Les Salons de la Cour

18Septembre, 2019, 22:35:36
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Auteur Fil de discussion: CR de parties: Campagne "La Parure de Mars"  (Lu 12214 fois)
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Sakutaro
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« le: 05Février, 2018, 12:19:35 »

Je posterai ici les CR de la campagne qui occupera ma seconde table.

Les PJ sont au nombre de 4: un bretteur, une courtisane, un médecin de campagne (figure créée par mes soins), une collectionneuse de curiosités (figure créée par mes soins)

Le premier scénario s'intitule Le Baron La Poisse et se déroule au Havre.

La campagne commence samedi.
« Dernière édition: 06Février, 2018, 09:40:47 par Sakutaro » Journalisée
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« Répondre #1 le: 12Février, 2018, 10:41:35 »

La Parure de Mars

Chapitre 1: Le Baron "La Poisse"

Les Présentations

Félicité Dupré regardait sa dernière acquisition, un "squelette de Loup-Garou". Elle le trouvait bien fait même si en y regardant bien, certains points de colle étaient apparents. Elle avait reçu le matin même une missive signée de la main du Comte Edouard de Picarel l'invitant, sur ordre du Roi, à se rendre à l'auberge du Normand Rieur au Havre dans les plus brefs délais. Rendez-vous lui était donné le 8 avril 1716 à 19h. Ses valises étaient prêtes. Elle jeta un dernier regard à son cabinet de curiosités, prit sous son bras un petit pot de terre cuite fermé d'un couvercle duquel semblait provenir comme un léger sifflement et quitta son domicile, direction Le Havre.

Elle portait encore le deuil récent de son mari, décédé dans des conditions plus que suspectes. Des rumeurs allaient bon train à ce sujet mais Félicité donnait le change en veuve éplorée. Sur le trajet, ses mains gantées de noir tapotaient distraitement le pot de terre cuite.

Elle arriva devant l'auberge sous une forte pluie. Elle fut accueillie à l'entrée par un homme noir en livrée de valet. Il était grand et athlétique.

- Madame le Comte vous attend à l'intérieur.

La voix était monocorde et grave, le regard froid et dur. Les escarpins boueux et la robe mouillée, Félicité entra dans la taverne. À sa grande surprise, l'endroit n'était pas aussi crasseux qu'elle ne l'imaginait. Au contraire, il semblait très propre et les serveuses étaient beaucoup moins dévêtues que ce qu'elle aurait pu penser. Bref, sans aller jusqu'à dire que l'endroit était convenable, il n'était pas déshonorant.

L'homme noir la conduisit à une table à laquelle se trouvaient déjà six personnes. Un homme se leva. Lourdement poudré, perruque à la mode, vêtements voyants, le Comte de Picarel s'inclina de façon prolongée devant Félicité en lui baisant la main de manière appuyée.

- Madame, il ne manquait plus que vous. Quelle joie de vous avoir à ma table, je commençais à craindre que vous ne répondiez défavorablement à mon invitation. Comte Edouard de Picarel, pour vous servir.

Il parlait fort, mais d'une voix mielleuse. Ses manières étaient précieuses, on aurait pu les qualifier de féminines. Il invita Félicité à s'assoir et envoya Célestin commander à boire pour la tablée. Félicité ne put s'empêcher de remarquer que le Comte était très tactile avec son valet. Un rapide tour de table lui permit d'identifier deux hommes. L'un à la mise de docteur et l'autre habillé des vêtements typiques de l'homme prêt à dégainer l'épée à tout moment. Le premier avait une petite cinquantaine d'année et avait laissé poussée une barbe grise tout à fait atypique. Il était accompagné d'une jeune fille dont Félicité ne parvint pas à saisir la qualité de prime abord. Le bretteur quant à lui était fort bel homme et semblait avoir les yeux baladeurs de celui qui jauge l'ensemble de l'assistance féminine d'un lieu afin d'y sélectionner ses proies. Félicité connaissait trop bien ce genre d'hommes. Elle espérait que les marques évidentes de son deuil la tiendraient à l'abri de ses ardeurs.

En face d'elle se tenait une très jeune fille, qui pour sa part ne semblait pas indifférente à l'épéiste. Richement vêtue, elle était jolie mais un mépris relatif semblait transparaître de ses attitudes. Elle était accompagnée d'une dame d'un certain âge, sèche comme un été en Afrique. Cette dernière pinçait les lèvres constamment et semblait avoir un dégoût profond pour le séducteur de la tablée. Félicité l'identifia comme la chaperonne de la jeune fille en voyant les regards courroucés qu'elle lançait à l'épéiste.

Le Comte l'interrompit dans ses observations.

- Chers amis, je vous remercie chaleureusement d'avoir répondu à mon appel. Que dis-je à l'appel du Roi! Vous vous demandez probablement pourquoi je vous ai convoqués ici, dans une auberge, aux yeux de tous plutôt que sur mon domaine. C'est que ma foi, les traîtres rôdent, jusque chez moi… Ici au moins je ne connais personne, je me méfie donc de tout le monde!

Le Comte parlait fort. Ce qui surprit Félicité qui pensait que ce qu'il avait à dire nécessiterait le ton de la confidence.

- Avant toute chose, je vous invite à faire connaissance. Je vous en prie, présentons-nous. Comme vous le savez déjà, je suis le Comte Edouard de Picarel, fidèle serviteur de sa Majesté et vous avez déjà rencontré Célestin, mon plus fidèle esclave.

On commença par Félicité qui aborda avec le Comte son cabinet de curiosités et certaines de ses pièces les plus merveilleuses. Le noble parut fasciné et réclama à Félicité une visite prochaine.

Vint le tour du bretteur. Chevalier Sylvain de la Haute Vague, belle homme, sûr de lui. Petite noblesse de bataille. Le Comte le regardait avec insistance, tout comme la jeune noble.

Le Docteur Christophe se présenta ensuite comme Docteur Christophe "Tout-Court", insistant ainsi sur le fait qu'il ne bénéficiait pas du privilège d'avoir un nom de famille ce qui semblait le contrarier. Il était accompagné d'une jeune infirmière espagnole du nom de Lola qui était très discrète. Le Comte ne put s'empêcher de l'interroger.

- Docteur, pardonnez mon indélicatesse, mais on dit que vous fûtes radié de l'ordre des médecins. Sauriez-vous me dire pour quelles raisons?

- Disons que mes pratiques avant-gardistes contredisent les normes académiques…

On termina ce tour de table par Mlle Eli Machiav, jeune noble d'origine italienne, accompagnée de sa chaperonne Marie qui se présenta elle-même sous le regard appuyé du Docteur. Regard qui sembla légèrement troubler sa parfaite sévérité.

« Dernière édition: 06Avril, 2018, 11:55:29 par Sakutaro » Journalisée
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« Répondre #2 le: 12Février, 2018, 12:19:42 »

La Mission

Les présentations effectuées, le Comte se baissa sur la table afin d'adopter le ton du secret.

- Mes amis, si le Roi a souhaité vous réunir sous mon autorité, c'est pour une mission capitale. Je ne vais pas y aller par de multiples circonlocutions. Sa Majesté nous envoie chercher …

Soudainement il se redressa et éclata d'un rire faux et maniéré comme si un bon mot venait d'être fait à sa table puis se rapprocha de la table après un regard rapide à l'ensemble de la taverne. Satisfait de ne pas avoir attiré plus que ça l'attention, il continua ses confidences.


- Je disais donc, sa Majesté nous envoie chercher La Parure de Mars!

Satisfait de son effet, il laissa s'installer un silence.

Félicité l'interrogea.

- La Parure de Mars? De quoi s'agit-il?

Le Comte sourit d'un air entendu.

- Il semblerait qu'il s'agisse d'une pièce de l'armure de l'antique Dieu de la Guerre! Mais nous n'avons aucune idée de ce dont il retourne véritablement.

- Il pourrait aussi bien être question d'un bijou, reprit Félicité.

Le Comte parut enchanté de la perspicacité de la Collectionneuse.

- Selon les informations que nous avons pu récolter, cet objet se trouverait sur une île inconnue au large de l'Irlande. Nous devons donc nous rendre à Bantry dans les plus brefs délais pour y glaner des informations auprès de notre contact sur place. Sachez par ailleurs que d'autres groupes comme le nôtre ont été missionnés par sa Majesté afin de partir à la recherche d'objets mythiques…

- Avons-nous un bateau? S'enquit Félicité.

- Vous êtes, Madame, forte avisée de poser la question. Il vous faudra dès demain vous rendre à la capitainerie et nous trouver un vaisseau partant dans les meilleurs délais. Célestin vous accompagnera et tiendra les cordons de la bourse… Mais, s'il-vous-plait, cessons maintenant cette discussion, nous allons paraître suspects. Que diriez vous, très chers d'une petite partie de Breland!

La partie de carte se déroula dans une ambiance agréable. Le Comte précisa qu'il avait pris à sa charge des chambres à la taverne pour les aventuriers présents. Il s'excusa de n'avoir prévu de chambres pour Marie et Lola et précisa dans un soupir feint.

- Je dois moi-même partager ma couche avec ce bon Célestin. À la guerre comme à la guerre me direz-vous!

La partie de Breland tourna à l'avantage très net du Comte et chacun finit par rejoindre sa chambre.

La nuit fut agréable pour les différents protagonistes bien que le docteur et le Chevalier de la Haute Vague fussent réveillés par des ébats en provenance de la chambre du Comte. Ils ne purent s'empêcher de noter qu'aucune voix féminine ne s'entendit au cours de ce libertinage.
« Dernière édition: 12Février, 2018, 14:15:07 par Sakutaro » Journalisée
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« Répondre #3 le: 12Février, 2018, 13:15:05 »

La Capitainerie, 1er passage

Le Comte attendait ses compagnons autour d'un copieux petit-déjeuner.

Il s'enquit de la nuit de ses camarades. Le Docteur fit une remarque, lourde de sous-entendu sur des bruits entendus dans la nuit. Le Comte goûta fort peu la saillie et adressa des regards courroucés au Docteur le restant de la matinée. En partant, le Docteur tendit un pot d'une crème au Comte en précisant qu'elle pourrait lui être utile, abordant des notions de pénétration qui laissèrent le Comte circonspect. Il remercia le Docteur évasivement et avec méfiance.

Le petit-déjeuner fut agréable. Le Docteur y fit les yeux doux à Marie qui ne savait plus où donner de la tête, constatant avec colère que le Chevalier de la Haute Vague et la jeune Eli échangeaient mots doux et œillades. Le rouge lui vint même aux joues comme à sa jeune protégée. Nos amis se mirent en route pour la Capitainerie en compagnie de Célestin.

Arrivés sur place ils s'adressèrent au responsable. Un homme d'âge mûr, très professionnel. Il sortit de sa casemate en boitant bas de la jambe gauche et leur indiqua trois bateaux partant pour Bantry. Le Fianna Fail qui partait le lendemain matin, la Bellissima qui partait dans trois jours ainsi que la Marie-couche-toi-là qui quittait le port le même jour que la Bellissima. Bien que tentés, un temps par la Marie-couche-toi-là, nos amis décidèrent d'aller à la rencontre du capitaine du Fianna Fail qui promettait un départ rapide.

Le Capitaine Sean O'Leary donnait des consignes sur le pont. Tout le monde travaillait activement à préparer le prochain départ. Ce fut Félicité qui l'aborda.

- Capitaine?

Le Capitaine O'Leary ôta son chapeau et avec un accent irlandais à couper au couteau lui répondit

- Que puis-je pour vous Milady?

- Nous souhaitons nous rendre à Bantry. Est-il envisageable de monter à bord demain matin?

- Sûr! Combien êtes-vous?

- Nous serions neuf. Avez-vous de quoi nous loger sur votre bateau.

- Montez donc voir par vous-même, lui répondit le Capitaine aimablement. Nous sommes marchands de laine, si vous n'avez pas peur que ça sente le mouton nous vous accueillons avec plaisir!

Il fit visiter le bateau, proposa sa cabine pour les dames. Le confort était rustique mais le bateau était bien entretenu. L'équipage semblait joyeux et accueillant. Les négociations sur le prix du trajet furent rudes et le Capitaine demanda un acompte conséquent. Nos compagnons acceptèrent de verser l'acompte et descendirent du bateau après que Célestin ait donné la somme convenue. Rendez-vous fut pris à 10h le lendemain matin pour le départ.

Nos amis conversèrent sur les quais, s'inquiétant d'un potentiel départ du Capitaine sans eux. Ces dames rentrèrent à la taverne pendant que le Docteur et le Chevalier allèrent discuter avec le responsable du port. Ils lui demandèrent de surveiller le Fianna Fail et de venir les prévenir à la taverne du Normand Rieur s'il soupçonnait un départ anticipé de la part de Sean O'Leary. Le responsable précisa qu'il ne ferait pas cela gratuitement. Cela fit grincer les dents du Docteur Christophe "Tout-court" dont l'avarice était devenue proverbiale. Il avait toutefois noté que l'homme boitait bas et lui proposa de l'ausculter. Il constata bien vite que le genou était légèrement déboité et proposa de le manipuler pour le remettre en place. Le genou craqua et le responsable du port étouffa un juron mais constata qu'il boitait beaucoup moins. En remerciement, il accepta de surveiller le bateau irlandais. Le Docteur et Sylvain de la Haute Vague rejoignirent les autres à la taverne.


« Dernière édition: 06Avril, 2018, 11:54:19 par Sakutaro » Journalisée
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« Répondre #4 le: 13Février, 2018, 17:38:04 »

Le Baron de Hauteville

De retour à la taverne, nos aventuriers avertirent le Comte qu'ils avaient réservé un trajet pour le lendemain matin sur le Fianna Fail, un bateau irlandais. Ils précisèrent que le responsable de la Capitainerie surveillait le bateau pour éviter toute entourloupe de la part de son Capitaine.

Le Comte de Picarel interpela le Docteur.

- Docteur, je me suis oint le visage et les mains avec votre crème mais je n'y ai vu aucun intérêt…

Effectivement le Comte avait la peau particulièrement grasse. Le mélange de poudre et de la fameuse crème du Docteur donnait à voir un spectacle repoussant de pâtés luisant et blanc sur la peau du Comte.

- Monsieur, il ne s'agit pas d'un soin pour le visage, ni pour les mains… Encore que… L'utilité de cette crème est de permettre aux choses de glisser plus aisément et de faciliter tout phénomène de… Pénétration…

Bien que légèrement courroucé de ces nouvelles allusions déplacées, le Comte parut écouter le Docteur très attentivement… Une gêne relative s'était installée autour de la table. Gêne qui fut rompue par Edouard de Picarel lui-même.

- Mes amis, sachez que le dernier membre de notre équipage est en ville. Il possède un petit hôtel particulier au Havre dans lequel il entrepose quelques unes de ses pièces de collection.

A ces mots Félicité Dupré s'intéressa véritablement à ce que disait le Comte. Il poursuivit.

- Peut-être avez-vous entendu parler du Baron Jean-Baptiste de Hauteville. C'est un explorateur d'une grande ingéniosité. J'ai le plaisir de la compter parmi mes amis. Il nous accompagnera demain et nous convie pour une rencontre en son hôtel.

Les compagnons décidèrent avec enthousiasme de tous se rendre chez Monsieur de Hauteville. Ainsi quittèrent-ils TOUS la taverne, sans laisser personne derrière eux. Quelques minutes seulement après leur départ, le chef de la capitainerie arrivait en courant dans l'auberge. Ne trouvant personne, il s'assit et commanda à boire.

Sur le chemin les menant à l'hôtel particulier de Monsieur de Hauteville, nos compagnons devisaient quand le Docteur, crut percevoir du mouvement en provenance d'une venelle à quelques pas devant eux. Trop lent à se décider s'il fallait prévenir ses compagnons, le Docteur ne put qu'être surpris comme les autres quand quatre gueux armés de gourdins sortirent devant eux en criant d'un ton relativement mal assuré.

- La bourse ou la vie!

Avec force cris et gesticulations, le Comte se laissa tomber au sol, protégé par Célestin. Mademoiselle Machiav sortit une paire de pistolets de sous ses robes et jupons mais devant son air peu convaincu les malandrins ne bougèrent pas. Le Docteur et Lola se tenaient en retrait. Sylvain prit délicatement des mains d'Eli l'un des pistolets et sortit son épée tandis que Félicité sortait elle aussi une petite lame courbe qu'elle dissimulait jusqu'alors.

Les quatre tire-laines semblaient hésitants.

- Messieurs, êtes-vous certains qu'il est raisonnable de poursuivre demanda le Chevalier de la Haute Vague.

Les gueux se regardaient en se grattant la tête… Puis le plus hardi répéta d'un air hésitant.

- La bourse ou la vie?

Dans un soupir, Sylvain de la Haute Vague fit quelques mouvements pour s'assouplir le poignet puis se fendit. Son épée s'arrêta sur le front du plus courageux des brigands qui recula précipitamment bousculant son comparse. De son côté Félicité tenait en respect les deux ombres, pointant en direction de leur gorge sa lame courbe. L'un des marauds se laissa honteusement aller dans ses chausses.

Le Comte se redressa d'un bond.

- Mes amis, mes amis, allons… Pardonnez-moi… Ceci n'est qu'une mauvaise farce pour tester vos qualités… J'en conviens d'une manière peu orthodoxe…

Il fit signe aux manants de déguerpir. Ils ne se firent pas prier.

Le Chevalier de la Haute Vague rengaina sa rapière et ne put s'empêcher de souligner le caractère fourbe de ce "test".

Le Comte présenta des excuses appuyées à ses compagnons et ils reprirent le chemin de la demeure du Baron de Hauteville. Arrivés sur place, le Comte se fit annoncer par un valet.

Le Baron de Hauteville descendit les escaliers pour accueillir ses invités. Il contrastait en tout point avec le Comte. Mesuré dans ses attitudes, il parlait d'une voix calme et maitrisée. Sa tenue était loin des canons de la cour. Bottes de voyage, vêtements souples adaptés à la marche, cheveux tenus en catogan par un ruban.

Il proposa un rafraichissement à ses hôtes et leur fit visiter sa demeure. Ils passèrent un long moment dans son cabinet, dans lequel il avait entreposé quelques ébauches de machines et de nombreux plans. Il en discuta longuement avec Félicité et avec le Docteur qui avait un intérêt affiché pour les ars mechanica. Au bout d'une bonne heure sur place à discuter de machines et d'explorations fantastiques, les aventuriers convinrent de se retrouver le lendemain sur les quais vers 9h pour le départ. Le Baron les congédia poliment rappelant qu'il devait terminer ses préparatifs pour le périple. Les aventuriers retournèrent donc à la taverne où ils retrouvèrent le chef de la Capitainerie dans état d'alcoolémie avancé…
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« Répondre #5 le: 14Février, 2018, 11:47:41 »

Baignade improvisée

- Ah ben vous voila!

Le responsable du port était passablement éméché. La diction était heurtée, les gestes mal assurés.

- Vous m'aviez-dit de venir à la Taverne du Normand Rieur si le bateau partait… Bah, il est parti il y a deux heures…

Nos compagnons étaient interdits. Le Comte craignait d'avoir compris…

- Que se passe-t-il mes amis?

Félicité prit sur elle.

- Le Capitaine du Fianna Fail a levé l'ancre, sans nous… Avec l'acompte…

Edouard de Picarel soupira… Il reprit d'un ton empreint d'une légère lassitude…

- Bien, je pense qu'il ne nous reste plus qu'à trouver un autre bateau… Je compte sur vous pour faire un choix plus judicieux.

Il tendit une nouvelle bourse à Célestin.

Nos compagnons décidèrent donc d'accompagner le responsable de la Capitainerie jusqu'au port. L'homme titubait lourdement et vitupérait.

Arrivés sur place, les aventuriers peinèrent à obtenir de lui l'emplacement  des deux autres bateaux en partance pour l'Irlande. Il était agressif et incohérent dans ses propos. Le Docteur crut bon de lui conseiller de se rafraichir en plongeant la tête dans de l'eau fraiche. L'homme le prit aux mots et se jeta dans l'eau. Il sombra. Il réapparut quelques secondes plus tard affolé. Félicité lui tendit une rame ramassée sur le port afin qu'il s'y accroche. La main du responsable du port tenta de s'y accrocher d'un geste malhabile mais n'y parvint pas. Il coula comme un roc… Sylvain de la Haute Vague n'écoutant que son courage se débarrassa de ses armes et de ses bottes et plongea. Un magnifique saut de l'ange qui ne manqua pas d'impressionner Mademoiselle Machiav. Marie, sa chaperonne, leva quant à elle les yeux au ciel, goûtant peu le caractère ostentatoire du saut du Chevalier. Quelques secondes plus tard, Sylvain ramenait l'homme sur les quais. Il était inconscient. Le Docteur aidé de Lola le ranima avec des gestes précis. L'homme cracha l'eau qu'il avait dans les poumons. Ce petit bain semblait l'avoir revigoré. Il reprit ses esprits, remercia Sylvain et le Docteur et leur indiqua enfin l'emplacement de la Bellissima et la Marie-couche-toi-là. Marie se tourna vers le Docteur avec un regard que l'on aurait pu qualifier d'admiratif.

- Ce que vous venez de faire est admirable Docteur…

Le Sieur de la Haute Vage, se tourna vers la mégère.

- Et moi, Madame, qu'avez-vous pensé de mon sauvetage?

Il ne reçut en réponse qu'un regard plein de dédain, ce qui amusa fortement Elie Machiav.
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