Les Salons de la Cour

15Juillet, 2020, 00:29:22
Bienvenue, Invité. Veuillez vous connecter ou vous inscrire.

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
Pages: 1 ... 24 25 [26] 27 28 ... 130   Bas de page
  Imprimer  
Auteur Fil de discussion: Votre livre de chevet  (Lu 316262 fois)
0 Membres et 1 Invité sur ce fil de discussion.
Marcellus Lesendar
Invité
« Répondre #375 le: 27Juillet, 2009, 09:22:53 »

Un livre que j'ai eu la chance de lire avant sa sortie et qui en me plus à le mérite de m'avoir fait passé un sacré bon moment! Rollback de Robert J Sawyer
Au départ, paru chez nos amis d'outre flaque (les canadiens), il sera édité par Robert Laffont en Septembre 2009 si tout se passe bien.

Alors commençons de façon organisée, et résumons rapidement l'histoire. Un couple d'octogénaires fête ses soixante ans de mariage en 2048 lorsque Sarah reçoit un appel de téléphone. En 2009 un message des Dracons, arrive sur Terre, elle est celle qui parvient à décoder le message. En 2048, on reçoit à nouveau la réponse des Dracons, mais Sarah est bien trop vieille pour avoir une chance d'y répondre avant que la mort ne l'attrape. Mc Gavin, un très très riche industriel propose un rollback au couple (on va dire), ainsi ils pourront tous les deux revenir à leurs 25 ans et elle pourra traduire le message "sereinement". Hélas, ça ne fonctionne que sur Don, le mari. Alors que lui, il ne sert "à rien" dans le décodage ou la science. On va ainsi suivre l'évolution du couple et des deux principaux protagonistes, ainsi que l'avancée de l'histoire pour traduire le message et le renvoyer...

Ce qui est intéressant dans un premier temps, ça va être de réussir à classer ce livre. En S.F. simplement parce qu'il se déroule dans le futur et qu'on peut "rajeunir" et qu'il y a un robot... Mais franchement, c'est loin d'être le thème de l'histoire. Et 2048 ce n'est pas suffisamment loin pour se "lâcher" plus que l'auteur l'a fait. Je veux dire par là que le roman peut être lu même par des gens qui n'aiment pas la S.F. a priori. Pourquoi?

Alors. Tout d'abord, c'est l'histoire d'un couple d'octogénaires, des gens fêtant 60 ans de mariage et ayant une "vie à raconter". On s'accroche dès le départ à ces petits vieux, on se surprend à "penser comme eux" ou à les comprendre. On va suivre l'évolution de leur couple, mais sans tomber dans le roman à l'eau de rose, loin de là. On dévore les pages une-à-une sans s'arrêter.
De plus ce livre, plutôt que d'être chargé d'effets spéciaux et d'être seulement centré sur une relation humaine, offre de nombreuses pistes de réflexion. Des pistes débattues en ce moment ou qui pourront l'être d'ici peu (je ne suis pas assez calé en science ou en philo pour savoir si c'est pas déjà débattu aux states). Toujours est-il qu'on réfléchit sur des nombreuses questions scientifiques et/ou philosophiques. Une bonne réflexion nous est permise tant sur le fait d'être humain, l'espace, la métaphysique... Bref, les lecteurs les plus "sérieux" trouveront ici de quoi se faire plaisir
On va un stade plus loin et on parle de l'anticipation. S'il n'y a qu'un robot dans l'histoire, on sait qu'ils existent déjà, et dans ce livre, ils sont "serviteurs domestiques", c'est à dire qu'on sent bien qu'on est "au début". De même le Rollback coûte tellement cher qu'on doit pouvoir dire qu'il n'y a pas eu 20 personnes pour en profiter (je crois). Bref, on est dans de l'anticipation qui reste fichtrement crédible. Ce n'est qu'à la fin que l'auteur se permet d'aller un peu plus loin, et là, on sent qu'il est canadien (Il est "gentil" ce type^^)

Parlons du style quand même. Sawyer, je ne le connaissais pas mais d'emblée j'ai été charmé par son style. Le roman est agréable à lire, "naturel" on pourrait dire. Les phrases s'écoulent d'elles-mêmes, on navigue sans se perdre, sans avoir besoin de repartir en arrière. Même les passages "philosophiques ou scientifiques" sont accessibles et compréhensible (ma chérie en a lu un, elle l'a aimé^^). Ce livre est donc une petite perle, un petit moment de bonheur tant il permet de s'évader.

Au final, j'ai beaucoup aimé Rollback, pas tant pour l'histoire que pour les nombreuses idées qui y sont développées et qui m'ont amené à réfléchir. J'ai l'impression que l'histoire ne sert qu'à appuyer ces idées, à permettre au lecteur de se poser certaines questions qu'il aurait pu ne pas se poser jusque là... Pourtant... Pourtant l'histoire est vraiment là, elle existe et donne, elle aussi des bons souvenirs, de ces souvenirs dont on se souvient plus tard sans savoir si c'était dans un film ou un livre qu'on l'a vu/lu...


J'ai aimé l'idée de l'horloge du petit maintenant, des pixels et de l'univers, du temps et de sa perception selon l'âge, la citation de Seinfeld, la chauve-souris de Nagel, la relativité et la perception du monde... Et j'en passe...

J'ai remercié l'auteur pour ce livre (il a répondu super vite) et je compte bien le conseiller souvent à sa sortie!
Journalisée
Marcellus Lesendar
Invité
« Répondre #376 le: 30Juillet, 2009, 10:09:22 »

10 000 litres d'horreur pure , Modeste contribution à une sous-culture de Thomas Gunzig avec des illustrations de Blanquet! Chez le diable vauvert...
Après Rollback et avant "il est difficile d'être un Dieu", j'ai voulu me faire plaisir, me lâcher un coup
On peut dire que pour le coup, c'est réussi! Des étudiants partent au bord d'un lac perdu, dans un vieux chalet ayant appartenu à une "vieille tante folle"... Rien que le pitch quoi... C'est le livre qui "va bien" avec les films d'horreur des séries Z ou B. L'action est omniprésente, ne laissant aucune chance aux pauvres personnages. L'histoire est découpée en chapitre liés aux différents protagonistes, ce qui rend l'histoire dynamique et vivante. Lorsqu'on est dans un chapitre Patrick ou un chapitre Marc le style change un peu et on sait qu'on est pas dans du Ivana   Bref, un découpage intelligent je trouve!
L'histoire en elle-même, bah elle est bonne! C'est ça qui m'a surpris... J'ai lu beaucoup de livres de zombies ou de monstres y a quelques temps, en général, l'histoire était "prétexte à". Là non, l'histoire même si elle reste "légère", n'en n'est pas moins complète et intéressante (on est dans de la série Z ou B hein!). On a les étudiants tous dignes représentants d'un stéréotype. On a des gens bizarres, des trucs qui sont montrés et prennent sens à la fin, des révélations, de la science (haha!), des monstres! Bref, une réussite!

J'ai dévoré ce livre en deux jours et j'en suis bien content! C'était un pur moment de bonheur, de récréation et de "bouarfgh Blanquet est un malade!"
A lire si vous avez un trou dans votre bibliothèque, ou une envie de légèreté monstrueuse entre deux gros livres plus intelligents^^

Marcellus qui est sur son petit nuage gore depuis ce matin:)
Journalisée
nazareth
Fifre
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 49


« Répondre #377 le: 30Juillet, 2009, 12:32:33 »

En l'espace de deux semaine, je me suis fais diablement plaisir en lisant deux livres du regretté  Frédéric H. Fajardie, Une charrette pleine d'étoiles et Frivolités d'un siècle d'or, deux ouvrages exceptionnels et pourtant différent.
Les trames historiques de ces livres sont intelligentes, et surtout documentées (ce qui fait plaisir à mon côté historien). Le premier des deux se déroule lors du Front Populaire et de la Guerre Civile Espagnole, et le second à la fin de l'Empire Soviétique. Les histoires sont tordues, mais rien d'étonnant de la part de Fajardie, et les (anti-)héros sont particulièrement bien soignés.
Une charrette pleine d'étoiles est l'histoire d'une vengeance et à la fois d'une guerre et de ses héros vaincus.
Frivolités d'un siècle d'or est une jouissive histoire d'espions sur le déclin, qui passent à la trappe les uns après les autres...

Si vous avez l'occasion de mettre la main dessus, n'hésitez pas. Tout autre ouvrage de Fajardie est bon à prendre, si vous voulez mon avis.

Le gros problème de ces ouvrages est que, comme pour  de nombreux autres livres, ils sont noctophages, et me font perdre de mon efficacité le lendemain...
Journalisée

Si Jeanne D'Arc avait eu du diabète, tout Rouen aurait senti le caramel!
Kérosène
Lapsus Calami
Les Rêveurs
Enseigne
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 1 889


Docteur en procrastination


« Répondre #378 le: 30Juillet, 2009, 18:33:03 »

Pour occuper agréablement mes vacances, j'ai écumé les dépôts-vente et autres puceries et j'ai eu le plaisir de dénicher cette pure merveille, que j'avais eu envie de lire à sa sortie, puis laissé au rayon "il faudra que je lise ça un jour" : Le Testament français d'Andreï Makine. La lecture de ce roman m'a littéralement transportée dans un merveilleux flot d'émotions littéraires que je n'avais pas connu depuis longtemps. Au fil de ces pages, le narrateur nous fait entrer dans son amour de la langue française, dans l'émotion de la découverte de son identité, de la puissance évocatrice des mots et de la sensibilité de l'écrivain. Je me méfie souvent des ouvrages couronnés par les prix prestigieux, mais là je dois dire que c'était très à mon goût. C'est beau, magnifiquement beau, merveilleusement écrit et délicieusement troublant. J'en reste éblouie.
Journalisée

N'est pas mort ce qui est parti traîner dehors ( Merci Marchiavel)

Il faut des lâches vivants pour narrer les exploits des héros morts
Cuchulain
Dispensateur officiel de bonheur à la cour
Les Rêveurs
Dizainier
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 11 345


Grand maître du Djyhad rouge tolkiennien


WWW
« Répondre #379 le: 04Août, 2009, 13:00:16 »

"La chevalerie : de la Germanie antique à la France du XIIIe siècle" par Dominique Barthélemy.

j'ai trouvé ça lors d'une expédition à la Bibliothèque de la fac de lettres de Genève (mon dealer officiel de bouquins depuis 6 mois-1 an). En résumé : l'auteur s'intéresse à ce qui fait l'essentiel de la chevalerie  : défis et combat singuliers, accords entre vainqueur et captifs, rites d'adoubement, jeux et parades tout cela entre guerriers nobles. Il commence par les peuplades germaines& gauloises pour arriver aux guerriers francs et continue ensuite vers les chevaliers décrits dans les romans arthuriens du XIIIe. J'ai trouvé fort intéressant toute la partie sur les rites de passages du jeune guerrier germain, les troupes de guerriers entretenus par un chef qui doit montrer l'exemple, diriger par l'éloquence et non par l'autorité d'un grade, et se montrer généreux. Et également un rejet de la vision classique qui veut la chevalerie héritière de la cavalerie romaine, des equites en particulier.

Je n'ai pas fini le bouquin non pas par ennui, mais car j'ai trois tonnes d'ouvrages autres à lire et aussi car la période post-carolingienne ne m'intéresse pas particulièrement en ce moment. Mais je le conseille vivement.
Journalisée

Cuchulain l'homme qui a du chien.

Les pensées de Cuchu
Usher
Chambellan
Colonel Général
*****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 3 659



« Répondre #380 le: 08Août, 2009, 15:46:55 »

Puisque je suis dans une phase Michel Rouche, en ce moment, je viens de finir la lecture de son essai Les Racines de l'Europe, Les sociétés du haut Moyen Âge (568-888) (Fayard).

En 238 pages, le livre présente le projet très ambitieux de montrer l'évolution des sociétés occidentales entre la fin de l'Empire Romain d'Occident et la Renaissance carolingienne ; il cherche aussi à montrer en quoi cette période est fondatrice d'une certaine identité européenne.

Rouche étudie les différentes conceptions des sociétés selon leur culture d'origine (celtique, germanique, romaine) et les apports du christianisme dans ces sociétés ; il s'intéresse également à de grands ensembles régionaux (Scandinavie, îles britanniques, Gaule, Italie, Espagne) et à de grands sujets transversaux (l'homme, la famille, la violence), avant de terminer par deux chapitres consacrés aux Mérovingiens et aux Carolingiens. Malgré sa relative brièveté, le livre est extrêmement dense (à tel point que Rouche fait assez régulièrement des renvois à d'autres chapitres pour éviter toute redondance), ce qui en fait un ouvrage très intéressant, mais aussi très austère. Ce n'est donc pas forcément un livre tout public.

 En revanche, il est passionnant pour quiconque s'intéresse au Haut Moyen Âge. D'une part, la perspective synthétique qu'il offre sur ces siècles obscurs jette un éclairage parfois éblouissant sur l'ensemble du Moyen Âge, voire… sur des mentalités toujours actuelles. En outre, j'ai appris plein d'éléments étymologiques et lexicaux hérités de cette période. Quelques exemples :

- le mot "denrée" vient de l'expression latine "per denarata" (marchandise qu'on peut acheter "pour un denier") et puise ses origines dans la dévaluation du denier au VIIème siècle ;
- le verbe "dubban", en vieil haut-allemand,  qui signifie "frapper", a donné le verbe "adouber" ;
- l'expression (francique ?) "fehu-hod", bien mobilier, a donné le mot "fief" ;
- l'expression francique "boll werk", qui désignait une forteresse circulaire, a donné notre "boulevard" ;
- L'expression en bas latin "scholae palatinae", troupes du palais, a fini par donner notre fameux "paladin" ;
- le mot "sénéchal" vient du vieil haut-allemand "siniskalk", le plus vieux des valets ;
- le mot "maréchal" vient du bas latin "mariscalcus", valet des chevaux ;
- le mot "marquis" qui vient du vieil haut-allemand "marchio", duc d'une marche.

Outre ces pépites lexicales,  Les Racines de l'Europe montre surtout comment l'Eglise a pacifié une Europe largement redevenue barbare. Bien sûr, il faut tenir compte du fait que Rouche est lui-même un chrétien convaincu, et que cela peut un tant soit peu orienter son propos. Toutefois, il est assez clair que l'Eglise a donné à l'Occident des concepts aussi précieux que la charité, le pardon, l'espérance et l'individualisme, face à des valeurs germaniques fondées sur la violence, la vengeance institutionnelle, le mépris des faibles et le clanisme.

Enfin, ici et là, certains exemples historiques relèvent du grand-guignol le plus terrifiant. Par exemple, un petit différend entre la reine Frédégonde et sa chère fille Rigonthe, tiré de l'Historia Francorum de Grégoire de Tours :

Citation

Rigonthe, la fille de Chilpéric, comme elle proférait souvent des accusations contre sa mère, prétendait qu'elle était la reine et qu'elle ramènerait sa mère à l'état d'asservissement, l'accablait fréquemment d'outrages ; de temps en temps, elles se battaient à coups de poing et de gifles. La mère finit par lui dire : "Ma fille, pourquoi me molestes-tu ? Voici les biens de ton père qui sont en ma possession. Prends et sers-toi à ta guise." Etant entrée dans la salle de l'enregistrement, elle ouvrit un coffre rempli de bracelets et d'ornements précieux. Lorsqu'elle en eut tiré pendant longtemps des objets divers et les eut présentés à sa fille qui se tenait devant elle, elle lui dit : "Je suis déjà fatiguée. Mets ta main dedans et jette dehors ce que tu auras trouvé." Comme celle-ci ayant mis le bras sortait les objets du coffre, sa mère ayant saisi le couvercle du coffre le rabattit sur sa nuque. Comme elle le pressait avec violence et que la planche inférieure lui écrasait la mâchoire au point que même les yeux étaient près d'éclater, une des servantes qui était à l'intérieur cria d'une grande voix : "Courez, je vous en prie, courez vite, voici que ma maîtresse est étranglée par sa mère…"

« Dernière édition: 08Août, 2009, 15:53:10 par Usher » Journalisée
Cuchulain
Dispensateur officiel de bonheur à la cour
Les Rêveurs
Dizainier
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 11 345


Grand maître du Djyhad rouge tolkiennien


WWW
« Répondre #381 le: 08Août, 2009, 23:07:14 »

Raaaaaaaaaaaaah exactement le genre de bouquins que je recherche !  Merci Usher pour le titre : je le note pour quand j'aurais fini mes 15 bouquins à lire... 
Journalisée

Cuchulain l'homme qui a du chien.

Les pensées de Cuchu
Xaramis
Chambellan
Pétardier
*****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 7 528



WWW
« Répondre #382 le: 08Août, 2009, 23:21:23 »

Raaaaaaaaaaaaah exactement le genre de bouquins que je recherche ! 
Quand je disais qu'il fallait lire du Michel Rouche...
Journalisée

Chez Monsieur de C., dans le sillage de Corto ou au Club Série Noire. Mes inspirations rôlistiques sont dans Inspirôle.
Usher
Chambellan
Colonel Général
*****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 3 659



« Répondre #383 le: 09Août, 2009, 00:52:33 »

Raaaaaaaaaaaaah exactement le genre de bouquins que je recherche !   Merci Usher pour le titre : je le note pour quand j'aurais fini mes 15 bouquins à lire...  

Le truc le plus furieusement indispensable pour un rôliste que j'aie pu lire dans le bouquin de Rouche, c'est le prix de l'équipement militaire à l'époque carolingienne :

Casque conique : 6 sous
Broigne : 12 sous
Jambières : 6 sous
Lance et bouclier : 6 sous
Epée avec son fourreau : 7 sous
Destrier : 7 sous
Jument de transport : 3 sous.

Le total de 47 sous correspondait au prix de 20 vaches.

Tiré  des Racines de l'Europe, pp. 214-215.  Grin
Journalisée
Macbesse
Dalaï-Misu
Le Guet
Pétardier
**
Hors ligne Hors ligne

Messages: 7 538


Usurpateur à l'ananas


« Répondre #384 le: 21Août, 2009, 22:10:57 »

Puisqu'on est dans les racines... je viens de finir Les Racines du Ciel de Romain Gary.
L'histoire ? Dans les années cinquante, un homme parcourt l'Afrique, une serviette bourrées de documents à la main, une pétition au coeur, dans l'espoir de faire interdire la chasse aux éléphants.
C'est loin d'être son meilleur : le roman doit faire cinq cents pages, il aurait pu tenir en deux cents. De là à dire que Romain Gary a tiré à la ligne, il n'y a qu'un pas que je franchis sans honte. Après tout, ce n'est pas réservé à Dan Simmons et à Tad Williams. L'écriture est cyclique, revenant sans cesse sur les mêmes éléments, sans pour autant prendre un caractère obsessionnel (comme on trouverait récemment dans le très bon Alabama Song de Gilles Leroy). Les PNJs, euh, pardon, les personnages secondaires font vraiment décor, reprenant petit à petit les conceptions de Morel mot pour mot, et la narration est aussi solide qu'un invertébré.
Heureusement qu'il a écrit La Vie devant soi, sinon je l'aurais rayé de ma liste des écrivains d'intérêt.

Dans le même temps, j'ai lu Balade Choréïale, d'Ayerdhal. Je suis mitigé. Disons que c'est un bon roman de genre : une planète peuplée d'humanoïdes qui vivent à une époque disons médiévale est découverte et la Fédération s'empresse de monter un projet de pillage des richesses. Grâce aux efforts conjuguées d'une cheftaine locale supra-perspicace, de colons totalement têtes brûlées et de l'opinion publique, tout est bien qui finit bien. C'est un peu ce qui me chiffonne : l'univers est plutôt noir et tout devrait mener à un vrai désastre, mais, sans aller jusqu'au très excessif "l'amour sauve le monde" façon Bordage, la conscience de quelques-uns amène au happy end. C'est presque pédagogique.

Deux romans humanistes et pleins de bons sentiments, en somme.

Heureusement que je suis passé à la suite de La Magnificence des Oiseaux, La Légende de la Pierre : Li Kao est toujours aussi déviant, Boeuf toujours aussi pur, et l'univers toujours aussi rayonnant de charité et d'honnêteté.  
La structure est un peu trop la même que dans l'opus précédent, mais l'humour de Barry Hughart est toujours aussi décapant, et cela se laisse plus qu'agréablement lire.
« Dernière édition: 22Août, 2009, 11:27:50 par Macbesse » Journalisée

Le monde ne veut pas de politique. Il lui faut le vaudeville français et la soumission russe à l'ordre établi. Lermontov
nazareth
Fifre
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 49


« Répondre #385 le: 24Août, 2009, 16:09:29 »

j'ai lu aussi balade choréïale. Je vois ce livre plus comme un appel à l'ouverture interculturelle, et comme dans bien des livres d'Ayerdhal, c'est l'obstination qui est mis à l'honneur.
Personnellement j'en serai presque à y lire un message politique, que je mettrais en résonance avec son demain une oasis qui montrerait un peu la position space-écologiste et liberté des peuples qui égrenne son œuvre. 

Son livre est à mon avis, un vrai appel à la réflexion et à l'engagement contre les dominations impérialistes...

Perso, j'ai bien aimé le message, je trouve que c'est plutôt pas mal écrit, mais ce n'est pas son meilleur titre.

Je conseille toujours la lecture de l'histrion, de demain une oasis, pour le coté militant Parleur, et transparences qui est un polar hyper traitre car il m'a empêché de dormir pendant presque deux semaines.
Journalisée

Si Jeanne D'Arc avait eu du diabète, tout Rouen aurait senti le caramel!
Cuchulain
Dispensateur officiel de bonheur à la cour
Les Rêveurs
Dizainier
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 11 345


Grand maître du Djyhad rouge tolkiennien


WWW
« Répondre #386 le: 31Août, 2009, 13:28:48 »

Bon : j'ai fini "la razzia des vaches de Cooley" traduit par Guyonvarc'h. Bien content de lire "en direct" les aventures et prouesses de Cuchulainn après en avoir lu des versions re-racontées. Pour les ceusses à qui ça fait penser à une querelle de fermiers anglais : précisons.
En Irlande en des temps mythiques (mais si on devait le situer "historiquement" ça serait l'âge de bronze) La reine Medbh et son mari Ailill se dispute dans l'intimité (le texte précise : sur l'oreiller) qui est le meilleur des deux en terme de lignage mais aussi de possessions matérielles. Dispute intéressante car ça permet de savoir qui va porter la culotte (en très gros) : après comptage ils sont égaux sauf que Ailill dispose d'un Taureau  sans égal (à part un autre qui se trouve en Ulster) que n'a pas Medbh. Elle tente de l'obtenir par la douceur (en proposant entre autres "l'amitié de sa hanche"' formule poétique s'il en est) mais ça tombe à l'eau et elle part en guerre pour l'obtenir... Sauf que le père Cuchulainn a décidé que ça ne se passerait pas comme ça et il va gentiment laminer son armée en attendant que les hommes d'Ulster puissent se défendre (ils souffrent d'un mal curieux du à une malédiction). Suite à accord : il défend un gué et affronte régulièrement un champion à la fois de l'armée d'Irlande (qui vous l'aurez deviné se fait battre à chaque fois)...  S'entrecroise au récit le récit de la conception et l'enfance de Cuchulainn (où comment il obtint son nom d'homme)

Bon : ce qui est intéressant outre le récit c'est de voir certaines formules archaïques, les coutumes de l'Irlande antique/médiévale, les différents jeux guerriers de Cuchulainn, les croyances également avec Cuchulainn qui fait des actions magiques avec l'écriture oghamique. Bref c'est un régal que de lire ces récits, sorte d'Illiade celtique.

J'ai entamé ensuite : "les royaumes celtiques' de Guyonvarc'h fort intéressant également. L'édition que j'ai pu chopper date un peu (il faudrait voir ce que ça donne en plus récent avec les découvertes archéologiques) voire beaucoup... Mais les coutumes, la religion, la progression du christianisme, les heurts et malheurs des bretons faces aux peuplades saxonnes tout ça est passionnant. A noter un passage sur la littérature irlandais avec des poésies écrites par des moines. Il y en a 1 en particulier où l'auteur compare son travail intellectuel avec son chat en train de traquer une souris qui est fort plaisante. N'oublions pas un récit satirique ou l'auteur parodie avec joie les généalogies interminables en remplaçant les personnes par de la nourriture...
A suivre : "'Les vikings et les celtes" de Jean Renaud.
Journalisée

Cuchulain l'homme qui a du chien.

Les pensées de Cuchu
Cuchulain
Dispensateur officiel de bonheur à la cour
Les Rêveurs
Dizainier
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 11 345


Grand maître du Djyhad rouge tolkiennien


WWW
« Répondre #387 le: 03Septembre, 2009, 16:48:54 »

Pas de livre pour ce message, mais un conseil d'achat de revue. Le point en partenariat avec Historia a sorti un numéro HS spécial "religions" qui casse toute les idées reçues ! C'est clair, bien fait, concis et même moi qui me considère pas trop ignare en matière de science des religions : j'ai appris des choses sur le judaïsme et l'islam pour l'instant (et j'attends avec impatience le bouddhisme). Grâce à ce journal : la prochaine fois qu'on me bassine avec la vierge marie, je pourrais répondre d'un air innocent :
"Ah tu es devenu musulman ? Une bien belle religion. "

Journalisée

Cuchulain l'homme qui a du chien.

Les pensées de Cuchu
Inigo Montoya
Double solde
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 211



« Répondre #388 le: 03Septembre, 2009, 22:05:15 »

J'avais été très surpris en lisant le Coran (traduit en français je sais, donc trahi) d'y découvrir de nombreuses références à Moïse, Jésus et Marie.
Journalisée

Jé m'appelle Inigo Montoya. Tou a toué mon père?. Prépare-toi à mourir!
Cuchulain
Dispensateur officiel de bonheur à la cour
Les Rêveurs
Dizainier
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 11 345


Grand maître du Djyhad rouge tolkiennien


WWW
« Répondre #389 le: 09Septembre, 2009, 16:43:30 »

Bon j'ai fini hier soir "Hrolfr Kraki "la saga traduite par R. Boyer et cet AM "Les vikings et les celtes" de Jean Renaud.

- La saga de Hrolfr Kraki: j'avais lu la version de Poul Anderson et ayant énormément apprécié cet ouvrage j'étais curieux de voir les différences avec la saga originelle. Bon déjà pour ceux à qui Hrolfr Kraki n'évoque rien de plus qu'un raclement de gorge peu agréable : je donne le lien kikipédia. J'ai été enchanté d'abord par la traduction qui permet de ressentir l'âge du texte et de la légende. Ensuite les petites notes de bas de page (je suis fan des notes de bas de page  ) qui précisent tel ou tel mot, telle expression et explique le choix du traducteur. Et puis il y a la saga en elle même : rude, âpre, on sentirait presque le vent du nord souffler sur soi son air glacé en lisant cette saga. Il y a aussi toute sorte de petits détails comme la reine maléfique qui fait sa sorcellerie du haut d'un échafaudage, ou les mots conservés comme la Valhöll au lieu du Valhalla... Surpris je fus par la fin car si je connaissais la fin tragique du roi Hrolfr la version de P. Anderson lui accordait une vengeance sympathique : la revanche du faible...  Bref : un bouquin à lire pour tout amateur de légende & mythologie.

- Les Vikings et les Celtes : bon j'ai été un peu déçu j'avoue... J'attendais plus de détails sur comment ces deux peuples avaient cohabité : coutumes, lois (pour Ynn Pryddein et le royaume de Volsung, je comptais pas mal dessus) technologie etc. Pas grand chose dessus en fait. Bon il faut quand même dire que pour qui s'intéresse à l'histoire en général de ces deux peuples c'est fort intéressant ! Chaque territoire à son chapitre : les "archipels" comme Orkneys, hébride et Man ; le pays de Galles ; l'Irlande ; l'Écosse et la Bretagne... On y voit aussi que les "terribles hommes du nord" se sont pris plusieurs fois des roustes mémorables et ont bien souvent profités du manque de cohésion locale pour faire leur coups de main ! Ou encore qu'en Irlande : les rois de Dublin sont allés attaquer leur voisins mais suivaient en ça les coutumes locales et que toute l'Irlande ne s'est pas uni derrière Brian Boru pour bouter le viking hors d'Irlande.  . On a pas mal de détails sur les relations entre territoire colonisés et les pays d'origine avec retournement de situation due à une météo capricieuse, ou encore les coutumes locales (tiens si j'allais faire bruler vif mon ennemi dans sa ferme pour passer le temps ce matin...  ). Mais je digresse...
Donc des chapitres sur la colonisation scandinave dans les différents pays "celtes", comment certains se sont maintenus et d'autre se sont fait jeter au bout de quelques siècles. Chapitre sur les coutumes qui se sont interpénétrées (notamment au niveau de la poésie scaldique influencée par les bardes), chapitre sur l'influence du norrois sur les langues locales et vice et versa, et un dernier chapitre qui m'a le plus intéressé : influence dans la toponymie.
En résumé c'est tout de même un bouquin très intéressant à conseiller... Pour les amateurs de civilisation celtes, scnadinave ou les deux (ou encore les gens qui sortent un JDR sur les vikings, qui ont des choix de nom très originaux et ne font JAMAIS preuve de mauvaise foi...)

Bon maintenant je m'attaque à "La civilisation celtique" de Guyonvarc'h et Leroux... 
« Dernière édition: 09Septembre, 2009, 16:45:18 par Cuchulain » Journalisée

Cuchulain l'homme qui a du chien.

Les pensées de Cuchu
Pages: 1 ... 24 25 [26] 27 28 ... 130   Haut de page
  Imprimer  
 
Aller à: