Les Salons de la Cour

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Peil
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« Répondre #1920 le: 26Septembre, 2019, 15:50:58 »

Je suis actuellement en train de lire Le Cycle des Epées de Fritz Leiber, qu'on m'a présenté comme l'unes des figures majeures de l'Heroic Fantasy, et même si je connaissais depuis longtemps le fameux duo formé par Fafhrd et le Souricier Gris, je n'avais jamais eu l'occasion de me pencher sur son oeuvre. Alors je ne suis pas encore très avancé dans le bouquin (page 181 sur 1770, je lis l'Intégrale) mais je dois avouer que pour l'instant mon avis est mitigé, notamment par rapport au style d'écriture que je trouve un peu pauvret. En fait ça se ressent particulièrement lors des dialogues qui sonnent très amateurs. Après, on ressent quand même qu'il y a un univers foisonnant derrière qui ne demande qu'à être exploré mais c'est moins engageant que ce à quoi je m'attendais. Bon après quand on me dit "fondateur de la [insérer adjectif anglais] Fantasy" mon inconscient fait toujours la comparaison avec Tolkien donc je suis souvent déçu.
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« Répondre #1921 le: 26Septembre, 2019, 21:30:57 »

Les nouvelles sont organisées comment dans l’integrale ? Ordre de parution ou ordre chronologique ?
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« Répondre #1922 le: 27Septembre, 2019, 12:51:00 »

Je ne sais pas, mais voici l'ordre :

1) Epées et démons
2) Epées et mort
3) Epées et brumes
4) Epées et sorciers
5) Epées de Lankhmar
6) La Magie des Glaces
7) Le Crépuscule des Epées
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« Répondre #1923 le: 27Septembre, 2019, 13:05:35 »

L'ordre chronologique classique donc, à priori tu dois être toujours dans le tome 1 ? C'est pas le plus réussi, l'intérêt du cycle se fait plutôt sentir autour des tomes 2 à 4 (avant de s'effondrer de manière spectaculaire, dans les 2 derniers tomes en particulier).




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« Répondre #1924 le: 05Octobre, 2019, 13:36:01 »

Moi qui ai d'habitude beaucoup de mal à accrocher aux bouquins de Stephen King, je viens de terminer Marche ou Crève, qu'un ami m'avait conseillé, et j'ai vraiment trouvé ça excellent. Bouleversant, cynique à souhait et assez terrifiant par moment (dans un registre horrifique très éloigné des créatures cauchemardesques qu'il emploie habituellement. Ici, le monstre est on-ne-peut plus humain... Enfin, "les" monstres). 
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olivier legrand
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« Répondre #1925 le: 05Octobre, 2019, 15:04:10 »

Le style de Leiber, "pauvret" ?  

Il s'agit peut-être d'une question de V.F.

Selon un de mes amis rôlistes (et professeur d'anglais), qui avait comparé la "nouvelle traduction" de chez Bragelonne aux anciennes d'Opta/Temps Futurs/ Pockets (ainsi qu'à la V.O.), elle était très inférieure - et très rabotée.

Ceci explique peut-être cela.


 
« Dernière édition: 05Octobre, 2019, 15:08:11 par olivier legrand » Journalisée
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« Répondre #1926 le: 05Octobre, 2019, 15:52:06 »

Voilà bien longtemps que j'ai lu les aventures de Fafhrd et du Souricier gris, mais je partage la surprise d'Olivier. Dans mon souvenir, le style de Leiber est élégant et orné.
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« Répondre #1927 le: 05Octobre, 2019, 16:09:51 »

Je ne peux que plussoyer.
De mémoire, Leiber possède un style plutôt léché...
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« Répondre #1928 le: 05Octobre, 2019, 19:16:53 »

J'ai un peu zoné sur le web pour voir si d'autres lecteurs partageaient le désappointement de mon ami concernant la nouvelle VF et c'est bel et bien le cas !   Bien que possédant déjà tout en Opta / Temps Futurs / Pockets (et, depuis peu, dans la superbe VO des années 90 avec les couvertures de Mignola  ), j'ai acheté le volume 1 de cette intégrale (dans un moment de "complétisme") mais ne l'ai pas lu : j'essaierai demain de poster des un ou deux extraits en VO et dans les deux VF, histoire de comparer...

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« Répondre #1929 le: 09Octobre, 2019, 08:52:30 »

Dans la préface d' Epées et démons, Fritz Leiber laisse entendre lui-même que ses premières ébauches n'étaient pas très réussies. Passionnante, d'ailleurs, cette préface, entre autres sur les relations entre Leiber et Lovecraft. Cette discussion a du bon : je vais un peu retourner à Lankhmar…  

Au rayon des relectures, j'ai relu un livre autrement tragique, et pourtant étrangement lumineux, les jours derniers. Pour des raisons purement scolaires, j'ai rouvert Le Grand voyage, de Jorge Semprun. Pour mémoire, Semprun était un jeune exilé "rouge espagnol" qui, après des études secondaires à Paris, était entré très tôt dans la Résistance : il a fait partie de la manifestation du 11 novembre 1940 à Paris (à 17 ans), où il a eu une première expérience d'un accrochage avec l'armée allemande, et il est entré rapidement aux FTP où il a été détaché dans une branche de l'organisation Buckmeister (dépendant directement du SOE britannique). Il réceptionnait les parachutages d'armes en Bourgogne et les répartissait entre les maquis, jusqu'au jour de septembre 1943 où il est tombé entre les mains de la Gestapo. Incarcéré, torturé, il est finalement déporté à Buchenvald fin 1943.

Le Grand Voyage est le récit de cette déportation. Ce bouquin est tout bonnement extraordinaire parce que ce n'est pas exactement de la littérature de témoignage mais un roman autobiographique qui permet au lecteur de vivre la déportation avec Gérard. (Gérard Sorel était le nom de guerre de Semprun dans la Résistance.) Les qualités de composition narrative (avec une structure "spiralaire", bien avant les tocades pédagogiques de l'Education nationale), l'humanité exprimée par les dialogues et le récit, la question de la liberté et de l'aliénation non seulement des déportés, mais aussi des Allemands, et l'extraordinaire capacité de résilience de Semprun font de ce livre un bouquin incontournable. Mieux encore, alors que ce texte est vraiment terrible, on en sort pourtant avec un sentiment d'espoir parce que l'auteur a résisté à l'aliénation. Semprun fit partie des déportés qui se soulevèrent en 1945 et libérèrent le camp peu avant l'arrivée de l'armée américaine. Il était de ces "squelettes en armes" qui marchaient sur Weimar et furent arrêtés en douceur par les premier GI's après avoir fait sauter un dernier blindé allemand au panzerfaust. Pendant presque tout le livre, on sent l'énergie qui a permis au jeune résistant de ne pas plier.
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« Répondre #1930 le: 18Octobre, 2019, 16:20:42 »

J'ai relu Epées et démons de Fritz Leiber dans la collection Temps futurs chez Pocket ; je ne sais pas si c'est dû à la traduction de Jacques Parsons, mais c'est vrai que le style pique parfois les yeux.
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« Répondre #1931 le: 19Octobre, 2019, 05:37:57 »

Pour avoir commencé à relire le Cycle en V.O., pour moi , c'est clairement un problème de traduction. Les vieilles VF Opta / Temps Futurs / Pockets "faisaient le job" mais restent typiques d'une époque où la traduction des oeuvres de SF et de fantasy était prise un peu à la légère (rappelons-nous, notamment, quelques superbes faux-sens / contresens dans les oeuvres d'auteurs comme Lovecraft, Jack Vance ou même William Gibson - si vous y tenez je vous retrouverai les exemples)... je ne sais pas non plus si vous avez essayé de relire du Elric de Moorcock en VF mais certaines nouvelles semblent parfois à la limite du lisible -- ce qui est quand même beaucoup moins le cas en VO. (même si, à mon humble avis, le style de Leiber est beaucoup plus riche et original que celui de Moorcock - mais bon, les goûts et les couleurs... )

Le Cycle de Leiber mériterait une nouvelle traduction, "à la hauteur", comme ce qui a été fait pour les oeuvres d'Howard... mais dans ce cas, la "nouvelle traduction" proposée semble avoir plus fait le choix d'une espèce de "nettoyage" ou de "remise en forme", alors que le style de Leiber dans le Cycle des Epées, tantôt ironique, tantôt percutant, tantôt épique, tantôt picarsque, regorge d'énormément de nuances... et c'est ce qui en fait la richesse.

Pour en revenir à Howard, les nouvelles VF sont évidemment supérieures aux VF "historiques" de François Truchaud mais dans l'ensemble, celles-ci parvenaient tout de même à bien voire très bien capturer le style et la "voix" howardienne... C'est pour ça, par exemple, qu'après des dizaines de relectures en VO ou en VF "révisée", je peux quand même relire avec plaisir tel ou tel récit d'Howard dans sa VF Néo.

Sans généraliser, je dirais qu'Howard (comme par exemple Jack Vance) a une voix, un ton de narration très reconnaissable et emblématique: à partir du moment où le traducteur réussit à "entrer" dans cette voix, à en comprendre la rythmique, le ton, les intentions etc., bref à en saisir la couleur et la musique, c'est gagné... mais le Leiber du  Cycle des Epées a une voix beaucoup plus complexe, ce qui n'est guère étonnant. Rappelons-nous quand même que l'écriture de ces nouvelles s'étalent sur près de CINQUANTE ANS... et que, dès le début, le Cycle se pose sur un double-exploit majeur, un grand écart sans précédent et, à ma connaissance, sans équivalent depuis : d'un côté, Leiber a défini les codes du sword & sorcery (l'appellation est même de lui), de l'autre, dès le début, il subvertit ces codes et les décale, joue avec etc. Dès le début, il est capable d'ironiser sur le genre qu'il est, par ailleurs, en train de créer et d'être à la limite de la parodie ou de la déconstruction alors même qu'il écrit des textes fondateurs dudit genre. Certaines conversations décalées entre Fafhrd et le Souricier donnent parfois l'impression d'avoir été écrites aujourd'hui, avec un regard désabusé sur ce qu'on pourrait appeler "l'ordinaire des héros de sword & sorcery".... sauf que quand Leiber imagine ces conversations, le décalage historique n'existe pas encore !  C'est comme Audiard sur "Les Tontons Flingueurs" - un film qui parodie et déconstruit la série noire... alors que celle-ci est un genre encore tout récent dans le cinéma français. Sans le recul de 20-30 ans que suppose normalement un tel décalage - comme on peut le voir par exemple chez Tarantino ou dans une série comme Stranger Things.

(désolé pour la digression - j'espère que ce n'est pas trop nébuleux)

Un exemple plus précis ?  Fafhrd. Un barbare "civilisé", atypique, qu'on peut évidemment considérer comme une sorte d'anti-Conan, conçu pour retourner un cliché - et ça marche... sauf que quand le personnage de Fafhrd est créé, ce "cliché du barbare de fantasy" n'en est PAS un. Il n'existe pas. Il n'y a que Conan; Kull et quelques autres, qui ne sont pas encore devenus des clichés - ce processus sera amorcé dans les années 60 avec les pastiches de Carter et de Camp, les BD Marvel Comics où John Buscema dessine un Conan perpétuellement torse nu et en pagne etc. Une réduction progressive du personnage qui ira jusqu'à la caricature... mais à ce moment-là, ça fait déjà longtemps que Fafhrd a été créé et qu'il fait déjà figure de contrepoint ironique au stéréotype du "gros barbare".

C'est pour cela que, dans sa globalité, le Cycle reste une oeuvre vraiment visionnaire, à l'échelle de la fantasy en tant que genre.
« Dernière édition: 19Octobre, 2019, 07:27:11 par olivier legrand » Journalisée
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« Répondre #1932 le: 23Octobre, 2019, 12:29:03 »

je ne sais pas non plus si vous avez essayé de relire du Elric de Moorcock en VF mais certaines nouvelles semblent parfois à la limite du lisible -- ce qui est quand même beaucoup moins le cas en VO. (même si, à mon humble avis, le style de Leiber est beaucoup plus riche et original que celui de Moorcock - mais bon, les goûts et les couleurs... )

Je n'ai pas encore lu Leiber, mais dans le cas de Moorcock, les traductions étaient horribles alors que la VO montre une bonne plume.
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« Répondre #1933 le: 27Octobre, 2019, 16:32:50 »

(Je change complètement de domaine)

Pour ceux que ce genre de questions intéressent, je ne saurais que trop vous recommander la lecture du récent Le Diable dans la Pensée Européenne de Kurt Flasch - c'est très érudit, très pointu et très éclairant.

Pour une fois, l'étude laisse de côté les croyances populaires etc. (il y a déjà plein de bouquins sur le sujet) pour s'intéresser au concept du Diable et à des notions comme le Mal etc. chez les théologiens - avec notamment des choses assez fascinantes sur les croyances de Saint-Augustin et sur les acrobaties intellectuelles (on va appeler comme ça - j'ai hésité avec contorsions dialectiques...) effectuées ensuite par Thomas d'Aquin pour que tout ait l'air de coller à peu près, alors qu'en fait non...    Il y a aussi tout une analyse de questions qui ont tourmenté les théologiens d'autrefois (et qui ont beaucoup plus d'impact sur l'histoire religieuse qu'on ne pourrait le penser de prime abord) : si le Diable a un corps, de quoi est-il fait ?  Les flammes de l'Enfer sont-elles un feu physique ou non ?  Ca n'a l'air de rien mais à la lecture on s'aperçoit que ces questions, qui auraient tendance à nous faire sourire (dans le même registre que celle du nombre d'anges pouvant danser sur une tête d'épingle) et les réponses que certains y ont apporté (ou non) ont eu d'énormes conséquences sur notre histoire culturelle.
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« Répondre #1934 le: 27Octobre, 2019, 18:56:15 »

Si tu as aimé ce livre, je te conseille - à moins que tu ne l'ais déjà lu - le Satan hérétique d'Alain Boureau sur la naissance de la croyance dans une anti-église et donc dans un complot satanique.
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