Les Salons de la Cour

29Mars, 2020, 18:38:00
Bienvenue, Invité. Veuillez vous connecter ou vous inscrire.

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
Pages: 1 2 3 [4] 5   Bas de page
  Imprimer  
Auteur Fil de discussion: Lancement du 33e Concours de scénarios - rebirth !  (Lu 10497 fois)
0 Membres et 1 Invité sur ce fil de discussion.
Mortlock
Lutin d'ovalie
Colonel Général
**
Hors ligne Hors ligne

Messages: 3 385



« Répondre #45 le: 24Avril, 2016, 00:16:34 »

Bon je suis un peu dans la même situation qu'Othar. Je suis content d'être parvenu à la fin de ce scénario, je ne suis pas convaincu de tous ses aspects mais c'est ainsi que je vais vous le livrer. 
Journalisée

Il n'était pas ailier, il n'était pas pilier, il nétait pas talonneur, il n'était pas entraineur... Mais alors qui était-il ?
Il était un petit navireuh ! il était un petit navireuh ! qui n'avait ja ! ja !  jamais navigué ohé ohé !!!!
Mortlock
Lutin d'ovalie
Colonel Général
**
Hors ligne Hors ligne

Messages: 3 385



« Répondre #46 le: 24Avril, 2016, 00:18:55 »

Ce scénario d’enquête prend place à New-York en 1930 alors que la Grande Dépression frappe le pays. Ce scénario n’est pas dédié à un jeu en particulier et les données techniques, présentées ici, ne le sont qu’à titre purement indicatif. Ce sont celles du système Chaosium.

Il était une fois South Street Seaport

I. INTRODUCTION :

New York été 1930. Qu’ils soient officiers de police, journalistes ou amis d’un milliardaire réputé, les PJ participent à un grand diner de gala organisé par la police et le maire de NY, James Walker, au profit des œuvres de charité de la Police. Il y a là tout le gotha de la ville, citons pour exemple l’architecte et le financeur de l’Empire State Building (dont la construction vient de commencer) : William F.Lamb et John J. Raskob.
Mais l’invité principal est Josh Boville millionnaire et magnat de l’armement. Il est là pour insuffler une note d’espoir et d’humanisme alors que le Krach boursier de 29 frappe de plein fouet la société américaine.

LE GALA :
Le gala sert avant tout d’introduction pour les PJ et la présentation de Josh Boville. Il n’y a rien de notable dans ce gala somme toute classique. Il se passe au Broadway Theater. Les personnalités se succèdent sur scène pour parler espoir et bonnes œuvres. Le tout est entrecoupé de spectacles de danse et de chants produits par des professionnels ou des orphelins accompagnés des enfants des policiers présents.

DEUX JOURS PLUS TARD :
Deux jours plus tard, le corps de Josh Boville est découvert dans le port marchand coincé sous l’étrave d’un bateau. Il a visiblement subi de graves blessures avant d’être éviscéré et jeté à l’eau.
Les PJ policiers sont missionnés pour retrouver le coupable. Ils sont accompagnés par les PJ journalistes et/ou détectives privés/ami de Boville que le maire, ulcéré, a engagé pour « avoir des assurances que la police fasse son travail». Le médecin légiste peut aussi être intégré à l’enquête.

CE QU’IL S’EST PASSÉ :
Josh Boville, fut un anthropologue amateur éclairé. Passionné par les amérindiens il a vécu quelque temps parmi les Tupinamba, tribu guerrière d’origine Tupi. Les Tupi sont exocannibales, c’est à dire qu’ils mangent leurs ennemis ou leurs prisonniers. A leur contact, Boville a apprit à apprécier la chaire humaine. Cette pratique se développa chez lui de façon psychopathique, complètement dépouillée de toute pensée religieuse, à l’inverse des Tupinamba. Il se mit même à servir de la viande humaine à ses invités qui, bien évidemment, ne se doutaient de rien pensant manger un de ces plats exotiques qui faisaient la réputation de sa table dans la haute société new-yorkaise. (Si un PJ est un ami proche de Boville il aura probablement, à son insu, mangé de la viande humaine). Comme il fallait s’y attendre, c’est le goût pour cette viande qui lui a coûté la vie…
En temps normal, les sans-abris et autres personnes isolées étaient déjà suffisamment nombreux pour que Boville ne manque pas d’« ingrédients » pour ses plats infâmes. Mais depuis la crise économique de 1929 c’était l’abondance, l’excès. Et un jour le prédateur devint proie :
Boville avait pour habitude de se faire « livrer » ses victimes dans un hangar, sur les quais, par des compatriotes sans scrupules, (Boville est d’origine anglaise). Compatriotes qui les chassaient pour lui au hasard des rues ou à la périphérie des bidonvilles. C’est ainsi qu’en répondant à une « commande », ils ramenèrent à Boville la jeune Denise Font de Sé et son camarade d’infortune Aidan Allen. Mais Denise n’était pas n’importe qui, bien qu’elle n’en fût pas consciente.

[Denise Font de Sé :
Denise est d’une très lointaine origine française. Elle est issue de la longue et noble lignée des Lusignan. Celle là-même qui, selon la légende, lia à son sang la célèbre fée Mélusine. Si Denise ne porte pas le nom de Lusignan, c’est qu’il fut abandonné au profit de Font de Sé par l’un de ses aïeul qui quitta la France et embarqua sous ce pseudonyme pour le Nouveau Monde.]


Josh Boville tua et cuisina Aidan sous les yeux de Denise. C’est à ce moment là que la peur de la jeune fille réveilla l’ADN de son ascendance. Dans un nuage de brume, apparût inexplicablement, Denise se métamorphosa en une créature ophidienne semblable à ce que fût Mélusine. Mais les légendes ont adouci la réalité. Mélusine est en réalité une créature effrayante, monstrueuse, dotée, dans sa moitié humanoïde, d’un buste écailleux, d’ailes membraneuses, de longs bras décharnés comme les branches d’un arbre en hiver et terminés par des mains chargées de puissantes griffes. Une Mélusine aux yeux ophidiens, à la bouche parée d’une langue fourchue et de crochets aigus. Le bas de son corps etant celui d’un serpent.
La nouvelle Mélusine fondit sur Josh Boville qui, épouvanté, tenta de fuir. Le carnage fut bref mais douloureux, pour le cannibale. Denise a, depuis, repris son apparence humaine et a disparu dans les égouts sous le hangar, effrayée par elle-même et par son sort. C’est là qu’elle abandonna le corps de Boville qui fini par ressortir dans le port et se coincer sous l’étrave d’un bateau.

[Si la légende, le mythe revit dans une nouvelle incarnation, ce renouveau pourrait virer au cauchemar. La condition de Denise reste en effet précaire. Si elle n’a rien à craindre, a priori, d’un simple rodeur, il n’en va évidemment pas de même des autorités de la ville qui ne verront en elle qu’un monstre à éliminer si elle est découverte. Denise n’est pas, contrairement à son aïeule, immortelle. La santé mentale de jeune femme est aussi sur le point de s’effondrer. Cela aurait pour conséquence de lui faire perdre son côté humain au profit de son aspect chtonien. Elle deviendrait alors un péril incontrôlable qui attaquerait tout humain passant à sa portée. Un péril redoutable et difficilement contrôlable.
Les PJ s’ils découvrent la vraie nature de Denise devront, au choix, l’éliminer ou l’aider dans tous les aspects de sa vie pour qu’elle maîtrise sa nature et puisse retrouver un sens à son existence.
Quoiqu’il en soit leur temps est compté et toute perte de temps rapproche Denise de la perte de son humanité. Tout juste lui reste t-il une journée ou deux avant de se transformer définitivement en femme serpent.
For 25 / Con 30 / Tai 25 / Int 20 / Pou 25 / Dex 20. Armes griffes 70% dom 6D6 / Queue dom immobilisation (con vs con) 0 constriction (con vs con) entre 1 et 3D6 / morsure 35% dom 2D4 et poison de virulence 20. Point de vie 35.]


MÉLUSINE :
La première Mélusine, celle des légendes, était (ou est encore, allez savoir), une divinité protectrice d’une source. Sa descendante, Denise porte le nom de cette source « Font de sé » c'est-à-dire fontaine de la soif (comprendre fontaine de jouvance). Elle est avec d’autres rares créatures, comme les sirènes, vouivres, gorgones et autres moines marin de Norvège capable de créer ou de faire se lever une brume plus ou moins épaisse. Le nom même de Mélusine veut dire brouillard de mer.
Rappel de la légende :
Mélusine est la fille d’une fée et du roi d’Ecosse Elinas. Elle est princesse du royaume d’Alba. Tous les samedis elle se transformait en une créature mi-femme mi-serpent. C’est en errant dans une forêt  du Poitou qu’elle rencontra Raymondin de Lusignan qui, en chassant, venait accidentellement de dévier la fuite d’un sanglier dans la direction de son oncle, Aymar de Poitier, qui mourut renversé par la bête. Elle réconforta et innocenta Raymondin de toute intention criminelle. Raymondin et la fée se marièrent à la condition expresse que Raymondin ne chercha jamais à la voir le samedi.
Elle enfanta 10 fils, tous beaux, bien bâtis. Tous devinrent de grands et puissants seigneurs. De son côté, Raymondin respecta sa parole. Mais son frère, jaloux, accusa la femme de son cadet de fornication pour expliquer son absence hebdomadaire. Furieux, Raymondin, força la porte de son épouse et trouva Mélusine se coiffant les cheveux, plongée dans une cuve de 15 pieds de haut, (4,5m) et femme serpent jusqu’au nombril. Mélusine s’enfuit alors par une fenêtre, portée par ses ailes, en poussant un cri de désespoir. Jean d’Arras qui écrivit Le livre de Mélusine en 1392 ajoute qu’elle revint voir ses enfants toutes les nuits devant les nourrices épouvantées. Il précise aussi que la fée serpent se montre et se lamente à chaque fois que les biens des Lusignan changent de propriétaires, qu’un membre de sa lignée est en danger ou va mourir soit pour le protéger soit pour l’accompagner vers l’autre monde…
Toutes ses informations sont accessibles pour les PJ dans n’importe quelle bibliothèque.

II. L’ACTION :
ÉLÉMENTS D’ENQUÊTE POUR LES PJ :

1. Sur le quai :
-S’il n’est pas possible de trouver de témoin direct du meurtre, les PJ peuvent aisément rencontrer le docker qui a retrouvé le corps et prévenu les autorités. Il s’agit de Nathaniel Atkins. En découvrant le corps il a pensé à un suicide (nombreux à cause de la crise), ce n’est d’ailleurs pas le premier corps qu’il retrouve à l’eau. La seule chose qui lui paru étrange dans la nuit précédente c’est le brouillard inhabituel pour l’époque (nous sommes en été). Peu de personnes ont vu ce brouillard qui semble n’avoir touché qu’une partie du port de commerce de Manhattan de South Street Seaport.
-Atkins a découvert le corps vers 2 heures du matin en allant prendre son poste.
-Au moment où les PJ sont missionnés, le corps a déjà été emporté chez le coroner.
-Le courant (de l’East River à cet endroit) arrive du nord-est. Le port est grand et, plus au nord, les hangars sont souvent sous le contrôle de la mafia. Rechercher des traces à cet endroit ou imaginer inspecter tous les hangars est plus qu’aléatoire et dangereux. Les hangars vides sont innombrables et une embuscade de la mafia sur des fouineurs s’intéressant de trop prêt à certains hangars n’est pas à exclure et ce, quelque soit l’heure du jour ou de la nuit. Les PJ devraient bien sûr le savoir (jet d’Idée avec un bonus selon la fonction des PJ).

2. Chez le coroner :
Le médecin légiste a déjà effectué le plus gros de son travail. Il peut d’ores et déjà affirmer que Boville a été selon toute vraisemblance projeté avec grande force une surface solide. Il a sur le dos la marque des maillons d’une chaine qui a servit à le frapper. Il a ensuite été littéralement éventré et vidé de ses organes.
-Il n’a pas été éventré par une arme blanche mais par quelque chose ressemblant à un croc de boucher ou un crochet de docker. (Les griffes de Mélusine en fait).
-Le courant assez fort ne permet pas de savoir s’il a été jeté à l’eau là où il a été retrouvé ou ailleurs en amont.
-selon le légiste, Boville est mort dans la soirée précédant la nuit de la découverte de son cadavre.

3. Boville :
-Boville est né en Angleterre mais il est arrivé très jeune aux USA. Il a fait de brillantes études à Harvard qui l’ont mené à la tête de la tête de la Smith & Wesson (bien que la famille Wesson soit encore actionnaire majoritaire). Il est le concepteur du fameux model 10 sorti en 1905 et qui équipe aussi bien l’armée que la police. Il n’avait que 25 ans à l’époque de la conception de cette arme.
-Boville habitait le célèbre Dakota Building à Manhattan sur l’ouest de Central Park.
-Ayant su tenir l’entreprise face à la crise il est l’homme qui représente l’espoir en ces temps économiques troublés.
-Sa table est réputée, il fait lui-même la cuisine à ses invités. Une cuisine inspirée par la cuisine amérindienne de la côte brésilienne qu’il a longuement côtoyée en tant qu’anthropologue amateur éclairé.

4. L’appartement de Boville :
-L’appartement est luxueux. Il y a une décoration exotique omniprésente. La bibliothèque est principalement remplie d’ouvrages sur l’armement et l’anthropologie. Les ouvrages sur les indiens de la côte brésilienne sont les plus représentés et parmi eux les ouvrages sur les Tupis sont les plus nombreux.
-On peut trouver, caché, dans la bibliothèque, un très dérangeant album photos. Photos visiblement prises par Boville lui-même. Les premières pages ne proposent que de clichés d’amérindiens tupinambas dans leur vie de tous les jours. Mais par la suite le photographe semble s’est attarder sur les détails sordides de la mise à mort et de la préparation des corps de personnes destinées à être mangées. (Le rituel semble être toujours le même. Le corps de la victime est rasé, son anus bouché par des herbes. Une corde, serrée autour de sa poitrine l’entrave, et un bourreau armé d’un fort gourdin emplumé, applique un grand coup sur la tête de la victime…) Des photos de morceaux humains sont ensuite montrés rôtis et posés sur des feuilles faisant office d’assiettes. Puis, soudainement ces photos laissent place à une sorte de trombinoscope de personnes, jeunes souvent, blanches tout le temps. Les visages, numérotés, sont livides et parfois tordus par la peur. L’horreur se poursuit avec une série de clichés de repas mondains répondant à la numérotation des photos des visages dans le trombinoscope. Seuls deux visages, celui de Denise et celui d’un certain Aidan Allen ne sont pas reliés à un quelconque repas. Une rapide recherche dans les documents de la police permet de découvrir que certaines de ces personnes, (à peine quatre ou cinq sur la cinquantaine de portraits), sont des personnes portées disparues. L’une d’entre elle a fait l’objet d’une très récente déclaration de disparition : Il y a une semaine à peine, Miss Rebecca Abbott a fait part de la probable fugue de Miss Denise Font de Sé de l’orphelinat de jeune fille William Pickrell.
Les clichés sont, bien évidemment, ceux des victimes de Josh Boville…
-Le bureau de Boville est encombré de toutes sortes de dossiers, papiers professionnels et personnels. Dans ce bureau il y a un coffre-fort contenant une forte somme d’argent, une arme de poing (en fait le prototype du M10) et quelques papiers notariés. En examinant attentivement tout ce fatras, on peut trouver deux ou trois choses intéressantes :
   -Une boite d’allumette d’un pub anglais le The George & Dragon Pub. La chose est assez remarquable car cet établissement du Bronx n’a pas bonne réputation.
   -Grâce à la crise, Boville à racheté nombre d’entreprises, cliniques, terrains et appartements à prix ridiculement bas. Les titres de propriété sont dans le coffre. Il y a également un hangar sur South Street Seaport mais il ne s’agit pas de celui où il a été tué.
   -Les comptes personnels de Boville. Il n’est pas aisé de faire parler ces comptes et factures. Cependant avec un peu de temps et grâce à un jet réussit de comptabilité, on peut remarquer, d’après des notes de taxi, que Boville se rendait régulièrement dans le Bronx qui dans ces années de prohibition, était réputé pour être le lieu de tous les trafics et de tous les gangs. (C’est dans ce « borough » (arrondissement) de New York que se trouve le George & Dragon Pub.
-Boville avait des domestiques, Garrett S. Gilbert et Melinda Fox. Ils sont présents dans l’appartement. Ils travaillaient pour Boville depuis plusieurs années et sont abattus. Selon eux, leur patron était un homme bon et altruiste. Il leur laissait régulièrement des journées et des soirées qu’il payait tout de même. Ils ne savent rien du sort de leur patron, pour eux il ne peut s’agir que du fait d’un maraudeur. Ils ne connaissent pas d’ennemi à Boville. Le soir de la disparition de Boville, ils avaient justement tous deux leur soirée. Pour eux Boville était sorti, comme à son habitude dans ces cas là, manger à l’extérieur.
-Une enquête de voisinage ne donnera rien. Tout juste un ou une voisine aura croisé Boville qui sortait du building. Ce genre d’enquête, surtout dans cet immeuble doit s’avérer difficile. Le Dakota Building est habité de gens hauts placés et artistes reconnus difficiles d’accès. L’acteur Boris Karloff habite l’immeuble par exemple.

THE GEORGE & DRAGON PUB :
-Les on-dit affirment que les gangs évitent le secteur des chiens fous anglais qui tiennent l’établissement.
-Ce pub est un repère de brutes anglaises, violentes et racistes. Le charmant établissement à pour paillasson un drapeau irlandais que les clients se plaisent à fouler du pied en entrant. Qui voudrait utiliser les lieux d’aisance dans l’arrière cour, aurait le plaisir d’uriner sur une belle céramique aux couleurs de la France. La photo de Herbert Hoover (le président américain de l’époque) sert de cible au jeu de fléchettes. Un Union Jack trône au dessus du bar avec une photo du roi George V et une gravure représentant William Howe, général en chef des troupes anglaises pendant la guerre d’indépendance des Etats Unis. Bien sûr un bel écriteau sur lequel est inscrit « Whites Only » complète le tableau de cet endroit idyllique…
-L’établissement est tenu par un certain James Wolfe. Un jet en histoire peut faire soupçonner qu’il s’agit d’un faux nom, car c’est le nom d’un célèbre général anglais ayant combattu à Culloden et pendant la guerre de sept ans.
-C’est dans ce pub que Boville engageait les sbires qui chassaient pour lui. Il s’agit de James Wolfe lui-même et de trois de ses comparses. (Gordon Stratton, Drew Forester, Heathcliff Shepherdson). Ils dénotent dans la clientèle par leurs habits plus que corrects et leurs belles chaussures. Ils ne savent absolument rien de ce que faisait Boville de toutes ces personnes qu’ils livraient. Ils étaient payés 500$ par personnes enlevées. Ils avaient pour instruction de ne pas blesser, ni abuser des victimes. Ils ne devaient enlever personne sans son expresse demande. L’argent entrant bien ils n’ont jamais posé de question.
-Quoi qu’il en soit, toute entreprise pour les faire parler est extrêmement difficile. Ils ne sont guère loquaces avec les « yankees » et sont aussi extrêmement violent armés et si besoin ils peuvent avoir ont du renfort.
-On peut trouver dans l’établissement une forte somme d’argent (pour l’époque et pour l’endroit) environ 1000$ (soit près de 14500$ d’aujourd’hui). Le titre de propriété pour un hangar sur les quais de South Street Seaport, un livre de comptes mal tenus et ne portant aucune mention de cet argent. On peu aussi trouver du whisky et surtout du gin de contrebande… Encore faut-il pouvoir fouiller le pub.
-Le hangar (N°342) est celui où ils livraient le produit de leur chasse odieuse, celui où Boville a été tué. Ils n’en n’ont pas les clefs.

A L’ORPHELINAT DE JEUNES FILLES WILLIAM PICKRELL :
-Miss Rebecca Abbott est la récente directrice de l’orphelinat. Elle ne sait pas grand-chose sur Denise et soupçonne que sa disparition n’est en fait qu’une simple fugue comme cela arrive fréquemment dans un orphelinat. Elle ne s’attendait cependant pas à ça de la part de Denise car elle semblait plutôt douce et disciplinée.
-D’après les archives de l’orphelinat, Denise à été abandonnée sur le perron de la chapelle de l’orphelinat alors qu’elle était âgée d’à peine quelques jours il y a 16 ans maintenant. Il est aussi indiqué qu’en dépit d’une tête bien faîte et bien pleine, d’un comportement exemplaire, elle n’a jamais su prendre le cœur des candidats à l’adoption. Son dossier à aussi un volet médical. Ce volet ne mentionne que très peu de choses. La santé de la jeune fille ne lui a, semble t-il, jamais fait défaut. Tout juste mentionne t-il qu’à son arrivée, l’enfant avait le corps luisant comme s’il était recouvert d’une substance gluante qui avait laissé penser, à prime abord, que le bébé venait de naître. Il n’en était rien, sa peau était parfaitement sèche. Ce phénomène persista, malgré les toilettes et les soins apportés, jusqu’à la fin de son troisième mois. Le dossier met sur le compte de cette étrangeté la raison de son abandon.
-Une infirmière, (Abigail Hill), peut confirmer les écrits du document. Elle était débutante à l’arrivée de l’enfant et travaille toujours à William Pickrell. Elle n’aime pas Denise mais ne se l’explique pas. Elle lui « donne des frissons » selon ses termes. Cela semble être le cas de beaucoup de monde semble t-il dans l’encadrement et chez les enfants de l’orphelinat. Elle semble inspirer une crainte irraisonnée aux personnes qu’elle côtoie.
-Dans le dossier il y a le mot écrit de la main de la personne ayant abandonné le bébé sur le perron de la chapelle de l’établissement. Il indique que l’enfant a été appelée Denise que son nom de famille est Font de Sé et qu’il s’agit de celui de sa mère morte en accouchant. Les recherches de l’orphelinat n’ont ni confirmé ni infirmé les écrits de ce mot.

FONT DE SÉ :
-Il n’y a que très peu de traces de ce nom si l’on recherche dans le « census » (le recensement) de l’état. Tout juste trouve-t-on ce patronyme dans les archives de la ville à l’époque de la guerre d’indépendance et de la guerre civile. Deux hommes tombés au champ d’honneur. L’un à la bataille de Saratoga, l’autre à la bataille de Chancellorsville. Deux batailles pendant lesquelles un esprit indien, ou prétendu tel, serait venu jeter le trouble dans les lignes des belligérants. (Jet difficile + 20% en histoire ou l permet de trouver ce point commun aux deux batailles).
-Si l’on cherche ce nom dans une bibliothèque on tombe très aisément sur les légendes de Mélusine et l’ouvrage de Jean D’Arras Le livre de Mélusine de 1392 en particulier.

HANGAR 342 :
-Ce hangar sur South Street Seaport est semblable à tous les hangars voisins. Il s’agit d’un grand bâtiment en brique possédant un large portail sur rails ouvrant sur le quai pavé et sur l’East River. Le portail est flanqué d’une porte. L’arrière du hangar une porte donne sur Front Street.
-Toutes les portes sont fermées. Boville s’était enfermé à l’intérieur du bâtiment.
-A l’intérieur il y a une chambre froide et un système de grue de hangar. Une échelle métallique permet d’accéder à une cabine en hauteur. C’est de là que se commande la grue. Une grille permet d’accéder aux égouts qui passent sous le bâtiment pour se jeter dans l’East River.
-Une petite pièce à été aménagée en plein milieu du hangar. Visiblement cette pièce ne devait pas faire partie des installations d’origine. Il s’agit de la cuisine de Boville.
-Une trainée de sang va de la porte de cette pièce à la grille au dessus des égouts. Des morceaux de vicères sont éparpillés sur ce trajet sanglant.
-Dans la cuisine, toute équipée d’instruments de cuisine et de boucherie, on retrouve les effets de dizaines de personnes entassées dans une énorme malle. Mais on y trouve surtout l’horreur. Sur la grande table en chêne tout d’abord ou gît le corps démembré et pourrissant d’Aidan. Dans des barils remplis de restes humains pour finir.
-Sur le sol, dans un coin de la pièce, gît une lourde chaine brisée et qui, visiblement, a été arrachée du mur.

III RETROUVER DENISE.

DENISE DANS LES ÉGOUTS :
Les égouts de New York sont un dédale et il peut sembler vain d’y rechercher qui, ou quoi que ce soit. Pourtant, après s’être éloignée, Denise est revenue sur ses pas. Il n’est donc pas difficile de la retrouver. Encore faut-il pouvoir l’aborder.
Que le renouveau de la nouvelle Mélusine soit pacifique ou un péril incontrôlable, que son avenir s’ouvre ou se referme déjà ne dépend que du choix des PJ.
-La santé mentale de la jeune femme ne tient qu’à un fil. Déjà ses yeux sont fendus d’une pupille reptilienne. L’aborder doit se faire le plus sereinement, le plus gentiment possible. Bien sûr aucune arme ne doit être visible. La psychanalyse sera plus que nécessaires pour aider cette pauvre fille. Il faut d’abord gagner sa confiance avant de pouvoir parler avec elle. Peu importe la manière employée, toute maladresse, toute perte de patience, tout geste suspect ou tout mensonge anéantira toute chance de la sauver. Il faut aussi être prêt à cacher au monde extérieur sa vraie nature et vouloir sincèrement la protéger. Lui proposer de l’adopter et la manière la plus simple de l’amadouer. Encore faut-il le pouvoir, et être « éligible » comme parent adoptant. C’est à dire être marié, avoir les ressources matérielles pour le faire etc. Toute déception serait fatale.
-L’alternative est l’élimination la plus sommaire de Denise avant qu’elle ne se change si possible, car une fois la mutation achevée elle sera un adversaire plus que dangereux.
-Si Denise est abattue, quelque soit son apparence, son ancêtre, la première Melusine, apparaîtra pour l’emmener vers l’autre monde. Elle est invulnérable, mais pacifique…
« Dernière édition: 24Avril, 2016, 16:51:25 par Mortlock » Journalisée

Il n'était pas ailier, il n'était pas pilier, il nétait pas talonneur, il n'était pas entraineur... Mais alors qui était-il ?
Il était un petit navireuh ! il était un petit navireuh ! qui n'avait ja ! ja !  jamais navigué ohé ohé !!!!
Macbesse
Dalaï-Misu
Le Guet
Pétardier
**
Hors ligne Hors ligne

Messages: 7 527


Usurpateur à l'ananas


« Répondre #47 le: 24Avril, 2016, 02:45:50 »

On pourrait boucler... mais j'ai reçu un message d'un mystérieux contributeur qui me demande quelques jours pour finaliser sa contribution.
Avec 7 scénarios, ce sera presque comme à la grande époque !
Journalisée

Le monde ne veut pas de politique. Il lui faut le vaudeville français et la soumission russe à l'ordre établi. Lermontov
Ohtar Celebrin
PBM TdM : Damangol / PBM YP : Phoïbos-Angfrid
Les Rêveurs
Argoulet
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 5 642



WWW
« Répondre #48 le: 24Avril, 2016, 15:20:53 »

Cool un scénario de plus et un suivant à venir le concours à reprit sa forme de jeunesse !!!


Pour ma part je suis content car nous avons joué mon scénario vendredi soir et ça s'est plutôt bien passé de mon point de vue.
Ayla et Pan Paniscus en diront peut être plus.
Seul regret, nous nous sommes arrêté en chemin, au milieu du second acte, le scénario est trop long pour une seule séance.
Journalisée

Râler moins
Rôler plus !
cccp
TDCA
Pétardier
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 7 043



WWW
« Répondre #49 le: 24Avril, 2016, 15:37:43 »

Mortlock, est-ce que ton scénario a un nom ?
Journalisée

secrétaire général de Gothlied une tragédie épique de chevaliers germaniques.

Page FaceBook
Mortlock
Lutin d'ovalie
Colonel Général
**
Hors ligne Hors ligne

Messages: 3 385



« Répondre #50 le: 24Avril, 2016, 16:50:32 »

oups  Grin
J'avais pensé à "Il était une fois South Street Seaport" mais je n'étais pas super convaincu. En désespoir de cause je laisse ça tout de même.  Je le rajoute sur mon post précédent.
Journalisée

Il n'était pas ailier, il n'était pas pilier, il nétait pas talonneur, il n'était pas entraineur... Mais alors qui était-il ?
Il était un petit navireuh ! il était un petit navireuh ! qui n'avait ja ! ja !  jamais navigué ohé ohé !!!!
FaenyX
Le Guet
Maistre de camp
**
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 996



WWW
« Répondre #51 le: 24Avril, 2016, 17:44:39 »

On pourrait boucler... mais j'ai reçu un message d'un mystérieux contributeur qui me demande quelques jours pour finaliser sa contribution.
Avec 7 scénarios, ce sera presque comme à la grande époque !

Formidable, c'est le retour de l'Age d'Or, celui où il y avait moult propositions...et où on avait tout autant de demande de report de la date-butoir. 
Journalisée

FaenyX
Le Guet
Maistre de camp
**
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 996



WWW
« Répondre #52 le: 24Avril, 2016, 19:20:47 »

Puisque l'heure de la clôture n'est pas encore arrivée, voici une seconde proposition de ma part (mais je précise que je ne suis pas le mystérieux contributeur évoqué par Macbesse).

Vacances, j’oublie tout
Ce scénario fantastique a été écrit pour Chill mais peut aisément être adapté à Maléfices, l’Appel de Cthulhu (bien qu’il ne fasse pas appel au Mythe de Cthulhu), ainsi qu’à tout jeu permettant l’introduction de fantastique. Il suffit de modifier l’époque à laquelle il se déroule, ainsi que les noms de lieux et de personnages.

Les maisons du lac
Les personnages, qu’ils se connaissent avant le scénario ou se rencontrent à cette occasion, ont décidé de passer leurs vacances auprès du lac Haverlake. Ils ont donc loué de petits chalets donnant sur le lac, comme ils ont déjà pu le faire par le passé.  
Cette année, les environs du lac sont sujets à une grande agitation : les vieux chalets de bois qui accueillaient les vacanciers ont commencé d’être remplacés par de nouvelles maisonnettes préfabriquées. Si certains des PJ disposent de ces résidences leur offrant tout le confort moderne, d’autres peuvent avoir dû se contenter des vieilles cabanes de rondins.
D’ici quelques jours, le chantier (qui a pris du retard) sera terminé et l’ensemble du site aura fait l’objet d’une totale modernisation. Les PJ sont sans doute parmi les derniers vacanciers à connaître ce village de bois sorti d’une autre époque.

Les environs
A quelques heures de route de leur lieu de résidence habituel, le lac Haverlake est entouré d’une contrée paisible et reculée. Des rivières, des marais et de nombreux bois forment une enclave de nature qui semble parfois oubliée de la civilisation. En dehors de la petite cité de Rochester, seuls quelques petits hameaux délabrés (mais tout de même habités) témoignent d’une présence humaine. Rochester, avec ses cinq cent âmes, est un village replié sur lui-même, où l’on cultive la nostalgie des siècles passés. Les vacanciers du lac venant s’y ravitailler sont regardés avec méfiance. Gouverné depuis longtemps par Henry Whaler Jr (fils du précédent maire), Rochester comporte quelques commerces, une église, une petite école, une bibliothèque et un journal local (animé par James Whaler, un neveu du maire).  
Voici quelques individus « remarquables » de Rochester et ses alentours :
-Henry Whaler Jr : maire de Rochester comme son père (et son grand-père avant lui), Henry a tout du patriarche. Il contrôle presque tout dans son village, qui ne demande pas mieux. Le moindre élément perturbateur est voué à être éliminé. Dès que les PJ feront trop de vagues, Henry lui-même pourra se déplacer pour leur demander d'aller passer leurs vacances ailleurs. - -Son fils Ernest, qui est en charge du village de vacances, est son successeur désigné et est son portrait craché, physiquement et moralement.
-James Whaler : le benjamin des fils Whaler a toujours été dans l'ombre de son frère aîné. Timoré, il ne s'est jamais révolté contre l'autorité de son père. Pourtant, il est intelligent et ouvert d'esprit, même si ses talents n'ont jamais pu s'exprimer. Il rédige et imprime avec talent une gazette locale sans grand intérêt.
-Elvira Shoetaker, l’institutrice et bibliothécaire, est arrivée l'an dernier à Rochester et songe déjà à quitter les lieux, face à l'esprit étriqué de nombre de ses concitoyens. Grande amatrice de littérature policière, elle peut être une alliée pour les PJ et saura les aider dans leurs investigations.
-John Gunn, le révérend, un vieil homme ayant tendance à voir l’œuvre de Dieu partout. C'est cependant un véritable brave homme, dont la bonté n'a jamais été entamée par des années à Rochester.
-La fille des marais : il s’agit d’une « marginale » qui vagabonde dans la campagne et vit de ce qu’elle mendie ça et là. Elle s’est construit une sorte de hutte dans les marais, à laquelle on ne peut accéder que si l’on connaît les chemins à suivre.
N'hésitez pas à enrichir cette galerie de personnages : une épicière revêche, de vieilles bigotes, des paysans au bord de la ruine, un garagiste à la limite de la légalité, c'est le moment de brosser de savoureux portraits...

Ça commence bien
Laissez aux joueurs le temps d'installer leurs personnages dans ce cadre inhabituel : ils peuvent prendre le temps de déballer quelques affaires, d'aller à la rencontre des autres vacanciers, de découvrir la faune et la flore alentour. Ils sont en vacances et cette situation inhabituelle (pour des personnages de JdR) doit les désarçonner quelque peu.
La première nuit de leur séjour sera agitée : un violent orage, intense et bref comme ceux qui frappent parfois cette région l’été, les tirera du sommeil. Entre deux coups de tonnerre, il leur semblera entendre des appels au secours, en provenance du lac.
Une silhouette frêle et pâle, sur une barque secouée par l’orage, attirera leur attention. Au centre du lac, quelqu’un lutte contre les éléments et tente de ne pas couler dans les eaux agitées. Avec un jet de Perception difficile, on peut se rendre compte qu’il s’agit d’une fillette d’une dizaine d’années risque de sombrer si personne ne fait rien.  Qu’ils décident d’y aller à la nage ou empruntent l’une des barques amarrées au ponton le plus proche, les PJ arriveront trop tard : l’enfant a été englouti par les eaux et aucune tentative ne permettra de l’en sortir, ni même de trouver son corps. On pourrait même douter de son existence… Cette entreprise n’est pas sans risque : un nageur échouant à son jet de Natation coulera à pic (ce qui ne veut pas dire qu’il périsse, comme on le verra plus loin).
De retour sur la rive, les personnages doivent se sentir désemparés.  On le serait à moins. S’ils tentent de prévenir leurs voisins, ils auront une drôle de surprise : quelle que soit la maison dont ils poussent la porte, ils entreront dans leur propre chalet. Sans doute interloqués par ce qui se passe, les PJ ressentent une immense fatigue et s’écroulent sur leurs lits de camp respectifs.

Note : oui, cette scène est hyper-directive et ne laisse aucune latitude aux joueurs. C’est parce qu’elle est onirique. D’ailleurs, au petit matin, les PJ s’éveillent dans un camp qui ne porte aucune trace du violent orage. Ils devraient vite comprendre qu’ils n’ont fait que rêver cette étrange rencontre sur le lac.
Le doute aura pu germer plus tôt, si les PJ ont pris le temps d’examiner les lieux de leur aventure nocturne, par exemple. Le camp présente, en effet, un aspect différent, puisque le rêve a pour décor les lieux tels qu’ils étaient dix ans auparavant….

Le mystère
S’ils interrogent les autres vacanciers, ils en seront pour leurs frais : personne n’a eu connaissance d’un orage, réel ou rêvé et encore moins d’une fillette en perdition sur le lac. S’aventurer dans les eaux troubles, matériel de plongée à l’appui, sera vain (et pourrait prendre des jours) : hormis quelques détritus et des épaves diverses, il n’y a nul corps dans l’eau ou la vase du lac.
Le personnel en charge du village de vacances n’est d’aucune aide non plus. Hormis Ernest et Maria Whaler, les « propriétaires » du village, personne ne connaît le dramatique destin d’Irene (voir « Là où tout commença »). Et, à ce stade de l’histoire, le rapprochement est encore impossible à faire.
A la fin de la journée, si les PJ ont pu rencontrer (et interroger) une bonne partie de la population du village, ils sont bredouilles et peuvent se demander s’ils ne perdent pas leur temps et feraient mieux de profiter de leur villégiature. D’ailleurs, l’étrange rêve de la nuit passée se délite déjà dans leurs esprits, au point que son souvenir devient bien flou…

La deuxième nuit
Finissant par s’endormir, les PJ vont, de nouveau être réveillés en pleine nuit par le bruit de l’orage : un nouveau rêve s’abat sur eux. S’il commence en de nombreux points comme le précédent, il va devenir plus violent.  Heureusement, ils savent que tout ceci n’est qu’un rêve (à moins d’être particulièrement obtus). Cette fois encore, l’embarcation sur le lac est ballottée par les flots, tandis que la foudre s’abat sur les cabanes qui s’enflamment les unes après les autres, après avoir été touchées par la foudre. Chaque fois, l’incendie est intense au point qu’il est difficile d’approcher du brasier.  Sur le lac, l’embarcation est une nouvelle fois engloutie par les eaux, malgré les efforts et les trouvailles que pourront déployer les PJ.
Cette fois, puisqu’ils ont conscience de rêver, les PJ disposent de plus de latitude quant à leurs actes. Cependant, tôt ou tard viendra le moment du réveil, qui peut (par exemple) coïncider avec un impact de foudre ou tout autre événement « brutal ». Ils peuvent néanmoins tenter d’établir le contact avec la fillette, ou s’approcher le plus possible d’elle. A cette occasion, ils constateront à quel point elle est terrorisée et pourront assister à un phénomène étrange : une ombre à la forme vaguement humaine semble recouvrir son corps. Comme si la nuit l’avait avalée, elle disparaît du rêve.
Au réveil, les PJ pourront être rassurés : aucun orage n’est venu incendier le village de vacances pendant la nuit. Il n'en reste pas moins que le mystère reste dense.

Là où tout commença
Dix ans auparavant, juste après la construction des premiers chalets, le lac fut le théâtre d’un drame. John et Irma Wesson, ainsi que leur fille Irene, étaient en villégiature au bord du lac, lorsqu’un terrible orage s’abattit sur le site. Les conséquences furent dramatiques puisque la foudre provoqua l’incendie du chalet loué par les Wesson. Irma et John se promenaient au bord du lac, ayant laissé leur fille endormie dans leur chalet. Ils tentèrent bien d’entrer dans le brasier mais ne purent rien faire. Au petit matin, il ne restait que quelques cendres…
Les parents d’Irene furent évacués rapidement vers la clinique la plus proche, gravement brûlés. Après des semaines de soins intensifs, puis de convalescence, ils regagnèrent leur domicile où ils résident toujours. Tous deux ont multiplié les séjours en hôpital psychiatrique et ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes.
Les propriétaires des chalets (Ernest et Maria Whaler) ont tout fait pour que l’affaire ne soit pas ébruitée, à l’époque.  De fait, la gazette locale, le Haverlake Weekly, était à l’époque déjà éditée par James Whaler, le frère cadet d’Ernest Whaler. Hormis ceux présents sur les lieux, nul ne connut jamais le dramatique destin d’Irene.
Ce que tous ignorent, par contre, c’est qu’Irene n’était pas dans la cabane, cette nuit-là. En l’absence de ses parents, un sinistre individu kidnappa la fillette et l’emporta dans son repaire, non loin de là. Elle fut séquestrée pendant des mois et subit les pires atrocités avant de réussir à s’évader.  Elle erre désormais dans la contrée, amnésique et à moitié folle.  Si l’on interroge les habitants de la région (les employés du village de vacances, par exemple), ils évoqueront facilement la « folle qui vit dans les bois ».
La violence de ce qui se déroula cette nuit-là, entre l’orage, l’incendie et son rapt, ouvrit la porte à certains pouvoirs chez Irene, pouvoirs auxquels nul n’a jusqu’alors été perméable…jusqu’à la venue des PJ...

De nouvelles pistes
Se renseigner sur un éventuel incendie, récent ou non, est loin d'être évident. Les voisins des PJ n'en ont jamais entendu parler. Les propriétaires des chalets, Ernest et Maria Whaler, pour peu qu'on réussisse à les rencontrer (ils sont très occupés), affirmeront maladroitement que pareil drame eut lieu ici. Si les PJ insistent un peu (ou s'ils fouillent et commencent à représenter une menace), les Whaler finiront par admettre qu'il y a eu, une dizaine d'années auparavant, un L’incendie, qui abîma l'un des chalets, mais sans causer selon eux plus de dommages. Le chalet en question fut ensuite complètement rénové. Coïncidence amusante : il s'agit de l'un de ceux où les PJ résident.
Il serait naturel que les PJ cherchent à en savoir plus. Ils peuvent ainsi aller à la rencontre des habitants de Rochester, mais se heurteront à un silence unanime : nul n'a jamais entendu parler d'un incendie notable s’étant produit près du lac. A l'époque, rien n'avait filtré (voir plus loin), y compris dans la gazette locale. Cependant, en « secouant » (psychologiquement, bien entendu) un peu James Whaler, le journaliste de Rochester, il sera possible d’en apprendre plus. Neveu du patriarche Whaler, James a au fond de lui une féroce envie de briser l'omerta. Si on l'aide à se faire violence, il racontera le drame atroce qui s'est déroulé près du lac, dix ans plus tôt (voir « Là où tout commença »). Par contre, James ne se souvient plus des détails, notamment du nom de ceux qui occupaient le chalet réduit en cendres.
Dans les archives de l’époque, il est également possible de découvrir des appels à témoins : un tueur en série avait été signalé dans le comté (les PJ les plus âgés s’en rappelleront probablement). Le dénommé Henry Moore avait fini par être abattu par la police l’année suivante. On n’a jamais déterminé avec clarté le nombre de ses victimes.

Obtenir le nom des Wesson n'est pas une mince affaire : Ernest et Maria Whaler craignent les ennuis et ne lâchent les informations qu'au compte-gouttes. Il auront tendance à éviter les PJ et ne leur donneront pas accès à leurs registres, à moins d'y être contraints par la force ou la menace de poursuites judiciaires (ce qui reste très hypothétique). Retrouver les Wesson est une autre paire de manches : les deux malheureux ont longtemps séjourné à l'hôpital  de Boston, avant de retourner vivre dans leur petite maison (en banlieue de Boston), puis de la quitter. Personne dans la région ne sait où ils sont partis.
A ce stade du scénario, les PJ ont pu comprendre qu'un drame s'est déroulé sur leur lieu de vacances, des années plus tôt et que la victime de ce drame les appelle. Par contre, ils  sont probablement dans l'interrogation quant à la nature réelle de cet appel ...

La troisième nuit
Si les PJ attendent leur troisième rêve dans l’espoir d’y trouver des indices, ils risquent de déchanter. Les appels d’Irene se font plus pressants et la colère l’emporte sur le désespoir. Une fois de plus, l'orage s'abat sur le village de bois et de toile, le feu se mêlant à l'eau et au vent. Cette fois, la fillette qui appelle au secours est de l'autre côté du lac, dans une zone marécageuse. Elle fuit, visiblement terrifiée, une ombre gigantesque de forme humaine, qui semble la chercher partout.
Assistant à la scène, les personnages semblent impuissants à l'empêcher, englués qu'ils sont dans le sol vaseux. Malgré leurs tentatives de s'en extirper, ils finissent par être avalés par le sol et meurent étouffés par la vase. Quand les PJ s'éveillent, empêtrés dans leurs draps, avec l'impression de suffoquer, l'odeur de la vase est encore présente quelques instants. Le cauchemar était d'un tel réalisme qu'il leur faut faire un test de Peur et, éventuellement perdre des points de Volonté.

La clé des songes
Au sortir de cette nuit éprouvante, les PJ devraient avoir une vague idée du drame qui a pu se nouer dans les parages, dix ans plus tôt. C'est à eux que revient maintenant la tâche de rassembler toutes les pièces du puzzle et de dénouer le mystère. Faute de cela, chaque nuit deviendra plus éprouvante pour eux et pourra grever leur Volonté.
S'ils n'ont pas fait le rapprochement entre la présence dans la région d'Henry Moore, le sinistre tueur en série, la disparition d'Irene et la fille des marais, il leur reste de nombreuses occasions de glaner quelques éléments supplémentaires. Les témoins de l'époque sont encore nombreux et, malgré l'omerta décrétée par le clan Whaler, il reste possible d'évoquer le drame qui eut lieu cette nuit là et où, officiellement, Irene perdit la vie (même si aucun corps ne fut retrouvé).

La fille des marais

Mettre la main sur la « fille des marais » est loin d'être évident. Elle connaît le territoire comme sa poche et des nouveaux arrivants, comme les PJ, pourraient bien s'y égarer, quitte à y laisser leur peau. Comme il est hors de question de la déloger, le plus raisonnable reste de l'attendre patiemment à l'orée de Rochester. En effet, elle vient régulièrement y mendier de quoi survivre. Le révérend Gunn laisse souvent à son attention quelques provisions derrière sa petite église.
Irene Wesson a tout de l'animal sauvage, qu'il s'agisse de son aspect ou de son comportement. Il faut la maîtriser avant de tenter quoi que ce soit envers elle. Elle n'hésitera pas à griffer ou à mordre ceux qui tenteront de s'en prendre à elle et il faudra témoigner des trésors de patience et de diplomatie pour la convaincre d'écouter ce que les PJ ont a lui dire. Elle a le niveau intellectuel d'une enfant de dix ans, mais peut comprendre un discours simple et posé. Lui montrer une photo de Henry Moore (il est possible d'en trouver une aux archives du journal local) a l'effet d'un électrochoc chez elle : elle hurlera de terreur et sera très difficile à calmer. Néanmoins, si on lui explique que cet homme ne peut plus rien lui faire et que ses parents la recherchent, elle finira par se calmer.
Retrouver les parents d'Irene est difficile, mais pas impossible, pour peu qu'on soit motivé et que l'on dispose de quelques contacts bien placés. Après leur séjour à l'hôpital, tous deux ont choisi de déménager et résident maintenant dans la banlieue de New York. Toujours suivie par Thomas Kellerman, le psychiatre de l'hôpital de Boston, Irma Wesson a fait (et fait encore) de fréquents séjours en hôpital psychiatrique, n'étant jamais sortie de la profonde dépression où elle sombra après cette nuit là. Il est donc possible de la retrouver par ce moyen (même s'il faut bousculer quelque peu la déontologie du psychiatre).
John Wesson a sombré dans l'alcoolisme peu après sa sortie de l'hôpital et n'est débarrassé de son addiction que depuis quelques mois. Il a cependant eu l'occasion de se bâtir un sérieux casier judiciaire, entre conduite en état d'ébriété, violences sur la voie publique et blasphème. Il fut même incarcéré durant deux mois, il y a de cela cinq ans. On peut donc retrouver sa trace pour peu qu'on ait un contact dans la police ou l'administration pénitentiaire, par exemple.

Résolution
Comme on l'a vu, les PJ peuvent très bien peiner à comprendre la situation et ne pas réussir à la résoudre. Tant qu'ils seront près du lac Haverlake, les cauchemars ne cesseront de les assaillir, toujours plus réalistes et violents. Peu à peu, ils mettront en scène le calvaire vécu par Irene lors de son kidnapping, les sévices qu'elle subit de la part de Moore, ainsi que l'angoissante épreuve que fut pour elle la fuite dans les marais. Semez des indices progressivement, de façon à ce que les PJ finissent par mettre en place les pièces du puzzle. Si, malgré tous les efforts du MJ, ils ne comprennent pas ce qu'Irene (inconsciemment) attend d'eux et qu'ils finissent par quitter les lieux, déçus de leur séjour, rien n'aura changé pour les Wesson et ils auront manqué une belle occasion.
Si les PJ réussissent à contacter les Wesson et à réunir cette famille, contre toute attente, les cauchemars cesseront de les accables. Même s'il reste beaucoup de chemin à parcourir pour Irma, Irene et John, ces vacances au bord du lac seront mémorables.
« Dernière édition: 24Avril, 2016, 20:11:28 par FaenyX » Journalisée

Ohtar Celebrin
PBM TdM : Damangol / PBM YP : Phoïbos-Angfrid
Les Rêveurs
Argoulet
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 5 642



WWW
« Répondre #53 le: 24Avril, 2016, 20:13:29 »

Et bien mazette !!!

Je vous envie un peu d'être capable de vous fendre ainsi de deux scénarios en si peu de temps !

En tout cas ce 33ème concours est une fructueuse session !!


Plus qu'a espérer que les votes et commentaires seront eux aussi abondants...
Journalisée

Râler moins
Rôler plus !
Mortlock
Lutin d'ovalie
Colonel Général
**
Hors ligne Hors ligne

Messages: 3 385



« Répondre #54 le: 24Avril, 2016, 20:36:53 »

Hé bé ! 
Journalisée

Il n'était pas ailier, il n'était pas pilier, il nétait pas talonneur, il n'était pas entraineur... Mais alors qui était-il ?
Il était un petit navireuh ! il était un petit navireuh ! qui n'avait ja ! ja !  jamais navigué ohé ohé !!!!
FaenyX
Le Guet
Maistre de camp
**
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 996



WWW
« Répondre #55 le: 25Avril, 2016, 09:20:22 »

Et bien mazette !!!
Je vous envie un peu d'être capable de vous fendre ainsi de deux scénarios en si peu de temps !
La machine était un peu rouillée, je ne te le cache pas, et je n'étais pas totalement satisfait du premier texte. Pour le second, ce fut moins douloureux, comme si les bons vieux mécanismes étaient de retour. Voici encore une vertu de la renaissance de ce concours.

En tout cas ce 33ème concours est une fructueuse session !!
Plus qu'a espérer que les votes et commentaires seront eux aussi abondants...
Ca a souvent été le problème de nos concours, le manque de participation. Il va falloir motiver les électeurs, maintenant que les candidats ont répondu présent. Toute suggestion est bonne à prendre, à ce sujet, d'ailleurs...
Journalisée

Ohtar Celebrin
PBM TdM : Damangol / PBM YP : Phoïbos-Angfrid
Les Rêveurs
Argoulet
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 5 642



WWW
« Répondre #56 le: 30Avril, 2016, 09:53:10 »

On pourrait boucler... mais j'ai reçu un message d'un mystérieux contributeur qui me demande quelques jours pour finaliser sa contribution.
Avec 7 scénarios, ce sera presque comme à la grande époque !

Dernière ligne droite pour l'énigmatique participant... sera-t-il prêt ou aura-t-il besoin d'une rallonge ?
Journalisée

Râler moins
Rôler plus !
cccp
TDCA
Pétardier
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 7 043



WWW
« Répondre #57 le: 30Avril, 2016, 10:59:38 »

Cet énigmatique participant, tel un fantôme, attend le moment propice. Pour un concours lancé à Pâques il va bien apparaître pour la nuit des Walpurgis (cette nuit) ?
Journalisée

secrétaire général de Gothlied une tragédie épique de chevaliers germaniques.

Page FaceBook
Xaramis
Chambellan
Pétardier
*****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 7 422



WWW
« Répondre #58 le: 01Mai, 2016, 17:31:38 »

Cet énigmatique participant, tel un fantôme, attend le moment propice. Pour un concours lancé à Pâques il va bien apparaître pour la nuit des Walpurgis (cette nuit) ?
Il faut croire qu'il a attendu un jour chômé, pour rendre sa contribution.
Journalisée

Chez Monsieur de C., dans le sillage de Corto ou au Club Série Noire. Mes inspirations rôlistiques sont dans Inspirôle.
Xaramis
Chambellan
Pétardier
*****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 7 422



WWW
« Répondre #59 le: 01Mai, 2016, 17:34:05 »

Harlem micmac
Un scénario ambiance blaxploitation,
par Xaramis


Laissez-vous pousser une coiffure afro, enfilez votre trois-quart en cuir et votre pantalon pattes d’éph’, sortez votre Buick Electra du garage, envoyez les cuivres d’Earth, Wind and Fire, ça va chauffer dans les rues de Harlem.


L’histoire en quelques mots
Harlem, fin des années 1960. Chamboulé par son expérience de la guerre, Moses Roundtree a décidé de donner un tournant à sa vie : il rêve de ramener ses frères noirs américains (en commençant par ceux de Harlem) en Afrique. Son projet est soutenu ou combattu par des groupes aux intérêts divergents. La situation devenant de plus en plus dangereuse, certains de ses amis (les PJ) décident de l’exfiltrer pour le mettre à l’abri. Mais Roundtree ne veut pas disparaître avant d’avoir mené son projet à bout. Deviendra-t-il son propre adversaire encombrant ?


Mettre en œuvre le scénario
Impliquer les personnages
Pour qu’ils soient pleinement projetés au cœur d’un tourbillon d’intérêts croisés, il est préférable que les PJ n’appartiennent pas à un groupe ayant un pouvoir bien établi (police, gang, etc.). Mieux vaut incarner des personnages du petit peuple de Harlem, qui ont un lien personnel avec Moses Roundtree et lui apporteront leur aide de ce fait-là, avec plus de bonnes volonté que de moyens.
Pour que la toile d’araignée dans laquelle Roundtree se débat soit aussi celle dans laquelle sont pris les PJ, donnez à certains de ceux-ci des éléments biographiques particuliers les liant à des PNJ : ancien compagnon d’armes de Roundtree, petit trafiquant surveillé par la police, militant modéré ou radical des droits civiques, membre d’une congrégation religieuse, etc.
Bien évidemment, cette variété des PJ facilite que certains d’entre eux soient des personnages féminins.

Choisir une ambiance
Le scénario peut être joué sur un mode tragi-comique, la situation et les personnages se prêtant à une pointe de caricature.
Il peut aussi être joué sur un ton plus noir, au sens figuré comme au sens propre, la toile de fond (que j’ai empruntée à un roman de Chester Himes, voir mes « Inspirations », en fin de texte[/i]) étant très imprégnée d’éléments sur la pauvreté des habitants de Harlem, le racisme, etc.
L’une et l’autre approche sont légitimes, et le choix de l’ambiance dépendra des goûts du MJ et des joueurs.


La galerie des PNJ
Moses Roundtree, une grande gueule qui rêve sincèrement de renouveau
Roundtree a été particulièrement marqué par son expérience de la guerre du Vietnam. Il s’est senti comme l’instrument de l’oppression coloniale des États-Unis qui envoyaient ses pauvres Noirs combattre en première ligne pendant que les Blancs restaient à l’arrière ou étaient affectés à des secteurs moins exposés.
Désormais, il est convaincu qu’il y a pas d’avenir radieux pour les Noirs en Amérique, et que le seul moyen d’échapper à l’oppression est de retourner en Afrique, continent de ses fantasmes de liberté et de renouveau.
Obsédé par ce retour à la terre des origines, il se préoccupe peu des questions matérielles, dont il laisse la gestion à son bras droit Bumpy ; ainsi, il n’a vraiment aucune idée de la provenance réelle des fonds récoltés, et croit dur comme fer qu’il s’agit de dons désintéressés. Qui plus est, « revenu de là-bas », il n’a peur de personne (dans ses sermons, il dénonce tout aussi bien les Blancs suprématistes que les Noirs séparatistes, la police raciste que le FBI à la solde des oppresseurs, les trafiquants de drogue qui empoisonnent ses « frères » que les faux prophètes), et a tendance à dire plus haut qu’il ne devrait ce que certains osent à peine penser tout bas, ce qui lui vaut de solides inimitiés dans tous les camps.
En effet, ses actions perturbent les petites affaires d’autres groupes, bandes criminelles du quartier ou militants noirs radicaux.
Moses Roundtree accuse largement les deux cent cinquante livres sur la balance, et s’habille de vêtements qui lui donnent une allure mêlant le pasteur pentecôtiste des rives de la Harlem River, le marabout des rives du Niger, et le bonze du delta du Mékong. Son habit est le reflet du grand melting pot de ses convictions philosophico-religieuses.
Il garde les dons reçus dans un tambour de bronze, ramené en contrebande du Vietnam.
Rendu totalement pacifique par le choc en retour de son expérience guerrière, il s’opposera avec opiniâtreté à ce que ses « sauveurs » veuillent recourir à la violence pour l’aider. Qui plus est, sa corpulence de Bouddha et sa vêture – à laquelle il tient particulièrement – le rendent facilement repérable, et difficilement transportable. Bref, un gars sincère, mais un boulet pour les PJ.
Son leitmotiv : « Back to Africa! Le Créateur y pourvoira ».

Un entourage hétéroclite
Bumpy, homme à tout faire en conflit de loyauté
Bumpy est un ancien compagnon d’armes de Moses Roundtree. Leur « tour » au Vietnam les a soudés. Bumpy n’est pas un obsédé du retour en Afrique, mais il ne veut pas laisser tomber son compagnon d’armes, et il met ses ressources de débrouille au service de ce projet un peu fou. Pragmatique, il lui importe peu de savoir où il trouve l’argent, pourvu qu’il en trouve ; il n’a donc pas hésité à tendre sa sébile à une organisation suprématiste blanche.
Quelques fréquentations politiques douteuses lui valent d’être parfois l’attention du FBI, pour lequel il n’est toutefois qu’un petit poisson. Bumpy n’est pas un informateur régulier des Fédéraux, et il essaie de leur faire comprendre que le projet de Roundtree n’a rien de vraiment subversif.
Particulièrement hâbleur, Bumpy compte sur son bagout pour arriver à ses fins et se sortir des situations compliquées ; de ce fait, et du fait de son casier judiciaire, il ne porte jamais d’armes. Sa ligne de conduite : « Si ma langue ne me sauve pas, un flingue ne me sauvera pas plus ».

Miss Marcy, religieuse engagée
Miss Marcy est le cœur battant de l’Élan du Renouveau. C’est elle qui parcourt les rues pour proposer aux paumés du quartier la perspective d’un nouveau départ, d’une vie meilleure. C’est elle qui coordonne la préparation de la « soupe populaire », l’hébergement des plus démunis, etc.
Elle est bien consciente du caractère passionné et farfelu de Moses Roundtree, et n’ignore pas qu’une partie des « dons » que Bumpy ramène a un petit parfum de soufre. Néanmoins, elle est convaincue de la justesse des combats pacifiques qui veulent apporter un peu de mieux-être dans Harlem. Aussi, elle est prête à quelques compromissions.
Elle se départit rarement de sa bonne humeur, et elle sait trouver, en toutes circonstances, quelques vers et notes de gospel où trouver un supplément d’espoir.

Ophelia
Militante des droits civiques, pacifiste, rêveuse et naïve, Ophelia est totalement subjuguée par Moses Roundtree et son projet de retour en Afrique. Amoureuse de Roundtree, qui ne le lui rend pas, elle est dévorée de jalousie envers la plupart des femmes qui approchent trop « son homme ».
Il se trouve que, par des liens familiaux, elle a quelques accointances avec deux détectives noirs du NYPD. Elle sait qu’ils marchent parfois au-delà des frontières légales, mais que c’est le plus souvent pour faire triompher ce qu’ils considèrent comme la justice, dans un monde où celle-ci est rarement équitable, surtout pour les Noirs. En dernier recours, elle passera par-dessus sa méfiance pour la police, s’il faut demander l’aide de ces deux détectives pour protéger Moses Roundtree.

Willy et Billy, les babysitters
Leur apparence est tellement semblable qu’on les jurerait jumeaux. Willy et Billy sont censés assurer la protection de Moses Roundtree. Ils essaient de déroger discrètement à l’interdiction que leur fait Roundtree de porter une arme. Ils comptent surtout sur leur carrure, leur faciès de boxeur cabossé, et leurs mains comme des battoirs, pour impressionner le quidam ; mais, face à des adversaires résolus, même eux ne savent pas vraiment comment ils se comporteront.

De drôles d’alliés potentiels
Des Blancs qui applaudissent au « retour en Afrique »
Lawrence Yarbrough et ses acolytes ségrégationnistes sont des partisans du « retour en Afrique » : ségrégationnistes convaincus, ils considèrent que s’il y avait un océan entier entre la race blanche et la race noire, telle que le Seigneur l’a sûrement voulu, leur Amérique pourra enfin être blanche et pure.
Financer le projet de Moses Roundtree est une manière d’obtenir ce « blanchissement » dont ils rêvent tant, et prendre de risque majeur pour eux-mêmes.

Ed Cercueil et Fossoyeur Jones, inséparables flics noirs et durs à cuire de Harlem
Les détectives du NYPD Ed « Cercueil » Johnson et « Fossoyeur » Jones forment, depuis plusieurs années, un duo de flics redresseurs de torts. Plus préoccupés de restaurer la justice, notamment au profit des Noirs de Harlem, que de respecter la loi à la lettre, ils ne rechignent pas à user de la matraque plombée, de la crosse du revolver, ou même d’une pluie de balles, pour arriver à leurs fins.
Ils considèrent le projet de Roundtree comme une douce folie, mais reconnaissent que l’homme a un engagement sincère et qu’il arrive au moins à sortir quelques paumés de leur détresse. S’ils sont convaincus de la nécessité de mettre Roundtree à l’abri des dangers qui convergent vers lui, ils mettront leurs plaques et leurs flingues à son service ; mais ils ne se rangeront pas du côté des Blancs ségrégationnistes. Leur objectif premier sera d’empêcher que les Noirs s’entre-massacrent.
[NB : j’ai gardé, pour ces deux flics, l’irremplaçable duo créé par Chester Himes ; voir mes « Inspirations » plus bas. C’est mon signe d’hommage à cet auteur dont l’univers m’a profondément imprégné.]

Les adversaires avérés
Les Noirs radicaux
Certains groupes militants noirs refusent que Moses Roundtree prêche ce « retour en Afrique ». À leurs yeux, c’est une fuite, alors que le combat doit se mener sur le sol américain. Ils veulent donc faire taire cette voix dont la bonté ne serait que le masque de la lâcheté.
Le choix de ses adversaires est large, selon leur vision raciale (suprématistes, ségrégationnistes), politique (nationalistes, etc.), religieuse, etc. Cependant, pour ne pas étouffer l’aventure sous une trop lourde abondance d’adversaires, il est préférable de ne faire intervenir qu’un seul groupe radical dans ce scénario.

Les gangs locaux
Les bandes locales voient d’un mauvais œil cet « Élan du Renouveau » qui pousse certaines prostituées à quitter le trottoir et certains fourgueurs de came à déserter les carrefours en se mettant à rêver d’Afrique. Les activités de Moses Roundtree et de ses « fidèles » sont mauvaises pour les affaires. Il faut que cela cesse, et le temps n’est pas à la palabre.

Les marionnettistes du FBI
Le FBI reste une police politique et a développé, sous l’influence de J. Edgar Hoover, une grande habitude des coups fourrés et une paranoïa qui lui fait voir des ennemis de la nation partout. Même ceux qui osent juste fréquenter de loin des militants des droits civiques sont suspects d’être des éléments subversifs, voire des communistes honnis.
Ici, pour coller au genre, il convient de les mettre en scène avec une touche de caricature : méprisants pour le petit peuple de Harlem et pour les flics locaux (indistinctement Blancs et Noirs), manipulateurs exploitant la moindre faiblesse, recourant à la menace et au chantage, utilisant la technologie la plus avancée pour les surveillances, et, finalement, sous-estimant tant leurs adversaires qu’ils en arrivent à perdre leurs avantages objectifs.

Les autres acteurs
Sherri, star de Harlem (pour l’instant) et de Broadway (bientôt ?)
Sherri est la « régulière » de Bumpy. Elle gagne sa vie comme danseuse (« et pas comme une pute ! », précise-t-elle toujours) au cabaret Nubian Delight. Elle régale de ses charmes les regards des caïds de Harlem, mais n’a cédé aux avances que de Bumpy, qui ne court pourtant pas dans la même catégorie.
C’est à elle que Bumpy, en manque d’autres idées, a soufflé l’idée de planquer le tambour de bronze contenant le magot de Moses Roundtree. Plutôt que de le planquer chez elle, elle l’a caché dans un recoin du Nubian Delight. Elle rit à l’idée d’avoir caché le magot sous les yeux mêmes – et donc, de fait, sous la protection – des malfrats qui en veulent à Roundtree de son projet.
Elle considère pourtant le projet de « retour en Afrique » comme fumeux, et s’accroche surtout à l’idée qu’elle pourra se forger un meilleur destin ici-même à New York, de préférence sur les planches à Broadway.

Les candidats au départ
Ils forment un kaléidoscope bigarré ; certains croient fermement que l’Afrique leur offrira une vie nouvelle, d’autres y voient juste une occasion de quitter la misère de Harlem : domestiques cherchant à quitter leur vie de quasi-esclave, toxicos repentis ou invétérés, grands-mères mystiques, Rastafariens récemment convertis, étudiants idéalistes, etc. Leur terre promise prend, dans leur esprit enflammé, la forme du Libéria, ou de l’Égypte des pharaons noirs, ou du royaume de la reine de Saba.
Avant cela, il leur faudra déjà monter à bord d’un navire qui prendra la mer dans une semaine. S’ils ne pouvaient y monter, leur déception, à la hauteur de leur espoir vibrant, s’incarnerait en une colère incontrôlable.

Les fourgues
Compte tenu des activités délictueuses nombreuses et variées de Harlem, les receleurs ne manquent pas. Quasiment aucun d’entre eux n’irait prétendre croire sincèrement que ceux qui leur apportent des biens à revendre les ont tous reçus dans un héritage en bonne et due forme. Certains d’entre eux vont même jusqu’à se considérer comme de bons samaritains qui aident, à la mesure de leurs moyens, leurs frères et sœurs de Harlem à vivre un peu mieux.
Pour autant, jouer les fourgues demande de savoir jongler avec les loyautés, arroser aussi bien les gangs locaux que les flics de patrouille ou des Stups pour que les uns et les autres ferment au moins un œil sur leurs petites affaires.
Dans la présente affaire, ils jureront tous, la main sur le cœur ou même sur la Bible, n’avoir jamais vu passer un quelconque tambour de bronze (plein de billets ou pas).

Kyriákos Alafogiannis, capitaine de navire peu regardant
Le capitaine du cargo « Elpis » (L’Espoir), contacté par Bumpy, a accepté d’embarquer des passagers pour le « Retour en Afrique ». Bien entendu, il a demandé à être payé d’avance, et au plus tard 3 jours avant que le cargo prenne la mer. Or, le départ est prévu une semaine après le début de cette aventure.
Kyriákos Alafogiannis n’a rien d’un philanthrope, et il prendra la mer s’il n’a pas été payé en temps et en heure et si les candidats au départ n’ont pas réussi à embarquer le jour dit. Toutefois, il sera loyal, et si les conditions sont bien remplies, il les embarquera vers l’Afrique.


Des propositions de scènes pour l’aventure
Moses Roundtree a besoin de nous
Objectif de la scène : impliquer les PJ dans l’histoire.
Les PJ sont contactés par des proches de Roundtree : celui-ci s’est mis en tête, depuis quelques mois, de sauver de la misère des démunis de Harlem, à condition que ceux-ci acceptent de s’embarquer pour un « retour en Afrique ». Dans un immeuble branlant et désaffecté qu’il a rebaptisé « L’Élan du Renouveau », il propose un toit et un couvert, il distribue des allocations. Il parcourt les rues à l’arrière un ancien corbillard dont l’arrière a été transformé en chaire, et d’où il prêche un joyeux mélange d’écritures bibliques et de philosophies orientales revues à sa sauce.
Pour diverses raisons, des groupes criminels et/ou politiques veulent faire taire Moses Roundtree et couler son projet. Les proches de Roundtree (Bumpy ; Miss Marcy ; Ophelia ; Billy et Willy) n’ont pas réussi à se faire entendre de lui, quand ils l’incitent à la discrétion pendant quelque temps ; en faisant appel aux PJ, ils espèrent que ces nouvelles voix sauront réussir là où ils ont échoué, ou que des mesures plus radicales seront prises pour éloigner Moses Roundtree et le sauver malgré lui.

L’attaque de la diligence
Objectif de la scène : démontrer aux PJ la réalité très concrète de la menace.
Un des prêches de rue de Roundtree est perturbé par un groupe violent. Willy (ou Billy, allez savoir), au volant de la voiture, décide de foncer pour mettre Roundtree à l’abri. La panique est immédiate, qui disperse la foule des convertis et des curieux.
Les PJ ont latitude pour réagir selon leurs capacités respectives ou leur dose d’inconscience.
Selon la nature du groupe adverse qui intervient, l’action est plus ou moins « armée » :
– s’il s’agit d’un groupe « politique », il commencera par perturber le prêche par un discours accusant Moses Roundtree de lâcheté et de trahison, et les « convertis » de complicité dans cette trahison. Le ton montera, et ce n’est que si la tension devient trop grande que les premiers coups se mettront à pleuvoir ;
– un groupe criminel aura moins de finesse et s’en prendra directement à la voiture de Roundtree et peut-être à sa personne. L’assassiner en public n’est pas au programme, mais tout est bon à prendre pour leur faire peur, à lui et à ses « fidèles ».

Où est passé le tambour de bronze ?
Objectif de la scène : mettre Roundtree dans l’embarras en le privant de son magot.
De retour au bâtiment, Moses Roundtree découvre que son tambour de bronze, souvenir de son temps de service au Vietnam et « tirelire » dans laquelle il range tous les dons reçus par « L’Élan du Renouveau », a disparu.
Or, il n’y a aucune trace d’effraction. C’est donc quelqu’un de l’entourage de Roundtree qui a fait le coup. Mais qui ?
Il faut retrouver l’argent rapidement, puisque le capitaine du cargo doit être payé au plus tard 3 jours avant l’appareillage.

Rien que des dons, vraiment ?
Objectif de la scène : envisager que le financement du projet de « Retour en Afrique » n’est ni tout-blanc ni tout-noir…
C’est Bumpy qui s’occupe de la collecte de fonds pour les activités de « L’Élan du Renouveau » et en particulier pour le « Retour en Afrique ».
Les sommes collectées sont manifestement élevées, même si Bumpy n’en donne pas le détail. Or, à en juger par ce qui est collecté dans les prêches de rue (quelques dizaines de dollars à peine), cette source est insuffisante à expliquer le magot dont semble disposer Moses Roundtree.
Le passé judiciaire de Bumpy laisse penser qu’il trouve aussi des fonds par des voies douteuses, avec ou sans le consentement de Roundtree.
Interrogé par les PJ, en présence ou pas de Roundtree, Bumpy donne quelques indications sur des magouilles qui lui permettent de trouver des fonds supplémentaires, comme des « prélèvements » sur des loteries clandestines.
Et c’est hors de la présence de Moses Roundtree et uniquement s’il est poussé dans ses derniers retranchements, qu’il parlera d’une combine plus lucrative mais qu’il préfère ne pas ébruiter (et sur laquelle les contributeurs préfèrent, eux aussi, rester très discrets) : la contribution financière d’un mouvement blanc ségrégationniste, qui verrait d’un bon œil que les Noirs repartent vers l’Afrique. Pour Bumpy, le projet de Roundtree justifie tous les moyens pour y arriver, mais sans en parler à Roundtree qui n’apprécierait probablement pas une telle aide raciste…

Chasse au trésor
Objectif de la scène : faire entrer en jeu les différentes parties qui veulent torpiller le projet du « Retour en Afrique ».
La nouvelle de la « disparition » du magot de Moses Roundtree commence à courir les rues. Et cela attire l’attention et les convoitises de plusieurs groupes :
– les « donateurs » blancs qui pensent que Roundtree s’est fait la malle avec leur argent sans emporter d’autres Noirs au loin ;
– les contributeurs noirs candidats au voyage, qui ont confié à Roundtree leurs maigres économies ;
– les militants radicaux noirs aussi bien que les gangs criminels locaux, qui voudraient faire coup double en mettant la main sur le magot et en ruinant le projet de Roundtree et ses activités qui perturbent, pour les uns, leurs combats politiques et, pour les autres, leurs affaires.
La chasse au magot peut se baser sur la recherche du tambour de bronze, un objet suffisamment original pour qu’il soit probable qu’il laisse des traces s’il passe de main en main devant des témoins (receleurs, etc.). Pourtant, ledit tambour semble s’être évaporé.
En fait, c’est dans le sous-sol du Nubian Delight, où danse Sherri, la « régulière » de Bumpy, que le tambour de bronze a été momentanément caché par cette dernière.

Surveillances en costume-cravate
Objectif de la scène : ajouter une complication au panorama des parties en présence.
Des PJ observateurs remarqueront peut-être que d’autres que des « Noirs » (gangsters ou militants) sont entrés dans la danse. Et ce ne sont pas des flics blancs de Harlem. Plutôt des fouineurs du FBI ? Mais, alors, qui surveillent-ils ? Moses Roundtree ? D’autres membres de l’équipe de « L’Élan du Renouveau » ? Certains des militants ou des gangsters qui se mettent en travers du projet de Roundtree ?
Quoi qu’il en soit, ça ne devrait rien présager de bon…

Exfiltrer Moses Roundtree
Objectif de la scène : recourir à la dernière solution pour mettre Roundtree vraiment à l’abri.
Malgré les intimidations et la disparition de son magot, Roundtree ne désarme pas et ne la met pas en veilleuse. Au contraire, il veut retourner dans la rue, pour continuer à prêcher et accuser à tout-va ceux qu’ils soupçonnent d’avoir fait le coup.
Les PJ auront fort à faire. Roundtree est devenu inaccessible à la raison, et il tentera d’échapper à toute surveillance de ses « amis » pour retourner dans la rue. Il rejettera également l’idée de s’embarquer sur le cargo « Elpis », cap sur l’Afrique : ce voyage n’est en effet, dans son esprit, que le premier d’une longue série qui doit constituer « ce grand retour en arrière qui est, en fait, un bond en avant » pour tous les Noirs d’Amérique.
Il revient aux PJ, et aux alliés qu’ils trouveront pour cela, de protéger Moses Roundtree de lui-même, jusque et y compris en l’emportant, contre son gré, loin de Harlem et de tous ceux qui veulent en finir avec son projet, voire avec sa personne.


Inspirations
Ce scénario doit beaucoup à deux sources très différentes :
– le décor de Harlem, le prédicateur, le projet de retour en Afrique, le fric baladeur, les rivalités entre bandes, le duo de flics noirs durs à cuire, tout cela fait partie de l’héritage que m’a légué, sans l’avoir décidé lui-même, Chester Himes. Et plus particulièrement à son roman Cotton Comes To Harlem / Retour en Afrique (1964/1965[/i]). Ce roman a été adapté au cinéma, dans la mouvance « blaxploitation », par Ossie Davis, sous le titre Cotton Comes To Harlem / Le casse de l’Oncle Tom (1970[/i]), et sur une intrigue un peu simplifiée par rapport à celle du livre ;
– l’idée de devoir mettre une personne à l’abri malgré elle est empruntée au scénario « For His Own Good », du supplément At Rapier’s Point, un vieux livre d’ambiance cape-et-épée pour Rolemaster et Fantasy Hero. Je précise, par honnêteté, que je l’avais déjà empruntée pour le scénario « Les lettres dangereuses », un scénario générique pour le concours n°11 de la Cour.


Et dans les oreilles ?
Pour ceux qui aiment jouer en musique et voudraient se mettre dans les oreilles des « tubes » s’inscrivant – ou pas – dans les canons du genre, le choix est vaste, ne serait-ce qu’en picorant dans les bandes-son des films du genre.
Melvin Van Peebles est réputé pour avoir posé le premier jalon musical de la blaxploitation (Sweet Sweetback’s Baad Asssss Song, dont la bande-son est interprétée par Earth, Wind and Fire). Du côté du funk, quelques grands noms sont des valeurs sûres : James Brown (Black Caesar), Isaac Hayes (préférez Truck Turner à son Shaft trop célèbre) ; mais d’autres valent aussi le détour : Dennis Coffey & Luchi De Jesus (Black Belt Jones), J.J. Johnson (Willie Dynamite), Norman Whitfield & Rose Royce (Car Wash), Willy Hutch (Foxy Brown), The Dells (No Way Back).
Mais ne vous laissez pas enfermer dans les étiquettes catégorielles, et donnez leur chance à des compositeurs plutôt connus pour la soul, comme Marvin Gaye Trouble Man ; le jazz Herbie Hancock (Fat Albert Rotunda ) ; les mélanges sophistiqués Roy Ayers (Coffy) ou Manu Dibango (Countdown At Kusini ). Ou allez tutoyer les frontières du bizarre, avec Sun Ra (Space Is The Place).
« Dernière édition: 02Mai, 2016, 12:38:10 par Xaramis » Journalisée

Chez Monsieur de C., dans le sillage de Corto ou au Club Série Noire. Mes inspirations rôlistiques sont dans Inspirôle.
Pages: 1 2 3 [4] 5   Haut de page
  Imprimer  
 
Aller à: