Les Salons de la Cour

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Auteur Fil de discussion: Gagner la guerre  (Lu 80837 fois)
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Ohtar Celebrin
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« Répondre #210 le: 14Juin, 2010, 23:36:08 »


Je suis bien content d’avoir pu entendre cette conférence. (merci killerklown  pour le lien.)  Et mort aux zombis !!!
Notamment en ce qui concerne les deux niveaux de langage de Benvenuto.
Ce point me posait question et ton explication remet bien les choses en place.

Par contre je trouve absolument scandaleux, sadique et [j’en perds mes mots] de nous brandir ainsi des cartes sous le nez sans nous permettre d’en profiter .



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« Répondre #211 le: 15Juin, 2010, 15:56:38 »

intéressante conférence, ainsi entendre les références littéraires qui ont guidé l'écriture de Gagner la Guerre. Grin
 Gracq et son imaginaire, par exemple.
Merci Usher, on cerne mieux le Podestat. 

Mais Benvenuto ?  Peut-être par souci d'identification, il m'a fait penser à Lorenzaccio- un type finalement qui renonce à la redemption  car certain qu'il n'y a pas droit, que ce n'est pas son destin.
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« Répondre #212 le: 16Juin, 2010, 17:23:35 »

L'influence de Lorenzaccio est indéniable, l'idéalisme politique en moins.  Grin
On peut ajouter celle de certains personnages shakespeariens, comme Iago ou Richard III, pour la jubilation méchante.
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« Répondre #213 le: 17Juin, 2010, 09:20:35 »

L'idéalisme en moins chez Benvenuto,... Huh? parce que  tu n'as pas voulu en faire un héros romantique ? C'est à dire un héros pris entre l'affrontement de l'individu et l'Histoire ( Politique ). Pourtant, Benvenuto joue sa part dans l'Histoire- j'attends même le moment où il va décider d'en tirer un peu plus les ficelles, et ne pas être seulement la marionnette- et là, aussi, ça devrait être jubilatoire.
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« Répondre #214 le: 17Juin, 2010, 10:03:31 »

Certains personnages secondaires du roman sont romantiques (c'est le cas des trois elfes) ou potentiellement romantiques (Belisario), mais pas Benvenuto.

A mes yeux, il y a une différence majeure entre Benvenuto et Lorenzaccio. Lorenzaccio est un criminel politique. Benvenuto est un criminel de droit commun, payé par un commanditaire politique.

Lorenzo est un infiltré : à l'origine, il est mû par un idéal politique (devenir le nouveau Brutus qui sauvera la République), et c'est pour préparer son crime politique qu'il sombre dans le vice. Même si le masque finit par lui coller à la peau et qu'il ne peut plus s'en passer, même si le pragmatisme le rattrape et l'amène à réaliser que son crime sera inutile, que le sacrifice de sa vertu est un acte vain, c'est bel et bien au nom du jeune homme pur qu'il a été qu'il assassine Alexandre. Rien de tout cela chez Benvenuto. Il est tombé dans le vice parce qu'il a suivi une mauvaise pente, et c'est tout. Sa révolte adolescente l'a amené à la petite délinquance, et la petite délinquance l'a amené au crime. Certes, il finit par entrer dans le jeu politique, mais, à la différence de Lorenzo, il n'a aucun engagement idéologique.

C'était là un aspect essentiel de mon projet : camper un criminel romanesque qui n'ait rien de romantique. Tout comme les raisons qui en ont fait un criminel sont mauvaises, les raisons qui peuvent lui attacher le lecteur sont tout aussi mauvaises. Pas d'excuse, pas de prétexte. De la complaisance toute crue pour le mal dans sa forme la plus vulgaire, le crime de droit commun. Pourquoi choisir cet angle ? Parce que j'étais las de lire, dans de la littérature de genre, des romans ou des cycles où le héros négatif (Elric, la Compagnie Noire, Fitz, Ulrich von Bek…) finit toujours par avoir de bonnes raisons pour faire ce qu'il fait… Pirouettes hypocrites. Du coup, j'ai voulu mettre en scène un criminel sans rédemption, sans circonstances atténuantes, mais humain malgré tout. D'où l'équivoque séduction du larron.
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« Répondre #215 le: 17Juin, 2010, 10:29:24 »

(une démarche qui rappelle un peu The Shield au final, non ?)
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Usher
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« Répondre #216 le: 17Juin, 2010, 11:20:28 »

Oui, c'est très vrai.

Shakespeare aussi m'a influencé. Dans l'acte V scène 3 de Richard III, il y a un monologue prononcé par Richard à la veille de sa mort que je trouve éblouissant. Pour rappel, pendant les quatre actes qui précèdent, Shakespeare fait de Richard un criminel sans scrupule qui, pour toucher au trône, assassine frère, neveux, alliés… Puis, au cours de la dernière nuit de son existence, hanté par les spectres de ses victimes, il s'interroge :

Citation
What, do I fear myself? there's none else by:
Richard loves Richard; that is, I am I.
Is there a murderer here? No;--yes, I am:
Then fly. What, from myself? Great reason why,--
Lest I revenge. What,--myself upon myself!
Alack, I love myself. Wherefore? for any good
That I myself have done unto myself?
O, no! alas, I rather hate myself
For hateful deeds committed by myself!
I am a villain: yet I lie, I am not.
Fool, of thyself speak well:--fool, do not flatter.
My conscience hath a thousand several tongues,
And every tongue brings in a several tale,
And every tale condemns me for a villain.
Perjury, perjury, in the high'st degree;
Murder, stern murder, in the dir'st degree;
All several sins, all us'd in each degree,
Throng to the bar, crying all "Guilty! guilty!"
I shall despair. There is no creature loves me;
And if I die no soul will pity me:
And wherefore should they,--since that I myself
Find in myself no pity to myself?

Le déchirement entre l'égoïsme et la conscience me semble terriblement vrai, dans ces lignes, et atteste l'humanité du criminel le plus abject.

Il faut aussi lire (ou relire) Un roi sans divertissement de Giono ; et surtout lire entre les lignes, par exemple la phrase du procureur : "Méfiez-vous de la vérité (…), elle est vraie pour tout le monde." C'est même la raison pour laquelle, souvent, on va chercher de bonnes raisons ou une rédemption aux criminels de fiction : il s'agit de se méfier de la vérité.
« Dernière édition: 17Juin, 2010, 11:26:04 par Usher » Journalisée
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« Répondre #217 le: 18Juin, 2010, 11:58:19 »

"De la complaisance toute crue pour le mal dans sa forme la plus vulgaire, le crime de droit commun" :
 ok alors Benvenuto est ce tueur en série M.V. d'un Roi sans divertissement , il a franchi ce monde sauvage et aventureux où le Mal exerce une telle fascination, et nous on est comme Langlois le capitaine de gendarmerie à sa poursuite à admirer les flaques de sang que ton assassin laisse sur son passage--. Le pire est qu'en tant que lecteur,  je n'ai même pas été, choqué...juste sans doute comme ceux de Giono, en attente d'une justification morale- qui ne viendra pas- fichtrement Machiavelique   
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« Répondre #218 le: 19Juin, 2010, 00:17:37 »

M. V. tue pour se divertir, Benvenuto tue d'abord pour l'argent. Puis pour sauver sa peau. C'est beaucoup plus trivial !  Grin
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« Répondre #219 le: 22Juin, 2010, 00:52:59 »

Deux passages me reviennent en tête quand je pense à Gagner la Guerre :
- les trois oeuvres, passage que j'ai déjà commenté plus haut
- Sassanos écrivant sur la poitrine de la Lusinga après sa mort : alors là, il viole son âme. C'est le premier nécromant crédible et terrifiant que je croise. Elric et son épée mangeuse d'âme peuvent aller se rhabiller.
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« Répondre #220 le: 09Juillet, 2010, 17:29:40 »

Usher, quelle  sera ta prochaine production littéraire? ancré dans le vieux royaume ou non...
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« Répondre #221 le: 10Juillet, 2010, 00:43:32 »

D'une part, je traite des commandes de nouvelles. Certaines pourront avoir le Vieux Royaume pour cadre.

D'autre part, le roman sur lequel je travaille en ce moment est complètement distinct du Vieux Royaume. Pour reprendre une terminologie récente, c'est une transfiction, à cheval entre fantasy et roman (proto)historique.
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« Répondre #222 le: 10Juillet, 2010, 00:58:01 »

D'une part, je traite des commandes de nouvelles. Certaines pourront avoir le Vieux Royaume pour cadre.

D'autre part, le roman sur lequel je travaille en ce moment est complètement distinct du Vieux Royaume. Pour reprendre une terminologie récente, c'est une transfiction, à cheval entre fantasy et roman (proto)historique.

Au risque de passer une fois de plus pour un lèche bottes : ça m'intéresse grandement. Quelle période ? 
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« Répondre #223 le: 10Juillet, 2010, 10:01:59 »

La fin du VIIe siècle avant notre ère.
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« Répondre #224 le: 11Juillet, 2010, 19:08:03 »

Une critique de Gagner la guerre sur le blog des corbeaux, Hugin & Munin, et pas mal de commentaires de lecteurs et des auteurs du blog en réaction à la critique.
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Chez Monsieur de C., dans le sillage de Corto ou au Club Série Noire. Mes inspirations rôlistiques sont dans Inspirôle.
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