Les Salons de la Cour

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Auteur Fil de discussion: Article polémique sur la littérature imaginaire française  (Lu 1985 fois)
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Rom1
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« le: 15Juin, 2012, 08:57:39 »

... que je me permets de ramener ici car on y évoque notre bon ami Usher (en bien, rassurez-vous) :

http://www.actaestfabula.fr/cette-catastrophe-quest-devenu-limaginaire-francais-930
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Pan Paniscus
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« Répondre #1 le: 15Juin, 2012, 10:00:20 »

Son article est un peu provoque. C'est une volonté de sa part, mais il y a d'autres facteurs qu'il néglige.

Pour commencer, je poserai la question : Pour un auteur anglophone qui rencontre le succès, combien en existe-il qui continuent à manger le cuir de leur ceinture ?
Mais surtout le facteur principal de ce malaise français, n'est-il pas éditorial ? Les éditeurs français ont-ils les reins assez solides pour éditer des auteurs dont le succès n'est pas garanti. Les gros éditeurs, veulent-ils seulement prendre ce risque. L’expérience d'Usher me dit que non.  Il a fallu qu'un petit éditeur prenne le risque de l'éditer pour qu'un gros le fasse.

J'ajouterai ensuite que l'anglais offre des possibilités de diffusion bien plus vaste que le français. Le nombre de lecteurs anglophones  est tout de même largement plus important que le nombre de lecteurs francophones. Ce facteur joue largement sur le risque éditorial que sont prêt à prendre les grands éditeurs français. Ceux-ci éditeront plus facilement un auteur anglais qui a eu du succès outre manche et outre atlantique, qu'un auteur français qui a vendu 2000 exemplaires de son premier roman.

Je suis néanmoins d'accord avec une part de ce qui est écrit dans cet article. Les auteurs français m'enchantent,  lorsqu'ils me proposent une écriture riche et travaillée dans un contexte original que les anglophones ne m'ont pas proposée. Ces dernières années, j'ai vécu cette expérience de plus en plus souvent. Si nombre de ces écrits je les ai découvert sur ce forum, mon ressenti de lecteur me laisse tout de même croire à l’existence d'un phénomène de  sursaut de l'imaginaire français.

« Dernière édition: 15Juin, 2012, 10:01:58 par Pan Paniscus » Journalisée
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« Répondre #2 le: 15Juin, 2012, 11:27:27 »

J'ai moi aussi le sentiment inverse, celui d'une progressive dissociation et  d'un enrichissement, que ce soit en SF (Le Haut Lieu et autres espaces inhabitables de Serge Lehman, L'Accroissement mathématique du plaisir de Catherine Dufour, Stratégies du Réenchantement de Jeannes Debats ou l'oeuvre de Volodine, qui a refusé d'être classé en SF mais qui a reçu son premier prix aux Imaginales) ou en fantasy (et pas seulement avec Usher !).  Je ne crois pas avoir pu trouver outre-atlantique l'équivalent d'une Horde du Contrevent (A. Damasio) ou d'un Diapason des mots et des misères (J. Noirez).

Je lance des noms un peu pèle-mêle, mais c'est pour signaler la richesse de cette littérature (alors que la SF française des années 80-90 m'ennuie franchement). Certes, les gros éditeurs de SF et de fantasy, si on peut parler ainsi (je rappelle que Bragelonne, c'est 30 personnes à tout casser), ont raté le coche, mais les petits (Moutons électriques, Griffe d'encre) ont pris des risques vraiment payants, y compris financièrement. Forcément, ceux qui ont raté la mutation  se lamentent sur un hypothétique âge d'or, comme toujours dans les périodes de mutation.

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« Répondre #3 le: 15Juin, 2012, 21:32:13 »

Pour commencer, je poserai la question : Pour un auteur anglophone qui rencontre le succès, combien en existe-il qui continuent à manger le cuir de leur ceinture ?

Je ne sais plus où j'ai vu passer ce chiffre, alors je le donne sans garantie, mais tous genres confondus, il y aurait environ 200 écrivains aux Etats-Unis pour vivre correctement de leur plume et uniquement de leur plume. Et seule une fraction de ces 200 vivent largement.

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« Répondre #4 le: 15Juin, 2012, 23:28:18 »

Toute la franciosité s'exprime dans cette article.

Je ne commenterai pas sur l'idée d'aller puiser dans le fond italique (même si j'aimerais bien voir quelqu'un romancer L'Illusion comique, tiens, juste pour me marrer ; et que je ne suis pas tout à fait sur que la légende arthurienne soit si anglo-saxonne que ça, mais bon...)

Ce qui m'énerve le plus, c'est cette posture d'intellectuel cultivé qui fait que tant de progressistes français sont souvent conservateurs. Je dis ça sans jugement de valeur, mais il ne faut pas s'étonner de se voir isolé après coup non plus.

Non, je ne pense pas que La Princesse de Clèves soit le meilleur moyen de produire une littérature de l'imaginaire de qualité ET qui touche un large public. C'est ce que certains anglo-saxons font très bien, et que peu de français ne font même qu'imaginer. Les délires d'intello pour les intellos, c'est bien, mais ce n'est pas une culture vivante.
Mais j'avoue encore une fois que l'idée d'écrire un roman à partir des oeuvres citées par l'agrégé de philosophie consultant en stratégie me laisse rêveur...

(Petite précision, je ne veux pas faire d'anti intellectualisme. Parmi tous les ouvrages cités par Macbesse, je n'en connais que quelques uns, mais ils arrivent tous à être à la fois cultivés et grand public. Comme, par exemple, Gagner la guerre.)

Sinon sur le fond, je ne peux que désapprouver violemment : notre culture est historiquement européenne, et plus particulièrement romano-chrétienne, beaucoup plus que nationale. Sa position est très bête : ce n'est pas parce que Jaworski s'inspire de Venise que son oeuvre est bonne. Ni parce que Tolkien s'inspire des sagas islandaises qu'elle ne marche pas en France !

Effectivement, parti comme ça, on risque de se retrouver à un très petit nombre...
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« Répondre #5 le: 16Juin, 2012, 10:58:49 »

Pour commencer, je poserai la question : Pour un auteur anglophone qui rencontre le succès, combien en existe-il qui continuent à manger le cuir de leur ceinture ?

Je ne sais plus où j'ai vu passer ce chiffre, alors je le donne sans garantie, mais tous genres confondus, il y aurait environ 200 écrivains aux Etats-Unis pour vivre correctement de leur plume et uniquement de leur plume. Et seule une fraction de ces 200 vivent largement.

T.

Seulement ? Sachant qu'il y en a 100 en France -  ça parait relativement peu pour un pays aussi grand que les USA et globalement plus lecteur.
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« Répondre #6 le: 16Juin, 2012, 11:22:12 »

Je ne commenterai pas sur l'idée d'aller puiser dans le fond italique (même si j'aimerais bien voir quelqu'un romancer L'Illusion comique, tiens, juste pour me marrer ; et que je ne suis pas tout à fait sur que la légende arthurienne soit si anglo-saxonne que ça, mais bon...)

Ce qui est amusant (mais c'est un point de détail), c'est que certains auteurs anglo-saxons ont exploité le fonds romain pour la fantasy - Ursula Le Guinn avec l'Eneide pour Lavinia, si je ne m'abuse ?
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