Les Salons de la Cour

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Auteur Fil de discussion: Du choix des œuvres de première  (Lu 273 fois)
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Usher
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« le: 02Juin, 2019, 09:57:11 »

Je fais une bouture depuis le fil Votre livre de chevet pour une conversation qui s'écarte du sujet :

J'ai déjà fait étudier en œuvres complètes Les Nouvelles orientales en seconde et Anna, soror… en première, ainsi que des extraits tirés de Feux et de L'Œuvre au noir.  Cela a toujours très bien marché – bien qu'Anna, soror… m'ait valu des chicanes avec des parents d'élèves révoltés que l'on puisse faire étudier un roman parlant, avec quelle délicatesse, d'un amour incestueux. Reste qu'il existe un abîme entre l'accessibilité de ces œuvres et les Mémoires d'Hadrien.

Malheureusement, avec le nouveau programme de première, c'est les Mémoires d'Hadrien , La princesse de Clèves ou Le rouge et le noir. Point barre. Les parcours associés sont imposés en fonction de l'œuvre étudiée, ne laissant qu'une marge de liberté pédagogique très réduite aux enseignants. Assez bizarrement, la macronie libérale possède une conception autocratique de l'éducation…  

Mais ce sont 3 livres de 3 époques différentes, 1 du 20e, 1 du 19 et 1 du 18e siècle. Ça veut dire que le prof fait l'impasse sur les littératures des autres époques que celle du livre qu'il choisit ?
Sinon tu ne peux pas choisir un livre différent suivant la classe de 1e ? Par exemple des élève d'une 1e littéraire avec option latin et / ou grec ont plus de chances d'avoirs des références à la culture classique. Et sont plus susceptibles d’apprécier les Mémoires d'Hadrien que des élèves d'une autre 1e.
Pour le coté autocritique, ça se contourne. Mais ça demande une mentalité de cancre.

Oui, ce sont trois livres de trois époques différentes. D'une part, on peut élargir le champ en étudiant des œuvres appartenant à d'autres époques dans les autres genres du programme. D'autre part, il est illusoire de se dire qu'en 120 heures de cours, on peut couvrir toute l'évolution de la littérature française. Que les textes étudiés soient définis par le ministère ou par les enseignants, le problème reste sensiblement le même.

Choisir un livre différent selon la classe de première ? Sur le papier, c'est faisable. Dans les faits, il y a deux écueils. D'abord, les sections sont supprimées. Il est donc impossible de savoir quel est le profil de ses classes avant la rentrée. De plus, varier les œuvres étudiées selon les classes est bel et bon sur le plan pédagogique, mais cela multiplie aussi par deux (ou plus) le travail de préparation… Quand on a tous les programmes du lycée à refaire pour cause de réforme, voilà une initiative sympathique…

Quant au contournement de la lettre des programmes, je m'en abstiendrai. D'une part, dans notre lycée, nous avons la chance de recevoir une formation aux nouveaux programmes délivrée directement par les IPR. Qui nous reconvoqueront en automne. Et qui viendront sans doute faire une évaluation de la façon dont nous appliquerons leur double langage. (Car s'ils relaient les instructions du ministère, ils préconisent aussi des pédagogies contradictoires avec l'esprit du programme, qui traduisent leur opposition sourde à la réforme. En tant que profs, démerdez-vous avec cette double contrainte.) Mais ce n'est pas vraiment cette délicieuse absurdité, si typique de la maison, qui me dissuade de prendre des chemins de traverse. Non : c'est le bien des élèves. Car à l'écrit, les candidats n'auront plus le choix qu'entre deux sujets : soit un commentaire, soit une dissertation portant sur une des œuvres imposées par le ministère. Si je me mets à étudier autre chose, je contrains mes élèves à ne traiter que le commentaire ou à s'exposer à une catastrophe s'ils choisissent la dissertation.

En résumé : politique autocratique du ministère relayée de façon un brin kafkaïenne par des IPR réticents.
« Dernière édition: 02Juin, 2019, 10:03:14 par Usher » Journalisée
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« Répondre #1 le: 05Juin, 2019, 17:00:58 »

T'aurais pu le dire que c'était idiot ce que j'avais écrit. Ma femme, qui a été prof de lettre en lycée pendant une 20aine d'années, me l'a fait remarqué.
Je pensais à un choix différent parmi ceux obligatoires suivant les classes. J'avais juste pas pensé que ça multiplierais le boulot pour le prof. Dans un monde idéal ça aurait pu être une idée pas si nulle. Mais ce n'est pas un monde idéal donc c'est une idée à la con.
Je trouve normal que le choix de certaines œuvres littéraires étudiées soit fait par le ministère. Ça correspond au principe d'une base d'enseignement identique quelque soit l’établissement publique. Par contre qu'on impose aux profs la méthode pour faire étudier ses œuvres par les élèves me choque. Ça me semble de l'autoritarisme au mépris du bien des élèves.

Citation
En résumé : politique autocratique du ministère relayée de façon un brin kafkaïenne par des IPR réticents.
Jolie définition de l'éducation nationale. Grin
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« Répondre #2 le: 07Juin, 2019, 09:55:35 »

En résumé : politique autocratique du ministère relayée de façon un brin kafkaïenne par des IPR réticents.

J'ai l'impression que c'est devenu le mode de fonctionnement par défaut...
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Le monde ne veut pas de politique. Il lui faut le vaudeville français et la soumission russe à l'ordre établi. Lermontov
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