Les Salons de la Cour

24Septembre, 2020, 23:10:27
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Auteur Fil de discussion: L'Imperial Solar Cup de Gotha [Le Pixx]  (Lu 22319 fois)
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Acritarche
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« Répondre #15 le: 02Mars, 2010, 20:48:05 »

Les réponses qu'avaient reçues No étaient aussi peu nombreuses qu'inintéressantes. Les deux capitaines qui lui avaient répondu étaient loin de pouvoir effectuer le transfert dans les délais serrés dont No avait besoin, ou en tout cas dans des conditions de sécurité raisonnables. En effet, le premier répondait plus par opportunisme que parce qu'il répondait vraiment aux conditions de No. Tandis que le second lui proposait de "pousser son rafiot à fond", une prétention suicidaire quand on connaissait la faible résolution des astrocartes qui permettaient d'effectuer le voyage et le peu d'astrogateurs vraiment qualifiés qu'on trouvait sur ces routes mal desservies.

Bref, en montant dans le Starsprinter, elle savait qu'il lui faudrait trouver une fois dans Bêta Centauri.

Le court trajet qui permettait de relier Alpha Centauri à Bêta Centauri sembla ne durer qu'un bref instant à No. Elle resta largement confinée dans ses quartiers à répéter ses mouvements d'art martiaux, car elle savait que Fab Lauri la jugerait sur son entrainement, sur sa capacité à transformer les nouvelles combinaisons en réflexes innés.

Alors qu'elle était en peine répétition, en sueur et à peine vêtue d'une légère tenue de sport, l'intercom du Starsprinter résonna pour appeler tout l'équipage à son poste. No y porta à peine attention, mais quand le vaisseau fit une embardée, son conditionnement militaire refit surface pour lui apprendre que le vaisseau venait d'essuyer un tir de canon à plasma!

HRP: le Starsprinter est attaqué par trois vaisseaux pirates. Le premier est de taille comparable au Starsprinter (Taille 4), les deux autres sont des bombardiers légers (Taille 3). Je te laisse le soin de décrire comment No sauve la situation, avec pour unique contrainte que ce sera de justesse!
« Dernière édition: 18Mars, 2010, 20:55:21 par Acritarche » Journalisée

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« Répondre #16 le: 03Mars, 2010, 00:04:50 »

La lumière était au rouge.

 Par "chance" l'équipage qui était devenu si familier avec No n'avait pas engagé les mesures de sécurité standards en vigueur de ce genre de vaisseau, visant à « boucler » les passagers dans leurs quartiers quand le vaisseau subit une attaque pirate.

Nohraïa bondit de sa couche et se précipita vers la sortie de la chambre, pour se ruer dans les coursives du Starsprinter l’emmenant sur la passerelle de commandement. Les hommes d équipage étaient tous très occupés, et seule, l’officier en second sembla faire attention à la pilote.

-« Qu’est ce que vous f… »
-« Mon boulot ! » coupa sèchement Nohraîa.
L’arrivée de la pilote sur la passerelle sortit le capitaine de la concentration qu’il avait déployée pour manœuvrer de Starsprinter devant la triple menace.

-« Qu’est ce que vous foutez là ? » grogna Davo
-« Capitaine ! on a une chance… Ces types vous avoinent au canon à plasma. Soit ils n’ont pas de missiles asynchrones1, soit ils en ont, mais vu le prix que ça coûte, ils hésitent à s’en servir. Je pense même qu'la taille du Starsprinter y est pour quelque chose. Iils en veulent à votre cargaison, ils ne prendront pas le risque d’engendrer la destruction de votre vaisseau. »
-« Apprenez-moi quelque chose de nouveau... »
 grogna le capitaine
-« Gagnez du temps… ils en sont aux coups de semonce. Vous avez 10 minutes pour remplir votre soute tribord d’abordage avec un maximum de bordel que vous avez du mal à vendre. Lorsque ce sera rempli de bordel, comme votre moteur Varlant HS que jamais vous ne réussirez à refourguer, et comme tous les déchets domestiques du Starsprinter, quittez le hangar, et mettez en pression hyperbare, à 2 ou trois atmosphères. »

Davo pensa un moment. Puis il lâcha

-« Et ensuite ? »
-« Et ensuite ? Pendant ce temps je grimpe dans votre Starshooter, dans le dock secondaire, et à mon signal, vous m’éjectez »
-« On n’a pas fait les vérifications… »
-« ON N’A PAS LE TEMPS, CAPITAINE ! »

Il grogna
-« C’est quoi votre plan, au juste »
-« Vous acceptez l’abordage pirate. Ils vous demanderont de couper vos boucliers, mais lorsqu’ils se rapprocheront de votre soute d’accostage, vous bénéficierez un court moment de l’effet de zone de leur propre bouclier. Dès que leur vaisseau est à 40 mètres, ouvrez la soute et le dock. D’un côté, tout le bordel de la soute sera propulsé dans l’espace à plus de 700 km/h vers la zone de dock du vaisseau pirate. Il va prendre un vilain impact. Dès qu’il aura mangé, mettez vos boucliers à fond pour amoindrir les attaques plasma des deux bombardiers légers. Vous m’éjectez en même temps que le bordel de la soute. Moi je m’occupe des bombardiers légers. »
-« C’est… Risqué ! et pas que pour vous ! »
-« Et vous croyez qu’une fois qu’ils vous auront mis à sac, ils vous laisseront rentrer ? »

Le silence s’installa une poignée de secondes

-« Accordé. »  Lança Davo avant qu’il ne se tourne vers son pupitre pour donner les ordres.

 Martinetti, l’officier en second, tapa sur l’épaule de No pour l’emmener en direction du dock. Sous ses pieds, elle sentait « l’assiette » du Starsprinter se stabiliser, comme pour faire comprendre aux pirates que Davo se rendait. Les deux femmes coururent dans les coursives, et dans le même temps, Martinetti faisait un debriefing sur le Starshooter, ancêtre robuste mais aujourd’hui dépassé, des chasseurs Komet
-« Il faut que vous sachiez que vous partirez avec 35% de bouclier. Les stabilisateurs et amortisseurs sont un peu fatigués mais ils devraient bien tenir. Il a un canon à particule dans l’axe… tentez de vous en servir avec discernement : c’est un gatling qui « part en gerbe » au premier dizième de seconde avant de prendre son faisceau cohérent… Évitez de tirer en première salve avec le Starsprinter dans votre champ »

Le Starshooter se dévoila derrière une porte d’accès que dock. . La choses était de couleur anthracite, avec, sur ses flancs, des longues lignes de plastacier blanc. L’engin avait une forme triangulaire aplatie, le cockpit en hauteur par rapport à l’ensemble. Les « ailes » avaient un très fort dièdre négatif au milieu duquel était installé un imposant canon à particule Gatling « Inferno » d’habitude utilisé pour des attaques au sol, ou sur de larges infrastructures spatiales, mais l’équipage avait « bricolé » une conduite de tir permettant son usage en combat de chasse. Le tout semblais avoir été débarrassé de tout ce qui ressemblait à un angle, et quelques boursouflures sur la coque suggérait l’ajout de matériels supplémentaires ne correspondant pas forcément au modèle de base.
Pas de missile.
Faudra faire sans.      

 Martinetti se précipita pour retirer les câblages et les cales magnétiques, puis aida No à s’installer dans le fauteuil de pilotage. L’officier regarda No, dans les yeux.

-« Vous y allez sans combinaison… S’il y a une brêche… »
-« Il n’y en aura pas… »
-« Vous êtes folle »
-« on en rediscutera »

No coiffa son casque, et abaissa l’épais verre du cokpit.
Elle vit Martinetti se précipiter derrière le pupitre de lancement isolé du reste du dock. Elle commanda l’ouverture de la porte du dock. Nohraïa prit la parole dans l’intercom

-« N’ouvrez pas complètement, sinon, il me verront trop vite »
Surprise, Martinetti regarda No, avec quelque chose de très inquiet dans le regard.
-« Faites moi confiance »  dit la pilote « tout va bien se passer »
No sorti de sa poche la montre de son grand-père, et la fixa sur son pupitre. Puis, elle regarda en direction des étoiles qui défilaient, pour voir s’approcher les deux tâches blanches des bombardiers légers.
-« Allez… Rock’n roll »  grogna-t-elle
Les dix minutes venaient de s’écouler. Le Starsprinter fut secoué par la violente déflagration qui vida le contenu de la soute. Le « shrapnel » de détritus, pièces moteurs, et moteur Varlant  sortit du Starsprinter à la vitesse d’un boulet de canon, et l’ensemble déchiqueta tout le flanc tribord du vaisseau pirate, le propulsant vigoureusement sur le côté. Il avait prit un sal coup, mais il n’en demeurait pas moins encore très dangereux.
Dans le même temps, No senti son dos se plaquer contre le fauteuil de pilotage, et sa tête cogner en arrière très violemment. Elle garda les commandes ferment, se servant des propulseurs auxiliaires du chasseur pour optimiser sa trajectoire de sortie, frôlant les rebords de la porte du hangar.

-« Un peu fatigués »  grogna-t-elle « tu m’étonnes »

L’espace s’ouvrit à elle.
Elle laissa le chasseur partir comme un débris instable, qui fonçait, passif, vers les deux bombardiers qui prenaient leur position pour aligner le Starsprinter, pendant que le vaisseau pirate tentait de rétablir son assiette. A moins de 800 mètres du bombardier le plus proche, elle mit les gaz à fond, et enclencha le premier tir. La salve partit en direction du premier bombardier. Le chasseur de No semblait prendre vie sous ses doigts. Tout tremblait de nervosité. Le chasseur ne tirait pas… il vomissait, littéralement, sa bile de mort vers l’appareil ennemi. Le poste de pilotage fut déchiqueté, et la section avant, transformée en des milliards de confettis plus ou moins métalliques, et plus ou moins organiques. Le bombardier qui avait allumé ses moteurs continua d’avancer, avant que l’alimentation de la propulsion de s’arrête, lançant ce qui restait du bombardier dans une trajectoire rectiligne et infinie.
L’autre bombardier fut plus réactif. Deux missiles partirent, ce qui préoccupa la pilote, puisqu’il venait de démontrer que les pirates étaient maintenant prêts à tout pour neutraliser leur proie.

-« Merde-merde-merde-merde-merde »

Elle augmenta une nouvelle fois les gaz, et regarda l’état de ses boucliers… Ce n’était pas glorieux. 35%... Martinetti était sympathique de vouloir la rassurer, mais lui dire qu’elle était plus proche de 20 que de 35 lui aurait rendu plus service. Les missiles l’avaient accrochée. Elle lança son chasseur droit vers le vaisseau pirate, et passa toute l’énergie restante de ses boucliers vers le secteur avant du chasseur. De son côté, le bombardier se mit aussi en chasse, laissant tomber le Starsprinter, considéré, à juste titre, comme moins menaçant pour le moment. Le chasseur de Nohraïa fut accueilli par une pluie de faisceaux laser, plasma, et à particules.

-« Ça va être bref, mais bon »  maugréa-t-elle

Cependant, elle n’usa pas du canon pour tenter de faire taire quelques batteries pirates trop entreprenantes. En fait, elle savait parfaitement que si elle faisait usage de son arme, elle perdrait en vitesse, à cause de la forte énergie libérée dans le secteur avant de son chasseur par son arme embarquée. Si elle perdait de la vitesse, les missiles la toucheraient trop tôt.

Elle engagea l’alignement de son chasseur avec la passerelle du lourd vaisseau pirate. Elle sentit la résistance du bouclier des pirates lorsqu’elle en franchit l’aire d’effet, ce qui baissa d’autant plus l’énergie de ses boucliers… Les deux missiles étaient à moins de 100 mètres derrière elle, et ne subirent, quant à eux, aucun dommage lors du passage du bouclier. Ça prouvait que ces enfoirés de pirates n'avaient pas de tacticien digne de ce nom et qu'ils utilisaient la même fréquence de bouclier pour tous leurs vaisseaux. Outre que ça facilitait les réglages, c'était aussi une sécurité contre une probable rébellion. En combat, quand on utilise la même fréquence de boucliers que son adversaire, c'est comme si on n'en avait pas. Ça diminuait vachement l'espérance de vie...

Arrivée à 50 mètres de la surface rouge du vaisseau pirate, elle tira sur le manche, ce qui la plaqua une nouvelle fois violemment sur son fauteuil.

Le Starshooter longea le vaisseau pirate sur toute sa longueur, en passant à une distance de moins de dix mètres de la carlingue.

Les missiles 1 et 2 n’eurent pas cette grâce et cette délicatesse. Il rentrèrent dans la passerelle « sans frapper ».

Le feu de l’enfer remplit alors toutes les coursives reliées à la passerelle directement, propageant un bon millier de degrés dans les veines du vaisseau rouge. Tout ce qui ne portait pas une combinaison d’urgence aurait d’abord ses poumons vidés de l’air nécessaire à la vie. Tout ce qui ressemblait d’ailleurs à un poumon non protégé par un système de respiration autonome se verrait, par la même occasion, retourné comme un gant de toilette… Ceci ne devait pas faire trop souffrir non plus, puisque la décompression explosive éparpillerait dans la fraction de seconde suivante l’équipage dans l’espace, transformant des corps déchiquetés en d’étranges statues glacées, dans des postures improbables, souvent avec des membres en moins, et parfois, avec des guirlandes d’entrailles autour d’elles.  

Le souffle de l’explosion fit sauter le Starshooter, et No paya cher l’absence de ses boucliers à l’arrière. Les moteurs principaux se turent, No ignorant si ces dernier s’étaient juste « éteints » ou si elle les avait perdus, suite à l’impact d’un débris du vaisseau pirate.

Le Starshooter partit en une série de tonneaux rapides qu’il effectuait dans son axe longitudinal. No était dans une centrifugeuse qui la faisait tourner sous une contrainte de l’ordre de 25 G… Les compensateurs étaient vraiment fatigués : son corps, qui aurait du subir théoriquement une accélération de 5 à 6 G, était soumis à une force d’entre 10 et 12 G.

Le voile gris s’amenait à grand pas.
Elle allait tourner de l’œil.
Elle sentait son abdomen se gonfler de sang.
Le rythme cardiaque s’accélérait comme celui d’un puceau qui découvrait un bordel de la ceinture rouge du New’Ham
Concentre…
-« HAAAAAAAAA !»
..toi
-« Hungnnnnnnnnn ! »
Les bras pesaient des TONNES.
Elle les garda fermes sur le manche.
Il fallait qu’elle le « sente », ce moment précis ou elle devait enclencher les auxiliaires de direction, quitte à les vider.
-« Là ! »
Elle purgea littéralement les système de guidage auxiliaires, ce qui freina d’un seule coup la rotation folle de son chasseur.

La tête fut propulsée vers l'avant, mais les sangles des ceintures tinrent bon.
Un flot de sang envahit son nez et sa bouche, et une quinte de toux pleine propulsa des milliers de gouttelettes rouges sur la vitre de son casque.
-« Pas grave ! m’en remettrai »
Son œil lui indiqua l’état de son vaisseau lorsqu’il parcourut le pupitre. Elle avait perdu un moteur sur deux. Il fallait qu’elle fasse un by-pass pour établir un courant afin d’alimenter le deuxième moteur. Elle avait perdu en manœuvrabilité. Le canon était ok. Les boucliers HS. Le dernier bombardier lui arrivait dessus à bride abattue.
-« Déjà vu pire »    chuchota-t-elle
La bonne nouvelle, c’est que le bombardier n’avait plus de missiles. Il disposait d’un armement laser, et devait se rapprocher d’elle pour tenter de l’endommager.
Elle s’allongea confortablement dans son fauteuil, scrutant la tache qui grandissait.
-« Il est largement à distance de tir ce salaud veut me voir crever »

Elle enregistra la vitesse de placement du bombardier. Sur le pupitre, le vert du moteur s’afficha, il était actif. Elle ferma les yeux, prenant la pose du pilote inconscient

-« D’accord »

Elle compta dans sa tête, par rapport à la vitesse du bombardier qu’elle avait enregistrée. Elle baissa son propre bouclier. Elle fit son compte à rebours. Pendant ce temps, elle réglait la fréquence d'ionisation des munitions de son gatling sur celle des pirates qu'elle déduisit des interférences provoquées dans son propre bouclier par la rencontre avec celui des pirates.
A zéro elle ouvrit les yeux.
Devant elle, à 10 mètres, le bombardier s’était posté, mais la lumière de son laser n’avait pas encore déchiré les ténèbres de l’Espace.
Elle pressa sur la détente.
Elle vit la surprise du pilote.
Elle vit sa bulle de vie exploser en un milliards de piécettes.
Elle vit la carlingue du bombardier fondre et se transformer et plasma d’un millier de degrés.
Elle vit les corps s’ouvrir comme pour mieux s’offrir au vide interstellaire.
Elle stoppa le tir.
L’explosion souffla le Starshooter si violemment, qu’elle perdit connaissance. Les stabilisateurs et les amortisseurs d’accélération étaient vraiment HS.
Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle entendit la radio.
-« Starshooter. Ici Martinetti. Vous m’entendez ? »
Elle cligna les yeux
-« Starshooter, ici Martinetti, répondez bon sang ! »
-« Je vous reçois! » hurla-t-elle « Je vous reçois! »

Derrière la voix du second, elle entendit des acclamations et des applaudissements.

-« Faites moi un check, Frantic »
Les réflexes militaires reprirent le dessus

-« Intégrité coque… OK. Propulsion 10%. Auxiliaires… Morts. J’ai besoin d’une assistance pour accoster »
-« Ici Starsprinter »
, dit la voix de Davo, « je vous envoie deux abeilles. Veuillez obéir aux consignes, pilote! »
-« Bien compris... »
-« On va trouver une solution pour votre billet de retour vers Gotha. Ici Davo. Terminé »
-« Merci, capitaine! »
dit-elle.

Edition: quelque remise en contexte pour mieux coller à l'univers de jeu.
1Les missiles asynchrones ne sont employés qu'à des distances de plusieurs dizaines de secondes lumières, voire des minutes lumières. Ils ne sont jamais employés en dogfight, sauf par quelques tarés genre No, bien sûr!

HRP: 
« Dernière édition: 05Mars, 2010, 21:00:42 par Acritarche » Journalisée

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« Répondre #17 le: 05Mars, 2010, 21:20:03 »

L'accueil que reçut No fut d'abord un triomphe d'un Empereur rentrant d'une campagne militaire victorieuse. Même s'il était connu que les Empereurs ne se déplaçaient sur les champs de bataille que quand les guerres étaient gagnées. Les cris, les accolades, les verres d'alcool fort, les chants, les applaudissements, rien ne fut épargné à No. Elle les accueillit tous comme une toxico en manque, rendant cri pour cri, affonant verre sur verre et en poussant même la chansonnette. Doux euphémisme pour les chants militaires qu'elle entonna.

Après que furent retombées l'excitation et l'euphorie, No commença à noter les regards en coin, les interrogations cachées, les reproches muets. Elle réalisa alors que ses deux shows, celui dans le Starshooter et celui qu'elle donna pendant la fête l'avait trahie. Les Déviants n'aimaient pas les "officiels" et elle avait clairement déclaré son appartenance à la Flotte impériale...

Davo la prit rapidement à part.

L'équipage est bien content de ce que vous avez fait pour lui. Mais la plupart d'entre eux n'apprécient pas les "officiels", vous savez. Ils n'apprécient guère non plus l'état dans lequel vous avez mis le Strashooter. Il n'est plus bien vaillant, mais il fait autant partie de l'équipage du Strasprinter que chacun d'entre nous. Je ne sais pas ce qui vous amène sur Bêta Centauri et je ne veux pas le savoir. Mais dans les heures qui viennent, racontez leur une histoire. Du genre qui leur fera croire que vous n'êtes plus dans l'armée.

Il sortit, mais sur le pas de la porte, il se retourna.

Au fait, merci Frantic! Tu es un sacré pilote et je connais beaucoup d'équipages d' "indépendants" qui donnerait beaucoup pour vous compter parmi eux.

Silence.

Je vous envoie Martinetti avec un kit de secours. Vos yeux avouent ce que vous avez pris dans le Starshooter...
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« Répondre #18 le: 05Mars, 2010, 23:26:03 »

No se sentit toute bête. Elle salua de la tête l'équipage qui, s'il n'était pas complètement silencieux, faisait, du coup, beaucoup moins de bruit qu’avant les chant militaires stupidement entonnés par la pilote. Elle leva son verre en direction des membres de l’équipage.

-« Merci à vous toutes et tous qui m’ont fait confiance sans jamais rien me demander… Soyez sûrs que je suis extrêmement touchée et extrêmement fière d’avoir pu endosser cette confiance aveugle… » elle se tût, embarrassée, puis but d’un trait son verre, avant de le poser puis de s’effacer de la salle commune en direction de l’infirmerie. Elle se mordait la lèvre inférieure, et jamais elle ne se sentit aussi « étrangère » à un équipage de sa vie. Jamais elle ne s’en était voulu autant d’appartenir aux forces impériales : un simple chant de victoire et tout ce qu’elle avait construit semblait s’être brisé.

Dans l’infirmerie, c’est le visage inexpressif de Martinetti qui l’accueillit. Le second fit les examens médicaux avec soin, ce qui laissa supposer à No que cette dernière avait du recevoir une formation médicale… A savoir si cette dernière avait été complète au point de faire de Martinetti un médecin à part entière, elle ne pouvait pas le savoir : la jeune femme qui l’auscultait semblait être assez jeune pour ne pas avoir reçu encore son diplôme, et assez âgée pour l’avoir eu il y  a peu de temps.
Les vérifications n’aboutirent qu’à une rupture de vaisseau sanguin dans la cloison nasale due à la brutale décélération qui avait projeté Nohraïa de 12G à 1 G en l’espace de moins de deux secondes.

En se rhabillant. No brisa le silence

-« Je suis désolée… je n’aurai pas dû… »
Martinetti la regarda, mi surprise, mi désabusée
-« de quoi ? »
-« je n’aurais pas dû chanter…. »
-« c’était stupide, effectivement… Vous êtes stupide, Frantic ? »

No soupira.

-« Peut-être puis-je au moins vous expliquer quelque chose… enfin… Vous raconter pourquoi »
-« de toute façon »
répondit l’officier en second  « personne ne peut piloter comme vous le faites sans passer par l’armée… la question est « faites vous encore partie des forces de notre cher et bien-aimé empire ? » »
La pique de Martinetti était presque habile, mais No se retînt de tiquer sur le cynisme du ton de cette question, comme pour masquer son attachement fondamental à ce qu’elle considérait être la derrière barrière de la défense humaine.
-« Je ne sais pas… » finit-elle par répondre au bout d’une grosse poignée de seconde.

Martinetti commençait à nettoyer l’infirmerie et à ranger ses instruments

-« Vous ne savez pas… Vous êtes sotte, Frantic ? Comment ne peut-on pas savoir si on fait partie d’un camp plus que d’un autre ? »
No regarda Marinetti intensément.
-« Je ne suis pas dans ce vaisseau sous couvert d’une mission à la con. » répondit-elle sèchement « je suis ici par ce que j’ai besoin de me retirer du monde… »
-« Vous retirer du monde ? »

La question du second semblait être sincère.  No descendit de la table d’examen, puis se dirigea vers le terminal Visinter de l’infirmerie.
-« Puis-je ? » demanda-t-elle.

Martinetti indiqua l’appareil d’un geste de la main approbateur
-« Nous n’avons pas encore regagné l’espace Inverse…  Vous pouvez vous connecter»
No ouvrit une cession donnant sur le portail ronflant des forces armées impériales, et dans les pages d’actualité qui tenaient plus de la propagande, elle retrouva le battage médiatique qui fut fait autour de la première bataille qui eut lieu entre les Zharns et l’espèce humaine et à laquelle elle avait pris part1… Celle-là même qui avait décimé près des trois quarts de l’escadrille dont elle avait a charge, quelques mois auparavant.

-« Vous avez entendu parlé de ceci ? »
-« Vous savez »
répondit Martinetti « c’est pas vraiment le genre de l’équipage de trainer sur ce torchon d’espace Visinter qui fait de la lèche à l’Empire et à son bras armé… »
No garda le silence, puis Marinetti s’approcha, et commença à lire les informations volontairement déformées et tronquées de cet épisode guerrier
-« Oui » finit-elle par dire « ça me dit quelque chose… Une Graaaaaaaaaaaaaaaaaande victoire pour l’empire et ses institutions »
-« Non »
répondit No
-« Non ? » interrogea le second en fixant Nohraïa
-« Non… On s’est fait taillés en pièces. On a réussi a repoussé l’offensive Zharn, mais dans des conditions effroyables… »
No se tût. Elle serra ses lèvres de douleur se remémorant le combat, l’implant mémoire faisant trop bien son travail. Le hurlement des types envoyés à la mort dans les oreilles.

-« Ca ne s’est pas passé comme il le disent… » dit-elle calmement « j’ai… » Elle éclata enfin dans un sanglot qui semblait infini et silencieux comme la mort de celles et ceux qu’elle avait perdu « J’ai perdu  presque tous ceux que je commandais…  J’ai essayé de les défendre. Je n’ai pas pu… »
Elle se balançait d’avant en arrière, tout doucement, puis soupira… enfin… Souffla quelque chose d’énorme qui semblait avoir été coincé pendant bien trop longtemps dans ses tripes.

Martinetti prit No par les épaules, et la fit asseoir sur la chaise qu’elle occupait lorsqu’elle examinait le pilote. Elle laissa le calme se réinstallé, puis, pour rompre le silence, elle remplit un verre d’eau, et le donna à No. Les lèvres furent trempées, et une gorgée fut prise.

-« Je ne sais pas si je fais encore partie de l’Empire » finit-elle par chuchoter « Ils mentent tellement… » Elle finit son verre « même s’ils pensent que c’est pour le bien de l’humanité, ils devaient dire tout de même la vérité, ne serait-ce que pour les gens qui sont morts là-bas » . Elle souffla de nouveau.  «Excusez-moi… de ce moment… de faiblesse »
Elle sourit, un peu forcée en direction de Martinetti.
-« Ce que j’ai chanté tout à l’heure, c’est le chant que les survivants ont entonné lorsqu’on est rentrés à la base… enfin… Ceux qui restaient… sept pilotes de chasse sur 40… Je me suis juré, à chaque victoire, de le chanter… Navrée pour l’effet  et l’ambiance merdique que ça a foutu » elle eut un rire nerveux. Silence. Soupir.

-« Je me rends à Tetis pour quelque jours.. Une visite à quelqu’un pour m’aider à évacuer tout ça… »
-« et après »
demanda Martinetti
-« Après ?... Je ne sais pas… Peut-être je vais me lancer dans une carrière de pilote de voile solaire ? »
Martinetti souria, puis éclata de rire.  
Silencieusement, No regagna ses quartiers, qui ressemblaient maintenant à une cellule.  

Plus tard, elle demanda la permission au mécano de pouvoir l'aider dans la remise en état du Starshooter.

Edit: 1la bataille à laquelle No a prit part est lon d'être la première qui vit s'affronter Zharn et Humains. Pour ceux qui aiment le background, c'est sur le site de Space Frontiers.
« Dernière édition: 06Mars, 2010, 18:36:24 par Acritarche » Journalisée

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« Répondre #19 le: 08Mars, 2010, 20:13:59 »

No passa une bonne heure les mains dans le cambouis à retaper le Starshooter. Quand elle rejoignit enfin le mess du Starsprinter, l'ambiance semblait s'être détendue. On lui offrit même de boire un verre.

Mais bientôt, le Starsprinter accosta sur le spatioport de Bêta Centauri. Elle allait devoir maintenant descendre sur la planète pour rejoindre le dojo Tokashi Hejo.

Mais avant qu'elle ne quitte le vaisseau, le capitaine Davo désira encore lui parler.

J'ai eu une longue discussion avec l'équipage. Ils sont tous d'accord pour que nous fassions un bout de chemin ensemble jusque H0011 Hinur. Nous y avons déjà fait une ou deux fois du commerce et nous avons décidé d'y retourner. D'ailleurs, Bria Savarrin, notre marchand, m'a assuré qu'il pouvait nous trouver quelques bons deals pour justifier ce long voyage.

Nous avons également discuté de ton ticket, si le voyage t'intéresse. Notre pilote voudrait bien que tu l'entraînes au dogfight et notre mécanno voudrait que tu l'aides sur le Starshooter pour en faire un chasseur digne de ce nom.

Tu as cinq jours pour nous donner ta réponse...

Bonne chance pour la suite!


No était envahie de sentiments contradictoires, mais elle devait attraper la prochaine capsule qui descendrait l'ascenseur gravifique pour la surface...
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« Répondre #20 le: 08Mars, 2010, 21:19:03 »

A l'intérieur, No était folle de joie : elle avait son ticket de rtour assuré en temps et en heure pour Gotha. Cependant, elle devait se racheter auprès de l'équipage du Starsprinter, et quand bien même le cpitaine Davo ait largement contribué à réduir les dommage psychologiques que son chant guerrier avait engendré auprès des hommes et des femmes du Starsprinter.

Elle tendit la main en direction du capitaine

-"c'est entendu, capitaine... je serai très honorée de pouvoir donner un coup de main à bord de votre vaisseau"

Elle prit la peine de saluer Martinetti et Niavi, le mecano, puis, voyant que le reste de l'quipage était retourné à ses affaires, elle sauta en direction des services d'ascenceurs orbitaux, tout en réservant un vol de transition vers le dojo de Fab Lauri. Cependant, et puisqu'elle bénéficiait d'un délai de quelques heures qui lui permit de passer par une consultation médicale, à bord du spatioport, juste histoire de voir comment elle avait été rafistollée, et comment elle avait vécu sa convalescence après l'attaque pirate.

Les formalité faites, elle se rendi en salle d'embarquement pour se rendre à la surface de la boule bleue et verte sur laquelle l'attendait sa correspondance pour le Dojo de fab... Tout du moins, la petite cité qui l'habritait !

ce côté là du voyage fut presque facile au regard des épreuves qu'ell avait rencontrées pour arriver jusque là.
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« Répondre #21 le: 10Mars, 2010, 20:59:11 »

Descendre sur un planète quand on a passé les deux, voire les trois, dernières années de sa vie dans l'espace est un vrai calvaire. D'une part à cause de ces horribles séances de désinfections et de ces dégueulasses produits qu'on ingère pour fortifier son système immunitaire rendu paresseux par l'environnement quasi stérile des vaisseaux spatiaux et des astroports, surtout militaires. Ça vous laisse vidé et avec un horrible goût dans la bouche, sans parler des nausées qui ne tardent pas à se manifester et qui se transforment rapidement en vertige chez les moins résistants.

No détestait ça et elle adorait ça. Elle détestait comme tout humain normalement constitué l'intrusion dans son intimité qui laissait un arrière goût de viol à moitié consenti, la corrosion des produits désinfectant qui laissait la peau comme brûlée, la répulsion que provoquait l'ingestion des émulsions désinfectantes. No adorait ça car son corps se rebellait et la forçait à une discipline plus grande que le plus intensif des entraînements. Et ça lui rappelait son "débourrage" quand elle était rentrée dans la flotte, cette période de deux semaine galactique standard où un sergent entraîneur cassait les jeunes recrues. Elle l'avait vécue comme une vraie révélation et elle aimait s'en rappeler dans ces moments désagréables.

Pendant la longue descente de la cabine pressurisée le long du tronc central de l'ascenseur gravitationnel, No s'enferma dans son visinter à regarde sa série préférée.

Arrivée sur le plancher des vaches, il fallut s'habituer à une gravité qui n'était pas standard, mais légèrement plus importante. Elle se sentait lourde, grossière, malhabile. Rapidement, elle trouva la navette stratosphérique qui devait l'emmener au dojo Tokashi Hejo. C'est à peine si elle profita du paysage semi désertique de cette planète aride qui n'avait pas bénéficié des bienfaits de la terraformation. En une grosse paire d'heures, elle était arrivée à la gare multimodale de la petite ville de Tienno. Trouver le bus qui l'emmena au dojo ne prit pas plus de temps qu'une simple requête sur son visinter et, enfin, elle aperçut le dojo et son architecture mi-traditionnelle mi-fonctionnelle...
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« Répondre #22 le: 11Mars, 2010, 12:11:18 »

Nohraïa évita, pendant tout le trajet, de se soumettre tout de suite à un trop grand effort physique. Et quand bien même les pesanteurs artificielles des vaisseaux et des spatioport étaient très bien conçues, au point de respecter la physique élémentaire de base la plus idiote, à savoir celle de la pomme qui tombe de l’arbre, se mouvoir à la surface d’une planète avait des subtilités que l’artificiel  ne pouvait pas comprendre. Une planète habitable était soumise à des variations de pression atmosphériques, et à des mouvements de masse d’aire que les bases et vaisseaux étaient encore loin de « savoir » restituer… Aussi, si on était sensible à ces petites différences, on pouvait très vite se retrouver désorienté momentanément si on se mettait immédiatement à faire des exercices physiques violents ou vigoureux, dès le débarquement sur la planète…. C’était la raison pour laquelle les « raids » de l’armée impériale étaient lancés de manière exceptionnelle, les maladresses et les tirs fratricides étant, dans ce cas, plus fréquents qu’à l’ordinaire.

Quoiqu’il en soit, le temps du voyage de la zone de débarcadère jusqu’au dojo, et Nohraïa se trouvait totalement accoutumée. Devant la bâtisse qui paraissait modeste, flanquée aux habitations, la pilote se sentit à la fois soulagée, et emprise à une appréhension sans cesse montante. Soulagée parce qu’elle était enfin arrivée, et dans les temps, et soumise au trac, parce que franchie la porte du dojo, Fab Laurie ne lui ferait pas un seul cadeau. De toute façon, elle n’était pas venue ici pour ça.

Seul le combat comptait.

Seule la discipline martiale existait.

Certes, ce n’était pas une discipline abrutissante d’une préparation à un stage commando,… Mais c’était juste le niveau au dessus ! La concentration était reine. L’élève qui revenait ici, devait revenir enrichi de ses expériences vécues, et démontrer qu’il avait « épouser » tout l’univers qui l’avait entouré pour rendre son art martial à la fois unique, et parfaitement en accord avec les principes de cette voie du guerrier.

Sans signaler sa présence avec une sonnerie, ou un appel visinter, No ouvrit la porte… Seuls ceux qui était extérieurs au dojo devaient prendre la peine de se signaler avant d’entrer.   Elle franchit un petit jardin, très bien entretenu, pour se retrouver dans le bâtiment maître. Là, elle enleva ses chaussures, puis elle trouva sans difficulté la zone des appartements des élèves. Il n’y avait pas de traitement de faveur. Un élève gradé avait les mêmes appartements que les appartements d’un novice. La chambre était un carré de 2m50 de côté, avec un lit futon à même le sol, un petit coffre pour les effets personnels qui faisait aussi office de table de travail lorsqu’il était fermé, et un autre petit meuble, sorte d’armoire d’à peine 1m60 de haut, sur 50 cm de profondeur pour 60 de large, dans lequel étaient rangées les armes , et la tenue de l’élève, composée d’un dobok, et d’un sur-kimono, sorte de peignoir gris . En bas du placard, une paire de sandales pour se déplacer d’un point à l’autre du dojo… les candidats dont la pointure de correspondait pas pouvaient se rendre à l’intendance pour avoir des effets à leur taille. Elle sortit de son sac sa ceinture noire personnalisée, et sortit la tenue de l’élève, avant de les passer.

Silencieusement, elle se mit en route vers le cœur du dojo proprement dit. Déjà, les bruits de l’enseignement en court lui vinrent à l’oreille. Elle entra dans la vaste salle, salua en direction du maître initiateur de cet art martial dont l’icône 3D avait été placée, comme un témoin universel,  à l’autre bout du tatami. Elle rangea les armes, et les sandales, puis attendit en bordure du tapis de combat.

Lorsque Fab Lauri eût terminé la démonstration en cours, il fit un petit signe du bras, pour autoriser No à rejoindre le cours.

Elle salua, et entra.   

[HRP : chose que je n’ai pas précisé : il n’y a pas de kata dans ce que j’imagine d’art martial… A la limite, l’élève peut faire des échauffements tout seul, et refaire quelques mouvements sur lesquels il a des doutes, mais d’ue manière générale, je conçoit cet art martial comme l’Aïkido ou l’Hapkido : le Kata n’existe pas]
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« Répondre #23 le: 11Mars, 2010, 20:06:26 »

Histoire de permettre à No de s'échauffer, Fab Lauri fit faire des exercices de déplacements, d'esquive et de respiration à ses élèves. Quand il sentit que No était dans le rythme, il désigna des paires et les joutes commencèrent. No hérita d'un jeune homme sec et noueux, faisant près d'une tête en plus qu'elle. Sa complexion d'un brun légèrement teinté d'orangé indiquait à No qu'il devait venir d'un système à l'astre brillant, probablement H0111 Hinur. alors que les adversaires se tournent autour, s'évaluant l'un l'autre, No perçoit d'emblée que Fab Lauri a désigné un élève à la hauteur de ce qu'il attend de No. Ce combat ne sera pas facile!

HRP: No dispose de 13 DL pour ce combat. Je t'invite à bien relire le système de jeu et de m'envoyer par MP les options de No.

Pour ton information, voici quelques repères:
Corps à corps   
normale   lancer une attaque
normale   parer une attaque
complexe   effectuer une feinte (parade et bonus +1 à la prochaine attaque)
complexe   tenter de désarmer un adversaire
complexe   placer une clé pour immobiliser un adversaire
bonus   soupeser un adversaire (+1 à la prochaine action)
bonus   tenir une garde serrée (+1 à la prochaine parade)

Ton adversaire et toi bénéficié déjà chacun d'un bonus +2 à répartir au choix entre bonus off et bonus def. Ne l'oublie pas dans le choix de tes options. Bonne chance!
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« Répondre #24 le: 14Mars, 2010, 17:09:57 »

Le combat continua comme il avait commencé, les adversaires tournant autour l'un de l'autre et soupesant leurs forces et faiblesses. No savait que la première attaque risquait de jouer le match, raison pour laquelle elle se plaça en position défensive. son adversaire, quant à lui semblait se préparer une première attaque qui ne tarda pas à venir. La combinaison d'un coup de pied et d'un coup de poing n'était pas très impressionnante et No n'eut aucune difficulté à l'esquiver, d'autant plus qu'elle avait créé une ouverture pour que son adversaire s'y engouffre.

TECH: répartition des bonus accumulés précédemment: No >> bonus def +2, Igre Tovatch >> bonus def+2
No >> soupeser son adversaire (2DL, bonus def+2), Igre >> soupeser adversaire (4DL , bonus def+2, bonus off+2), puis
No >> feinte (4DL: parade + bonus off+2 à la prochaine attaque), Igre Tovatch >> attaque (2DL >> test: 13+2 =15 vs test No: 18+1+2+2 =23)


La suite était presque écrite dans les astres et No déclencha son attaque, celle qu'elle avait prévue suite à sa feinte. Mais apparemment, son adversaire n'était pas né de la dernière pluie et tout se passa comme s'il avait anticiper cette combinaison qu'il esquiva avec une aisance incroyable et termina son mouvement pour mettre No en difficile posture, à la limite de la perte d'équilibre!

No >> attaque (4DL, VO: 19+2 =21), Igre >> feinte (3DL , parade: 17!+1+3+4 =25 >> bonus off+2 et Dommages x2 pour la prochaine attaque)

No avait prévu d'immobiliser son adversaire suite à son attaque précédente, mais la tournure du combat l'empêchait presque de mettre son plan à exécution, à moins de balayer son adversaire et de l'immobiliser au sol. Ce qu'elle tenta. De son côté, Igre Tovatch lança une attaque simple mais qui, dans la position où se trouvait No, pouvait la mettre KO si elle était bien placée. Mais les deux mouvements s'annulent et l'un comme l'autre échouent dans leur attaque.

No >> immobilisation (3DL, test: 10 contre VD Igre: 13), Igre Tovatch >> attaque (2DL >> test: 8+1+2 =11 contre VD No: 12 )

HRP: nouvelle passe et 13 DL à répartir. J'attends ton MP.
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« Répondre #25 le: 16Mars, 2010, 20:14:54 »

Les deux adversaires reprirent leur position et recommencèrent à se tourner autour. No continuait de soupeser son adversaire tandis qu'Igre prennait une garde serrée, s'attendant probablement à une attaque de la part de No. Puis, ce fut au tour de No de serrer sa garde et à Igre de soupeser son adversaire. on sentait la tension monter et on se demandait comment allait évoluer cette passe d'arme. Igre lança un coup direct et rapide. No sourit, de ce sourire carnassier qui traduit l'anticipation. En effet, Igre plongea dans l'ouverture créée par No qui accompagna le coup de manière à ce que le poing ne fasse que l'effleurer.

TECH: No >> soupeser (4DL, bonus +4 à la prochaine action) puis garde serrée (2DL, bonus def+2), Igre >> garde serrée (2DL, bonus def+2) puis soupeser (2DL, bonus +2 à la prochaine action).
Igre >> attaque directe à -2, x3* (2DL, test : 10 +1 +4-2 = 12) contre No >> parade (2DL, test: 7 +1+4 = 12)

*La règle: En acceptant un malus à son test de -2 et en cas de réussite, le joueur obtient automatiquement un succès extraordinaire (si on calcule la MR, elle reçoit un modificateur x3 à la MR). Cette modification peut être cumulée une fois  (malus -4, pour une réussite miraculeuse ou un modificateur x5).


A voir comment les muscles du bras étaient tendus par l'effort, il est heureux que No n'aie pas pris ce coup. Par contre, effort de puissance avait diminué la vitesse d'Igre. No ne mit qu'une fraction de seconde à s'en rendre compte et à mettre la faiblesse de son adversaire à profit pour lui faire une clé de bras alors que ce dernier tentait de se remettre en garde et de lancer une seconde attaque. Mais là, où la clé de bras de No était parfaitement exécutée et fit se tordre de douleur Igre, l'attaque de ce dernier échoua encore de peu.

TECH: No >> soupeser (1DL, bonus +1 à la prochaine action) puis immobilisation (3DL, test: 19! +1 =20 contre VD Igre: 15 >> Dommages: 5x3 =15 >> RCP-1 et malus-1 aux tests physiques), Igre >> garde serrée (2DL, bonus def+2) puis fauchage (2DL, test: 12 +1 = 13 contre VD No: 13).

HRP: encore 13 DL à valoriser en m'envoyant un MP.

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« Répondre #26 le: 19Mars, 2010, 21:15:00 »

Malgré quelques timides tentatives pour déterminer la faiblesse de la prise de No, Igre abandonne le combat après quelques instants. Fab Lauri, d'un mouvement de tête, reconnaît la victoire de No, ordonne la fin des combats en frappant dans ses mains et distille des instructions aux élèves pour que tous continuent l'entraînement.

Sans savoir pourquoi, No a l'impression que le maître lui reproche quelque chose. Est-ce son regard noir et dur, pourtant habituel chez le senseï? Ou alors ce maintient raide quand il s'approche d'elle pour ausculter ses mouvements? Ou encore cette enchaînement de combinaisons qu'il réclame et qui colle parfaitement aux techniques les plus évoluées que maîtrise, ou est censée maîtriser No?
« Dernière édition: 20Mars, 2010, 19:20:03 par Acritarche » Journalisée

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« Répondre #27 le: 20Mars, 2010, 10:22:07 »

Hors de question de rompre le silence du Dojo pendant la pratique. Il était inconcevable de commettre cette entorce au règlement. Si le maître était comme calà, il fallait l'accepter, et se poser des questions plus tartds. Si Fab Lauri avait quelque chose à lui dire, il viendrait à elle en dehors du cours.

Les exercices continuèrent un moment, et le cours fût terminé au moment où, quatre fois de suite, les mains de Fab Lauri claquèrent.

No se retira dnas les vestiaires pour se rincer sous la douche, et pour se changer. Les élèvce avaient quartier libre jusqu'au repas, aussi, certains sortaient en ville, d'autres restaient dnas le dojo pour y effectuer des tâches "lavant" l'esprit. Ici un éleève s'occuper de ranger le linge, là, un autre vidangeait et règlait le compacteur d'ordures qui emmenaient les détritus vers le réseau sous-terrain de traitement, là, deux ou trois élèves entretenaient le jardin.


No était dans ce même jardin, et regardait autant le décors que celles et ceux qui l'entretenaient, pour se "laver l'esprit" après ce cours.  
« Dernière édition: 20Mars, 2010, 19:20:13 par Acritarche » Journalisée

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« Répondre #28 le: 23Mars, 2010, 21:42:31 »

Après quelques minutes de rêveries, No ne fut guère surprise de voir Fab Lauri venir à elle. Ce jardin était l'endroit où ils avaient eu es conversations les plus profondes, les plus intimes. Fab Lauri connaissait les démons intérieurs de No mieux que quiconque. C'est un peu comme s'il savait la lire d'un seul regard, comme si chacun de ses mouvements la trahissait en sa présence.

Après un an d'absence Hitchao Geïa* revient au nid, porteuse de nouveaux démons, de nouvelles incertitudes et de nouveaux doutes! Pourquoi ai-je l'impression qu'à chaque fois que tu reviens ici, c'est pour retrouver une certaine quiétude, un forme de stabilité que la vie que tu t'es choisie ne t'apporte pas? Jamais tu n'atteindras les cieux que tu cherches si tu n'ancres pas ton esprit au sol... Et jamais tu n'atteindras ton véritable niveau...

C'était plus qu'une remarque, c'était un véritable camouflet. Mais était-il pire que celui que No avait infligé à son vénérable senseï en revenant ici sans la paix de l'âme qu'elle lui avait promis de trouver en le quittant après son précédent séjour?


*Littéralement: l'oiseau de feu, c'est ainsi que Fab Lauri appelle No à cause de son tempérament incandescent et de son énorme soif de liberté.
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« Répondre #29 le: 24Mars, 2010, 08:57:38 »

La jeune pilote baissa les yeux, comme si elle se soumettait complètement, appréciant un moment le silence nécessaire pour qu'elle puisse trouver la réponse la plus juste au tourment qu'avait provoqué son maître.

-"Comment avoir la paix Sensei? Je viens  ici à la recherche d'une réponse. Une année est passée, et en vérité, à vouloir combattre la mal, je pense être devenue mauvaise, obéissante et soumise au démon du mensonge et de la vanité. Je suis tourmentée et perdue. Nous devons défendre notre espèce, et la défendre m'a engagée à commettre des actes mauvais, et à sacrifier des hommes et des femmes de valeur. Je ne sais pas si mon ancêtre serait fier de moi."  
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