Les Salons de la Cour

18Juillet, 2019, 07:25:59
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Auteur Fil de discussion: Le lac Amrhoc  (Lu 1126 fois)
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Cuchulain
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Grand maître du Djyhad rouge tolkiennien


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« le: 29Décembre, 2009, 14:14:42 »

C’est le lieu le plus notable de Volsung et le deuxième plus grand lac de Pryddein après Muirgheal. Il est entouré de trois villages : Nordrbuhr, Dlassheim et Dlassbuhr. L’île située en son centre porte le nom d’île des druides. Ce nom vient de l’une immense colline (environ 1500 pieds de haut) située en son centre, et que l’on appelle « Tertre des Druides ». Cette colline a été creusée  au cours des siècles et accueille en son sein, une fois tous les trois ans, la réunion de tous les druides de Pryddein. On murmure  qu’un labyrinthe en forme de spirale  se trouverait au plus bas niveau du tertre, et que tout druide se doit de le parcourir pour achever sa formation… A noter que l’île accueille aussi l’école bardique et druidique de Volsung.

Pour parler de ce lieu essentiel de la spiritualité en Pryddein, laissons la parole à Enid Mac Corann envoyée par les seigneurs de Bedwyr quérir un guérisseur pour le jeune Jarl atteint d’une maladie inconnue. Elle arriva durant la réunion trisannuelle des druides et en fut fortement impressionnée.  Voici son récit (entrecoupé des questions du jeune Jarl) à Dionn Mac Bedwyr dernier héritier de la lignée des rois déchus.

Après ma visite à l’île aux druides, je dirais qu’on peut la diviser de manière un peu artificielle en trois niveaux du plus naturel au plus sacré. Le premier niveau est ce qu’on pourrait appeler le niveau « profane ». C’est tout le pourtour de l’île, et entre les 200 et 300 pieds d’altitude. A ce niveau on trouve des petits hameaux de pécheurs et d’éleveurs.
- Ils ne cultivent donc rien sur cette île ? Si des druides sont présents : on pourrait croire que la terre donnerait plusieurs cultures par an ?
Non monseigneur, pendant la traversée qui a durée environ une journée : les marins se sont arrêtés plusieurs fois pour jeter des filets et attraper des poissons, on aurait presque cru que ces derniers se jetaient dans les mailles avec plaisir ! Et j’ai pu voir les moutons et les bœufs qui vagabondaient dans l’île : ils sont gras, bien portants et produisent de la laine et du cuir de qualité à ce qu’on m’a dit. Mais les récoltes sont maigres sur l’île et on dirait que seul la forêt est autorisée à pousser
- Et où as-tu débarquée ? Dans un de ces hameaux de pêcheurs?
A vrai dire monseigneur, je me serais bien jetée à l’eau car il faisait fort chaud ! Mais il existe en fait un port prévu pour accueillir les bateaux arrivant régulièrement des trois villages voisins. Au retour de la belle saison, après Beltane : la quasi-totalité des élèves reviennent.
- Ils étaient donc partis ? Mais où ? Et quand ?
En fait les étudiants de l’école druidique et bardique sont renvoyés chez eux juste après Samhain, après le mauvais temps rend la navigation quasi impossible et dangereuse. Les étudiants doublent la population de l’île, leur présence en hiver conduirait à une famine quasi certaine puisque le tertre est isolé pendant presque toute la mauvaise saison.
- Pourquoi, il y a un moment où l’on peut l’atteindre ?
Oui, la glace prend les eaux rapidement après le départ des étudiants, elle est assez solide pour permettre la traversée peu avant le solstice d’hiver et jusqu'à Imbolc c’est sans danger. On peut traverser sur des skis ou des attelages munis de patins. On m’a dit que certains jeunes fous aiment à partir du plus haut possible, voire même du haut du tertre sur des luges et glisser de là jusqu’au lac gelé ! C’est même une institution et source de paris dans les villages. Les druides punissent généralement ceux qui sont pris à faire de la luge depuis le sommet.
- Oh ça doit être épatant ! Mais ils sont sévèrement punis ?
J’ai interrogé un étudiant qui m’a glissé sur le ton de la confidence que les fautifs sont généralement employés à de dures et pénibles corvées. Rien de très douloureux, mais le but premier de ces punitions est de décourager les téméraires, car les bois sont traîtres et il est très dangereux de faire de la luge à l’intérieur ! Avec la vitesse certains se sont fracassés le crâne contre un tronc ou un rocher. D’autres se sont cassés divers membres et sont restés boiteux ou manchots. On m’a affirmé que plusieurs enseignants pratiquent la divination à partir des traces de luges ou traîneaux. Mais je pense que ceux qui m’ont dit ça se moquaient de moi.  Mais où en étais-je ?
- Tu me parlais du port Enid…
Ah oui le port ! Donc après Beltane, les étudiants sont de retour. Le reste du temps ce sont principalement des visiteurs comme moi qui débarquent.
-  Principalement ? Qui d’autre vient voir les druides alors ?
Le reste ce sont des marchands, ils ne rencontrent pas les maîtres des lieux et se content de faire du commerce avec les habitants pour acheter la laine ou le cuir des animaux élevés sur l’île. Je me suis laissé dire qu’ils étaient fort réputés dans le pays.
- C’est curieux car on n’en parle jamais au Caer ?
Hum, euh…  Eh bien j’imagine que comme nous sommes assez isolés les nouvelles n’arrivent pas toujours dans le tuath de Bedwyr, et encore moins à la cour. Mais ce n’est pas très intéressant monseigneur. Je vous disais donc que le port situé au sud de l’île dans une petite crique accueille beaucoup de monde. Certains sont  venus solliciter les druides pour un conseil, une guérison ou encore pour présenter de jeunes enfant en espérant qu’il devienne druide ou barde. Les solliciteurs amènent la plupart du temps une offrande pour les druides qui pourra servir à des fins sacerdotales (sacrifice ou divination) ou beaucoup plus profane…
- Les druides les mangent ? Colphta m’a dit que les druides reçoivent leur nourriture des dieux…
Colphta est un idiot… Mais à sa décharge, il ne fait que répéter ce que j’ai entendu à votre cour monseigneur ou même dans les villages avoisinant l’île. J’en aie parlé à un jeune barde qui faisait la traversée dans le même navire que moi. Ça l’a fait beaucoup rire ! Il m’a rétorqué que si les Dieux donnaient aux enseignants juste ce dont ils ont besoin, la taille des ceintures de certains de ses maîtres n’augmenteraient pas chaque saison. Non monseigneur, les animaux jugés non dignes de sacrifice sont consommés par les druides ou servent de cadeaux pour des habitants du niveau profane.
- Il n’était pas très respectueux ce filid…
Non, mais il était charmant, très charmant. Comme un air de faërie dans son allure, et un regard perçant, à vous rendre mal à l’aise parfois… Mais ses mains étaient douces et…Euh, pardonnez-moi monseigneur, je me suis égarée. Donc quand je suis arrivé au port, je me suis renseignée pour savoir comment parler au conseil des druides. On m’a dirigée vers un apprenti.
- Un apprenti ? Ce ne sont pas les druides qui t’ont reçue ?
Si mais pas tout de suite. En fait, les apprentis druides dans leurs dernières années d’apprentissage sont envoyés pour faire le tri entre les différentes requêtes et faire une première sélection, qui sera ensuite présentée aux druides. J’ai posé la question à l’un d’entre eux pour savoir si cette  tâche ingrate était une punition ? Il a souri finement et m’a expliqué que c’était une activité intéressante, qui demande du discernement et peut se révéler prestigieuse. Plusieurs futurs druides ont vu leur réputation faite pour avoir donné un conseil avisé, réussi à traiter un mal réputé difficile à soigner ou avoir déniché un jeune apprenti particulièrement prometteur. Je lui aie donc expliqué que je venais quérir un guérisseur pour votre mal monseigneur. Il m’a emmenée dans un endroit calme et m’a demandé de lui décrire vos symptômes. Une fois que j’ai  finie, il m’a posé un certain nombre de questions. Puis, après un moment de réflexion, il a jugé que cela dépassait ses compétences et m’a autorisé à poursuivre mon chemin vers le sommet. Avant que je parte, on m’a confié une petite pierre marquée d’un ogham.
- Qu’est ce qu’il signifiait cet ogham ?
Je serais bien incapable de vous le dire monseigneur, je ne sais pas lire ce genre de signes. J’ai pris la pierre et ait suivi un des nombreux sentiers qui parte de la base de l’île, puis j’ai rejoint un large chemin qui permet d’aller jusqu’au sommet du tertre. Une fois dépassée les derniers prés et hameaux, j’étais à présent dans ce qu’on pourrait appeler le niveau « intermédiaire ». Ce niveau couvre en fait tout le reste de l’île, l’extérieur bien sur pas l’intérieur.  Il est couvert d’une épaisse forêt dont les habitants du premier niveau disent qu’elle sert à dissimuler les pratiques magiques des druides aux yeux des non initiés.
- Et tu en as vu des pratiques magiques ?
 Oui et non monseigneur. Au détour d’un chemin, j’ai entendu une litanie et je me suis approchée discrètement pour voir ce que c’était… J’ai vu des druides entouré d’un certain nombre de personnes mener une cérémonie sacrificielle, mais rien de plus secret que ce qu’accomplit Mervin au Caer parfois. Une lieue plus loin, j’ai vu un groupe d’étudiants groupés autour d’un maître et écoutant son enseignement. Encore plus loin c’était des apprentis bardes en train d’apprendre un chant, une poésie ou tirant des sons plus ou moins harmonieux d’un instrument de musique. J’en aie parlé plus tard avec Lorccan durant notre voyage et il m’a expliqué que c’est ainsi que se déroule l’enseignement : pas de grands groupes écoutant un cours magistral, mais des petits groupes qui se rassemblent autour d’un maître qui va adapter son enseignement à la situation, interroger ses élèves pour éveiller leur esprit et de leur réponse tirer une leçon. Ces cours se déroulent dans une clairière, au sommet d’une falaise, ou dans tout lieu que le maître jugera propice.
- Et personne ne t’a demandé de montrer ta pierre ?
Si, plusieurs fois durant ma route, j’ai été arrêtée par des hommes armés qui m’ont demandé courtoisement si j’avais une bonne raison d’être en ces lieux ? A chaque fois je leur ait montré la pierre et ça a suffit.
- Ils étaient lourdement armés ?
Non, mais leurs lances étaient bien entretenues et ils avaient l’air de savoir s’en servir. C’étaient visiblement des gardes entraînés et vigilants. Je suis finalement arrivée au sommet de la colline. Il y a là un gigantesque dolmen qui marque l’entrée du tertre des druides à proprement dit. Ce dernier niveau est considéré comme « sacré ». C’est en fait tout l’intérieur de la colline, creusé au départ par une rivière souterraine, puis par des ouvriers. Certains se sont ensuite établis au niveau profane et plusieurs familles s’honorent d’avoir contribué au tertre depuis plusieurs générations. La casse de pierre ne nécessitant pas toujours une grande connaissance, on trouve aussi des étudiants en train d’accomplir ce travail de peine !
- Des étudiants cassent des pierres ? Mais pourquoi ?
Cela m’a surprise autant que vous. Lorsque j’ai posé la question, mon guide m’a expliqué en souriant que  c’est une punition assez courante pour l’indiscipline ou la bêtise que d’envoyer un ou plusieurs élèves aider des ouvriers à ouvrir un nouveau passage ou transporter des pierres, en leur expliquant doctement que leur manque d’esprit les rabaissent au niveau de vulgaires manœuvres (car les ornementations réalisées ensuite sur les parois ou les colonnes sont le fait d’artisans hautement qualifiés et respectés).
- Ton guide ? Quel guide ?
Pardon monseigneur, je suis allée trop vite. Au sommet il y a un escalier qui s’enfonce dans les entrailles de la colline. Là je fus arrêté par un jeune druide qui me demanda ce qui m’amenait en ces lieux. Je parlais à nouveau de votre maladie et de l’incapacité de Mervin à vous soigner, et expliquait que l’apprenti à la base de l’île m’avait envoyé vers le sommet. Il hocha la tête et me demanda de le suivre. Je descendis l’escalier et fut mené jusqu’à des appartements réservés aux visiteurs de marque.
- Comme est-ce à l’intérieur ? Est-ce sombre ?
Non monseigneur, en fait : il y a de nombreuses ouvertures plus ou moins grandes qui donnent sur l’extérieur permettant ainsi d’admirer le lac ou la forêt, les murs sont souvent décorés par des motifs géométriques ou floraux stylisés. Quand le jour tombe, des torches sont disposés dans les couloirs et la fumée semble aspirée par des cheminées placées haut dans la voûte. Des serviteurs m’apportèrent un repas et on m’annonça que je serais reçu par des druides spécialisés dans la guérison. Le lendemain en début d’après midi, on vint m’annoncer que les guérisseurs m’attendaient dans la salle du conseil. Par chance, le courroux de Taranis résonnait au dehors et j’ai pu entendre des bribes de chant ou de récits en me rendant à ma convocation durant ma longue marche dans les couloirs de pierre. La salle du conseil était quasi-vide à peine dix druides, mais on pouvait voir qu’elle était prévue pour recevoir une bonne centaine de personnes. Encore une fois on m’a demandé de décrire votre maladie, ses symptômes, la fréquence des crises et un grand nombre de petits détails qui m’ont semblé insignifiant, mais qui suscitèrent des commentaires obscurs et d’autres questions. Finalement, Lorccan se leva et déclara aux autres qu’il se chargerait de traiter ce mal. Le reste lui a donné quelques conseils qui m’ont paru incohérents puis il m’a raccompagné à mes appartements et ma expliqué que nous repartirions le lendemain. Voilà monseigneur vous savez tout !
- Et le labyrinthe ? As-tu pu le voir ?
Ah ça, j’ai essayé de tirer les vers du nez de Lorccan ou de mes guides, mais ils n’ont rien voulu dire. Ni confirmer ni infirmer… Cela reste un mystère monseigneur.
Journalisée

Cuchulain l'homme qui a du chien.

Les pensées de Cuchu
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