Les Salons de la Cour

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Pan Paniscus
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« Répondre #30 le: 19Décembre, 2007, 11:03:24 »

En parlant des "aventuriers de la mer", sont-ils tous sortis en poche et en VF ?
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Loris
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« Répondre #31 le: 19Décembre, 2007, 11:05:54 »

Je viens de finir (170 pages, donc rapidement) :


Une petite novella vraiment pas mal du tout, sur l'âme dans la machine et le statut spirituel des uploads. Un début un peu longuet, mais après les discussions sont assez amusantes, même si je doutes qu'elles résistent 20s à la lecture d'un vrai théologien.

Loris.
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"Bref, moi qui ait été élevé avec la fausse croyance que Tolkien avait écrit la bible de la fantasy, je découvre une fois de plus que c'est faux. Howard, Lovecraft et Lieber sont les vrais apôtres du genre. Ceux qui prétendent le contraire sont des hérétiques." ~ Cédric, de Hugin & Munin
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« Répondre #32 le: 23Décembre, 2007, 14:25:15 »

ça a l'air super comme bouquin. dommage que tu n'aies pas posté une semaine plus tot, je me le serait fait offrir à Noel et livrer dans ma lointaine allemagne ...
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[W.I.P.]De la weird Fantasy à Londres en 1814, motorisé par into the odd
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« Répondre #33 le: 24Décembre, 2007, 04:27:09 »

J'ai commencé kingdom of fear de Hunter S Thompson (Fear & Loathing In Las Vegas). Comme d'habiude le style est au rendez vous.

Loris.
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« Répondre #34 le: 24Décembre, 2007, 13:15:09 »

Je commence Armance de Stendhal et je viens de finir le tour d'écrou de Henry James.

Le tour d'écrou est un super roman fantastique ou le lecteur peut opter entre une interprétaion rationnelle et surnaturelle. (On retrouve la même chose dans une nouvelle de Théophile Gautier La morte amoureuse parue plus tôt dans le siècle.). Le tour d'écrou a notamment inspiré Les autres le film de Amenabar. (J'ai un doute sur l'orthographe du nom). En tout cas c'est le fameux film avec Nicole Kidman.
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Il n'était pas ailier, il n'était pas pilier, il nétait pas talonneur, il n'était pas entraineur... Mais alors qui était-il ?
Il était un petit navireuh ! il était un petit navireuh ! qui n'avait ja ! ja !  jamais navigué ohé ohé !!!!
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« Répondre #35 le: 30Décembre, 2007, 23:05:23 »

Je suis à la moitié de Storytelling : la machine à fabriquer des histoires et formater les esprits

Et je suis mitigé. Le postulat de départ est intéressant, il explique comment on est passé des produits aux marques, des marques aux logos, des logos aux histoires. En terme de pub, en gros, on souhaite non pas vous accrocher au logo, mais vous faire croire qu'en consommant le produit vous serez part de la belle histoire que papy Nikidasirgin s'est inventée. Puis comment le storytelling est devenu une méthode de management, et, enfin, comment le fait de raconter de zoulies histoires est devenu la clef de tous les échanges (imposition, aussi) d'idées à l'heure actuelle.

Ca c'est le postulat. L'auteur se perd dans ses exemples, se noie dans ses citations. Ses propos restent intéressants mais passent souvent plus de temps à critiquer les gourous du management (un chapitre entier) qu'à critiquer ce qu'il présente, c'est à dire l'utilisation du storytelling pour convaincre à tous niveaux de la société (possession/construction de WMD pour envahir l'Irak/l'Iran, avec tes baskets tu feras partie de ceux qui défient la gravité, la croissance n'a pas de limites physiques, quand tu téléphones à un Call Centre ce sont bien des gens de ton pays qui te réponde).
Il présente les techniques mais ne tire jamais de conclusion, et sur la centaine de pages (sur 250) que j'en ai lues, ça finit par lasser. Je le finirai, mais sans trop forcer.

Loris.
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« Répondre #36 le: 31Décembre, 2007, 00:29:15 »

C'est marrant cette histoire de Storytelling.

Ca rejoint des choses que j'écrivais il y a bientôt cinq ans au sujet du mythe comme récit organisé et sacré, en prélude à une réflexion sur le rôle des écrivains ouzbeks dans la diffusion du mythe de Staline sur leur territoire et dans sa transformation.

J'écrirais ça différemment aujourd'hui, ce serait sûrement moins embrouillé, mais l'idée que le mythe n'est pas seulement un mensonge, mais un récit était développée :

[...] Il ne s’agira pas ici de l’entendre [le mythe] comme le récit d’une origine, ainsi que le comprennent les anthropologues et les ethnologues, qui suivent en cela la définition de Mircea Eliade, pour qui le mythe « raconte comment, grâce aux exploits des Etres Surnaturels, une réalité est venue à l’existence » . Pourtant, si cette définition ne peut entièrement convenir à l’étude d’un mythe politique, on ne saurait se limiter à la définition du mythe comme récit inventé, mystification et travestissement de l’histoire réelle. Certes, cette composante existe, mais, à l’instar du mythe des origines, le mythe politique a en son coeur un récit, qui relève du sacré autant que de l’irrationnel. Revenant à la définition donnée par Eliade, l’on comprend que le mythe est pour l’homme le moyen d’appréhender son histoire comme relevant d’une surnature, de forces cosmiques supérieures avec qui, par le seul rappel du mythe, il est en contact permanent. Ce récit du mythe inscrit l’homme dans une transcendance au surnaturel, idée qui rejoint les réflexions sur les religions politiques de la fin des années trente. Cette transcendance fait du mythe une histoire sacrée, ce qui lui donne une force de mobilisation sans équivalent, pour peu qu’on y adhère. Ainsi le Zybine de La Faculté de l’Inutile de Dombrovski pouvait-il s’écrier : « Il suffirait, bien sûr, de croire aux discours du guide. Tout y est dit. “La vérité est là, raconte le directeur. Si nous y croyons, nous vaincrons”. Ils y croient, eux. Ils ont la foi qui fait marcher les montagnes et tomber les places fortes. Où pourrais-je me la procurer ? Seigneur, assiste moi dans mon incroyance !… » [...]
« Dernière édition: 31Décembre, 2007, 00:47:35 par Macbesse » Journalisée

Le monde ne veut pas de politique. Il lui faut le vaudeville français et la soumission russe à l'ordre établi. Lermontov
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« Répondre #37 le: 31Décembre, 2007, 12:50:48 »

C'est en gros la "théorie" du Storytelling, qui va jusqu'à donner des utilisations pratiques actuelles similaires à celles du mythe ancien ou de la fable de Lafontaine.

Loris.
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« Répondre #38 le: 31Décembre, 2007, 13:03:45 »

Du copp, ça m'intéresse. Il a des développements sur le sacré ou pas ? (les religions politiques, c'est un peu mon fond de commerce, et tout ce qui peut s'y rapporter m'intéresse).

Soit dit en passant, il me semble (en fait j'en suis sûr) que l'idée du mythe politique comme récit avait été développé par Raoul Girardet dans Mythes et Mythologies politiques, dans lequel il développait des exemples précis : la théorie du Complot, le Retour du Roi, et d'autres que j'ai oublié. Ce n'était pas inintéressant : son postulat était que le mythe était une grille de lecture totale du monde, et qu'il était d'autant plus puissant que l'individu avait l'impression de perdre pied face à sa complexité. Le mythe serait, pour lui, une sorte de confort intellectuel permettant de tout expliquer à moindres frais.

Attention, la pensée de Girarder (comme celle que tu cite, j'ai l'impression), est déconnectée des soubassements sociaux, économiques et politiques, ainsi que des médias du mythe. Ca me gêne un peu aux entournures.
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« Répondre #39 le: 31Décembre, 2007, 13:18:47 »

Tu reste trop focalisé sur le mythe et l'ancien, amha.

Le storytelling, c'est le fait de raconter une histoire inventée dans le but d'obtenir quelque chose. Par exemple, la jolie histoire du vilain dictateur qui possédait des armes de destructions massive. Objectif : faire une guerre, Irak. Ou la jolie histoire du vilain dictateur qui voulait fabriquer des armes nucléaires. Objectif : l'Iran.
Etc.

On compare pas l'actualité à des vieux mythes, vieux mythes qui sont exactement le même genre d'histoires à objectif sous jacent de l'époque. Ici, on fabrique un mythe et on y fait adhérer les auditeurs. On utilise le pouvoir du conte pour exploiter, tromper, vendre, etc.

C'est d'ailleurs loin d'être une théorie, puisque les gourous de management les plus chers vendent cette technique depuis 10 ans pour un prix (global) d'un peu moins de un milliard de dollars, que Bush s'en est servie, Sarko aussi, les entreprises de même.

La belle histoire du coureur qui va super vite parce qu'il a des Nike aux pieds ? Alors que les reportages sur les gamins de 8 ans qui cousent les baskets dans les pays du tiers monde (cf. The Big One) ont abondé, la marque n'a pas coulé. Et c'est grâce au fait de s'être inventé de belles histoires qui ont permis d'enterrer le coté immonde de la marque.

Tous nos politicards s'en servent depuis bien longtemps. Ils ont compris la puissance du conte et s'en servent. Là où le petit chaperon rouge apprenait aux enfants la prudence (dans les versions d'origine), ils nous inventent de jolies histoires de patrons héroïques tristement écrasés par les vilains impôts injustes, etc.

Le tout est dans la façon de raconter.
Loris.
Ps : à la relecture je trouve mon message un peu colérique. Puisses-tu m'excuser, ce n'est pas l'effet recherché.
« Dernière édition: 31Décembre, 2007, 14:12:36 par Loris » Journalisée

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« Répondre #40 le: 31Décembre, 2007, 13:43:39 »

Vous m'excuserez mon prosaïsme réducteur, mais la théorie du storytelling, ce n'est pas une réinvention de l'eau chaude ?

Il y a un mot tout bête pour décrire tout cela : la mystification.

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« Répondre #41 le: 31Décembre, 2007, 13:49:52 »

Oh oui, c'est pas vraiment récent*. Appelle ça comme tu veux (le mot anglais m'a gonflé tout le long du livre, me faisant penser à Vampire et son système de jeu). Ce qui est plus récent, c'est un certain nombre d'applications en entreprise. Le glissement du produit à la marque, de la marque au logo, du logo au conte, par exemple.

Bref, c'est un bouquin que je trouve trop lég'. Pour aller plus loin, y'a un bouquin dirigé par Eddie Soulier** intitulé Storytelling qui a l'air plus sérieux. Mais j'ai pas le courage de le lire, car le sujet me passionne pas. J'attendais autre chose du premier livre, déjà.

Loris.
* : généralement, les gourous du management ne sont guère différent de télévangélistes qui vendraient de l'eau tiède.
** : que j'ai rencontré, en tant que prestataire, sans savoir. C'est assez amusant d'avoir ici retrouvé son nom.
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« Répondre #42 le: 31Décembre, 2007, 17:46:49 »

Il y a un mot tout bête pour décrire tout cela : la mystification.

Je préfère la mythification, je trouve ça intellectuellement plus fécond - la mystification est une réduction du phénomène au mensonge, et le storytelling une réduction à la construction d'un récit. Le concept de mythification, non content de faire la synthèse des deux, y ajoute la sacralité.
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« Répondre #43 le: 31Décembre, 2007, 18:12:46 »

Il y a un mot tout bête pour décrire tout cela : la mystification.

Je préfère la mythification, je trouve ça intellectuellement plus fécond - la mystification est une réduction du phénomène au mensonge, et le storytelling une réduction à la construction d'un récit. Le concept de mythification, non content de faire la synthèse des deux, y ajoute la sacralité.

Question de point de vue : je préfère bien souligner l'escroquerie. 

Soit dit en passant, l'Oriflamme est un très bel exemple de mystification/mythification politico-religieuse avec des intérêts bassement financiers sous-jacents… (J'y pense parce que je suis en pleine lecture de la bio de LouisVI le gros et de ses relations avec le bon abbé Suger.)

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« Répondre #44 le: 31Décembre, 2007, 19:03:16 »

Ah oui, j'oubliais, pour storytelling, en français, on a "affabulation", c'est aussi bien. (si on prend l'éthymologie, fabula = récit)
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