Les Salons de la Cour

15Février, 2019, 21:03:24
Bienvenue, Invité. Veuillez vous connecter ou vous inscrire.

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
Pages: [1]   Bas de page
  Imprimer  
Auteur Fil de discussion: [Univers du jeu] L'univers d'O&L en quelques traits  (Lu 3327 fois)
0 Membres et 1 Invité sur ce fil de discussion.
Xaramis
Chambellan
Argoulet
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 6 918



WWW
« le: 20Août, 2008, 20:47:40 »

Les textes qui suivent visent à faire ressortir les points qui me semblent marquants, dans l'univers d'O&L, et de donner des indications sur le genre d'aventures qui pourront être vécues avec ce jeu. C'est ma façon de voir ce projet, et vos questions sont les bienvenues pour le cas où certains points ou certains choix vous sembleraient peu clairs, discutables.


* * * * * *


Siècle des Lumières. Triomphe de la raison sur l’obscurantisme. Salons où joutent les beaux esprits. La dentelle se porte à la Cour comme sur le champ de bataille.
Mais les Ombres perdurent. Les superstitions survivent, les complots se trament dans les allées du pouvoir, les esclaves font la fortune des négociants, les malandrins vous attendent dans les ruelles sombres.

Ombres & Lumières vous invite à jouer dans « notre » monde, au XVIIIe siècle, et plus précisément dans la période des années 1740 à 1780.
Un univers à la fois accessible et dépaysant, parfois connu, parfois surprenant : des rues de Paris aux canaux de Venise, du port de Bristol au fort Ticonderoga, du pont de bois d’une frégate au sol de marbre d’un palais des Indes, le monde vous attend.

Un univers offrant une grande variété d’aventures, et de l’inspiration à foison dans les livres et les films : complots de cour ou aventures galantes, chevauchées intrépides ou duels au petit matin, exploration de terres inconnues ou controverses religieuses…

Alors, que vous vous sentiez l’âme d’un Casanova ou d’un Fanfan La Tulipe, d’une Mme de Merteuil ou d’une Zerlina, d’un Bougainville ou d’un Figaro, embarquez-vous pour le monde des Ombres & Lumières.

Aventures trépidantes dans la pleine tradition de cape et d’épée…
Danger des intrigues dans les couloirs des palais…
Émerveillement de l’exploration de mers et terres inconnues…
Frissons de la contrebande de tabac ou d'œuvres d’art...
Souffle épique des aventures dans les colonies…
Vertiges de l’esprit face à des phénomènes inexpliqués...
Badinage des beaux esprits dans les salons…
Jeux de l’amour et du hasard...
De nombreuses aventures vous attendent.

Journalisée

Chez Monsieur de C., dans le sillage de Corto ou au Club Série Noire. Mes inspirations rôlistiques sont dans Inspirôle.
Xaramis
Chambellan
Argoulet
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 6 918



WWW
« Répondre #1 le: 20Août, 2008, 20:50:31 »

Regards sur l’univers du jeu
Certains hommes du XVIIIe siècle sont persuadés que le temps qu’ils vivent va dissiper les ténèbres de l’obscurantisme et préparer un monde nouveau. De fait, à partir des années 1730, s’inaugure une série de transformations à l’origine du monde actuel. Des changements démographiques, grâce au recul des mortalités notamment. Des progrès rapides dans l’agriculture, et l’amorce d’une révolution industrielle et du libéralisme marchand. Une myriade de botanistes, de chimistes, d’astronomes et de mathématiciens, reculent patiemment et indéfiniment les frontières de l’inexpliqué. Le divin perd sa toute-puissance face à la nature et à l’homme qui se veut nouveau, universel, libre et doué de raison. Et cette pensée vient secouer la politique aussi bien que l’art.

Mais, ce bouillonnement n’affecte qu’une petite fraction de l’Europe. La masse des populations ne perçoit de ces mutations que de lointains échos, assourdis par un quotidien presque inchangé. Le Siècle des Lumières ne l’est sans doute que pour une élite restreinte, mais il jette en avant mille feux.


Le monde d’O&L
* L’Europe des Lumières : mutations et poudrières
Les principaux pays d’Europe traversent, sous l’impulsion de leurs souverains respectifs, des périodes de fortes mutations (sociales, fiscales, administratives, militaires). Ce qui ne se fait pas sans remous, puisque tout le monde ou presque trouve des motifs de mécontentement : la noblesse et le clergé, jalousement accrochés à leurs privilèges ; les magistrats, qui ne veulent pas que l’on musèle leur pouvoir ; les bourgeois, qui veulent se faire une place au soleil ; et le petit peuple laborieux et accablé d’impôts, comme toujours.
Mais ce qui couve aussi, ce sont les affrontements entre nations. Le traité de paix de 1748 n’a pas calmé les appétits territoriaux, et finalement, les rivalités franco-anglaises d’une part et austro-prussienne d’autre part feront naître la Guerre de Sept Ans, la première « guerre mondiale », puisqu’on se battra jusqu’au Canada ou en Inde.
Et si la France perd ses colonies au profit de l’Angleterre en 1756, celle-ci à son tour perdra une partie des siennes, trente ans plus tard, lors de la naissance d’une nouvelle nation : les Etats-Unis d’Amérique.

* Le reste du monde : richesses et déclins
Quant au reste du monde, il n’est pas sans intérêt pour nos personnages. Les trois grands empires musulmans (ottoman, perse et moghol) sont en déclin. La péninsule indienne voit ses différents royaumes se déchirer, et les Compagnies des Indes française et anglaise lutter directement et par princes interposés. Dans l’Extrême-Orient confucéen, la Chine passionne les Européens, qui la connaissent par les Jésuites et le commerce, tandis que le Japon poursuit sa politique de fermeture. L’Afrique au sud du Sahara souffre d’un dépeuplement terrible et démoralisant à cause de la traite négrière. En Amérique ibérique, le sentiment national brésilien monte, mais l’Espagne joue la carte de la prospérité en libéralisant le commerce entre métropole et outre-mer. L’Amérique française se réduit comme peau de chagrin, tandis qu’en Amérique anglaise couve la révolte.

* Aventures sans frontières
Ce monde ouvre grand ses bras aux audacieux. Diplomates et agents secrets se recrutent sur le tas, pas dans les écoles. Londres, Vienne, Saint-Pétersbourg sont des nids d’espions. On casse les codes, on suborne des ministres, la guerre se gagne avant la bataille. En France, Louis XV crée le Secret du Roi, un service qui assure sa diplomatie secrète, à l’insu de la diplomatie officielle et des ministres eux-mêmes. Qu’il s’agisse de mettre un prince français sur le trône de Pologne, de s’assurer de l’alliance des Turcs contre les Russes ou de préparer un débarquement en Angleterre, la poignée d’hommes du Secret est là.
Là-bas, aux Indes, un cœur vaillant peut se tailler un royaume, tel Benoît le Borgne, fils d’un modeste pelletier savoyard, devenu maharadjah du Doab.
Et tant de terres et de mers restent à explorer. Qui sait ce qu’elles réservent ? La fortune, la gloire ?… La mort, peut-être. Le frisson, en tout cas.

Idées neuves, vieilles réticences

* Scientifiques et philosophes
L’esprit scientifique est loin de progresser sans encombre, adopté par une infime minorité, combattu par l’Eglise ou les populations paysannes, même si la confiance dans le progrès rend ce siècle optimiste. Les philosophes secouent le joug de l’opinion et de l’autorité, critiquent les régimes monarchiques et l’Eglise, au nom de la raison. Mais les risques demeurent grands : prison, exil, excommunication guettent l’auteur imprudent ou sans protection. L’Encyclopédie, « best-seller » du XVIIIe siècle, somme des savoirs de son époque, est aussi une formidable machine de guerre contre les forces de la tradition et de l’immobilisme. Alors tous les garants de l’Ancien Régime se lèvent tour à tour pour tenter d’abattre les rebelles.

* Aventure des idées, idées d’aventures
Dans un monde où les auteurs doivent souvent solliciter la permission d’imprimer, où l’on brûle encore les œuvres interdites, où les livres subversifs franchissent clandestinement les frontières, des aventuriers épris de savoir et de liberté pourront s’engager dans le combat contre les ténèbres des superstitions et de l’obscurantisme.


Une société en mouvement

* Par la naissance ou le mérite ?
Quand environ 1 % de la population détient le tiers des terres d’un pays, quand la « naissance » et le sang bleu suffisent à vous valoir les charges et les grades, la course à la noblesse pousse aux pratiques douteuses. Les bourgeois, eux, prennent de l’importance, grâce à l’essor du commerce et de la production. Ils entrent également massivement dans la vie culturelle autrefois réservée à l’aristocratie. Bientôt, les grands bourgeois, ayant réussi par le mérite, se sentent les égaux des nobles, et ne supportent plus d’être écartés des hauts postes de l’armée, de l’administration ou de la justice.

* L’arène de la Cour
La Cour cultive l’oisiveté, l’élégance et la paresse, les bavardages inutiles ou méchants, les intrigues et les jeux de hasard. Mais les luttes les plus dures se cachent derrière les dentelles. Pour la faveur d’un puissant ou le sourire d’une belle, tous les coups sont permis. Et, mieux qu’une épée, le « ridicule » peut vous tuer. Portant sur des choses indifférentes en elles-mêmes (la mode, le langage, les manières), et étendant son empire sur le mérite, l’honneur, les talents, et les vertus, il marque d’une empreinte caustique ineffaçable ; c’est une arme pire que la calomnie ou le déshonneur.

* L’aventurier
Le siècle d’O&L est aussi celui de l’aventurier, héritier des errants des périodes précédentes, mais pour qui le terrain d’aventure est parfois plus le salon ou la table de jeu que la galère de Malte. A la dérive mais audacieux, il a le voyage pour asile, un penchant pour la gloire facile et l’ostentation, une aversion pour le travail de coutume, le goût du plaisir et, s’il le faut, celui du risque. Il met à profit son éducation éclectique pour être accueilli dans les différents milieux, noblesse, clergé ou bourgeoisie. Plein de grâce, de savoir et de civilité, l’aventurier se joue des conventions de son monde, tout en en tirant parti.

* Le libertinage, un art de vivre
Le libertinage se répand dans le monde clos, privilégié, étranger à tout problème financier que forme l’aristocratie. La grande, l’unique, la belle affaire est la quête du plaisir, et de la conquête. L’homme et la femme jouent à égalité et revendiquent le même droit au plaisir. Marivaux se désole, affirmant qu’il n’y a plus d’amants, seulement des libertins tentant de faire des libertines. Boucher peint un libertinage presque sage, tandis que Fragonard idéalise des grâces plus polissonnes. Le libertinage est un art de vivre, une esthétique, un souci, un devoir d’élégance.

* Aventures en dentelles
A la Cour ou dans les salons, dans les couloirs des palais ou sur les places de commerce, chacun cherche à se faire sa place au soleil. Mais les embûches sont nombreuses, et les jalousies aiguisées. Et toutes les armes sont permises : quand l’argent ou les mots ne suffisent pas, ou quand l’honneur est bafoué, mettez la main à l’épée et réglez cela les yeux dans les yeux, dans le bal des aciers…


En résumé : un jeu à l’univers ouvert
O&L a pour cadre un univers réel, historique. Et c’est un choix assumé. L'univers du jeu ou, plutôt, les univers de jeu naissent directement de ce monde réel. Quant au surnaturel, il n'est pas absent, mais, plus simplement, il n’est pas omniprésent ou systématiquement tangible. Y croire ou ne pas y croire, et donc, finalement, le rendre «vrai» ne dépend que de la mentalité des gens de cet univers.
Ma volonté est d’offrir avec O&L des ambiances de jeu variées, des décors familiers ou dépaysants. Je n’ai aucune envie de faire un jeu à concept : pas de jeu centré sur des investigateurs luttant contre des monstres indicibles au péril de leur santé mentale, pas de jeu centré sur un camp du Bien luttant contre les forces de Mal ou de l’oppression, fût-elle celle de Palpatine ou de Sauron. D’autres savent le faire mieux que moi.
Dans l’univers d’O&L, les PJ n’ont pas forcément une mission venue d’en haut. Ce n’est pas un jeu où les PJ peuvent être uniquement des espions à la solde de Louis XV. Ou uniquement des conquérants d’empire aux Indes. Les PJ n’ont pas un Rôle avec un grand R. Ils ont le rôle que les joueurs voudront bien leur donner, pour le plaisir du jeu et des aventures, qu’elles soient clandestines, épiques ou romantiques.

Laissez-vous tenter, et venez jouer au soleil, à l’ombre, ou dans cette zone confuse où la lumière le cède à l’obscurité.
Journalisée

Chez Monsieur de C., dans le sillage de Corto ou au Club Série Noire. Mes inspirations rôlistiques sont dans Inspirôle.
Pages: [1]   Haut de page
  Imprimer  
 
Aller à: