Les Salons de la Cour

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Auteur Fil de discussion: Contributions du 5e Concours de Créatures  (Lu 1603 fois)
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pitche
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« le: 19Mars, 2013, 02:17:41 »

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« Dernière édition: 19Mars, 2013, 02:21:04 par pitche » Journalisée

Cuchulain
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Grand maître du Djyhad rouge tolkiennien


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« Répondre #1 le: 29Mars, 2013, 18:15:57 »

Voici ma contribution, inspirée par "Les vers de la Terre" de R.E Howard. Je l'ai adapté pour Ynn Pryddein à ma sauce  3994: caractères espace compris : je suis dans les clous. 

6e jour d’Adunaïos  de l’An 642 .
8e district de la Province Tænarienne  de Keltia.

La 1ere griffe  Donya Ambrosia  fait son rapport à Charis Chrysanthia, générale de la 36e panthère.

Hêgemôna ,

 Je t’écris concernant les événements qui se sont déroulés le mois dernier à Sigeion le mois dernier, moi et ma griffe étions en patrouille lors de la catastrophe, aussi avons-nous échappé à la mort.

Comme tu le sais, Sigeion guide les navires sur le grand lac   grâce à son phare et sert de villégiature aux nobles familles de Keltia. Depuis que les lignes magiques sont en déclin, nous tentons de maintenir un certain équilibre entre la grandeur de Taenare, et une certaine tolérance envers les pictoï  et leurs coutumes.

Il y a trois jours, le gouverneur Titos a fait crucifier un barbare qui aurait insulté un officier et défié l’autorité impériale. J’étais contre cette décision, car l’ambassadeur du roi des Pictoï avait proposé une forte somme pour apaiser la dignité offensée de Phillipos et sans doute aurait-il mieux valu accepter…

L’officière contemple un des malheureux qui a été retrouvé errant et hagard sur ce qui était autrefois une des plus grandes cités construites par l’empire dans le nord. L’homme dormait maintenant abruti par divers drogues. Quelques heures auparavant il avait livré un témoignage terrifiant. Donya se souvient qu’il avait commencé calmement…

« Je j’étais… Au festin du gouverneur, quand tout a commencé. Les murs ont tremblés, d’abord des lézardes, puis des fissures, puis des plaies béantes dans les murs le et le plafond !  Les colonnes se sont renversées, tout le monde s’est mis à hurler puis à courir. Mais le sol ! Une mer déchainée ! Les pavés se sont mis à voler, et dessous comme des racines, mais des racines faites de chair…  Des liens qui saisissaient les gens et les serraient jusqu’à ce que leurs os se brisent… »

Là il était devenu peu à peu hystérique :
« Je suis sorti finalement, je crois que j’ai écrasé quelqu’un, peut être plusieurs personnes, je ne sais plus… Et  là… LA DANS LES RUES ! SORTANT DU SOL ET FRAPPANT AU HASARD ! DES TENTACULES ! DES TENTACULES DETRUISANT ET RAVAEGANT TOUT ! »

Un thaumaturge avait jeté un sortilège pour l’apaiser et il avait repris.
« Et des cris, les cris des femmes  nobles que les tentacules entrainaient dans les replis du sol… Je ne sais pas pourquoi mais… »

Il avait été saisi de frissons et à l’officière frissonna aussi en y repensant

L’homme avait repris :
« Ensuite j’ai couru à travers la ville et plus je courais plus j’avais l’impression de gravir une colline alors que le palais est au dessus des remparts ! Et tout autour de moi les palais, les casernes, les maisons s’écroulaient… Et puis LE SOL ! LE SOL SE CREUSAIT PEU A PEU ! ET TOUT AUTOUR DE MOI CES CHOSES TENTACULAIRES ! SANS TETE ! IL DOIT Y AVOIR UNE TETE MAIS LA NON QUE DES CHOSES  FOUETTANT L’AIR COMME DES SERPENTS SANS TÊTE ! UNE A VOULU ME SERRER, J’AI SENTI SON CONTACT CHAUD ET VISQUEUX CONTRE MA PEAU ! AH DIEUX CETTE SENTATION… J’AI COURU COURU ET… »

La suite n’était que balbutiements et cris inarticulés… Et on avait du l’assommer pour le calmer.

L’officière saisie son stylet et écrit ces mots :
Je préconise un retrait de ce pays maudit, hêgemôna, une expédition punitive ne nous mènerait qu’à la catastrophe… Il y a  là une sombre magie qui nous dépasse...


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 1. Mois du calendrier Taenarien correspondant à septembre/octobre
  2. Le calendrier Taenarien (CT) se base sur la date de fondation de sa capitale : Taenare. Quand la campagne commence nous sommes en 1200 CT.
  3. C’est ainsi que l’Empire de Taenare appelait Ynn Pryddein
  4. Une griffe c’est une subdivision de l’armée Tænarienne. Une panthère c’est un corps d’armée d’environ 1200 hommes, vient ensuite les 4 pattes de 300 hommes et enfin la griffe qui regroupe 100 hommes, dirigée par une première griffe.
  5. Féminin de « Hêgemôn » commandant en chef, titre donné au commandant d’une panthère.
   6. Il s’agit du lac Muirgheal bien sur.
  7.  Nom donné par Taenare aux habitants de Peithan

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PS : j'avoue avoir inclus un élément un peu hentaï dans le texte pas du tout suggéré par Howard. 



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« Répondre #2 le: 10Avril, 2013, 10:15:06 »

Eaux noires, eaux vives

C’est un lac souterrain comme il en existe un peu partout sur Terre. Enfoui sous des mètres de glaise et de roche, il sommeille paisiblement depuis des milliers de siècles. Y accéder n’est pas chose aisée ; quelques rares boyaux y conduisent depuis la surface. Ils seraient assez large pour qu’un homme de corpulence moyenne s’y faufile, mais encore faudrait-il qu’il ait conscience de leur existence. Pardon ? Si moi, je les connais ? Evidemment. Je ne les évoquerais pas sinon.
Je peux même vous en dire plus sur ce lac. Il est grand : presque 300 m de long sur 40 de large. Il est profond : plus de 30 m en son centre. Surtout, il est vivant. Non, je ne veux pas dire qu’il est poissonneux, mais bien que lui-même est une entité vivante à part entière.
Ne soyez pas sceptique ; il y a de nombreux mystères ici-bas et celui-ci s’explique très simplement. Le lac vit, parce qu’il est né d’une entité similaire ; il vit parce qu’il se nourrit, parce qu’il respire, parce qu’il grandit. Il vit, enfin, parce qu’il se reproduit et donne naissance à des individus qui lui sont semblables. Sauf erreur, c’est bien là la définition d’un être vivant.
 
Le lac agit sur son environnement et maintient ses fonctions vitales par le biais d’une multitude de ruisseaux souterrains qui partent de lui. Tenez, un peu comme une cellule nerveuse. Il est au centre d’une ramification tentaculaire s’insinuant dans le sol. Toutes ces extensions se dirigent vers la surface. Là, elles y synthétisent la lumière du soleil et captent les nutriments nécessaires à la croissance du lac.

Je sais, oui : « lac » n’est finalement pas le terme le plus approprié pour désigner cette chose. Qui n’est, d’ailleurs, pas exactement composée d’eau. Mais au moins pouvez-vous mieux visualiser mon propos. A défaut de pouvoir vous en montrer une image, il me faut une description aussi précise que possible.
Je disais donc que ce lac n’était pas fait d’eau. C’est en partie faux. De fait, un organisme microscopique a jadis fusionné avec les éléments constituant l’eau du lac. Plus précisément, même, cet organisme s’est mélangé à l’eau d’un autre lac, parent de celui que j’évoque. Et mort depuis, mais c’est une autre histoire.
Nous avons donc des molécules de H2O, d’une configuration classique, auxquelles se sont greffées des cellules étrangères. Comment importe peu. L’entité, c’est cet ensemble de molécules de H2O dotées de leurs symbiotes. C’est le cœur de la créature, confiné dans le lac souterrain. Quant à ses excroissances arborescentes, ce sont en quelque sorte ses membres, tout autant que son système respiratoire, nutritif et reproducteur.

Ces résurgences, elles, sont bien accessibles à l’homme puisqu’elles affleurent à la surface. Elles y forment ici une mare, là un étang ou une vasque dans des rochers, ou encore un ru traversant une prairie. Et, à première vue, elles sont en tous points semblables à n’importe quel autre ru, étang, vasque ou mare. Si ce n’est qu’aucun animal aquatique n’y nage, ou si peu, et qu’une quantité impressionnante de légendes morbides y sont associées. Tel étang est renommé pour le nombre de malheureux qui s’y sont envasés et noyés ; le courant de telle autre rivière serait traître, saisissant sans pitié le nageur imprudent…

Pendant des siècles et des siècles, notre créature est plus ou moins demeurée dans un état stable. Du soleil, elle puisait l’énergie nécessaire à l’assimilation de l’oxygène et, des créatures venant s’abreuver à ses résurgences, elle faisait sa nourriture. Oui, elle les « mange ». Comment ? En se déployant autour de sa proie, pardi ; en la happant, en l’entraînant au fond de l’eau et en la laissant s’y décomposer petit à petit. Enfin, cela, c’est la technique… « traditionnelle », dirais-je.
Avec l’apparition de l’être humain et de l’intelligence, notre « lac » a connu un bond évolutif. Je ne connais pas la cause exacte de ce changement. Le fait est, cependant, qu’à partir du moment où la créature a commencé à se nourrir d’êtres humains, elle-même a acquis un semblant de conscience. Qui a fini par se développer pour devenir intelligence. Elle est alors devenue plus subtile. Elle a fait en sorte d’inciter les humains à s’installer près de certaines de ses excroissances ou, à l’inverse, elle s’est étendue au plus proche des lieux d’implantation humaine.

Vous voyez, quand vous vous hydratez grâce à elle, vous établissez un contact. Lorsque vous buvez ou vous vous baignez dans une de ses eaux-tentacules, la créature parvient à vous parler. Oh, ça se passe au niveau du subconscient. La plupart d’entre vous ne s’en aperçoit pas. La créature va alors vous convaincre d’envoyer vos enfants puiser de l’eau dans tel ou tel point d’eau, de façon à tendre un piège aux plus faibles d’entre vous. Ou bien, elle vous incitera à mener vos bêtes paître près d’un ruisseau en apparence tranquille… Ou encore, plus simplement, elle vous conduira à jeter vos déjections naturelles dans un autre de ses bras. Oui, la merde aussi lui convient, quoique l’apport nutritif soit faible. L’un dans l’autre, en tout cas, le lac se nourrira grâce et malgré vous.

Ah, vous avez raison, je ne m’inclue pas dans les proies de la créature. C’est que, vous comprenez, « je suis » la créature et pas cette demoiselle illusoire avec qui vous croyez converser. Un de mes petits tours, oui...

Pour tout vous dire, j’ai appris que vous enquêtiez depuis des lustres sur les disparitions énigmatiques qui frappent l’étang des saules. Vous approchiez du but de vos investigations et je vous devais bien une petite explication. Que voulez-vous, je n’ai personne avec qui véritablement discuter. Ce n’est pas que j’en aie un besoin indicible : je me suffis à moi-même et je peux « partager » avec mes congénères. Mais, je crois qu’à force de côtoyer les humains, je me suis « imbibé », si vous me permettez ce trait d’esprit, de certaines de leurs capacités. La sociabilité notamment et l’intérêt pour autrui, en bien ou en mal…

Enfin. C’est pas tout ça. Si cela ne vous ennuie pas, je vais mettre un terme à notre charmante conversation. Maintenant que vous êtes dans l’eau jusqu’au cou, vous m’obligeriez à enfoncer la tête. Je ne voudrais pas contraindre quelqu’un avec qui je viens de passer un si agréable moment… Plaît-il ? Une dernière question ? Ma foi, pourquoi pas… D’autres que moi ? Bien sûr, je crois vous l’avoir déjà dit, d’ailleurs : je me reproduis. Et qui dit reproduction, dit plusieurs individus. Comment je procède ? Par capillarité et par scissiparité, pour simplifier. Les nutriments que je collecte me donnent, entre autres choses, l’énergie pour forer le sous-sol avec une de mes excroissances et ainsi creuser une anfractuosité assez vaste pour ma progéniture. Il ne me reste ensuite qu’à détourner une partie de mes eaux-cœur et d’y installer le « petit ». C’est cela, oui : une reproduction à l’identique.
C’est ainsi que mon parent m’a créé et c’est ainsi que j’ai donné naissance à six autres « lacs » de mon genre. C’est peu, je sais, mais notre cycle de vie n’est pas vraiment à la même échelle que le vôtre : vous êtes bien éphémères, saviez-vous ?

Mon parent est mort, oui. Vous essayez de gagner du temps, hein ? Bon, enfin. Cela s’est produit il y a… bien longtemps… Vos ancêtres n’étaient alors que de vulgaires primates. J’étais encore relié à mon parent par son dendrite ombilical, duquel j’étais né. Nous partagions nourriture et sensations. Non, nous ne discutions pas, pas à proprement parler ; nous avions conscience l’un de l’autre, sans pour autant nous concevoir l’un sans l’autre. C’est très éloigné de ce que vous, humains, pouvez ressentir.

Bref. Un jour, un manque se fit sentir. Le lien qui m’unissait à mon parent s’était tari. Presque brusquement. Je ne recevais plus rien de lui ; il avait disparu. Je lançais alors plusieurs nouvelles ramifications en direction de ses eaux-cœur. Cela me prit du temps, bien entendu, mais la roche s’ouvrit tout de même et mes eaux-tentacules purent m’apporter les informations que je souhaitais. Quelques animaux vinrent en effet s’abreuver aux nouvelles sources que je leur offrais et, ce faisant, ils m’offraient leur témoignage, certes limité, mais suffisant pour mes besoins immédiats.
Là où mon parent était né, la terre s’était ouverte, comme elle le fait parfois. Un ravin déchirait le sol et avait exposé au grand jour les eaux de mon parent. Un éboulement avait défoncé le fond de son lac, le dispersant aux alentours. Je me figurais les ruisseaux vitaux de mon parent, se vidant comme une bête éventrée répand ses entrailles. Je les imaginais seulement : ils avaient disparu depuis longtemps. Ils n’avaient pas su creuser leur voie pour s’établir dans un lit stable. Mon espèce et moi, nous avons besoin de stagner ; nous ne sommes pas du même acabit que les rivières. Nos tentacules, nos ramifications peuvent s’écouler, mais pas nos eaux-cœur. Je crois aussi que mon parent n’avait pas supporté l’exposition directe à la lumière du soleil. J’ai depuis tenté d’installer un de mes rejetons en surface, mais il n’a pas survécu.

Quoi qu’il en soit, assez bavardé ! Et puisque je vous vois réticent à vous immerger totalement, vous m’en excuserez, mais je vous force la main. Allons-y : et glou et glou et glou et glou…



Résumé et éléments pour le jeu
Le lac aux eaux vives est une créature a priori exploitable dans n’importe quel contexte de jdr qui inclurait une part de fantastique ou d’extraordinaire. Son cœur se situe toujours sous terre. Il exerce son influence via des extensions qui s’insinuent dans le sous-sol, en un réseau tentaculaire. Il prospère particulièrement à proximité d’une terre giboyeuse ou peuplée par l’homme. De fait, il puise sa nourriture dans les animaux. C’est leur digestion qui, à terme, lui permettra de croître et de se reproduire.
L’explosion démographique humaine est une aubaine pour lui. La pollution qu’elle génère aura peut-être des effets néfastes, néanmoins. Mais la révolution des techniques étant, somme toute, une nouveauté à l’échelle temporelle du lac, il n’en ressent pour l’heure aucun désagrément.
Difficile de le tuer et d’y échapper. De sérieux tests de natation, de force brute, de résistance à la manipulation mentale et l’aide de plusieurs personnages seront nécessaires. Quant à le détruire, l’exposition à la lumière du soleil semble lui être fatal. Reste à se donner les moyens d’ouvrir le sous-sol jusqu’à lui.

« Dernière édition: 10Avril, 2013, 10:25:28 par selwin » Journalisée
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Docteur en procrastination


« Répondre #3 le: 11Avril, 2013, 14:20:48 »

Une bestiole toute mignonne pour univers fantastique.

Pieuvre astrale (Nautilus psychopompus bornicheti)

Ce petit céphalopode tétra-branchial est abusivement appelé pieuvre alors qu'il appartient en fait au genre Nautilus. On le trouve exclusivement sur la côte de quelques îles en bordure de la Fosse des Tonga. Bien que les peuples autochtones et quelques rares ésotéristes en connaissent visiblement l’existence depuis très longtemps, cet animal très discret n’a été découvert que très récemment et reste très difficile à observer.

Comme toutes les autres espèces de nautiles, il possède une coquille spiralée qui s’enroule vers l’avant, dont l’intérieur est cloisonné en différentes loges. Le corps occupe la dernière loge, qui est la plus grande, le reste est rempli de gaz et de liquide. Ces animaux se déplacent par réaction en projetant de l’eau via un entonnoir. Ils peuvent également ramper lorsqu’ils se trouvent sur un sol solide. Les plus gros spécimens observés ne dépassent pas 5 centimètres. Ses yeux étant constitués de simples chambres noires ouvertes par une pupille étroite et équipés de deux tentacules ophtalmiques, elle est presque aveugle, ce qui ne semble pas l’affecter particulièrement. Elle se nourrit exclusivement de zooplancton.

La principale particularité de la pieuvre astrale est son étonnante capacité télépathique, qui lui permet d'entrer en connexion mentale avec les créatures qui l'entourent, ainsi qu'avec les différents plans d'existence. En effet, en plus de ses 90 tentacules tactiles dépourvus de ventouses, la pieuvre astrale possède un nombre équivalent de terminaisons psychiques grâce auxquelles elles peut explorer télépathiquement son environnement. Elle peut également mobiliser plusieurs de ses tentacules pour créer une sorte de pont psychique reliant des esprits ou des lieux entre eux. Cela lui vaut d'être traditionnellement utilisée par les prêtres de certaines tribus polynésiennes comme intermédiaire entre les hommes et les esprits. Le célèbre médium Polycarpe Bornichet affirmait quant à lui l’utiliser pour entrer en contact avec les puissances occultes et pour faciliter ses voyages astraux.

On n’a pas réussi à établir précisément par quels mécanismes elle parvient à établir cette connexion mentale en dépit d’un système nerveux que les spécialistes de l’intelligence animale qualifient de simpliste. Apparemment, lorsqu’elle se sent en confiance, la pieuvre projette un tentacule psychique dans l’esprit de la personne à qui elle se lie télépathiquement. Ce lien dure aussi longtemps que la pieuvre le maintient.

D’une nature très sensible et émotive, la pieuvre astrale a un caractère timide, que contrebalance une grande curiosité. Du fait de sa télépathie, elle s’avère assez facile à apprivoiser, mais son intelligence très limitée ne lui permet pas d’entretenir des relations complexes. Elle ne se lie pas facilement, mais va généralement se montrer très fidèle dans son attachement.

Depuis quelques années, la pieuvre astrale a fait l’objet d’un véritable engouement, dans les milieux ésotériques et new age bien sûr, mais aussi dans le show-business, voire parmi les personnalités politiques. Un pas de plus a été franchi avec l’apparition sur le marché d’amulettes constituées d’un petit sachet contenant une pieuvre astrale vivante. Ce phénomène de mode a malheureusement pour principale conséquence une rapide diminution de la population de pieuvres astrales, d’autant plus que cet animal est confronté à une très forte mortalité en dehors de son milieu et ne se reproduit pas en captivité. L’extinction de l’espèce semble inévitable à court terme, en particulier face au refus des principaux pays importateurs, parmi lesquels figurent les États-Unis, de l’inscrire en annexe 1 de la Convention de Washington.
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N'est pas mort ce qui est parti traîner dehors ( Merci Marchiavel)

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« Répondre #4 le: 12Avril, 2013, 21:02:53 »

Un Voisin Envahissant

12, c'est mon colocataire. C'est le colocataire de tout l'immeuble, aussi, et il n'est pas loin de métastaser le bâtiment voisin.

C'est pas son vrai nom, 12: on est juste à coté du spacioport marchand ici, surtout des dockers comme moi, alors il y a plein d'étrangers qui n'ont pas de nom où des anatomiquement imprononçable par l'homme. On a tendance à s'appeler par numéro d'appart. Son vrai "nom", c'est une phéromone.

Au départ je n'avais pas prévu d'avoir de coloc, c'est déjà tout petit chez moi. En plus mon premier contact avec 12 c'était vers minuit quand ses tentacules bleus on percé le mur de ma cuisine sans qu'on ai été présentés. Sur le moment, j'ai salement flippé.

Je ne suis pas le seul, au début on a tous eu une sale première impression. Ensuite on a appris à le connaître.

Alors déjà, il ne fais pas exprès d'être envahissant. C'est le climat de la planète qui veut ça: normalement son espèce ressemble à une anémone de mer, assez petite pour tenir dans la main, mais leur monde est glacial et quand il fait plus chaud ils grossissent. Beaucoup. Vite. Ils ne peuvent pas se retenir.

Il n'était que de passage mais l'immigration lui a fait des soucis et ils l'ont collé dans une glacière le temps de régler la paperasse. Sauf qu'ils ont prit leur temps et que notre antique réseau électrique pas aux normes n'aime pas qu'on lui tire trop de jus. La glacière à arrêté de réfrigérer et quand ils sont revenu le voir il avait pris racine, littéralement.

Ils l'avaient mauvaise à l'immigration! Parce que pour le renvoyer chez lui maintenant qu'il doit frôler ses 100 tonnes et fait partie des murs porteurs, bonne chance! Ils l'ont marqué comme clandestin et ils le harcèlent mais ce n'est rien comparé aux problèmes qu'il risque avec l'armée s'il s'étends jusqu'au périmètre de sécurité du spacioport. J'aimerais pas être à sa place.

C'est moche en plus, c'est une tête qui n'a rien à faire dans notre rade miteux: ingé en matériaux, avec une spécialisation que j'arrive même pas à retenir tellement c'est technique. Il parle des dizaines de langues... enfin il les écrit: il n'a pas de bouche, il a un machin électronique sur lequel il tape pour parler et qui lui transcrit nos réponses en un genre de braille, vu qu'il n'a pas non plus d'oreilles.

Ses langues, ça l'a bien aidé à se faire accepter. Il a commencé par s'excuser et par s'expliquer, on était bien embêté mais ça a calmé la colère et la panique. Et puis il a fait de son mieux pour déranger le moins possible et on s'est aperçu qu'il n'étais pas si mauvais voisin que ça, en fin de compte.

Chez moi par exemple, il occupe le plafond et me laisse le sol. Ben déjà, on peut perdre pas mal d'espace sans être gêné quand c'est là haut! Et puis comme il n'a pas d'yeux ni d'oreilles, il n'envahit pas vraiment mon intimité. Il ne pique pas dans le frigo, n'amène pas ses conquêtes à la maison, ne fait pas de bruit. Si j'ai envie de taper la discute je tapote un tentacule trois fois et un autre amène sa boite de traduction. Il est vachement bon au poker. Ça me fait de la compagnie sans les inconvénients habituels.

Mais surtout il m'a fait rencontrer mes voisins. On se croisait tous les jours sans pouvoir se parler et soudain on a eu à la fois un soucis commun et un traducteur. L'ambiance a bien changé depuis son arrivée, je me suis fait de nouveaux amis, je découvre des mecs formidables! 12 a aussi réglé pas mal de petites frictions et comme il est bon en administration et en compta il nous rends des services, surtout aux autres familles qui ont des problèmes avec l'immigration.

Je me suis pris à bien l'aimer, cet informe ramassis de tentacules fluo, et j'ai pas encore abordé le coté cadre de vie. Primo on n'a plus de cafards. Plus un seul, il les a tous bectés. Bon il nous a aussi bouffé notre pauvre espace vert mais il n'avais pas réalisé qu'on y tenait. Il est désolé et il travaille à replanter... pour le moment c'est tout minable, il n'a pas la main verte, mais le cœur y est et avec 3 ou 4 autres on a profité du vide pour s'essayer au jardinage: très sympa et 35 nous a fait découvrir des sortes de très bons radis de chez lui.

On a eu peur au début que l'escalier, déjà limite, ne devienne dangereux si 12 sapait ses fondations mais au contraire il l'a renforcé et sécurisé. Et il fait une excellente isolation sonore et thermique. Oh et il y a le bloc atmosphérique des gamma-tau: ces gars là ne respirent pas comme nous et leur gaz pue comme un rat crevé en plus d'être toxique, c'est un soulagement qu'il ai refait leur étanchéité. Eux aussi apprécient vu que le gaz, il coûte des sous. Pour la peine ils lui ont payé un médicament pour l'aider à contenir son expansion. Ça le rends malade comme un chien mais si ça marche il évitera les ennuis avec l'armée.

Sinon, ces derniers jours, il ré-arrange ses tentacules en motifs. Du genre floral abstrait, très art-déco mais en plus bleu. Moi j'aime bien. Si j'ai bien compris l'idée, vu l'age de l'immeuble et qu'il en a phagocyté une telle proportion, 12 est en train de tenter de se faire classer monument historique. S'il arrive à faire passer ce coup là, l'immigration l'aura dans l'os!
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« Répondre #5 le: 16Avril, 2013, 00:08:36 »

CLOTURE du concours : on vote ici : http://couroberon.com/Salon/index.php?topic=3671.0
« Dernière édition: 16Avril, 2013, 00:48:30 par pitche » Journalisée

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