Les Salons de la Cour

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Auteur Fil de discussion: Gagner la guerre  (Lu 80667 fois)
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« Répondre #120 le: 23Juillet, 2009, 14:34:50 »

Malgré tout le respect que j'ai pour Usher, je pense qd même que son oeuvre est un poil connue que celles des autres auteurs que tu cites...
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Pan Paniscus
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« Répondre #121 le: 23Juillet, 2009, 19:21:37 »

Je veux bien croire que la piscine de ces auteurs soient plus grande que celle d'Usher...

Toujours est-il que nous le connaissons nous et que rien ne nous empêche d'essayer de percer les mystères de Sassanos. Je dois dire que si cela m'a plu de théoriser sur ce qu'il a pu faire et sur les difficultés qu'il a pu rencontrer pour y parvenir. Je reste frustré de ne pas savoir et à moins qu’Usher n’y voit quelques objections je ne vois pas ce qui nous empêche si cela nous amuse de se poser le problème en commun.
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Ohtar Celebrin
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« Répondre #122 le: 30Juillet, 2009, 16:37:05 »

Il y a un autre détail qui distingue évidemment JRR.T de notre Usher favorit… le premier est un tout petit peu plus mort que le second…

Cela empêche quelque peu ses fans de le submerger de questions et de remarques en tout genre.
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« Répondre #123 le: 06Août, 2009, 00:31:44 »

Toujours est-il que nous le connaissons nous et que rien ne nous empêche d'essayer de percer les mystères de Sassanos. Je dois dire que si cela m'a plu de théoriser sur ce qu'il a pu faire et sur les difficultés qu'il a pu rencontrer pour y parvenir. Je reste frustré de ne pas savoir et à moins qu’Usher n’y voit quelques objections je ne vois pas ce qui nous empêche si cela nous amuse de se poser le problème en commun.

Commencer par chercher ce que Benvenuto a caviardé me semble plus stimulant. 
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« Répondre #124 le: 08Août, 2009, 22:43:44 »

"Gagner la guerre" était dans ma valise, pour la semaine de vacances que je viens de passer quelque part au bord de la France. Je n'irai pas par quatre chemins : j'ai a-do-ré. Retrouver cette canaille de Benvenuto m'a fait un immense plaisir (et m'a donné envie de relire "Janua Vera", d'ailleurs). En dévorant "Gagner la Guerre", je me suis fait (à plusieurs reprises) la réflexion que j'aurais aimé jouer/faire jouer pareilles (més)aventures dans pareil univers. Pour un peu, ce roman me redonnerait goût au jeu ! 
Mon petit bonheur littéraire de ces derniers jours, en tout cas.
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« Répondre #125 le: 10Août, 2009, 12:59:24 »

Toujours est-il que nous le connaissons nous et que rien ne nous empêche d'essayer de percer les mystères de Sassanos. Je dois dire que si cela m'a plu de théoriser sur ce qu'il a pu faire et sur les difficultés qu'il a pu rencontrer pour y parvenir. Je reste frustré de ne pas savoir et à moins qu’Usher n’y voit quelques objections je ne vois pas ce qui nous empêche si cela nous amuse de se poser le problème en commun.

Commencer par chercher ce que Benvenuto a caviardé me semble plus stimulant. 

Oui, cela va dans le même sens, mais cela me semble encore plus difficile à déterminer.
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« Répondre #126 le: 10Août, 2009, 18:32:50 »

Il y a quelques indices, des petites choses qui ne concordent pas. Je sais bien qu'on ne prête qu'aux riches, mais, par exemple, la mort de Regalio me laisse un petit goût de caviardé dans la bouche. L'histoire me semble un peu lisse pour être honnête, et le fait que le collègue de Benvenuto lui parle de "deux poupards étendus sur le pré" alors qu'un seul a été mentionné dans le récit me confirme dans ce scepticisme, sans compter que Regalio revient souvent dans ses cauchemars.
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« Répondre #127 le: 17Août, 2009, 13:05:13 »

Le premier tirage de Gagner la guerre est quasiment épuisé, et une réimpression devrait être faite en septembre. J'en suis vraiment heureux, pour mon éditeur comme pour moi, parce qu'à un prix pareil, c'était loin d'être gagné !

(Et la réimpression va aussi me permettre de corriger quelques hénaurmes coquilles, comme celles signalées par Marcellus… et d'autres, qui semblent êtres restées inaperçues. Par exemple, p. 568, Benvenuto dit à Belisario : "Vous êtes le fils aîné du Podestat."      )
« Dernière édition: 17Août, 2009, 14:01:13 par Usher » Journalisée
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« Répondre #128 le: 17Août, 2009, 13:14:20 »

C'est mérité Usher ton bouquin est vraiment bien, content pour toi ! 

(et si tu en profitais pour nous dire sur quoi tu travailles en ce moment, mmhhh ? Hikaki avait laissé entendre que tu avais un projet de JDR sur les celtes à une époque, serait-ce devenu un roman ? )
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« Répondre #129 le: 17Août, 2009, 18:26:36 »


(et si tu en profitais pour nous dire sur quoi tu travailles en ce moment, mmhhh ? Hikaki avait laissé entendre que tu avais un projet de JDR sur les celtes à une époque, serait-ce devenu un roman ? )

Ces derniers temps, j'ai surtout travaillé à repeindre un couloir et un balcon. 

Je ne fais pas trop mystère sur le forum que je suis plongé dans de la doc celtique ces derniers temps ; mais il est encore beaucoup trop tôt pour en dire beaucoup plus. Du reste, en ce moment, je travaille sur une nouvelle, une commande passée dans des délais vraiment courts, et dont le thème serait plus proche de Kenningar que du Vieux Royaume ou du monde celtique.
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« Répondre #130 le: 17Août, 2009, 22:10:02 »

En quelle couleur tu repeints ?? ?? (C’est très important selon ma compagne…)

Ce qui  est bien,  c’est que la piscine va bientôt être finie alors… non ?

En tout cas tu mérite amplement ce succès, la prochaine étape c’est la traduction en Anglais... (bon courage au traducteur )
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« Répondre #131 le: 18Août, 2009, 23:18:21 »

Citation de: critique du Monde
L'intrigue est foisonnante - trop peut-être, et Jean-Philippe Jaworski, auteur par ailleurs de jeux de rôles, devra apprendre à mieux maîtriser l'espace et la construction romanesque - mais elle est captivante.

Je pense avoir enfin compris comment a pu naître cette critique. Le critique en question est un amateur de fantasy, avec des goûts plutôt classiques en la matière. Or, l'architecture du roman ne répond pas aux codes narratifs du genre : pas de quête initiatique, pas de prophétie, pas de récit entrelacé et pas de concentration du destin du monde sur quelques héros, bref, rien de ce qui structure généralement les récits de fantasy. Le passage de Bourg-Preux est peut-être le seul à se rapporter pleinement au genre, dans la mesure où il fait écho à l'arrêt de la compagnie de l'anneau à Fondcombe - on retrouve la même pause dans le récit et la même beauté mélancolique, bien que le traitement soit par ailleurs très différent. Pour le reste, l'architecture de la narration est celle d'un roman de littérature blanche, pas du roman de fantasy. C'est cela, je pense, qui a dérouté le critique et l'a poussé à faire cette remarque déplaisante.

Savoir sortir des codes d'un genre et le dépasser, c'est pourtant ce qui différencie un grand livre d'un bon !
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« Répondre #132 le: 21Août, 2009, 15:36:39 »

Puisque j'ai commencé une critique à force de taper sur un journaliste aux goûts étroits, autant finir ! [à ceux qui ne l'ont pas lu : ces lignes révèlent en filigrane quelques pans de l'intrigue ; c'est à vos risques et périls]

En fait, j'avais moi aussi des réserves avant d'ouvrir Gagner la guerre, et j'ai mis un certain temps avant de me jeter à l'eau, un comme celles qu'a dû éprouver Moustrap. J'avais peur, je ne dirais pas de l'amphigouri, mais d'une trop grande maîtrise, notamment dans le jeux sur les registres de langue. Cette crainte n'était, heureusement, que très partiellement justifiée. Certaines parties (quelques paragraphes) de la première partie du roman, disons dans le premier tiers, ont bien un côté poseur. Je pense par exemple à la mise en exergue de la citation de Pascal Quignard, qui ruine l'effet de clausule de la rencontre avec Clarissima : trop d'effets tuent l'effet (plus généralement, certaines descriptions, dans ce premier tiers, sont par trop programmatiques à mon goût). Je n'arrive pas non plus à adhérer au travail d'écriture sur les galères de la République : comment peut-on détester à ce point la mer et les détailler de façon aussi technique ? Enfin, si la majeure partie du roman évite l'écueil (ô combien tentant tant en SF qu'en Roman historique et Fantasy) du didactisme, il y tombe au moins une fois, dans le premier chapitre, avec la harangue de Benvenuto sur le pouvoir du langage. Si celui-ci n'avait pas été, juste auparavant, en grande conversation avec un personnage appelé le Logocrate, j'aurais pu, peut-être, ne pas éprouver ce sentiment, mais dans cette configuration, j'ai trouvé le passage très appuyé, un peu naïf dans sa vocation à l'écriture réflexive, alors que de nombreux éléments du roman remplissent ce rôle de façon bien plus subtile (comme le dit Logocrate, justement).

Pour le reste, j'ai beaucoup apprécié cette écriture entre fleurs de rhétorique et fleurs de pavé, peut-être moins pour le mélange des registres (je trouve parfois Benvenuto trop poli), que pour sa malhonnêteté affichée et son caractère pictural dissimulé. J'ai éprouvé un vif plaisir à traquer les incohérences de détail du récit et à faire parler les silences du texte, mais aussi à découvrir petit à petit dans l'écriture les signes de la formation initiale de Benvenuto, qui apparaissent presque malgré lui, comme s'il se fissurait au contact de son passé (c'est aussi pourquoi je perds le sentiment d'une écriture qui prend trop la pose passé le premiers tiers).

Ce détour par les arts plastiques est une riche trouvaille : elle enrichit considérablement le narrateur, justifie sa langue composite, et fait de lui un emblème du paradoxe entre le goût exquis des cités italiennes et leur extrême violence, qui se traduit jusque dans son caractère autodestructeur. Si le thème traverse le roman, j'ai particulièrement apprécié la confrontation avec les trois projets de fresque, à la fois dense et très polysémique. Sur le moment, elle constitue une révélation sur Benvenuto, mais à terme, celle-ci est imbriquée dans une révélation sur la cité toute entière – les trois artistes ont chacun un regard perforant, presque prophétique, sur ses réalités. Ce que j'admire vraiment dans cette séquence, ce n'est pas tant ce qu'elle dit en creux les rapports entre l'art, le pouvoir et la vérité (ce qui n'est déjà pas mal), mais sa finesse : à l'oeuvre du Macromuopo près, le lecteur ne prend pas tout de suite conscience de l'acuité du regard des trois artistes, et seule la suite du roman vient éclairer les deux autres projets. L'un semblait cryptique, très intellectuel, et quelques centaines de pages plus loin, le voilà qui prend corps, littéralement ; l'autre semblait n'être qu'une vaine provocation destinée à asseoir une célébrité, et voilà que dans les dernières pages du roman, il vient finalement trouver des échos très tangibles dans les conceptions politiques du Podestat. [Les mauvaises langues diront que je salue le caractère programmatique et emblématique d'une description alors que j'ai pesté contre quelques lignes plus haut, mais ce sont de mauvaises langues].

[à suivre]
« Dernière édition: 21Août, 2009, 17:29:51 par Macbesse » Journalisée

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« Répondre #133 le: 21Août, 2009, 18:36:32 »

Je reviens un instant sur les silences du texte. Ils ont bien sûr cette qualité de faire travailler l'imaginaire, de donner au lecteur la joie de les remplir lui-même, et d'ouvrir le roman à quantité de lectures différentes, mais dans le cas présent, ils ont aussi cette grande qualité de rompre les codes du genre - nombre de romans de fantasy sont traversés par la volonté de tout expliquer, de tout montrer. D'aucuns diraient que les auteurs tirent à la ligne, mais pas seulement : la faute revient également à un encyclopédisme emprunté à Tolkien, modèle pourtant indépassable (on retrouve ce travers chez de bons auteurs, comme dans les interminables digressions d'un G.G.Kay). Elle revient surtout à une structure narrative concentrée autour d'un petit nombre de personnages. Dans le pire des cas, le personnage principal est un élu / un damné / les deux à la fois, centre de toutes les intrigues, sur les épaules duquel repose tout le destin du monde (Elric, Harry Potter, Alvin le Faiseur, Agone...). Dans la plupart des cas, cela se traduit par une narration à la troisième personne qui s'attache à trois ou quatre personnages et entrelace leurs aventures. Mais le problème, avec cette volonté de tout dire, c'est qu'elle tue le mystère et impose une lecture univoque de l'oeuvre - il faut alors forcer le texte, par exemple le passer à la moulinette destructurante d'une lecture psychanalytique ou mythique. Sans cela, comment s'en amuser ?
Là, c'est le contraire. Le narrateur se paie même le luxe de dire que son aventure, pour décisive qu'elle soit dans les luttes de pouvoir de la cité, est loin d'être vraiment importante au regard de ce qui a pu se passer ailleurs, et voilà les codes de la fantasy subvertis par un geste flaubertien (écho de l'explicit de l'Education Sentimentale ?).

Tant que je suis dans les codes : le passage de Bourg-Preux a beau correspondre à un lieu commun de la fantasy, le repos auprès des elfes, je ne peux pas m'empêcher de trouver le traitement original. En fait, ce passage m'évoque plus le Balcon en Forêt que Fondcombe, et pas seulement à cause de la citation de Gracq. J'ignore pourquoi et je n'arrive pas à mettre le doigt sur ce qui me plaît dans ce passage, mais si j'ai l'illumination, je vous en ferai part. C'est peut-être parce qu'il relève plus de la vacance que de l'enchantement, mais je n'en suis pas tout à fait sûr - ça pourrait être aussi parce que, donnant en spectacle l'impuissance de l'harmonie à changer l'homme, il est une répétition sur un mode enjoué de la catastrophe finale.

Je suis plus partagé quant au traitement de la matière historique. Cela dit, là encore, mes reproches concernent plus des points mineurs - certains décalques m'ont semblé par trop transparents. Peut-être pas le passage de Machiavel à Corvilio : le passage du Prince aux Principes a beau être un peu trop voyant à mon goût, il y a un gros travail sur la biographie du dit Corvilio (un renversement, en fait) et comme Machiavel est au coeur du sujet, ce n'est pas gênant. C'est plutôt dans des détails, comme par exemple la très grande proximité entre la bataille navale initiale et Lépante, ou des clins d'oeils pas forcément habiles, comme le rapprochement évident entre l'étendard de Ciudalia et les besants des Médicis, ou encore des personnages secondaires comme Aspasina Monatore, un peu fade comparée à son alter ego réel, Simonetta Vespucci, que le traitement m'a paru plus faible. Pour le reste, et c'est l'essentiel, le roman parvient à une vision pénétrante, presque goyesque, des jeux de pouvoir, tout en mettant à nu une grande partie des mécanismes des luttes de faction des cités italiennes, avec une acuité certaine. Pourtant, les institutions sont très différentes dans la réalité, mais cette altération ne gâche rien, bien au contraire. En effet, si certaines inspirations m'ont semblé trop voyantes, d'autres, comme la victoire du parti guelfe à Florence (la prise de langue avec Sacralia), ou, plus au coeur du roman, la peinture de la Renaissance, sont utilisées avec un travail considérable qui en revivifie le sens - ce sont ces inspirations les plus altérées qui rendent le meilleur jus, car réappropriées et refondues dans le sujet.

Malgré tous les petits bémols que j'ai pu disséminer ça et là, toutes mes félicitations, c'est de la belle ouvrage et un roman puissant.

[fin]
« Dernière édition: 21Août, 2009, 18:41:35 par Macbesse » Journalisée

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« Répondre #134 le: 21Août, 2009, 20:35:06 »

Toute ma gratitude pour une analyse si poussée (en fait, la plus poussée que j'aie pu lire à ce jour) - et par ailleurs si bienveillante.

Quelques gloses en retour… [Attention : ça spoile ! ]

La question des galères, tout d'abord. Etonnant, cette impression de technicité : il m'a en fait été assez difficile de collecter une documentation solide sur les galères médiévales. J'avais trouvé quantité d'infos sur les itinéraires, les convois et l'armement (au sens maritime du terme) des galères vénitiennes, mais des données beaucoup plus lacunaires sur le côté purement technique. Je craignais donc de rester superficiel… Si Benvenuto évoque des éléments assez précis sur la navigation, c'est parce qu'il est quand même resté en mer plusieurs semaines. Mais je conçois volontiers que le vocabulaire qu'il emploie paraisse trop spécialisé chez quelqu'un qui déteste tant la mer… (Ceci dit, il a quand même passé son enfance à dessiner des bateaux sur le port de Ciudalia.) [Edit : Du reste, j'avais écrit des erreurs ou des approximations qui ont été aimablement corrigées par Xaramis.]

A propos des épigraphes, tu n'as pas été le seul à me les reprocher ; ou du moins à reprocher certaines d'entre elles. Je te donne raison quand tu écris que cela donne un côté un peu poseur au roman… Mais c'est plus fort que moi. En fait, ce qui m'intéresse dans ces citations, c'est le jeu : trouver ailleurs quelque chose qui reflète d'une manière ou d'une autre le chapitre ou la nouvelle. Sur le plan narratif, c'est complètement gratuit - et même contre-productif quand un lecteur perspicace devine le contenu du chapitre d'après l'épigraphe. J'en suis conscient, je bats ma coulpe, mais… J'adore ce jeu un peu pédant.  
Tant qu'on est dans la fatuité, je suis aussi d'accord avec la maladresse relative du discours réflexif de Benvenuto sur le langage. C'est sans doute trop appuyé. En même temps, ce passage était important non dans le propos du roman, mais plutôt dans sa genèse : il marque le moment où j'ai décidé de faire de temps en temps des entorses à une narration classique.

Toujours d'accord pour dire que mes sources historiques ont été inégalement exploitées : en fait, une très grande partie du roman est écrite sur le mode de la pochade pas très fine, du clin d'œil racoleur à qui peut comprendre. C'est une soupe. Sur une autre critique, j'ai lu que mes Ressiniens ressemblaient un peu à des Turcs d'opérette, et c'est tout à fait vrai. (Les eunuques, par exemple, sont vraiment des caricatures !) La cohérence de l'univers du roman, à mon sens, vient moins des références historiques plus ou moins bien transposées que de leur superposition, jusqu'à donner une illusion touffue qui peut être prise pour de la complexité.

Par contre, je suis ravi, vraiment ravi, que tu accordes de l'importance aux fresques et au chapitre consacré à Bourg-Preux. Ce sont aussi, pour moi, des éléments essentiels du roman. Je ne reviendrai pas sur ton analyse des fresques : tu as mis dans le mille.

Quant à Bourg-Preux… Eh bien, quitte à me montrer déceptif, je ne déflorerai pas le texte en dévoilant mes intentions, mais c'est le chapitre où j'ai le plus travaillé (parfois, une journée entière sur un ou deux paragraphes) pour y glisser quelque chose que j'ai voulu délibérément invisible. Dans un sens, c'est une très grosse ficelle… Et je craignais beaucoup que les lecteurs la découvrent ; auquel cas, je crois d'ailleurs que je passerais pour un fat indécrottable !   Mais jusqu'à présent, je pense avoir réussi mon coup, et j'en suis vraiment heureux. (Et fier comme un gamin qui a fait une blague idiote !   ) Quoiqu'il en soit, il y a bien quelque chose de caché dans ce chapitre (et dans le suivant aussi, d'ailleurs). D'une certaine manière, tu tournes autour quand tu parles de la présence de la vacance plus que de l'enchantement, et de l'impuissance de l'harmonie à changer l'homme. Mais c'est dit de façon élevée et élogieuse, alors que le procédé que j'ai mobilisé pour le suggérer est un vrai tour de bonneteau…




« Dernière édition: 21Août, 2009, 20:43:16 par Usher » Journalisée
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