Les Salons de la Cour

14Juillet, 2020, 23:28:08
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Usher
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« Répondre #360 le: 19Juin, 2009, 12:57:57 »

Lu récemment Julien l'Apostat de Glen W. Bowersock (Armand Colin). Livre plus ancien que la biographie écrite par Jerphagnon, texte plus concis et globalement moins favorable à Julien, sa lecture ne m'en a pas moins intéressé parce qu'elle fait ressortir la complexité du personnage. Alors que Jerphagnon présente Julien comme un César un peu dépassé par les troupes qui le portent  au pouvoir, Bowersock, en analysant certaines contradictions dans la correspondance de l'empereur, montre la façon dont Julien a sans doute instrumenté sa popularité auprès de son armée, y compris en diffusant de mystérieuses lettres anonymes qui firent sans doute office de tracts (au IVème siècle !   ) pour pousser les légions à l'insurrection. Deux choses m'ont frappé chez Bowersock : l'hostilité qu'il éprouve pour… les qualités de Julien (son ascétisme, sa puissance de travail, sa pugnacité guerrière, son sens de la dérision sont globalement dépréciés par le biographe) et l'insistance avec laquelle il traite Julien de fanatique - alors que cet empereur, certes païen convaincu, ne poussa jamais l'antichristianisme jusqu'aux persécutions. Un appendice un peu étrange éclaire ce parti-pris : Bowerstock glisse en fin d'ouvrage un petit essai sur Constantin Cavafy (1863-1933), poète grec important du XXème siècle, qui consacra une partie de son œuvre à Julien. Or Cavafy, à la fois chrétien et homosexuel "sensualiste", était doublement hostile à Julien, pour son ascétisme et pour son paganisme. Faut-il voir dans l'hostilité du biographe une trace de son admiration pour l'œuvre de Cavafy ? C'est possible, mais cela me semble être, historiquement parlant, une démarche très étrange et assez contestable…

Constantin Cavafy fut traduit en français par Marguerite Yourcenar, ce qui m'amène à une autre lecture. Quoique fan de Yourcenar, je n'avais pas lu jusqu'alors deux de ses courts romans : Alexis ou le Traité du Vain Combat et Le coup de grâce. Ce sont des ouvrages de jeunesse, mais ils sont considérés comme importants dans l'œuvre de Yourcenar. Et pour cause. Avec Alexis, Yourcenar écrit à vingt-quatre ans le roman du refoulement de l'homosexualité, puis de son acceptation. Ce n'est pas le thème qui me parle le plus dans l'œuvre de Yourcenar (quoiqu'il réapparaisse avec une force émouvante dans les Mémoires d'Hadrien), mais je conçois bien que le livre était important dans les années 1920… Le coup de grâce, par son cadre incertain (la guerre civile en Courlande et en Livonie), par la violence de ses personnages, par le choix tragique des causes perdues et des camps contestables, m'a touché davantage. Au cours d'une guerre civile, un officier (qui refoule probablement son homosexualité) repousse l'amour d'une jeune femme qu'il admire, et il la pousse à s'avilir, puis à embrasser le parti adverse. Le dénouement, d'une brutalité inévitable, est d'une sécheresse splendidement cynique. Ce que je trouve assez fascinant dans ce court roman, c'est qu'il est à la fois inspiré d'un fait divers et par la passion malheureuse de Yourcenar pour André Fraigneau, qui la repoussa aussi brutalement qu'Eric rejette Sophie dans le roman. Mais Yourcenar ne choisit pas de donner la voix à Sophie, son double romanesque : c'est Eric, le bourreau, qui parle.

Ce qui excite ma perplexité, chez Yourcenar, c'est qu'elle choisisse presque systématiquement des narrateurs masculins, même lorsqu'elle met en scène des personnages féminins qui sont inspirés de sa propre expérience ou de femmes qu'elle a connues. Dans la préface d'Alexis, elle note à propos de Monique, la femme trahie par Alexis : "J'ai parfois songé à composer une réponse de Monique, qui, sans contredire en rien la confidence d'Alexis, éclairerait sur certains points cette aventure, et nous donnerait de la jeune femme une image moins idéalisée, mais plus complète. J'y ai pour le moment renoncé. Rien n'est plus secret qu'une existence féminine. Le récit de Monique serait peut-être plus difficile à écrire que les aveux d'Alexis."

Yourcenar, une femme mais un écrivain ?…
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ithilion
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« Répondre #361 le: 24Juin, 2009, 15:34:10 »

Je viens de finir Terreur de dan simmons. Mouais... Amateur d'épouvante je ne pouvais qu'être attiré par ce titre prometteur. Malheureusement le résultat est en déça de ses prétentions. Pour ce qui est de la terreur, il n'y a bien que la perception rétrograde que l'auteur a de l'homosexualité qui m'ait glaçé d'effroi. Proprement immorale - de mon point de vue - cette vision du sodomite psychopathe près à vous poignarder dans le dos. Mais bon comme disait cette vieille tante d'Oscar Wilde : « L'appellation de livre moral ou immoral ne répond à rien. Un livre est bien écrit ou mal écrit. Et c'est tout. [...] L'artiste peut tout exprimer. »
Voyons ce que l'ours a dans le ventre.
Disons d'abord à la décharge de simmons qu'il sait écrire un livre du moins pour ce qui de la forme : c'est prenant, je l'ai pas lâché avant de l'avoir bâclé. Il y a suspense, de la tension (sauf pendant les interminables bondieuseries qui suivent les décès des huiles, les énumérations des pertes de l'équipage et les flash-backs dont on a rien à cirer; tous ces passages superflus, on sent que c'est là pour alourdir la bête et j'ai failli bazarder le pavé à plusieurs reprises, tellement ça me gonflait qu'on puisse créer une ambiance si oppressante pour la faire partir en eau de boudin de la sorte) C'est dit.
Maintenant voyons le fond car c'est vraiment là que le bas blesse. Passons les détails scatologiques - tellement nombreux que c'est à se demander si dan-le-barbu n'a pas un soucis de ce côté... -, le pompage du Arthur Gordon Pym de Poe - qui fait cent fois mieux quatre fois moins de page -, la menace particulièrement éculé du gros ours blanc, genre les Dents de la Mer : plus rapide-plus fort-plus malin, le happy-end foireux "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants" (comment qu'j'ai rigolé en fermant le livre; Terreeeuuurrr !!!!)
Qu'est-ce qui nous reste au final ? Un gros Koh-Lanhta sport d'hiver matiné de légendes inuits qu'il nous sert en toute fin de l'ouvrage comme pour justifier ce fatras boueux et malodorant
A mon humble avis, simmons est un auteur à éviter. Il n'a rien d'un nouveau Shakespeare (qu'il se plait tant à citer). Il n'est rien qu'un poseur.

Ah oui ! J'ai bien aimé la dédicace du traducteur français "Merci aux membres du forum dan simmons, pour leurs discussions éclairées"
Quel foutage de gueule...
 
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Usher
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« Répondre #362 le: 28Juin, 2009, 17:15:03 »

Je viens de terminer la lecture d'Attila, la violence nomade, de Michel Rouche (Fayard), et je ne peux que recommander ce bouquin aux amateurs d'antiquité tardive et de haut Moyen Âge.

En fait, le cœur du sujet de ce livre, c'est la rencontre entre l'Occident romain et les peuples nomades arrivés des steppes eurasiatiques. La biographie d'Attila n'occupe que le tiers central du livre : le premier tiers de l'ouvrage est consacré à un tableau du monde romain et du monde nomade au Vème siècle, et le dernier tiers porte sur la postérité d'Attila, aussi bien sur le plan géopolitique et militaire que dans le domaine culturel.

L'ensemble (malgré quelques coquilles très incongrues !) est tout simplement passionnant. Pour le lecteur lambda, la synthèse que propose Rouche sur l'ethnogenèse des peuples barbares est absolument limpide - beaucoup plus que les ouvrages de Lebedynsky, même si Lebedynsky est plus précis. Avec clarté et simplicité, Rouche décrit le milieu qu'est la steppe, l'évolution qui mène naturellement les populations nomades à un pastoralisme violent, et il souligne l'absolue altérité entre la civilisation romaine, urbaine, agricole  et attachée à des valeurs immobilières, et des sociétés nomades ignorant les concepts de territorialité ou de patrie, et attachées uniquement à des biens meubles.

La dernière partie du livre, sur l'impact historique d'Attila, est aussi assez fascinante. Dans la mesure où les peuples gothiques ont été vassalisés par les Huns avant de se libérer de cette tutelle, Rouche montre comment les valeurs nomades ont imprégné les grands mythes germaniques fondateurs de l'identité allemande. Il revient aussi bien sur les Eddas scandinaves (et tout particulièrement sur la Volsüngasaga) que sur les Nibelungen pour montrer en quoi le mythe a non seulement repris le personnage d'Attila (Atli ou Etzel), mais a emprunté la soif de l'or et certaines conceptions matrilinéaires au monde hunnique. Plus tard, un néo-paganisme aryen de triste mémoire a reconstruit toute une fatrasie mythologique sur ces structures, et ce fut peut-être, selon Rouche, une des causes des erreurs stratégiques de Hitler au cours de la campagne russe, Hitler s'étant obstiné a vouloir conquérir l'Ossétie, berceau des Alains, un des peuples indo-européens ayant fait le lien entre le monde germanique et le monde hunnique.

Pour les amateurs d'histoire, un livre vraiment passionnant !

[Edit] En tout cas, Rouche a éclairci ma lanterne sur un point. Depuis des années, je lisais à droite et à gauche que les mythologies germanique et scandinave contenaient des influences orientales, en particulier chez le personnage d'Odin, mais nulle part je n'avais trouvé d'explications claires au sujet de ces influences. Or Michel Rouche explique comment les peuples gothiques sont partis, vers le IIème siècle, depuis les régions baltiques pour se diriger vers la Russie méridionale, où ils ont fondé d'éphémères royaumes (wisigoth et ostrogoth) avant d'être submergés par la vague hunnique, et repoussés vers l'ouest par elle. Dès lors, les points de contact et les influences deviennent clairs. Le massacre des Burgondes, qui est le sujet du Nibelungenlied, aurait bien eu lieu au Vème siècle, par exemple.
« Dernière édition: 14Juillet, 2009, 09:14:47 par Usher » Journalisée
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« Répondre #363 le: 28Juin, 2009, 19:08:03 »

De Michel Rouche, j'avais lu, il y a des années, son Aquitaine - Des Wisigoths aux Arabes, tout à fait passionnant et qui avait bousculé quelques idées reçues.
« Dernière édition: 01Juillet, 2009, 16:25:46 par Xaramis » Journalisée

Chez Monsieur de C., dans le sillage de Corto ou au Club Série Noire. Mes inspirations rôlistiques sont dans Inspirôle.
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« Répondre #364 le: 28Juin, 2009, 19:32:13 »

Tiens, c'est un bouquin qui me fera de l'œil, alors. De mon côté, j'avais lu son Clovis, il y a aussi quelques années, et c'est parce que je l'avais beaucoup apprécié que j'ai acquis récemment Attila.
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« Répondre #365 le: 30Juin, 2009, 10:04:36 »

Je viens de lire les 2 romans de Mathieu Gaborit dans l'univers de Cadwallon.
Si vous jouez à Cadwallon, allez-y c'est de l'inspi en barre et ça montre bien ce que l'on peut faire de cet univers.
Sinon, je suis pas sur que ca soit vraiment très lisible. Le style est pas désagréable mais c'est loin d'un bordage ou d'un Usher  , mais c'est surtout que les éléments spécifiques au background de cadwallon sont utilisés et pas forcément expliqués.
La naissance d'un inspiré est assez intéressante, même si j'aurais vu ca plus tragique  Cool
Quelqu'un d'autre a lu ?

Le cycle des ombres, Tome 1 : La faille de Kaïber et
Le cycle des ombres, Tome 2 : Les cendres de la colère

dans l'ensemble :
- pour des fans / intéressés de l'univers 4/5
- pour les autres 2/5
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« Répondre #366 le: 30Juin, 2009, 12:44:55 »

"Elle courait le garou" aux éditions José Corti par Claude Lecouteux.

Ca fait un certain temps que je l'avais fini et voulait en parler. C'est tout bêtement un recueil de textes sur les lycanthropes, mais pas que les loups garous de nos contrées on retrouve aussi des tigres-garous et des hommes ours.

L'auteur ou plutôt le compilateur a classé ses textes en plusieurs parties : comment devient-on garou ; les pactes et la magie  ;  les habits, peaux et ceintures ; comment révéler au monde un garou  ; le double et la garou ; délivrer, guérir ou éliminer un garou. On finit par une conclusion et quelques textes originaux.

Je me l'étais fait offrir pour Ynn Pryddein, mais finalement c'est plus pour Solomon Kane ou du fantastique (voire du Qin) que ce livre est une inspiration formidable. A chaque texte on s'imagine comment réagirait des pjs dans ce genre de situation, on a une idée de scénario ou encore ça permet de donner un peu de couleur locale à vos parties historiques avec les croyances de l'époque. Outre l'inspiration ludique, ce livre permet de voir l'importance donné à l'Habit par toutes les sociétés : ce qui nous différencie des animaux dans les textes les plus anciens c'est le fait d'être habillé, la nudité est honteuse car assimilée à l'animal. On remarque aussi la progression du double qui se manifeste pendant le sommeil à la transformation en période éveillée. On voit aussi comment certains récits sont semblables : un loup garou transformé à cause de sa femme infidèle retrouve l'humanité grâce à un roi ; dans un récit on parle du roi Arthur et dans d'autres c'est un roi non identifié (un RNI  ) les fins sont différentes (la femme est épargnée ou mise à mort) mais la structure reste la même.

Bref : c'est un ouvrage fort intéressant que je recommande chaudement (comme toute oeuvre de Claude Lecouteux de toute façon !)
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« Répondre #367 le: 30Juin, 2009, 12:55:47 »

Autre livre : autre message.

Jean Louis Fetjaine : Les reines pourpres; tome 1 : Les voiles de Frédégonde.

L'histoire romancée de Frédégonde par l'auteur de la trilogie des Elfes. Pas de fantasy dans cet ouvrage : mais un un roman historique assez palpitant et qu'on sent documenté lors de l'apparition de petits détails de la vie quotidienne. Ce qui est assez plaisant c'est qu'a part une vague trace de fantastique (mais alors vraiment une goutte dans l'océan) on se régale à suivre les machinations et les frasques de la futur épouse de Chilpéric ainsi que son entourage. C'est bien écrit, il y a du suspens, des détails historiques intéressants et on se laisse prendre au jeu. On retrouve le fameux évêque Prétextat assassiné sur son ordre en 586 et l'auteur donne une autre justification à son meurtre.

Un bon ouvrage qui donnera envie de se refaire du "Avant Charlemagne".
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« Répondre #368 le: 01Juillet, 2009, 09:30:44 »

Ah ! Merci de cette critique, j'hésitais justement à lire cette saga après avoir terminé les Rois maudits. Du coup, je vais me lancer.
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« Répondre #369 le: 01Juillet, 2009, 11:46:17 »

Ah ! Merci de cette critique, j'hésitais justement à lire cette saga après avoir terminé les Rois maudits. Du coup, je vais me lancer.

A ton service.    C'est pas non plus du niveau des rois maudits hein. Quant à moi c'est le bouquin d'Usher sur Attila qui me fait de l'oeil... Bon j'ai juste dix ouvrages à lire avant mais c'est pas grave.
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« Répondre #370 le: 05Juillet, 2009, 22:27:54 »

Un petit coup de pub pour un rôliste qui a écrit un roman situé dans un univers de JDR. Pour être tout à fait franc, je ne l'ai pas encore lu, et Dieu seul sait quand j'en trouverai le temps, mais l'initiative me semble sympathique et on peut télécharger l'oeuvre gratuitement. Du reste, je ne suis que le messager, et je laisse la parole à l'auteur (by the way, il s'agit de Brand sur la Pbm Ambre d'Imhotep) :

Citation
Avis à la population !

Après des mois de correction, de retouches de virgules et de relectures, je suis heureux de vous annoncer l'achèvement d'un bon gros pavé de fantasy qui, je le pense humblement, tient fort bien la route.
Au risque de perdre des lecteurs potentiels, je me dois d'avouer que mon roman prend place dans un univers de JDR.... Hé oui ! ce qui était au départ un petit exercice de style de rôliste graphomane s'est transformé en quelque chose de plus ambitieux.
Bref, « L’héritage de la vouivre » est un roman de style résolument épique et fantastique qui se permet de rapides incursions sur des thèmes politiques et sociaux, ainsi qu’une certaine distance avec son pauvre protagoniste, victime de déconvenues tant martiales, amoureuses que magiques… mais qui n’a qu’une ambition : faire passer un bon moment au lecteur.

Voici donc les liens vers l'objet du délit :

http://www.lulu.com/content/e-book/lh%c3%a9ritage-de-la-vouivre-pdf/7295263
C'est la version pdf au format A4. Pour des questions de mise en page et d'écoresponsabilité, je vous conseille de l'imprimer en 2 pages par feuille, la police est suffisamment grande.


http://www.lulu.com/content/livre-%c3%a0-couverture-souple/lh%c3%a9ritage-de-la-vouivre/5871062
Là, c'est la version luxe papier et, pas de miracle, il faut payer le coût de l'impression et de l'envoi (en gros 26 € tout compris, ce qui est relativement raisonnable pour 731 pages de pur bonheur).


Si je ne gagne rien - hormis des critiques élogieuses forcément -, je vous demanderais comme contribution de diffuser la bonne nouvelle et de copier coller ce message dans les divers forums, blogs ou listes d'amis que vous fréquentez. Mon sens des convenances, ma pudeur et ma fainéantise m'interdisent en effet d'essaimer dans tout le réseau.


Bonne lecture !


Guillaume F.
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« Répondre #371 le: 07Juillet, 2009, 22:01:32 »

Pour préparer avec mon prof un cour sur La Peste, je me suis livré à la lecture de ce classique de Camus durant mon temps libre. Le livre m'a plu dans l'ensemble, l'auteur y fait un étroit parallèle entre le sort des Oranais harassés par la Peste et le sort de l'humanité en général et ce sans effusion idéologique. La narration m'a quelque peu gênée néanmoins, Camus a essayé de fixer une sorte de point de neutralité en distanciant le narrateur de son propre récit; si l'idée eut pu être bonne, je n'ai guère apprécié les passages où le narrateur parle de lui à la troisième personne pour se justifier. Dans l'ensemble c'est un roman qui se lit bien, mais je lui ai préféré L'étranger qui m'avait bien plus impressionné au point de vue stylistique.
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"Et les gens en habits se promènent,
Indécis, sur le gravier,
Sous ce grand ciel
Qui s'étend des collines au loin
Jusqu'aux lointaines collines."

Franz Kafka
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« Répondre #372 le: 11Juillet, 2009, 16:46:51 »

Je viens de terminer Le Déchronologue, de Stéphane Beauverger (Editions La Volte). J'avais acheté le bouquin parce que j'en avais lu beaucoup de bien ici ou là, et j'ai appris il y a quelques jours que nous serions concurrents pour une vanité littéraire. Ce roman m'a pas mal accroché, malgré quelques péchés véniels ; il a en tout cas de solides atouts pour me griller la politesse - et je compte bien débarquer à Nantes muni d'une dague à quillons courbes et de deux pistolets à rouet…

Les premières pages du roman s'ouvrent sur le testament de son narrateur, Henri Villon, flibustier huguenot, qui entreprend le récit de sa vie sur son navire en train de sombrer. Il revient alors une dizaine d'années en arrière ; en 1640, il faisait partie des gentilshommes de fortune approchés par le capitaine Le Vasseur pour conquérir l'île de La Tortue. Ayant donné son accord, il ne participa pourtant pas à la prise de l'île, car un trafiquant de ses amis le mit entre temps en relation avec un certain Fèfè de Dieppe, boucanier à la cervelle cuite et recuite par le soleil des Tropiques, qui le lança sur la piste de mystérieuses maravillas apparues sur les côtes du Yucatan ou de la Floride. Cela semble débuter comme une banale chasse aux trésors, et puis très vite, tout dérape. Le chapitre suivant nous fait bondir au milieu des années 1640, et l'on découvre que les maravillas ont envahi les Caraïbes : le capitaine Villon fait trafic de batteries électriques, il écoute des chansons discordantes sur une boîte à musique, son équipage fait passer du rock à fond pour annoncer l'entrée de leur navire au port, les navires pirates comme les navires espagnols emploient des radios… C'est un dérapage complet, et le récit continue à partir en quenouille quand on réalise que le chapitrage ne suit aucun ordre chronologique, mais bondit en tous sens entre les années 1640 et 1653 - voire au-delà, ou ailleurs.

Le sujet choisi par Beauverger est génial : il imagine qu'un individu, ou une organisation, a inventé le voyage dans le temps, l'a mis en application et a provoqué toute une série de paradoxes temporels qui génèrent des catastrophes en série. Mais au lieu de nous en faire le récit vu par les voyageurs temporels, il aborde son sujet par la bande, en adoptant le point de vue d'un flibustier du XVIIème siècle qui se retrouve le témoin, le profiteur et la victime de cette catastrophe. L'autre originalité du roman, c'est qu'il est déchronologique : les chapitres sont dans un désordre (apparent), même s'ils suivent bel et bien une organisation logique, mais une organisation narrative délibérément distincte de la chronologie. Beauverger aligne ainsi la forme de son récit sur son sujet, ce qui est une jolie démarche littéraire.

Le livre n'est pas exempt de défauts. Beauverger ou ses correcteurs à la Volte auraient dû repasser plus sérieusement un certain nombre d'accords et de conjugaisons fantasques dans la deuxième partie du bouquin… (C'est très bas de pinailler ainsi, d'autant que j'ai moi-même de grosses coquilles à mon actif ; mais ça m'a quand même frappé à la lecture.) Le style du premier chapitre est un peu trop amphigourique à mon goût (ce qui montre que je vois fort bien la paille dans l'œil de mon voisin…  Grin ), mais fort heureusement, le récit se fluidifie rapidement par la suite. Toujours sur le plan du style, j'ai regretté qu'il ne fasse pas assez "grand siècle" ; Beauverger emploie une langue truculente en diable (quoique vraiment distincte de celle que vous savez, comme quoi il existe plein de manières différentes de causer fleuri), mais je le soupçonne de n'avoir été puiser sa manière que dans les récits de mer, et pas assez dans la littérature baroque. Or Villon, son narrateur, est un flibustier qui a de l'éducation (il cite Thomas d'Aquin - ce que j'ai trouvé assez étrange de la part d'un huguenot - et Montaigne), et j'aurais bien aimé lui trouver quelques tournures à la Théophile de Viau, à la d'Aubigné ou à la Corneille.

Ceci dit, ces réserves sont peu de choses en regard des qualités du livre. Ce roman foutraque, issu de la collision entre X-Files et les récits de flibuste, associe avec le plus grand bonheur des thématiques improbables. On y croit, à ces Espagnols qui tirent à vue sur des Burbujas (des OVNI ?…), à ces bouges de pirates éclairés par des groupes électrogènes, à ces boucaniers qui essayent de refourguer des stocks de CD hardcore et des tubes de quinine, à ces indiens Itza qui reconquièrent leur territoire armés de fusils d'assaut… Quant à Villon, on finit par s'attacher à lui ; à la différence de qui vous savez, c'est un dur au cœur tendre. Mais comme il passe les deux tiers du roman complètement imbibé, y compris (et surtout)  quand il s'agit de faire parler la poudre, on éprouve pour lui l'affection qu'on aurait pour un personnage rabelaisien,  d'autant que ses embardées d'ivrogne collent assez bien au chapitrage déchronologique. La rencontre entre SF, flibuste et bouteille donne même des pages jouissives. Par exemple, Villon essaie de se justifier auprès du gouverneur Le Vasseur pour une rixe au cours de laquelle il a failli tuer un des officiers de La Tortue : Villon jure et tempête qu'il n'était pas saoul ; le gouverneur appuie alors sur le bouton d'une maravilla, et le gentilhomme de fortune s'entend lui-même beugler des insultes et des jurons de pochard, à sa grande honte - découvrant par la même occasion l'usage déloyal qu'on peut faire d'un micro.

Très réjouissant !
« Dernière édition: 11Juillet, 2009, 19:27:25 par Usher » Journalisée
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« Répondre #373 le: 11Juillet, 2009, 18:26:12 »

Voilà qui donne envie de lire ce roman ! Il n'est pas du tout impossible que je l'emporte dans mes bagages pour mes prochaines vacances.
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Usurpateur à l'ananas


« Répondre #374 le: 11Juillet, 2009, 20:03:53 »

Je sors de deux ouvrages de S. Zweig plutôt décevants, sa biographie de Marie-Antoinette et Le Combat avec le Démon, essai sur trois écrivains et penseurs à la manière des Vies Parallèles.

Le Marie-Antoinette n'est pas un livre d'histoire, bien qu'il se présente comme tel : il s'agit d'une biographie romancée et, en conséquence, armée par les ressorts de la tragédie. La mise en place du drame donne lieu à de belles pages, voire à des éclats de lumière soudains sur la personnalité de la Reine. Mais la téléologie du désastre domine tellement l'ouvrage qu'elle occulte une grande partie des faits et appauvrit le propos. En outre, comme le but avoué n'est pas d'écrire un roman historique, mais bien une biographie, la fiction est bridée - elle ne vient pas transfigurer l'histoire, hormis dans quelques (trop) rares passages. Le résultat final est donc un livre mi-chou mi-chèvre, agréable à lire, instructif, mais ni savant, ni inspirant. Dommage !

Avec Le Combat avec le Démon, j'ai beaucoup lutté contre ... une envie de jeter le bouquin par la fenêtre. Trois auteurs, Kleist, Holderlin et Nietszche, sont passés à travers une même grille, le trope littéraire du daimon. Le démon, c'est l'enthousiasme, l'inspiration qui saisit et emporte son médiateur, une passion dyonisiaque, à la fois sacrée et autodestructrice. Seulement, cette grille est appliquée sans beaucoup de discernement : autant, elle correspond bien à Nietzsche, autant elle dissout totalement la vie et l'oeuvre d'Holderlin et s'emboîte mal avec celles de Kleist. A cela viennent s'ajouter la répétition de la même chose sur tous les tons de la pédanterie possible et des jugements de valeurs à l'emporte-pièce, qui achèvent de disqualifier le propos. Restent quelques moments fugaces de grande acuité de jugement, mais ils ne suffisent pas à rattraper l'ensemble.

Mon conseil : si vous avez déjà lu des romans ou des nouvelles de Zweig et que vous êtes en manque, vous pouvez. Si vous voulez mieux connaître l'auteur, vous pouvez aussi, mais son journal intime a été publié et il vous en apprendra plus. Si vous n'êtes ni dans le premier ni dans le second cas, descendez dans la librairie la plus proche et prenez-y (même de force) le recueil de nouvelles Amok, c'est une toute autre dimension !
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Le monde ne veut pas de politique. Il lui faut le vaudeville français et la soumission russe à l'ordre établi. Lermontov
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