Les Salons de la Cour

31Mars, 2020, 17:13:51
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cccp
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« le: 28Octobre, 2008, 20:29:46 »

L'amour
Alors que l'homme moderne recherche, plus ou moins désespérément l'amour, il frappe facilement le héros de Gothlied. Cet amour est inspiré uniquement par la beauté de l'être aimée.

Amour courtois et preuves d'amours
L'amoureux prouvera à sa belle la force de ses sentiments en bravant mille morts pour ses beaux yeux. Enfin, mille morts, c'est vite dit, un héros amoureux cherchera les mêmes hauts-faits qu'un héros au cœur sec, qui ne se bat que par goût pour l'aventure, mais il les dédierait à sa belle. Si la belle convoitée aime son chevalier servant, elle demandera toujours des preuves d'amour. Si elle ne l'aime pas, quelques prouesses peuvent infléchir son cœur.
Mais ce n'est pas automatique et le chevalier pourra renouveller quantité d'exploits afin de gagner le cœur de sa bien-aimée. Ce petit jeu est mortel. Des héros peuvent rencontrer un vieil homme ayant perdu tous ses fils de cette façon ou un chevalier navré à mort après avoir affronté un géant pour sa belle.

Exploits amoureux
Le géant, le dragon, le brigand ou le sanglier géant sont des adversaires bien ordinaire. On trouvera souvent d'autres chevaliers servants qui défient tous les prétendants de la belle, ce qui fait de la femme tant convoitée une médaille, une coupe un trophée. La dame peut même être un vulgaire prix pour un tournois. L'amour courtois n'est pas une glorification de la femme, mais une sublimation du sentiment amoureux.

Un autre adversaire intéressante  pour conquérir l'amour d'une femme est la femme elle-même. C'est le cas de Brunhilde ou d'Atalante. Dans ce cas, l'affrontement est un affrontement sportif, lancer, saut, course... Si l'amoureux échoue, il est mis à mort.
On peut aussi triompher de la belle qui se refuse en conquérant son pays. Ce n'est pas un comportement courtois, mais le véritable héros peut arriver à se moment là, triompher des armées de l'envahisseur et conquérir la belle.


Rupture
Cet amour est cruel. Le chevalier ayant échoué dans sa mission perd toute chance de conquérir élue de son coeur mais n'est pas guéri de sa maladie d'amour. Il pert goût à la vie au point de préférer la mort. Mort que peut lui donner un autre héros qui lui arrivera à conquérir la belle. Cette maladie d'amour, une langueur qui envahi l'amoureux peut aussi être ressenti par l'amoureux comblé mais qui se rends compte que l'objet de son amour est loin. En effet, l'amour partagé n'est pas la fin du héros. Une fois celui-ci comblé, la belle épousée, le héros garde une envie de voyage et pourra quitter sa belle, pour embrasser une maîtresse plus séduisante : l'aventure.



Une fois le héros reparti à l'aventure, il peut continuer à aimer sa mie ou bien l'oublier et se mettre à aimer une autre. La femme ne peut pas oublier.
« Dernière édition: 04Mars, 2009, 14:19:52 par cccp » Journalisée

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« Répondre #1 le: 17Février, 2009, 01:01:55 »

Les femmes
Les principaux protagonistes des romans courtois sont des hommes : des chevaliers. Il n'y a pas de femmes chevalier. Une chevalière c'est une bague. Cela ne signifie absolument pas que les femmes n'ont pas de rôle à jouer. Les antagonistes sont très souvent des femmes.

les femmes guerrières
Ce n'est pas parce que les femmes ne portent pas le titre de chevalier qu'elles ne peuvent pas se battre.
Les héros affrontent souvent des ogresses ou des géantes qui peuvent se révéler des adversaires redoutables. Si Beowulf triomphe facilement de Grendell, sa mère est un adversaire autrement plus terrifiant.

La femme combattante n'est pas forcément laide ou sauvage. Brunehilde avant d'être vaincu par Siegfried est belle, guerrière et reine. Mais elle ne part pas à l'aventure. Elle ne se bat pas pour son amour. D'ailleurs une fois vaincue, elle perd ce rôle de combattante.

On voit bien ici la vision ambiguë de la femme dans le roman et l'amour courtois : d'un coté elle est magnifiée, le chevalier fait tout pour elle, mais elle n'est pas libre. Elle ne choisit pas son bien-aimé. Elle peut choisir de répondre à son amour ou non.

Femmes trophées
Certains personnages peuvent se résumer à un rôle de femme-enfant ou de femme-objet. Certains personnages féminins peuvent être vues comme des trésors, au sens premier du terme. Elles viennent en plus de la gloire d'avoir vaincu le dragon, le trésor et le fief.
C'est assez flagrant dans le cas de Guenièvre. Elle est dépassé par les événements, et finalement se contente d'être emportée par les passions des autres. Elle ne fait rien.

Dame
Les femmes peuvent prendre un rôle plus actif, en gardant leur statut de femme. Elle peut servir de mère, de préceptrice, comme la mère de Perceval ou Viviane élevant Lancelot.
On la voit aussi souvent comme médecin, comme Iseult.
Mais elles peuvent enfin avoir un rôle politique et utiliser leur rang et leurs charmes. Morgane essaye de tuer de ses mains le roi Urien, son époux, pendant qu'elle envoie Accolon, son amant, combattre le roi Arthur. Kriemhilde provoque la mort des Burgondes et des Huns.
Par contre quand Kriemhilde sort de sa condition pour tuer de ses propres mains son frère Gunther, elle est exécuté par Hildebrande.

La magicienne
Voir les femmes-cygnes

« Dernière édition: 26Février, 2009, 14:16:51 par cccp » Journalisée

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Usurpateur à l'ananas


« Répondre #2 le: 17Février, 2009, 10:16:53 »

Chouette typologie.
Le problème que je vois, c'est que dans l'hypothèse où le groupe de PJs comporte un personnage féminin, il faut centrer l'aventure sur le fief de la dame, puisque partir à l'aventure est impossible - le problème n'est pas tant de l'absence de pouvoir que de mobilité. Je pense que c'est à prévoir explicitement dans un petit paragraphe sur "comment construire un scénario / une campagne". Me trompes-je ?
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Le monde ne veut pas de politique. Il lui faut le vaudeville français et la soumission russe à l'ordre établi. Lermontov
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« Répondre #3 le: 17Février, 2009, 14:27:47 »

Effectivement l'article n'est pas tout à fait fini, il manque la partie sur les magiciennes et effectivement comment avoir des personnages féminins dans des scénarios et peut-être parler de quelques cas de femmes "fortes" : Vivianne, Morgane, Iseult et Kriemhilde.

Mais je voulais un peu lancer le débat d'abord (ce que j'ai fait dans la section Jeu de Rôle) puisque certaines réflexions ne sont pas spécifiques à Gothlied
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« Répondre #4 le: 17Février, 2009, 23:54:41 »

Magiciennes
Ben Cf l'article sur les femmes-cygnes
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« Répondre #5 le: 19Février, 2009, 14:28:08 »

Royauté
Les légendes fourmillent de têtes couronnées.  Dans le mythe de la table ronde sont rois :
Arthur, Marc de Cornouailles,  Urien le père d'Yvain, Lot le père de Gauvain,Léodagan le père de Guenièvre, Bohort de Gaunes père de Bors et de Lionel, Ban de Bénoïc père de Lancelot, Lac le Père d'Erec, Pellinor le père de Perceval et le roi Pécheur, gardien du Graal.

Les héros achéens  sont tous , ou peu s'en faut, rois ou fils de rois.

Ce titre est très éloigné de ce qu'il représente à XII siècle.
Un royaume est un territoire petit. Actuellement les îles Orcades qui correspondent aux terres du roi Loth comptent environ 20.000 habitants. Les Cornouailles dont Marc est le roi ont la taille d'un département français. On est loin d'un état.

Un titre galvaudé
Sur tous les rois cités : peu règnent.  Beaucoup ne sont que les parents d'un héros plus illustre. Ils sont souvent à l'origine d'un seul acte de bravoure qui leur tient d'exploit. Ils ont un titre de roi qui ne correspond à aucun royaume historique : dans son roman, Wolfram von Eschenbach, Gamuret, le père de Parzival, est roi d'Anjou. Siegmund, le père de Siegfried est roi de Néderlande. L'Anjou n'a jamais été un royaume et la Néderlande n'est devenu un royaume qu'au XVI siècle. On notera que dans les rois "de courtoisie" ne transmettent pas leur titre à leur progéniture. Lancelot n'est pas roi, il doit conquérir sa terre, Douloureuse Garde, qui n'est pas le domaine  de son père, par ses exploits.

Rois barbares
Les événements des romans courtois se passent pendant les invasions barbares du V et VIe siècle. Le titre de roi est chez les celtes correspond à un simple chef de clan ou de tribu. La majorité des rois de la table ronde correspondent à cette définition.

Chez les peuples germaniques, à ce moment, comme on le voit très bien chez les mérovingiens, le royaume est divisible : à la mort du roi ses fils se partagent ses terres, et en général se font la guerre pour reconstituer le royaume. On not beaucoup de fratries de rois. On peut citer le cas des rois burgondes : Gunther, Guernot et Guiseler. Dans la chansons des Nibellungen, le roi des Danois et celui des Saxons sont frères, comme Ban de Bénoic et Bohort de Gaunes dans le mythe de la Table Ronde.

Le roi n'est pas un chef d'état, c'est le propriétaire d'une terre. Ses guerriers ne sont pas ses vassaux mais des employés.
Les chevaliers du roi sont ses compagnons directs, le système féodal ne s'est pas encore mis en place.
« Dernière édition: 26Février, 2009, 14:28:42 par cccp » Journalisée

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« Répondre #6 le: 28Février, 2009, 20:00:56 »

Noblesse et offices
Les protagonistes des romans courtois sont nobles. Les scènes se passent soit la nature soit à une cour.  Les rencontres qu'ils peuvent avoir avec des aysans ou des bourgeois sont courtes, d'ailleurs le roturier n'a que très rarement un nom.
Et les héros, sont noble de naissances. Certains peuvent ne pas avoir d'éducation noble, comme Siegfried qui est parfois  décrit comme ayant  été allaités par une biche, ou Perceval.

Domestiques
Si les chambellans sont des domestiques roturiers, qui n'apparaissent qu'en toile et à qui on ne demande jamais rien, les pages sont de jeunes nobles de 7 à 14 ans qui sont envoyé chez un noble pour le servir et pour apprendre. Ces pages reçoivent souvent des missions de messagers qu'ils remplissent efficacement.
Arrivé à 14 ans, ces pages deviennent écuyer et servent de domestique armé à un chevalier. Il s'occupe de ses armes, de son écu et de ses chevaux. normalement à 21 ans le l'écuyer est adoubé chevalier. Mais certains peuvent rester écuyer beaucoup plus longtemps, ainsi l'écuyer de Tristan est un adulte qui le suivra toute sa vie.
Les d'écuyers tranchants s'occupent de trancher la viande et plus généralement de faire le service à table.

Les femmes ont le droit à des demoiselles de compagnie qui sont l'équivalent féminin des pages et des écuyers.

Parmi ce personnel domestique on trouve quelques officiers ceux-ci sont des chevaliers mais qui ont un poste au sein de la cour, poste qui leur empêche d'être perpétuellement sur les routes à la recherche de l'aventure.
Le maréchal ou connétable s'occupe des chevaux et des écuries.
L'échanson s'occupe du vin, soit il le sert mais il peut aussi s'occuper de son approvisionnement.
Le sénéchal gère l'approvisionnement des cuisines et des domestiques en général.

Ces notions ont beaucoup évolué pour devenir des grades militaires.


Rôle des domestiques et officiers
Ces fonctions sont souvent utilisé dans les romans. Principalement comme faire-valoir. Pour montrer que le héros est brave, son écuyer, va lui rappeler constamment quel danger il encourt. Une dame ne pouvant pas douter de l'amour de son chevalier servant; les doutes seront exprimés par sa demoiselle de compagnie. D'une certaine manière, on peu voir le suivant du héros comme son double, comme sa conscience. Là où le héros est guidé par ses sentiments, son intellect sera incarné par son suivant qui lui enjoindra la prudence et donc l'inaction.

Le suivant est un personnage de second plan, mais c'est un personnage intéressant, à jouer. D'ailleurs ce n'est pas pour rien que dans "le fabliau du chevalier qui faisait parler les cons" le seul personnage à avoir un nom est l'écuyer du chevalier.


Comte, duc et graf
Une autre vision du domestique est le graf (comte), le margraf (comte de la marche ou marquis),  le landgraf et le duc. Ce sont les vassaux d'un roi. la notion de roi ne signifiant pas grand chose, ces titres ne correspondent pas souvent à de grands seigneurs.
le fief de Ruedger le margrave est un grand seigneur et le duché de Brabant de Lohengrin correspondent à des territoires conséquents.
Le duc Audret vassale du roi Marc, ne doit posséder qu'un duché fort menu.
« Dernière édition: 02Mars, 2009, 00:40:58 par cccp » Journalisée

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« Répondre #7 le: 02Mars, 2009, 23:10:49 »

Récupération des mythes
Beaucoup de romans courtois sont basé à partir de légendes païennes calquées sur des personnages historiques. L'auteur a conscience de sa matière. Et il essaye de l'intégrer à sa propre religion. On n'a pas de personnage religieux de premiers ordre dans ce cas.
Le côté  surnaturel des créatures rencontrées est rarement explicite.  Des  indices tels : l'eau d'un lac ou d'une fontaine, un tilleul permettent de les détecter.

Rôle du Christianisme
L'auteur se base sur son univers pour décrire celui des légendes, un univers où la chrétienté est omniprésente  et où Dieu est la référence. On voit donc des personnage prêtre occuper leurs rôles. Il n'y a pas d'ecclésiastiques dans l'entourage d'Arthur, pourtant des messes sont célébrées, les chevaliers se confessent. MAis celui qui s'en occupe ne dispose que d'un titre : Archevêque de Cantoberry, confesseur d'Arthur...

Dans les légendes récupérées, il n'y a pas de places pour un personnage principale religieux, par contre pour un récit "original", comme la chanson de Roland, un archevêque : Turquin à un rôle important. C'est surtout un chevalier qui massacre de nombreux sarrasins avant de succomber à son tour. Sa qualité d'ecclésiastique est plus secondaire même s'il confesse les francs.

L'islam et le paganisme
« Dernière édition: 25Mars, 2009, 00:47:49 par cccp » Journalisée

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« Répondre #8 le: 24Mars, 2009, 14:32:36 »

Droit
Les chevaliers passent leur temps à s'affronter. Si le vainqueur ne tue pas vaincu, il peut quand même le rançonner ou le contraindre à quelque serment. Celui qui s'y adonne n'enfreint pas la loi. Le duel est légal. Le vainqueur du duel peut marchander sa grâce. Le meurtre, le vol, le viol et surtout l'adultère et la félonie sont eux illégaux.

Procès

Duel judiciaire
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« Répondre #9 le: 07Avril, 2009, 14:07:15 »

ça m'a l'air très bien, tout ça.

En ce qui concerne la place et le rôle de personnages religieux, je suis d'accord avec ce que tu nous dis sur les légendes païennes christianisées, où le rôle de religieux est assez limité. Il faut cependant remarquer que, dans le cas des matières de France et de Bretagne, on a affaire à des récits qui traitent d'une époque où la société était déjà chrétienne. Pour le peu qu'on en sait, l'Arthur historique portait bel et bien une Vierge à l'Enfant peinte sur son bouclier, et Charlemagne était vraiment entouré de divers clercs et ecclésiastiques. Un personnage comme Turpin aurait fort bien pu exister, on a plusieurs cas d'évèques guerriers au Moyen Age : c'était de grands seigneurs, issus de la noblesse d'épée, qui en conservait parfois les habitudes après être entrés dans les ordres. Dans ces deux cycles, l'élément religieux est très important. Le Graal a tendance à devenir le point focal du mythe arthurien dès le 13ème siècle, et dans la matière de France, nombreux sont les héros qui se distinguent par des oeuvres de piété, partent en pélerinage, meurrent en martyrs, voire se font moines à la fin de leur vie.

Dans le cycle germanique, ces aspects sont nettement moins présents, mais il y a tout de même deux guerriers de Dietrich, Heime et Ilsan, qui se font moines. Dietrich lui-même a une destinée marquée du sceau du merveilleux chrétien : il est le fils du diable, et à la fin de sa vie, emporté en Enfer par un cheval démoniaque, il ne doit son Salut qu'à ses prières au Christ et à la Vierge. Du reste le Théodoric historique était en effet chrétien , bien qu'arien et non catholique, d'où sa sulfureuse réputation. Ces éléments chrétiens sur des mythes païens ne sont donc pas toujours des plaquages tardifs, ils peuvent être eux-même très anciens.
Pour Siegfried, c'est un peu différent, parce que l'historicité du personnage est nettement plus floue et douteuse.

Donc je pense que jouer un personnage pieux, voire carrément un écclésiastique, n'est en rien contraire à l'esprit des différents cycles, même si ce n'est aucunement indispensable non plus.

Sur l'Islam et le paganisme, je te propose de m'en charger. Avec tout ce que j'ai pu lire comme chansons de geste, je devrais m'en sortir.

Sur les femmes guerrières dans la matière du Nord, je pourrais aussi lancer quelques pistes. Mais il faudrait que je me replonge un peu dans mes sagas et elles sont éparpillées entre mes deux pieds-à-terre. Donc je ne m'engage pas pour de trop brefs délais.
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« Répondre #10 le: 02Septembre, 2009, 14:15:15 »

D'un point de vue économique, la chasse a de nombreux avantages : c'est une source de nourriture non négligeable, en effet du gibier figure souvent au menu des festins ; c'est un moyen de protéger les cultures et le cheptel et c'est aussi un moyen de se fournir en fourrure.
Cet aspect économique ne concerne les héros qu'en période de disette.
Pour lui la chasse tient lieu de loisir, c'est l'occasion de rencontrer quelqu'un ou de se laisser entraîner en poursuivant une proie loin de chez lui.

C'est aussi l'occasion de réaliser quelque prouesse. Il écoutera avec ravissement le récit d'animaux géant, merveilleux qui seront autant de défis. Sur les 12 travaux d'Herakles, 4 sont des chasses.

Les chasses
Par chasse, on entend chasse à courre, la chasse au gros gibier, celle qui demandent des capacités athlétiques, un entraînement martial, une cheval, des chiens. C'est une chasse de chevalier réservée aux nobles. Le chasseur est en retrait : ce sont les chiens qui chassent, l'homme est là pour les contrôler jusqu'à l'hallali : le moment où la bête est encerclé par la meute. Là il se charge de la mise à mort, à l'épieu ou au poignard. Pour ensuite éventrer la bête pour donner à manger aux chiens les entrailles encore chaudes, c'est la curée.

La chasse à l'affût, la pose de collets, la chasse sous-terraine sont laissé pour le paysan ; vaincre un faisan, un lapin de garenne, un renard, un blaireau ou un lièvre en patientant, en piégeant ou en creusant n'est pas une activité très chevaleresque.

L'autre chasse à laquelle participera volontiers le héros, chasse qui ravira aussi les dames et les hommes les plus sages et les moins belliqueux est la fauconnerie. Celle-ci est très réglementé, le manant n'est pas autorisé à avoir un oiseau de proie, et à chaque rang de noblesse correspond son oiseau. C'est une activité bucolique qui est très éloignée de la violence de la chasse à courre. c'est presque un prétexte à la promenade, une invitation à la flânerie.

La chasse : quête simple
La chasse est une épreuve très pratique. Contrairement à un adversaire intelligent, la bête fauve n'a pas besoin de motivations de passé, de famille. On n'a pas de relation affective avec elle, pas de cas de conscience, pas de rémission possible. Un héros pourra tenter de convertir un géant au christianisme et l'enjoindre à cesser de s'attaquer aux faibles ; on ne demandera pas à un loup de devenir végétarien.

Contrairement à l'affrontement avec un géant, un dragon ou un félon, chasser à plusieurs n'est pas un manque de bravoure. Un des héros peut traquer la bête alors qu'un autre se charge de la mise à mort. C'est ainsi l'occasion que deux personnages qui ne se connaissent pas se prêtent mutuellement assistance, en combinant leurs talents, par exemple mais aussi en offrant une main secourable au bon moment, en offrant une monture, un épieu, un chien, une piste ...

Les dangers de la chasse
Le chasseur risque sa vie dans son combat contre l'animal, mais ce n'est pas une mort pour un héros. Le héros échouera dans sa traque.C'est une mort pour un personnage secondaire : un vieux roi, le frère d'une princesse
...
Le danger réside plus dans les rencontres que l'on peut faire. Le chasseur peut voler sa proie à un rival, sortir de sons fief pour chasser chez un voisin jaloux Et c'est aussi l'occasion pour arriver sur un endroit insolite, croiser, trois jeunes femmes nues en trains de prendre un bain dans une rivière, leurs riches atours posé négligemment sur la rive.


La chasse est donc un bon début pour un scénario, mais ne devrait pas en constituer l'essentiel.

Quelques caractéristiques
Ces caractéristiques sont biaisées, et correspondent à un animal adulte de bonne taille, certains animaux extra-ordinaires pourront se voir qualifier de quelques mots clefs. On notera que les animaux n'ont pas de caractéristique sagesse, qu'ils disposent rarement de vertu ou de talents, ils n'ont pas entre autre le talent cosmopolitisme (Gothie) qui leur permet de parler.

         Force - Endurance - Adresse - Ruse  - Autre
Ours 6 - 5 - 2  -2
Loup 2 - 4 -3 - 3  / Chasse Amour meute (1)
Cerf  4 - 4 - 3 - 1
Sanglier 3 - 6 - 1 - 1
Chien de chasse 1 - 3 - 3 - 4 / Chasse Loyauté 1
Molosse (chien de garde) 3 - 3 - 2 - 3 / Loyauté 1

« Dernière édition: 05Septembre, 2009, 02:04:51 par cccp » Journalisée

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« Répondre #11 le: 06Septembre, 2009, 02:56:16 »

La société des mythes est calquée sur celle des mythographes. Elle est très hiérarchisées.
Les personnes appartiennent à une catégorie sociale en fonction de leur naissance et il est très difficile d'en sortir.


Serf en bas le serf. Sans être esclave, il est loin d'être libre. Il est attaché à une terre, qu'il ne possède pas. Ce serait plutôt la terre qui possède le serf. Il doit s'occuper de cette terre un nombre de jours fixés, qui varie au court du temps de 5 ou 6 jours par semaines à quelques jours par ans. Pour le jeu on prendra comme valeur habituelle :
3 jours par semaine pour son compte, 3 jours pour celui de son seigneur, le dimanche étant le jour de repos.

En plus de ce travail le serf est taillable et corvéable à merci. Il paille un impôt en argent : la taille, selon les besoins de son seigneur et il doit faire certains travaux d'intérêts public (entretenir le château, les routes) non rémunéré : les corvées. Le serf peut racheter sa liberté, mais ses conditions de vie ne lui permettent que difficilement.

Il n'a pas le droit de quitter le domaine du seigneur et ne peut pas se marier sans son accord. Il n'a pas non plus le droit d'hériter.

Leur vie misérable attire la compassion des auteurs des chansons de geste, qui les plaignent, parfois.


On comprend que le serf est tenté de changer sa situation. Soit en s'enfuyant et en tentant de commencer un nouvelle vie ailleurs, comme charbonnier par exemple. Dans sa fuite dans des lieux inhospitaliers, il peut déranger quelque saurien acariâtre. C'est un peu comme cela que l'on peut voir la seconde partie de Beowulf : un serf s'enfuie, il trouve un dragon endormi il subtilise un hanap d'or dans son trésor qui lui permettrait de racheter sa liberté. Ce vol entraînant la courroux du dragon et ... mais c'est une autre histoire.
Pour sortir de leur condition, le serf pourra aussi être tenté d'accomplir obséquieusement les moindres désir de son seigneur, ainsi quand Iseult n'ayant plus confiance en sa suivante Brangien. Bien que celle-ci l'ait toujours servie fidèlement, allant jusqu'à lui offrir sa virginité, mais elle connaît le secret coupable de sa maîtresse. Or donc, quand Iseult souhaite faire disparaître sa servante, elle confie la tâche à deux serfs. Ceux-ci ne sont pas de mauvais bougres, mais si leur liberté doit passer par le meurtre d'une innocente, ils s'acquitteront de leur tâche, à contre-cœur.

Note : chez les germains du temps de la chute de Rome il n'y a pas de serf. La Gaule connaît encore l'esclavage, les auteurs des chansosn de gestes assimilerons les esclaves agricoles à des serfs.

Esclave
Au XIIIe siècle, il n'y a plus d'esclaves en Gothie, mais il y en a en Païennerie, autant chez les Maures que chez les Huns et à Rome et dans les territoires qu'elle a perdu récemment comme en Gaule par exemple. Les esclaves ne se trouveront que dans des cours de seigneurs étrangers. Ils auront un emploi de domestique et vivront dans la peur de leur maître qui a le droit de vie et de mort sur eux.

Vilain ou  Manant
Le paysan libre,  il travaille la terre. sa chance de fortune dépend de cette terre qu'il cultive. Le métayer cultive la  terre d'un autre en échange d'une partie de la récolte ; le fermier loue la terre et paye un loyer fixe, indépendament de la récolte ; l'alleutier possède une terre (alleu) qu'il cultive à son compte. Il est soumis à la taille (impôt en argent versé au seigneur), aux corvées (travaux d'intérêt général non rémunérés) et à la dîme (un dixième des récoltes versé à l'Église), auquel il faut ajouter un droit pour accéder aux biens publics : moulin banal et four banal.

Croquants et héros ne se comprennent pas. alors que les premiers vont privilégier des valeurs de travail, d'économie et de droit, les seconds ne jurent que par la passion et la bravoure.

On pourrait résumer cette incompréhension ; par cette chanson

Les hommes d'armes sont des paysans et partagent donc leur valeurs : un manque de passion, ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose pour un militaire,  et un courage limité, ce qui laisse donc libre champs au vrais héros pour briller lors des batailles.

Le héros pourra tomber amoureux d'une belle paysanne, qui pourra répondre et l'aimer tendrement, sincèrement mais toujours de manière mesurée.


Bourgeoisie
Sur la fin du moyen-âge, les villes  émancipent de plus en plus du pouvoir féodal. Certaines villes ne sont plus sous l'autorité directe d'un seigneur mais s'administrent elle-même. Certains bourgeois commencent à en remontrer à la noblesse. Là où les chevaliers vont conquérir la gloire par l'épée, les marchands vont le conquérir par l'argent. C'est audacieux, moins risqué mais plus efficace. Les marchands vont donc être méprisés par les auteurs.
C'est une classe qui ne cessera de prendre de l'importance, elle est insignifiante lors des invasions barbares.


Ces trois classes : servage, paysannerie et bourgeoisie forment le tiers-états, la troisième fonction : ceux qui travaillent. plus ils sont pauvres, et plus ils sont respecté par les auteurs.

Noblesse
La noblesse  se hiérarchise énormément entre les invasions barbares et les XIIIe siècle.
Au début constitué du roi, de ses fidèles et de leurs hommes d'armes. On passe à une noblesse à plusieurs étage : la royauté et la famille royale, la haute noblesse, la basse noblesse.


Clergé

« Dernière édition: 14Septembre, 2009, 14:32:51 par cccp » Journalisée

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« Répondre #12 le: 19Septembre, 2009, 19:57:37 »

Noblesse
La noblesse  se hiérarchise énormément entre les invasions barbares et les XIIIe siècle.
Au début constitué du roi, de ses fidèles et de leurs hommes d'armes. On passe à une noblesse à plusieurs étage : la royauté et la famille royale, la haute noblesse, la basse noblesse.

La haute noblesse
Ces nobles règnent sur des régions plus ou moins lointaine du roi. Cette haute noblesse est composé de comtes, ducs, graf (comte allemand dont : landgrave, margrave, rhingraves), earl (comte anglais), jarl (comte scandinave)   mais aussi de rois. Arthur, Etzel / Attila et  Feirefiz ont sous eux, dix, vingt ou trente rois. Ces rois se sont soumis, de mauvais gré, avec ou sans combattre. Ces rois admettent mal cette soumission. Leurs descendants peuvent être plus complaisants.  
De l'autre côté, on trouve les comtes envoyé loin du roi, pour le remplacer là où son autorité a besoin d'être relayée. Là loin du pouvoir centrale ces comtes vont pouvoir gagner de l'indépendance : avoir des troupes, pour maintenir les frontières et avoir une diplomatie avec les voisins.
On voit ainsi toute une politique matrimoniale, avec cette haute noblesse :
soit avec l'autorité centrale pour s'assurer leur loyauté ;
soit avec leur puissant voisin comme Giselher voulant épouser la fille du de Rudiger, pour les relations entre les deux voisins ils deviennent un partenaire privilégié et en cas de conflit on sa bienveillance ou a moins une relative neutralité ;
soit entre comtes eux-mêmes comme dans le Walterius où le roi de Francs et celui des Aquitains, tout deux vassaux malgré eux des Huns, marient leurs enfants.


La basse noblesse
Cette basse noblesse n'existe pas sous la même forme entre le XIII et les invasions barbares.
Lors des invasions barbares, les guerriers sont guerriers par choixx et se sont rattaché à un roi ou un comte. Ils dépendent directement de celui-ci  qui les loge, les nourrit et leur assure la fortune par leure pillages

Pour les textes basés sur le XIII, le féodalisme a rajouté plusieurs niveau à cette basse noblesse : les barons
(Freiherr, shérif)
qui dépendent directement d'un comte ou d'un baron.  S'ils peuvent avoir les mêmes aspirations à l'indépendance que les comtes, ils ne disposent pas de l'éloignement de ceux-ci, ils ne peuvent pas se rebeller, par contre  ils peuvent refuser d'obéir, ils peuvent trainer des pieds. Ils doivent être convaincu de l'intérêt des actes de leur suzerain.
Ces barons peuvent, pour augmenter leur richesse,  devenir des seigneurs-brigands.


En dessous se trouvent les vavasseurs : littéralement vassal de vassal, ils ne disposent souvent que d'un maigre fief. Ils sont un peu les laissé pour compte de la chevalerie. Ils ont souvent perdu plusieurs enfants à la guerre ou en tournois. Ce qui ne les empêchent pas faire preuve de beaucoup d'hospitalité : ils hébergeront volontiers les héros fatigués et leurs expliqueront les dangers encourus ou à venir.

La dernière classe est celle des chevaliers sans terres. Ils sont dans la même situation que les guerriers des invasions barbares, ils n'ont pas de terres d'où gagner un revenu, ils sont souvent des fils de vavasseurs n'ayant pas hérité, ou qui n'hériteront jamais étant un cadet. Ils dépendent de leur roi pour leur logement et lui sont loyaux. Ils veulent faire leur preuves pour obtenir une terre.
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« Dernière édition: 22Septembre, 2009, 19:55:39 par cccp » Journalisée

secrétaire général de Gothlied une tragédie épique de chevaliers germaniques.

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