Les Salons de la Cour

07Avril, 2020, 20:28:47
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Caracalla
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Morat


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« le: 14Août, 2013, 13:25:02 »

Allez hop, puisqu'il ne semble qu'aucun fil de discussion ne soit ouvert à la critique du livre lui même, c'est moi qui ouvre le ban ! 

J'ai terminé ledit ouvrage hier soir et voilà mes premières impressions. La suite risque de sembler un peu flagorneuse, mais je vais essayer de dire ce que j'en pense de la façon la plus juste possible. À résumer en deux mots, j'ai beaucoup aimé.

Normalement, ce qui suit ne dévoile rien de l'intrigue, vous pouvez donc le parcourir même si vous n'avez pas encore lu le roman.

La forme d'abord.
L'ouvrage est très beau, çà fait vraiment plaisir. La police de caractère est nette, la pagination claire, le grammage du papier vraiment agréable. Couverture rigide & couture de qualité. J'aime moins la police de caractère qui a été utilisé sur la tranche, et il manque à mon avis un fil marque-page, mais bon, c'est du détail à la rigueur. Pour 23€, on en a largement pour son argent.

Titre & résumé du 4e de couverture.
Là, à mon avis, c'est le point faible. Evidemment, une fois dans l'histoire et lorsque l'on connait l'humour de l'auteur, le titre se justifie tout à fait. Cela dit — ce n'est que mon avis — sans ces deux préalables, çà fait un peu roman de gare ... D'autant que le 4e de couverture n'est pas d'une folle originalité. Autrement dit, s'il n'y avait pas eu noté "Jaworski" sur la couverture, je ne l'aurai certainement pas acheté.

Le fond.
Disons d'abord que j'ai lu le roman sans avoir lu la moindre critique préalable, donc vierge de tout idée. Je l'attendais avec curiosité, mais probablement avec moins de sévérité que s'il avait eu pour cadre le Vieux Royaume.

Mes connaissances historiques sur les Celtes sont proches du zéro. Le sujet m'intéresse, mais je ne l'ai jamais travaillé, et tant que je ne met pas un ouvrage en fiche j'ai une mémoire de passoire !  Autrement dit, j'ai lu le roman comme s'il s'était agit d'une pure fiction, et je m'en porte très bien. Voilà pourquoi je n'ai pas noté dans la partie sur la forme qu'une carte aurait été bienvenue. Finalement, je m'en fiche un peu. (Mais bon pour une réédition future pourquoi pas ... Grin)

On retrouve un certain nombre de points communs avec les ouvrages précédents :
Les deux points à mon avis les plus positifs :
- Forme : la langue. Vocabulaire, syntaxe, tout est là. C'est une qualité rare — que j'envie.
- Fond : les mises en abimes, ce qui permet une intrigue complexe et une chute.
Un point amusant :
- l'interpellation du lecteur par le biais de l'introduction & le récit pour l'essentiel à la 1ere personne.

Les passages que j'ai particulièrement aimés :
- La fin de la course d'Oico (p.86 à 99), ce qui donne du corps (sans mauvais jeu de mots) à deux personnages, Oico & Comargos.
- Le "dialogue" des habitantes des bois (p.216-219). Un grand moment pour le rythme. Puis évidemment la fuite devant Taruos & la "rencontre" avec le maître du Garrissal, pour l'ambiance, le paysage. C'est un peu pédant de ma part sans doute, je m'en excuse par avance, mais çà ma fait penser au lied de Schubert  Der Erlkönig (« Le Roi des aulnes ») qui est extrêmement poignant.
- Le dialogue final évidemment avec Ambigat.

Par rapport aux ouvrages précédents maintenant.
Une lapalissade : ce n'est le format ni de Janua Vera ni de Gagner la Guerre, et ce n'est que le 1er tome d'une trilogie. Je réserve donc mon appréciation finale pour dans deux ans.
Pour l'instant du coup, l'univers est moins complet que celui du Vieux Royaume, moins de pages tout simplement, donc je préfère encore la 1ere série. Mais j'attends cette fois avec grande impatience le tome 2 !

Grand merci pour ces bons moments de lecture. 
« Dernière édition: 14Août, 2013, 21:21:15 par Caracalla » Journalisée

Usher
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« Répondre #1 le: 14Août, 2013, 16:29:43 »

Merci pour ce retour de lecture, Caracalla. Et pour la délicatesse du procédé, qui consiste à dire sans trop en dire. 
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Caracalla
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« Répondre #2 le: 15Août, 2013, 00:35:16 »

Merci pour ce retour de lecture, Caracalla. Et pour la délicatesse du procédé, qui consiste à dire sans trop en dire. 

Que crois-tu ? Je ne suis pas du style à dévoiler ainsi, qu'à la fin, le héros, ben, il est même pas mort ! 
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« Répondre #3 le: 15Août, 2013, 14:20:14 »

Parce qu'il est sorti, finalement ? Il n'est toujours pas disponible sur Amazon.
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« Répondre #4 le: 15Août, 2013, 14:41:08 »

Je ne sais pas pour Amazon, mais il est disponible sur le site des Moutons Electriques, en dur et en numérique.
Pour des raisons qui m'échappent Paypal n'accepte pas ma carte bleue (qui n'est certes pas une Visa), donc je n'ai pas pu le commander, mais ça ne saurait tarder ; il faut juste que je termine les 900 pages de A Distant Mirror Or Our Time par Tuchman  C'est très bien, aussi bien que c'est long 
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« Répondre #5 le: 17Août, 2013, 12:08:50 »

Bonne initiative Caracalla. 

J'avais une autre question Usher, j'ai été particulièrement intéressé par le passage où Bellovèse parle des visite du barde chez lui et des jeux de l'esprit qu'il leur propose. Est-ce une invention ? Une reprise d'un passage d'une légende ? Car j'ai trouvé ça très cohérent avec l'idée que je me faisais d'un barde.

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« Répondre #6 le: 17Août, 2013, 14:42:29 »

Sur les bardes gaulois, nous ne savons quasiment rien, à part ce que tu connais déjà : l'épisode fameux de la bourse d'or jetée par Bituit au barde arrivé en retard à son festin et l'importance de l'éloge et de la satire dans la société celtique. Même les trois airs ne sont pas attestés à une période si haute. Par conséquent, j'ai dû beaucoup extrapoler, en particulier à partir de données galloises et irlandaises plus récentes, et aussi, par extension, à partir de pratiques médiévales.

Le jeu rimé auquel Albios défie ses hôtes est pure spéculation, fondée sur plusieurs observations :
- D'après ce qu'on en sait (en particulier à travers le Dialogue des deux sages), l'enseignement druidique est fondé sur le dialogue et le défi poétique, ce que l'on retrouvera d'ailleurs sous une forme à peine altérée dans la disputatio de l'université médiévale. Les "duels bardiques" sont attestés, ce qui confirme l'habitude de ces affrontements poétiques. Ce sont les sources les plus solides qui ont présidé à mon invention.
- Par ailleurs, si l'on se penche sur la société médiévale, qui a souvent reproduit des schémas celtiques, on s'aperçoit que l'aristocratie se livre fréquemment à des jeux rimés. Cette pratique, dont on a des traces anciennes - il est probable que les chansons de Guillaume d'Aquitaine, à la fin du XIe siècle, ont été composées dans ce contexte festif et collectif - perdurera sous diverses formes jusque dans les jeux de salon de la période classique. Je suis parti de l'idée que ce loisir pouvait être archaïque, et typique des activités bardiques. (N'oublions pas que Guillaume d'Aquitaine, pour revenir au premier troubadour, est aussi l'aristocrate français qui accueillit dans sa cour un grand barde gallois, Blédri ap Davidor, qui a sans doute diffusé la matière de Bretagne sur le continent.)

En ce qui concerne la prosodie employée par mon barde, elle est bien celtique mais anachronique. Anachronique, en fait, parce que la rime n'est inventée qu'à la fin de l'antiquité. On ne sait rien sur la prosodie la plus archaïque employée par les bardes de l'Antiquité : Guyonvarc'h spécule qu'il s'agissait d'heptasyllabes allitérés. Faute d'avoir une forme ancienne, j'ai repris une forme poétique incontestablement bardique, mais médiévale : la cynghanedd galloise.
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« Répondre #7 le: 17Août, 2013, 23:18:44 »

Nom d'un petit bonhomme ! Et moi qui croyais qu'il ne s'agissait que d'un roman ... Grin
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« Répondre #8 le: 18Août, 2013, 00:08:40 »

Bon je continue mes questions tant que tu es motivé pour répondre. 

Le passage ou Bellovèse montre sa science du déplacement en char en descendant pour pousser et aider les chevaux m'a également beaucoup plu. Ton inspiration pour ce passage ?

Ah et j'ai beaucoup aimé les rencontres des deux frères avec Taureau trois grues au passage. 
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« Répondre #9 le: 18Août, 2013, 09:31:08 »

Bon je continue mes questions tant que tu es motivé pour répondre. 

Le passage ou Bellovèse montre sa science du déplacement en char en descendant pour pousser et aider les chevaux m'a également beaucoup plu. Ton inspiration pour ce passage ?

"Ce n'est pas difficile", dirait un druide.  Grin
César m'en a quasiment soufflé l'idée, dans sa description de la charrerie bretonne et de l'entraînement quotidien des guerriers. J'y ai ajouté le poncif, assez fréquent à l'époque des voitures à cheval, du véhicule poussé en côte.

Ah et j'ai beaucoup aimé les rencontres des deux frères avec Taureau trois grues au passage. 

Merci ! Il fallait quand même que je le place quelque part, ce mystérieux TARVOS TRIGARANVS !  Grin

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« Répondre #10 le: 18Août, 2013, 13:39:49 »

Si cous me permettez cette parenthèse zoologique, c'est marrant qu'ils appellent ça des grues, près d'un taureau il me semblerait plus logique que ce soient des hérons garde-bœuf :


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« Répondre #11 le: 18Août, 2013, 14:40:52 »

"Taruos Trigaranus" signifie littéralement, en gaulois, "taureau aux trois grues".
Le mot gaulois garanus est très proche du grec "géranos" ou des gallois, vieux cornique et breton "garan" qui signifient "grue".

Edit : Dans les cultures ougro-sibériennes, la grue est un animal psychopompe qui est important dans les croyances chamaniques. Faut-il y voir un symbolisme semblable chez les Celtes ?… Ce qui semble certain, c'est que les Gaulois accordaient de l'importance à certains oiseaux : le corbeau tout d'abord, mais aussi les poules et, manifestement, les grues.

C'est une hypothèse purement personnelle, mais je suis persuadé que la légende fondatrice de la famille Plantagenêt - la belle comtesse païenne qui enlève dans ses ailes un de ses enfants pour fuir la messe - possède un rapport avec les divinités aviaires du monde celtique.
« Dernière édition: 18Août, 2013, 14:47:15 par Usher » Journalisée
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« Répondre #12 le: 18Août, 2013, 19:00:42 »

Ben voilà, le bouquin n'est même pas encore sorti pour de vrai qu'ils se mettent à spoiler comme des sauvages.
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« Répondre #13 le: 18Août, 2013, 19:07:23 »


Ceci dit en regardant à nouveau la sculpture et en regardant une photo de grue je doit avouer que ce sont effectivement des grues... le plumage retombant à l'arrière est reconnaissable surtout sur la grue 3.

Ils sont fous ces gaulois... des grues sur un taureau...

Comme quoi le contexte peut être trompeur...
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« Répondre #14 le: 21Août, 2013, 23:07:49 »

Sans spoiler, hein,

Un magnifique début de cycle. Un roman dans lequel je suis entré avec bien plus de facilité que pour - le déjà excellent - Gagner la guerre.

Très touché en particulier par le court passage nostalgique du narrateur sur l'exil et le retour impossible au monde de l'enfance. C'est beau comme du Barbara !
Et le fait de lier cette réflexion douce-amère avec l'espérance dans l'île des jeunes, comme ça, en toute fin de paragraphe, c'est très fort. ça renforce toute la musique du passage qu'on vient de lire avec une sorte de contrepoint mythologique inattendu. C'est brillant.

 

 
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