Les Salons de la Cour

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Mortlock
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« Répondre #60 le: 04Juillet, 2010, 20:15:31 »

Cuchu as tu essayé de lire Peau de Chagrin ou Chouans de Balzac ? Bon je veux pas te "convertir"  mais bon ces oeuvres sont quand même pas mal à lire même pour les "allergiques" du bonhomme. C'est un peu comme avec Flaubert les "fans" du zig n'aiment pas Salammbo ses détracteurs en général se laissent séduire.
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« Répondre #61 le: 04Juillet, 2010, 20:51:02 »

Je dois être un détracteur de Flaubert sans le savoir car j'apprécie énormément Salammbo qui me fait bien plus vibrer que Bel-ami ou L'éducation sentimentale.
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Cuchulain
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« Répondre #62 le: 04Juillet, 2010, 21:20:27 »

Je dois être un détracteur de Flaubert sans le savoir car j'apprécie énormément Salammbo qui me fait bien plus vibrer que Bel-ami ou L'éducation sentimentale.

J'avais étudié Bel Ami et ça ne m'a pas laissé un souvenir impérissable...  Quant à l'éducation sentimentale : c'est limite un gros mot dans la bouche de ma douce ! 

Salambo me tente énormément : faut que je vois s'ils l'ont à Annecy. 
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« Répondre #63 le: 04Juillet, 2010, 21:53:04 »

j'apprécie énormément Salammbo

Tu es un homme de goût !

Bon en même temps je n'irai pas dire le contraire. J'ai beau avoir neuf vies je n'ai pas envie de les gâcher en froissant l'orgueil d'un duelliste  Grin
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« Répondre #64 le: 04Juillet, 2010, 23:14:54 »

Mmmmmmm.... Bel-ami, ce n'est pas vraiment de Flaubert. 
Quant à l'Education sentimentale, on l'apprécie beaucoup mieux quand on goûte à l'ironie flaubertienne.
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« Répondre #65 le: 05Juillet, 2010, 06:40:35 »

Oups!!
Voilà que je me mets à confondre Flaubert et Maupassant!!

Honte à moi!

Mais je peux remplacer Bel-ami par Madame Bovary qui ne m'a pas laissé non plus de souvenir impérissable
« Dernière édition: 05Juillet, 2010, 06:46:37 par Inigo Montoya » Journalisée

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« Répondre #66 le: 07Juillet, 2010, 11:30:11 »

Après ce long excursus, j'en reviens à Proust.

Prenons un autre extrait du même roman. Celui-ci se situe au début de l'oeuvre, peu après la rencontre avec Odette. L'extrait est riche et aurait tout aussi bien pu être donné à commenter à des élèves.

"Odette de Crécy retourna voir Swann, puis rapprocha ses visites ; et sans doute, chacune d'elles renouvelait pour lui la déception qu'il éprouvait à se retrouver devant ce visage dont il avait un peu oublié les particularités dans l'intervalle et qu'il ne s'était rappelé ni si expressif ni, malgré sa jeunesse, si fané ; il regrettait, pendant qu'elle causait avec lui, que la grande beauté qu'elle avait ne fût pas du genre de celles qu'il aurait spontanément préférées. Il faut d'ailleurs dire que le visage d'Odette paraissait plus maigre et plus proéminent parce que le front et le haut des joues, cette surface unie et plus plane était recouverte par la masse de cheveux qu'on portait prolongés en "devants", soulevés en "crêpés" répandus en mèches folles le long des oreilles ; et quant à son corps, qui était admirablement fait, il était difficile d'en apercevoir la continuité (à cause des modes de l'époque et quoiqu'elle fût une des femmes de Paris qui s'habillaient le mieux), tant le corsage, s'avançant en saillie comme sur un ventre imaginaire et finissant brusquement en pointe pendant que par en dessous commençait à s'enfler le ballon des doubles jupes, donnait à la femme l'air d'être composée de pièces différentes mal emmanchées les unes dans les autres ; tant les ruchés, les volants, le gilet suivaient en toute indépendance, selon la fantaisie de leur dessin ou la consistance de leur étoffe, la ligne qui les conduisait aux noeuds, aux effilés de jais perpendiculaires, ou qui les dirigeait le long du buste, mais ne s'attachaient nullement à l'être vivant, qui selon que l'architecture de ces fanfreluches se rapprochait ou s'écartait trop de la sienne, s'y trouvait engoncé ou perdu."

Je n'oserais prétendre que les phrases sont courtes. En revanche, j'affirme que le style est parfaitement fluide. A aucun moment je n'ai eu, contrairement à ce que j'ai éprouvé à la lecture du précédent, l'impression de perdre pied. Sans aller jusqu'à dire qu'il serait possible de découper des phrases "sujet-verbe-complément", il serait très facile d'ajouter des points.

J'en viens au problème que pose la lecture scolaire et les exercices afférents. La sélection d'un extrait, en plus de pouvoir dégoûter (mais aussi d'éveiller la curiosité, ne l'oublions pas, d'autant plus que c'est l'un des but visés, et mine de rien souvent atteint), en affaiblit le sens. Demander à un élève de faire un commentaire convaincant sans qu'il n'ait lu l'intégralité de l'oeuvre ou du moins une partie significative est vain, à tous les niveaux.
J'ai ainsi gardé de mes souvenirs d'hypokhâgne le souvenir traumatisant du commentaire de l'incipit de Bouvard et Pécuchet (comment comprendre cette impression de temps arrêté qui y prédomine sans savoir que Bouvard et Pécuchet, en dépit de leur suractivité, ne font rien ?), de l'extrait de la serre de La Curée (comment comprendre - et même voir - cette insistance sur des symboles sexuels malsains sans savoir qu'un inceste va y être commis ?). Par contre, intrigué, j'y suis revenu plus tard, comme je suis revenu à certaines oeuvres étudiées à la va-vite au lycée que je ne pouvais pas encore apprécier, le Voyage au bout de la Nuit par exemple.

En effet, les grands livres, qu'ils aient ou non accédé au statut de classique, ont ceci de particulier qu'une lecture ne les épuise pas, qu'on les ait ou non apprécié à la première lecture - certains, en fonction bien sûr des sensibilités et des expériences préalables, doivent s'apprivoiser. Par exemple, à la première lecture, j'ai, puisqu'on en parle, traversé l'Education Sentimentale en étranger et n'ai réussi à l'apprécier qu'à la seconde lecture, un sourire narquois, méchant et ô combien flaubertien aux lèvres. De même je redécouvre de nouvelles choses, de nouveaux sens, à chaque lecture du Procès de Kafka, ou encore de La Faculté de l'Inutile de Dombrovski, que j'ai pourtant lu quatre fois chacun. Du côté de la fantasy, je pourrais en dire autant de mes deuxième et troisième lectures du Seigneur des Anneaux. Inversement, je sais que je ne relirai pas un grand nombre de livres (littératures de l'imaginaire et blanche confondues) alors que j'ai tout de même passé un bon moment avec eux. Une seconde lecture ne m'apporterait rien, et j'ai parfois oublié jusqu'à leur nom.
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« Répondre #67 le: 07Juillet, 2010, 17:22:59 »

Je n'ai jamais lu de Proust, mais je viens de prendre conscience d'un véritable intérêt à le lire. Ses textes sont  un excellent moyen de stimuler sa mémoire immédiate, lorsque comme moi, vous vous demandez à intervalles réguliers "Mais que fais-je à tourner en rond dans  ce bocal ?".

Malgré la fluidité du second texte, je dois faire un effort de concentration pour me souvenir de l'idée à l'origine de la chute lorsque la fin arrive. Proust utilise un mode de description en digression qui me déstabilise.

Soit dit en passant, lors d'une émission sur France 5 "La grande libraire" dans laquelle des invités faisaient sur scène une lecture d'un auteur de leur choix ;  j'ai pu voir Guillaume Gallienne un fan inconditionnel de Proust s'adonner à l'exercice sur un texte de son écrivain fétiche .

Je dois dire que j'en suis resté fort impressionné. Le texte était agréable, plein d'une légère ironie. Si bien que je me suis dit qu'un jour lorsque le moment serait venu et les conditions requises, que peut-être, éventuellement, il était possible que je débute la lecture d'un Proust.

Pan Paniscus qui lorsqu'il aura finit toutes les annales du disque monde à le projet et l'intention de combler ses grosses lacunes littéraires en commençant doucement par Druon et "les rois maudits".

« Dernière édition: 07Juillet, 2010, 17:32:01 par Pan Paniscus » Journalisée
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« Répondre #68 le: 07Juillet, 2010, 18:26:02 »

Après ce long excursus, j'en reviens à Proust.

Prenons un autre extrait du même roman. Celui-ci se situe au début de l'oeuvre, peu après la rencontre avec Odette. L'extrait est riche et aurait tout aussi bien pu être donné à commenter à des élèves.

"Odette de Crécy retourna voir Swann.. (...)

En effet, les grands livres, qu'ils aient ou non accédé au statut de classique, ont ceci de particulier qu'une lecture ne les épuise pas, qu'on les ait ou non apprécié à la première lecture - certains, en fonction bien sûr des sensibilités et des expériences préalables, doivent s'apprivoiser. Par exemple, à la première lecture, j'ai, puisqu'on en parle, traversé l'Education Sentimentale en étranger et n'ai réussi à l'apprécier qu'à la seconde lecture, un sourire narquois, méchant et ô combien flaubertien aux lèvres. De même je redécouvre de nouvelles choses, de nouveaux sens, à chaque lecture du Procès de Kafka, ou encore de La Faculté de l'Inutile de Dombrovski, que j'ai pourtant lu quatre fois chacun. Du côté de la fantasy, je pourrais en dire autant de mes deuxième et troisième lectures du Seigneur des Anneaux. Inversement, je sais que je ne relirai pas un grand nombre de livres (littératures de l'imaginaire et blanche confondues) alors que j'ai tout de même passé un bon moment avec eux. Une seconde lecture ne m'apporterait rien, et j'ai parfois oublié jusqu'à leur nom.

Les "Grands livres" ? Hmm je dirais plutôt les "bons" livres. Ceux qui m'ont touchés, ceux qui ont fait vibrer quelque chose au fond de moi ou encore ceux avec qui je m'évade totalement pour être happé par le récit et ne pas arriver à reposer le bouquin tellement c'est bon, tellement on a envie d'en avoir plus... Le SDA me fait le premier effet, les œuvres de RE Howard et de PJ Farmer me fond le second.

Il est des bons livres comme de la nourriture : les goûts varient. Personellement : les œuvres classiques m'ont en général ennuyées. A l'étranger de Camus je rajouterais la Promesse de l'aube de Romain Gary comme roman blanc qui m'a remué et m'a donné envie de le relire...

Un bon livre c'est un livre qui vous accroche dés la première lecture. Je pourrais nuancer ce propos en disant qu'il est certains livres qu'on lit parfois trop tôt. 

Pour en finir avec Proust : au risque de passer pour un béotien obtus, ton extrait ne m'a pas du tout * donné envie de m'y mettre. Ça n'a fait que me conforter dans mon rejet quasi viscéral : une phrase de 4 lignes, très peu pour moi ! A la fin je suis obligé de revenir au début pour me rappeler de quoi l'auteur parlait.

Remarque : une fois qu'on a lu Proust : on peut se mettre à lire la Bible... Les lettres de Paul sont très Proustiennes ! Après avoir sué sang et eau à les traduire du grec je dois avoir un rejet instinctif  envers tout ce qui y ressemble.

PS : Mon cher Gorille j'ai une mauvaise nouvelle pour toi... Lire Proust ne stimulera pas plus ta mémoire à court terme que les exercices du Dr Kawashima dont certains people nous vante les mérites à la TV. C'est scientifiquement prouvé... 


*Mais bon : après avoir été assimilé à un passeur de brosse à reluire professionnel (pour rester poli), ce titre ne me fait pas peur...
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« Répondre #69 le: 07Juillet, 2010, 20:17:39 »

Si je me souviens bien c’est Dizzy Gillespie qui disait :
« Pas besoin de jouer beaucoup de notes, l’important c’est de jouer les belles »

De même je pense qu’il n’est pas utile d'écrire cent mots là où dix permettent d’exprimer la même idée avec autant voir plus de force et de clarté.

Proust pour moi c’est du remplissage et de l’étalage, peut être techniquement très savant mais cela ne me parle pas du tout.

Ceci dit certain pense sans doute cela de Tolkien et de ses fameuses descriptions alors que celles-ci me transportent.


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« Répondre #70 le: 07Juillet, 2010, 23:30:21 »

Malgré la fluidité du second texte, je dois faire un effort de concentration pour me souvenir de l'idée à l'origine de la chute lorsque la fin arrive. Proust utilise un mode de description en digression qui me déstabilise.

Digressions, dérives, tu touches là à un point essentiel pour entrer dans cette écriture. Je préfère encore le terme d'arborescence, mais c'est globalement la même idée. Peu importe, finalement, que le lien entre le début et la fin de la phrase soit très ténu : le plus important est la douceur du chemin sinueux qui mène de l'un à l'autre, le fil de cette rêverie que l'on suit.

Et je suis heureux de faire partie de ceux qui ont contribué à éveiller ta curiosité et ton intérêt. 

Puisque je suis dans les extraits, j'en profite pour souligner que Proust ménage des temps de respiration dans son récit, abandonnant temporairement ses arborescences.

Rien qu'en approchant de chez les Verdurin, quand il apercevait, éclairées par les lampes, les grandes fenêtres dont on ne fermait jamais les volets, il s'attendrissait en pensant à l'être charmant qu'il allait voir épanoui dans leur lumière d'or. Parfois les ombres des invités se détachaient, minces et noires, en écran, comme ces petites gravures qu'on intercale de place en place dans un abat-jour translucide, dont les autres feuillets ne sont que clarté. Il cherchait à distinguer la silhouette d'Odette. Puis, dès qu'il était arrivé, sans qu'il s'en rendît compte, ses yeux brillaient d'une telle joie que M. Verdurin disait au peintre : "Je crois que ça chauffe".

Un Amour de Swann, où ces temps de respiration sont relativement nombreux, constitue d'ailleurs une très bonne première approche de l'oeuvre. En plus, l'ironie y est tellement féroce, notamment dans la description du salon des Verdurins, gens fort vulgaires, qu'il est impossible de passer au travers.

@aux flaubertiens tentateurs : en plus de Salambo (par lequel j'ai réussi à amener un amateur de Flaubert au cycle d'Ambre !), on peut aussi conseiller La Dernière tentation de Saint-Antoine, défilé hallucinatoire, carnaval de visions folles où apparaissent tour à tour Le Diable, les souvenirs d'une vie heureuse et Simon le Magicien. Ensuite, on peut commencer les drogues dures avec Trois contes : Un Coeur Simple est une bonne introduction à l'ironie flaubertienne.

Citation de: Ohtar Celebrin
De même je pense qu’il n’est pas utile d'écrire cent mots là où dix permettent d’exprimer la même idée avec autant voir plus de force et de clarté.

C'est vrai dans le discours scientifique, mais en littérature, cela l'est beaucoup moins. Dire en dix ou en cent mots - et de quelle manière ? - c'est donner un sens différent à cette même idée. Sinon, on pourrait tout aussi bien se contenter de résumés.
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« Répondre #71 le: 11Octobre, 2010, 08:51:33 »

C'est Dan Simmons avec Ilium et Olympos qui m'a donné envie de lire à la recherche du temps perdu!
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