Les Salons de la Cour

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Auteur Fil de discussion: [Jeu] Récompenses de fin de scénarios ?  (Lu 1337 fois)
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nemo
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« le: 16Décembre, 2007, 16:50:42 »

Salut à tous,

L'été dernier j'ai maitrisé plusieurs parties de Te Deum,
a priori je vais me relancer sur du régulier en campagne, et je me suis demandé quels types de reconnaissance
mes joueurs peuvent retirer pour leurs personnages lorsqu'ils rendent de fiers services à de hauts personnages : titres, argent, propriétés, charges  ?

Si quelqu'un à des suggestions et des exemples je suis preneur



« Dernière édition: 17Décembre, 2007, 11:24:59 par Xaramis » Journalisée
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« Répondre #1 le: 16Décembre, 2007, 19:15:15 »

Selon Mazarin : des honneurs, ça coûte moins cher.
Je peux rajouter d'autres choses  : le pardon (ou l'amnistie) un mariage, une maîtresse, un emploi, une place au paradis
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secrétaire général de Gothlied une tragédie épique de chevaliers germaniques

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Usher
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« Répondre #2 le: 16Décembre, 2007, 19:25:21 »

Quelques suggestions :

Obtenir un titre : Très difficile de façon directe. Théoriquement, seul le roi distribue des titres, et les lettres de noblesse demeurent relativement rares (et chères, car c'est à l'anobli de payer des frais assez lourds). Par contre, obtenir un titre de façon indirecte est plus envisageable : certaines charges, militaires ou juridiques, sont anoblissantes, et un grand personnage peut user de son influence pour qu'un personnage obtienne une charge de ce type. Toutefois, même les charges anoblissantes sont l'objet d'une compétition très vive : dans la magistrature, elles sont chères, elles exigent des compétences en droit et en latin, et une cooptation au sein de l'assemblée des notables locaux. Ce type de gratification n'est donc qu'à réserver à des personnages qui sont appuyés par des personnages très puissants - ce qui est dangereux, vu que les grands à l'époque ont généralement des ennemis féroces, disposant eux aussi d'un réseau d'influence et d'hommes de main. De fait, l'obtention d'un titre peut lui-même être prétexte à un ou plusieurs scénarios.

Obtenir une charge : Si l'on est protégé par un grand, obtenir une charge non anoblissante est plus facile. Il peut s'agir d'une charge municipale, administrative, religieuse (même si les PJ sont des laïcs : n'oublions pas l'usage de la commende) ou bien sûr militaire. Les charges d'abbé, d'officier royal ou d'officier au sein d'une milice communale, de lieutenant criminel (officier de police) rapportent souvent un revenu, tout en laissant les personnages disposer d'une certaine liberté.

Obtenir de l'argent : Il n'y a pas d'obstacle social ou moral au don d'argent… Par contre, la santé financière varie beaucoup selon les partis. Appartenir à la clientèle des Guise ou des Montmorency, c'est appartenir à un parti où l'argent circule et où on peut assez facilement obtenir une gratification. Appartenir à la clientèle de Coligny est plus problématique : on peut espérer une retombée d'argent en temps de paix, mais pas en temps de guerre, puisque les biens de Coligny sont alors saisis par la couronne, quand ses domaines ne sont pas pillés. Appartenir à la clientèle de Condé, de la Navarre ou… de la couronne de France, c'est dépendre de réseaux impécunieux où il est difficile d'obtenir de l'argent. En revanche, travailler avec les puissances étrangères peut être source de gros profits, vu que l'Angleterre, l'Espagne, le pouvoir pontifical arrosent leurs réseaux d'agents français.

Obtenir des propriétés : Assez difficile. Une propriété, c'est la garantie d'un capital, d'un revenu pour peu qu'elle englobe des terres agricoles, des bois ou des cours d'eau, et c'est aussi une première étape vers l'anoblissement à moitié frauduleux qui consiste à prendre le nom de sa terre. Le don d'une propriété ne peut être fait que par un personnage très puissant, pour un service de très haute volée, et il n'est jamais désintéressé : le but sera toujours de contrôler un territoire dangereux ou instable en y implantant un agent. Bref, la propriété est une récompense fastueuse et souvent empoisonnée…

J'ajouterai une récompense à laquelle tu n'as pas pensé, et qui est pourtant l'une des plus pratiquées à l'époque :

Epouser un bon parti : Très souvent, les grands récompensent leurs loyaux serviteurs en mettant leur influence à leur service pour réaliser de beaux mariages. Un mariage peut permettre d'obtenir, à des degrés divers, toutes les récompenses évoquées plus haut : titres, propriétés, argent, charges… Ils intègrent aussi plus étroitement l'heureux PJ dans le réseau socio-politique de son mentor. Il va sans dire que le mariage n'a alors strictement rien à voir avec les inclinations du PJ ; et que servant aussi (surtout) les intérêts de son protecteur, il peut avoir tous les désagréments cachés des différents types de récompenses. Mais un beau mariage reste le plus souvent le moyen le plus efficace de se hisser rapidement dans la société… Et compte tenu de la forte mortalité qui existe à l'époque, il n'est pas exclu qu'un PJ se marie plusieurs fois au cours de sa carrière…

Edit : Ces récompenses peuvent servir de moteur à long terme à la campagne. Chaque scénario peut fournir comme récompense le gain d'une des conditions nécessaires à l'obtention de la faveur visée. Ce peut être l'amitié de notables au cours d'un scénario, l'obtention d'un capital au cours d'un autre, la présentation officielle d'un bon parti, etc…

Usher


« Dernière édition: 16Décembre, 2007, 19:29:39 par Usher » Journalisée
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« Répondre #3 le: 16Décembre, 2007, 21:21:04 »

Cette approche des "récompenses" des PJ par des récompenses sociales - plus ou moins faciles à valoriser - me semble être un point important de l'évolution des personnages dans ce jeu. En effet, les PJ tedeumesques ne voient pas leur valeurs chiffrées (caractéristiques, compétences) évoluer fortement au fil des parties ; à titre personnel, je trouve d'ailleurs ceci plutôt agréable, car ça évite de se retrouver avec des personnages artificiellement gonflés en quelques parties, et cela évite aussi la course aux points que l'on peut trouver dans d'autres jeux. L'évolution des personnages se fait donc, à mes yeux, principalement par le réseau social dans lequel ils se meuvent, et qu'ils tissent ou détissent. Obtenir des alliés influents ou se faire des ennemis puissants sont, pour moi, deux évolutions positives des personnages, puisque ce sont là des ressorts pour des aventures à venir.

Parmi les récompenses pointées et analysées par maître Usher, je retiendrai qu'elles se répartissent en deux familles : celles qui sont plutôt ancrées dans un territoire donné (par exemple un domaine offert en propriété), et celles qui sont "mobiles" avec le personnage. Ces deux familles de récompense induisent des mises en oeuvre différentes dans des scénarios : les récompenses ancrées territorialement me paraissent, par exemple, ouvrir la porte à des scénarios touchant plus fortement un personnage et son éventuelle famille, et s'inscrivant dans la durée (comme devoir défendre ses terres et leurs revenus contre la rapacité de ses voisins) ; pour certaines autres récompenses, je leur vois un caractère potentiellement plus éphémère (la fortune pécuniaire est plus volatile, à mon sens).

Mais même certaines récompenses que l'on pourrait croire "territorialisées" n'empêchent pas le bénéficiaire de rester éloigné du territoire en question. Un des évêques de Bayonne, par exemple, avait mis plusieurs années avant de paraître dans cette ville, préférant les lustres de la Cour au siège épiscopal de cette ville aux portes de l'Espagne menaçante.
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« Répondre #4 le: 17Décembre, 2007, 09:55:45 »

Merci bien de toutes ces réponses qui m'éclairent au plus au point ! 
Mais par contre j'avoue que les exemples de charges que j'ai en tête sont assez peu nombreux sans compter ceux citer
par Usher que je remercie grandement pour sa précision !

Peut être serait il judicieux d'en faire une aide de jeu qui pourrait servir à tout a chacun
et ordonnancer le tout selon un ordre croissant de valeur et sa famille : civil / militaire / religieuse / au service du roi etc
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Usurpateur à l'ananas


« Répondre #5 le: 19Janvier, 2008, 21:32:49 »

Obtenir des propriétés : Assez difficile. Une propriété, c'est la garantie d'un capital, d'un revenu pour peu qu'elle englobe des terres agricoles, des bois ou des cours d'eau, et c'est aussi une première étape vers l'anoblissement à moitié frauduleux qui consiste à prendre le nom de sa terre. Le don d'une propriété ne peut être fait que par un personnage très puissant, pour un service de très haute volée, et il n'est jamais désintéressé : le but sera toujours de contrôler un territoire dangereux ou instable en y implantant un agent. Bref, la propriété est une récompense fastueuse et souvent empoisonnée…

J'ai mis en gras le passage qui me chiffone. Ca fait un bout de temps que je le regarde dans les yeux (intervenir, ou pas ? That is the question).

D'après les ouvrages que j'ai pu consulter sur la noblesse, cet annoblissement est bien vu socialement En effet, il faut "vivre noblement" pour en bénéficier, car la reconnaissance par les pairs est très importante, tant et si bien que tous les seigneurs ne sont pas nobles et certains, notamment les bourgeois de Paris, n'essayent même pas de le devenir.
Ensuite, d'un point de vue juridique, pour faire la preuve de sa noblesse, il faut amener deux témoins (ou trois je ne sais plus) qui disent "son père et son grand-père étaient nobles", ce qui signifie plutôt "ils se comportaient et vivaient comme des nobles". Au XVIe siècle, la preuve ne se fait pas par le papier, mais par le jugement que porte la société sur l'annobli - c'est une noblesse par consensus, à tel point qu'on parle "d'annoblissement taisible".
Un siècle plus tard, la noblesse a changé de visage, et le roi devient le régulateur de l'annoblissement. C'est dans ce contexte qu'en 1668, pendant le règne de Louis XIV, Colbert instaure les enquêtes de noblesse. Cet annoblissement qui reposait sur une reconnaissance du prestige social est remis en cause, car il n'est pas contrôlé par la monarchie, et il devient frauduleux. Cependant, acheter des seigneuries, ancrer son nom dans la terre reste une préoccupation des financiers et autres robins, qui continuent à acheter des seigneuries bien qu'ils aient bénéficié d'offices annoblissants.

My two cents sur la question (je fournirai les références si polémique il y a  )
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« Répondre #6 le: 20Janvier, 2008, 19:29:11 »

"Reconnaissance sociale" et "moyen frauduleux", ça ne me paraît pas entièrement antagoniste, comme notion. J'aime même l'impression - superficielle, certes, comme toute impression - que cela a été assez répandu dans un nombre conséquente de civilisations humaines.

Quant au fait que des bourgeois parisiens ne souhaitaient pas devenir nobles, c'est une chose que l'on retrouvait également à Bayonne, à l'époque médiévale et moderne, où il était mieux vu d'être "voisin", c'est-à-dire en quelque sorte "citoyen vrai bayonnais, natif de la ville" que d'être noble (surtout noble "étranger" à la ville).
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