

On ne présente plus La Route, conseillé en ces lieux par Usher. Indéniablement, c'est très bien écrit, avec un style haché et des phrases comme haletées. Les ambiguïtés du personnage du père donnent aussi du relief au roman. J'ai d'ailleurs moins lu le roman moins comme l'extinction d'un monde à bout de souffle que comme l'auto-destruction d'un homme.
Seulement, passées les 100 premières pages, le roman s'enferme dans une routine que rien ne vient briser, pas même le dénouement, attendu, et sa force d'évocation se délite au point de ne plus susciter d'émotion.
Bien entendu, cela reste plus que lisible, mais je suis déçu.

Je serai moins tolérant envers Le cantique de l'Apocalypse Joyeuse, horripilante fable anarcho-écolo-réactionnaire.
Résumons.
Etat : Pas bien. Commune autogérée par le gros bon sens avec une armée privée : bien.
Athéïsme : Pas bien. Eglise et aumônier militaire : bien.
Ecologiste : Gentil mais pas débrouillard. Bûcheron finlandais : gentil et débrouillard. Agent de l'Etat : pas gentil et bête.
Ville : pas bien. Campagne : bien. Forêt : très bien.
Quand on écrit Ravage en 1943, on a des excuses. En 1992, beaucoup moins.

Un roman en bonne position pour entrer dans ma liste kinolithothérapeutique.
Journalisée

Le monde ne veut pas de politique. Il lui faut le vaudeville français et la soumission russe à l'ordre établi. Lermontov
Glorfindel
Invité
« Répondre #488 le: 28Janvier, 2010, 23:58:37 »

Tu devrais peut être commencer par des écrits occidentaux sur le japon ? Ou par un truc plus "simple" ? Genre le Sabre et la pierre & La parfaite lumière de Eiji Yoshikawa... J'avais lu ça après ma découverte du Japon "médiéval" via un ami et GURPS Japon. Ça te parlerait plus après qui sait ? 

Ben en fait, je les ai déjà lus il y a quelques années, ceux-là, et j'approuve, ils sont très intéressants. Mais manifestement, en ce qui me concerne au moins, ils ne constituent pas un bagage suffisant pour me lancer dans des textes plus difficiles d'accès.

Faut dire que ce n'est pas la même période non plus. Par exemple, Musashi est un samouraï, qui ne jure que par le sabre, alors que les guerriers du Dit de Hogen ne sont pas encore des samouraïs, et pour eux, semble-t-il, c'est l'arc qui est l'arme noble par excellence, avec l'épée en second rang et aucune mention des fameux katanas, qui n'existent pas encore. Et ce ne sont là que les différences les plus superficielles. C'est comme si j'essayais de comprendre notre Moyen Age avec en tête une imagerie de la fin de la Renaissance, quoi.
Journalisée
Xaramis
Chambellan
Pétardier
*****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 7 528



WWW
« Répondre #489 le: 29Janvier, 2010, 00:25:29 »

Je suis en train de terminer Anges déchus de Richard Morgan. Décidément, R. Morgan m'a redonné le goût de la science-fiction (comme George Alec Effinger m'avait emballé avec son cyberpunk "arabisant"). Son Carbone modifié m'avait collé au siège, et c'est avec un a priori tout à fait positif que je m'étais plongé dans Anges déchus, quittant l'univers de polar cyberpunk pour une aventure mêlant intrigues politiques et exploration des secrets de la civilisation "martienne".

Prochain voyage en compagnie de Richard Morgan : Furies déchaînées.
Journalisée

Chez Monsieur de C., dans le sillage de Corto ou au Club Série Noire. Mes inspirations rôlistiques sont dans Inspirôle.
Alamandar
Double solde
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 71


« Répondre #490 le: 29Janvier, 2010, 14:33:42 »

Je viens de le finir. Tu ne vas pas t'ennuyer ! C'est une sorte de syncrétisme entre Carbone Modifié et Anges Déchus. Très bon, mais le meilleur reste pour moi Carbone Modifié (avec son ambiance hardboiled unique ^^).
Journalisée
Usher
Chambellan
Colonel Général
*****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 3 659



« Répondre #491 le: 05Février, 2010, 16:37:56 »

Comme j'y faisais allusion sur un autre fil, je viens parler ici d'un court roman de fantasy que j'ai pris plaisir à lire : Chien du Heaume, de Justine Niogret (Mnémos).

A mon avis, Justine Niogret fait partie des auteurs qui sont capables de cultiver les clichés de la fantasy tout en les renouvelant de façon très originale.

L'action du roman a lieu au Haut Moyen Age, dans une contrée et dans une époque imprécises, alors que le paganisme s'efface et que le christianisme se propage. L'héroïne est une mercenaire qui a perdu son nom, et que l'on surnomme Chien du Heaume pour une raison mystérieuse. Si vous vous attendez à tous les clichés sur l'amazone pulpeuse qui baigne dans un climat de violence et de sensualité trouble, passez votre chemin : de la walkyrie, Chien du Heaume n'a que la violence. Elle est laide, tour à tour maigre ou grasse selon les fortunes de l'existence, elle est marquée par les engelures et par les coups, elle cache son vilain museau sous une tignasse hirsute. Elle ne possède qu'un trésor : sa hache, un chef d'œuvre norrois, que lui a léguée son père en mourant éventré dans un combat.

Chien du Heaume a une quête, aussi : elle veut retrouver son nom. De son enfance, elle ne se souvient que l'errance sauvage sur les talons de son père, un guerrier sinistre et à moitié fou dont on soupçonne qu'il était sans doute un guerrier-fauve nordique. C'est son père qui l'a élevée, qui lui a donné son surnom, et qui lui a toujours caché son nom véritable. Or comme l'homme a connu une mort violente, Chien du Heaume n'a jamais pu apprendre sa véritable identité.

Or voici qu'un soir, en cherchant refuge dans un village aux orées de l'hiver, Chien du Heaume croise un guerrier charismatique, Bruec, le Chevalier Sanglier. Le Sanglier passe un marché avec le Chien : il l'hébergera si elle l'aide à rapporter du gibier pour sa dame. Chien accepte, parce que Bruec possède une hache étrangement semblable à la sienne, et qu'elle croit tenir le début d'une piste pour remonter dans son passé…

Moins qu'un roman d'aventures, Chien du Heaume est un récit onirique, une plongée dans un âge barbare plein de frimas et de cruauté, où la justice n'existe pas, où la vie humaine ne pèse rien, et pourtant où certains rapports humains sont remplis de chaleur. La plupart des personnages sont analphabètes et incultes, mais cela ne signifie pas qu'ils sont dépourvus de jugeote : la rude existence qu'ils ont menée leur a forgé un parler éloquent et une sagesse rustique. Le style possède une saveur âpre, une certaine force imagée, qui jette par éclats à la figure du lecteur des moments de grâce ou de désolation.

En guise de mise en bouche, voici un extrait qui montre assez bien, à mon sens, comment Niogret revivifie les topiques fantasy. (Sans parler la question du nom du héros dans le roman de chevalerie…) Chien du Heaume rencontre une châtelaine qui s'étonne qu'elle dilapide son existence dans une entreprise aussi vaine que la quête d'un nom :

Citation

"Vous confier pourquoi je cherche mon nom… répondit Chien en la regardant dans les yeux. Vous pensez que l'importance n'y est pas, et je vous réponds que si. Vous avez des enfants, je le vois aux jouets qui sont devant votre cheminée. Imaginez que les noms n'existent plus. Imaginez que votre garçon n'en puisse porter. Comment l'appelleriez-vous ? Claqueriez-vous des doigts pour le faire venir ? Le siffleriez-vous comme un chien ? Je commence à peine et je vous vois grimacer, belle dame; c'est pourtant ce que l'on fait de moi. On me fait accourir d'un sifflement et on me nomme Chien.
Je suis mercenaire, et je crois que le métier des armes n'a qu'un but : survivre. Que ce soit aux coups ou au temps. Je n'ai plus de famille, je l'ai perdue avec mon nom ; qui me pleurera lorsque je serai passée ? Je ne survivrai ni dans le regard ni dans les rêves de ceux que je laisse derrière moi ; je suis seule. Alors ne me reste que la chanson des armes et du fer pour me faire entendre. Mais comment raconter mes faits d'armes et mes combats, si je n'ai pas un nom à poser en souvenance de ma vie ? La survie par les histoires, c'est le seul nerf de celui qui tient une épée, belle dame ; il n'y en a pas d'autre. Vivre encore après son trépas, tout auréolé de gloire et de furie. Qui serait assez fol pour s'en aller se faire trouer la panse si personne, une fois mort, ne composait sa chanson ?
Un nom fait toute la différence, parce que tout ce qui a de l'importance, sur cette terre, en porte un. Les animaux que l'on aime, on leur en offre un, mais ceux que l'on veut ignorer, on les appelle proies et on les chasse jusqu'à ce qu'ils tombent, la gorge déchirée et tout emplie de leur propre sang. (…)
Une autre raison, oyez : des dieux qui m'ont vue naître, et comme je ne connais plus ma langue, je n'entendrai pas leur appel quand mon heure sera passée. Devrai-je errer dans le monde des morts comme je le fais dans celui-ci ?
(…)
Voilà toute la réponse que je peux vous faire. Je n'ai pas de nom, et je ne suis personne. Je suis comme cette chanson dont on oublie chaque jour un peu plus le commencement ; on ne marmonne plus que le refrain, encore et encore, puis même l'air disparaît."

Journalisée
Glorfindel
Invité
« Répondre #492 le: 09Février, 2010, 15:49:25 »

J'ai lu Mythologie du monde celte, par Claude Sterckx, aux éditions Marabout. Passionnantre lecture ! L'auteur connaît son sujet en profondeur, a compulsé d'innombrables sources, et cite énormément d'extraits de textes rares (tantôt quasi-introuvable, tantôt jamais traduits chez nous). Il commence par brosser un portrait des peuples celtes avant de se lancer dans l'exploration de leur mythologie, en solliscitant les sources gauloises, galloises, romaines, grecques ou irlandaises, écrites aussi bien qu'archéologiques.

Il ne s'arrète pas en surface, et ceux qui s'attendraient à une compilation de récits seront déçus, car le livre ne contient presque aucun récit complet, mais à partir des données collectées, Claude Sterckx propose et expose, au moyen d'argumentaires solides, une interprétation de ce que pouvait être la théologie druidique, pourrions-nous dire. C'est du costaud, l'auteur est sérieux, et certaines des hypothèses qu'il pose sont très intéressantes, comme celle de la transmission de l'âme par le sperme et par le lait maternel. Quand on se souvient que Keu, dans les textes arthuriens du 13ème siècle, doit son sale caractère au fait d'avoir été allaité par une nourrice parce que sa mère allaitait Arthur, on se dit que les travaux de Sterckx pourraient éclairer la question d'un jour nouveau. Enfin bref, c'est passionnant, et en plus pour 6 euros, ce serait bête de se priver, d'autant que le livre est beau et bien illustré.

Par contre je constate que sur certains points, comme par exemple la métempsychose, Sterckx arrive à des conclusions radicalement opposées à celles du célèbre Guyonvarc'h. Ses arguments me paraîssent convaiquants, mais il ne m'appartient évidemment pas de trancher entre ces éminents savants. Faîtes-vous votre opinion, si le coeur vous en dit...
Journalisée
Cuchulain
Dispensateur officiel de bonheur à la cour
Les Rêveurs
Dizainier
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 11 345


Grand maître du Djyhad rouge tolkiennien


WWW
« Répondre #493 le: 09Février, 2010, 16:13:11 »

J'ai lu Mythologie du monde celte, par Claude Sterckx, aux éditions Marabout. (...)


Mon banquier ne te remercie pas !  

Cuchu faible...  

edit : histoire de ne pas poster pour ne rien dire, je précise que je viens de finir "Les Druides" de Goyonvarc'h. Une lecture fort intéressante. Il faut juste éviter de commencer par ça pour mieux connaitre les celtes... L'auteur maitrise son sujet et bourre le livre d'informations juste essentielles. Mais il est incapable de tenir son plan (je l'avais déjà remarqué dans d'autres ouvrages) il parle de la fonction sacerdotale puis fait un ex-cursus sur les forteresses en Irlande puis revient à son sujet puis repart sur des considérations tri-fonctionnelles puis reviens et puis repart sur les fêtes celtiques et sur des considérations philologiques. Ce n'est que dans la conclusion qu'il arrive à donner une définition à la fois simple et générale du Druide.

L'un des intérêt de l'ouvrage est aussi un petit dico/lexique à la fin où il reprend les termes utilisés dans son bouquin (sans donner la page où il en parle faut pas trop en demander non plus !) et en donne une définition. Se mêle aussi à ce lexique des noms de personnages mythiques et/ou  historiques et des noms de peuple cités dans le livre (ou pas !).

Bref : une somme et un pavé pas toujours évident à lire mais que je recommande chaudement pour approfondir le sujet.
« Dernière édition: 09Février, 2010, 16:21:58 par Cuchulain » Journalisée

Cuchulain l'homme qui a du chien.

Les pensées de Cuchu
Glorfindel
Invité
« Répondre #494 le: 09Février, 2010, 16:16:31 »

Tu ne le regretteras pas, et tu verras que toi aussi, tu voudras pour ton prochain perso la même épée que celle du noble irlandais du dessin de Lucas de Heere. 

Comment ça, j'essaie de compenser pour quelque chose ?
Journalisée
Pages: 1 ... 31 32 [33] 34 35 ... 130   Haut de page
  Imprimer  
 
Aller à: