Les Salons de la Cour

08Décembre, 2021, 17:51:05
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Xaramis
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« le: 16Août, 2007, 05:00:25 »

L'échoppe de l'étrange
Scénario lankhmarien
par Cultösaurus


Ce scénario, prévu pour un petit groupe de PJ aguerris, a pour cadre la ville de Lankhmar dans le monde de Nehwon, cadre du Cycle des Épées de Fritz Leiber. Il est inspiré de la nouvelle Le bazar du bizarre, dans le recueil Épées et mort, second de la série ; nouvelle dont la lecture me semble indispensable pour bien comprendre et surtout bien mettre en scène le scénario. Mais s'agissant d'un grand classique de la littérature médiévale-fantastique, je présume que bon nombre de mes lecteurs savent déjà de quoi il retourne...
Inversement, lire ce scénario risque de dévoiler au non-initié une partie non négligeable du contenu de la nouvelle.

Le Cycle des Épées a connu deux adaptations officielles en JdR, l'une pour les deux premières éditions de AD&D, l'autre beaucoup plus récemment pour la version Mongoose de RuneQuest. Le présent scénario laisse le MJ libre du système avec lequel il l'accommodera.

Moyennant un minimum d'adaptation, ce scénario peut aussi être transposé vers d'autres contextes med-fan' urbains, par exemple Laelith, Ankh-Morpork ou Samarande, qui ont toutes été inspirées de Lankhmar à des degrés divers.


Les filles sont faites pour les desserts. Les araignées aussi.

Rubem Perganwick, un jeune homme de bonne famille, a discrètement acheté cet après-midi d'automne un recueil d'estampes érotiques trouvé parmi les objets exposés en devanture d'une nouvelle échoppe de la Place des Sombres Délices : le Bazar du Bizarre. Persuadé que l'intérieur de la boutique recèle d'autres trésors encore plus passionnants, il décide d'y retourner avec plus d'argent, à la nuit tombée et revêtu d'un manteau à grande capuche pour ne pas risquer d'être reconnu et de voir entachée la réputation de sa respectable famille.
Il comptait n'y faire qu'un saut et être de retour à la demeure parentale pour le repas de famille organisé ce soir ; mais il a commis l'imprudence de faire descendre l'une des cages suspendues au plafond du magasin, contenant une ravissante jeune fille... et s'est finalement retrouvé prisonnier de l'araignée géante qui occupe ladite cage.

Dans une famille normale, l'absence du fils aîné de dix-huit ans au dîner, pour inattendue et détestable qu'elle soit, n'aurait pas vraiment alarmé. Mais Rubem est un garçon bien élevé, un fils qui donne toute satisfaction à ses parents, et il n'est jamais en retard à table, surtout pour une réunion familiale importante et surtout quand son père Santer (un négociant aisé) lui a rappelé avant qu'il ne sorte qu'il devait rentrer tôt. Ajoutez à cela la nature angoissée et possessive de sa mère Otira, et il n'en faut pas plus pour que ce qui passerait aux yeux de la plupart des gens comme un simple retard dû à l'insouciance de la jeunesse et à la nature rebelle de cet âge devienne une absence alarmante : accident, malaise, enlèvement ? À neuf heures et demie, Otira Perganwick, dévorée d'inquiétude, décide d'envoyer les PJ à la recherche de son fils.

Pourquoi faire appel aux PJ ? Selon votre campagne, les raisons exactes seront variables : un ou plusieurs d'entre eux peuvent être domestiques de la famille (des gardes, par exemple) ; ils peuvent faire partie du guet ou de la milice, appelés par les Perganwick ; être des enquêteurs privés ayant pignon sur rue ; être des amis de la famille, voire des parents invités au dîner ; ou toute autre raison qui vous siéra.


Filature

Parti à six heures du soir et comptant être de retour avant huit heures, Rubem n'a pas dit où il se rendait : ni à ses parents, ni à ses frères et sœurs, ni aux domestiques de la maisonnée. Le portier l'a vu emprunter la rue de l'or (Gold Street ; les Perganwick habitent dans le quartier marchand (Mercantile District de la version AD&D)) en direction du sud.

Pour retrouver le jeune homme, les PJ ont plusieurs possibilités :
- ils peuvent le suivre à la trace, en se fiant aux indications des gens qui l'auraient croisé (sa mère peut fournir (avec déchirement) aux PJ un portrait miniature de son fils, qu'ils pourront montrer aux gens en leur demandant s'ils l'ont vu). Selon l'humeur du MJ, les PJ parviendront jusqu'à la Place des Sombres Délices plus ou moins rapidement, et après avoir suivi un nombre plus ou moins grand de fausses pistes (le recours à un chien dressé pour suivre une piste ou à des moyens magiques peut aider) ;

- ils peuvent également interroger son entourage, hors de la maisonnée : c'est-à-dire les autres fils de bonne famille du voisinage qu'il fréquentait. Mais autant dire que cette méthode sera elle aussi délicate, car entrer dans une maison bourgeoise à la nuit tombée pour y interroger le fils de famille n'est pas évident, à moins que les PJ ne puissent se prévaloir d'une quelconque autorité officielle.
S'ils décident d'adopter cette façon d'enquêter, les personnages pourront obtenir les noms des camarades de Rubem de la bouche de ses parents, ou de Myra, sa jeune sœur de seize ans (cette dernière vivant à l'insu de tous une histoire d'amour avec Hyugho Mogriskio, l'un des amis de son frère, peut permettre à des PJ astucieux de rencontrer son amant sans subir les difficultés liées à une approche frontale).

Les camarades de Rubem pourront apprendre aux PJ, plus ou moins spontanément selon la façon dont ces derniers les aborderont (enquête officielle, faire jouer l'inquiétude sur le sort de leur ami, etc...) qu'il avait acquis l'après-midi même un livre "intéressant" dans une échoppe de la Place des Sombres Délices, et qu'il avait l'intention d'y retourner en soirée avant le repas, afin de voir s'il ne pouvait pas y dénicher d'autres "trésors".
Craignant que sa mère ne le découvre, Rubem a confié l'ouvrage à l'un de ses camarades, Tisech Mafelbar, qui pourra éventuellement le montrer aux PJ si ceux-ci le mettent suffisamment en confiance ou l'impressionnent suffisamment. L'illusion est encore active, mais des personnages capables de voir à travers elle la vraie nature des choses se rendront compte qu'ils ont sous les yeux un vieux livre de comptes aux pages moisies recouvertes de colonnes de chiffres).


Le Bazar du Bizarre

La Place des Sombres Délices est un incontournable lieu de commerce où tout se vend, tout s'achète, tout s'échange (ou presque). De jour comme de nuit elle est animée, mais commerces diurne et nocturne ne concernent pas toujours les mêmes marchandises.

Le Bazar du Bizarre, devant l'entrée duquel s'est amassée une foule relativement nombreuse malgré l'heure tardive, est tel que Leiber le décrit dans sa nouvelle. Le tenancier est un homme vêtu de rouge, souriant mais au regard cupide, qui brandit un grand balai. Quelques badauds examinent avec curiosité mais méfiance des objets étalés devant l'échoppe, sous le regard du commerçant et de son hibou.
Bien entendu, les PJ capables de percer les illusions verront les choses telles qu'elles sont réellement : les marchandises ne sont que des déchets sans valeur, le hibou un vautour galeux en piteux état, et le marchand est entièrement revêtu d'une armure d'un noir de jais et tient une grande épée : c'est (mais sans doute ne sont ils pas en mesure de l'identifier) un Dévorant.

Rubem n'est visible nulle part. Un camelot voisin se souviendra peut-être de l'avoir vu entrer il y a plusieurs heures dans la boutique ; mais les PJ ne devraient de toutes façons pas avoir besoin d'incitations pour aller y jeter un œil.
Là encore, inspirez vous du texte de Leiber pour décrire l'intérieur et ses objets fabuleux. Il y en aura pour les goûts de tous les PJ : de l'érotisme bien sûr pour les instincts animaux, mais aussi des livres regorgeant de savoir, des œuvres d'art d'une grande beauté, des créatures inconnues empaillées avec soin, des armes exotiques, etc... Et bien sûr, pendent du plafond des cages contenant chacune une jeune femme superbe, cages fixées chacune à une chaîne et qu'une manivelle fixée au mur permet d'abaisser.

L'intérieur du Bazar est un endroit dangereux pour les PJ qui ne seraient pas capables d'en percer les illusions ; les plus résistants ne sortiront probablement pas sans avoir acheté plusieurs objets extraordinaires ; les autres s'intéresseront aux occupantes des cages, ou tenteront de traverser l'étrange mur noir du fond.

Si le Dévorant réalise que l'un des PJ n'est pas dupe de ses illusions, et agit de telle sorte qu'il risque d'éventer son piège pour d'autres plus crédules, il n'hésitera pas à l'attaquer avec son épée, et se révélera être un combattant particulièrement redoutable.


Sans issue !

Rubem est bien entré dans la boutique, et après avoir feuilleté quelques livres et regardé quelques objets, et être allé d'émerveillement en ébahissement, il a abaissé une des cages pour mieux voir son occupante, une ravissante jeune femme aux longs cheveux auburn qui lui faisait signe tout en jouant une douce mélodie à la flûte de Pan. Il s'est même enhardi jusqu'à ouvrir la porte de la cage... et l'araignée géante, sous son illusion de jeune fille, l'a promptement happé, paralysé de son venin, et emmailloté dans un cocon de soie pour le conserver avant de le dévorer. Rubem est encore vivant, il est même conscient de ce qui se passe autour de lui et n'est plus affecté par les illusions du Dévorant, mais le venin le paralyse et l'empêche de bouger et de parler.

Si les PJ se montrent menaçants ou dangereux pour le Dévorant et sa "boutique", et si la créature a compris qu'ils recherchent Rubem (par exemple s'ils lui ont posé des questions à son sujet, ou s'ils ont appelé le jeune homme à l'intérieur de l'échoppe), elle incitera les PJ à lever les yeux vers l'une des cages (dissipant au besoin l'illusion qui la recouvre peut-être encore pour certains d'entre eux). Nos héros verront alors que l'araignée géante est prête à broyer la nuque du garçon entre ses puissants chélicères au moindre geste hostile de leur part. Mais d'un autre côté, le Dévorant ne peut se permettre de les laisser ressortir de sa boutique, car ils pourraient aller informer les autorités ou revenir en force et avec un appui magique. Bref, la situation est bloquée...


Dénouer les fils de la toile

Le dénouement de la situation peut prendre plusieurs formes. Il peut être dû à l'action des PJ (par exemple, en relâchant brutalement la chaîne qui suspend la cage, provoquant sa chute immédiate, au risque de blesser Rubem certes, mais vues les circonstances...). Si ceux-ci ne savent vraiment pas comment réagir, un afflux soudain de clients à l'intérieur du Bazar peut détourner l'attention du Dévorant, suffisamment pour permettre aux persos de reprendre l'initiative.
Quoi qu'il en soit, toute solution passe par l'élimination physique du Dévorant (ce qui provoquera l'autodestruction de la boutique, comme le décrit Leiber) et de l'araignée géante. Rubem pourra alors être extrait de son cocon de soie gluante, et les PJ n'auront plus qu'à se mettre rapidement en quête d'un antidote pour le venin, faute de quoi l'issue sera inéluctablement fatale pour le jeune homme, toujours paralysé.

Quant à l'emplacement occupé par le Bazar, il restera abandonné, les rares marchands ayant osé y établir une boutique sombrant plus ou moins rapidement dans la folie et tentant de vendre des ordures à prix d'or. Mais ceci est une autre histoire...
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« Répondre #1 le: 16Août, 2007, 23:53:03 »

Tortillas pour les Dalton
Scénario western
par Cultösaurus




Sous le ciel de l'ouest

Ce scénario est destiné à un groupe de PJ cow-boys dans un ranch du sud-ouest du Texas, près du Rio Grande, qui marque la frontière avec le Mexique. Son action se place entre 1867 et le milieu des années 1880, à la grande époque des ranchs, des cow-boys, des troupeaux immenses et du pâturage extensif.
Le ranch est la propriété de Thomas Dalton, un colosse écossais d'âge mûr, l'archétype du rancher self-made man dur à la tâche. Il dirige fermement son exploitation, entouré de sa femme, Mary (qui est à nouveau enceinte) et de leur nombreuse progéniture. Pour l'aider dans son travail, il emploie des cow-boys (en nombre variable selon la période de l'année), connus dans la région sous le sobriquet de Dalton boys.

Nous sommes au début du printemps. Les Dalton boys s'affairent à rassembler le troupeau éparpillé sur les immenses terres du ranch avant de le conduire vers Abilene (Texas) et sa gare (ou, si nous sommes avant 1881, carrément vers Abilene (Kansas), ou vers Dodge City à partir de 1872) : parcourir les étendues accidentées et broussailleuses du ranch pour y retrouver les bêtes, marquer du D barré les veaux de l'année, castrer les mâles, il y a du boulot, et Tom Dalton a recruté de nouveaux Dalton boys pour renforcer son équipe.
Selon le goût de sa tablée pour ce genre de choses, le MJ peut s'attarder sur ces activités bouvières, ou passer rapidement pour lancer le scénario lui-même.


Le ranch maudit

C'est la catastrophe ! Alors que le troupeau est presque entièrement rassemblé et que le long drive vers la gare où il embarquera pour les abattoirs de l'est devrait commencer d'ici quelques jours, une maladie frappe le bétail qui se met à boîter, à baver, et à dépérir. Les femelles pleines avortent. Même la bonne vache qui fournit le lait de la maisonnée est affectée, et ne se laisse plus traire, sa mamelle douloureuse étant particulièrement sensible.
Appelés à la rescousse par Dalton, le médecin du village comme le maréchal-ferrant prescrivent quelques remèdes sans grand effet avant de se déclarer impuissants.
C'est alors que l'un des Dalton boys, Chico, un vieux cow-boy métis d'Indien, déclare qu'il se souvient d'avoir vu une telle épizootie (il n'emploie bien évidemment pas ce terme !) dans un ranch dans lequel il travaillait l'année dernière. La maladie avait été guérie par l'administration d'un élixir fourni par un marchand de remèdes itinérant, le docteur Harper. Après avoir exprimé le peu de considération qu'il peut avoir pour les vendeurs d'huile de serpent, Tom Dalton, désespéré, finit par avoir une discussion avec Chico qui insiste sur le côté extraordinaire du docteur Harper (qui lui a même arraché une dent sans lui faire mal, insiste t-il avec à l'appui un sourire édenté), après laquelle il rassemble quelques-uns de ses boys (les PJ) et leur confie la mission de retrouver Harper et de ramener son élixir.

Par chance, Harper se trouvait il y a peu dans une autre ville du comté. Ville dont il est parti précipitamment pour échapper à une arrestation, suite au décès de plusieurs membres d'une même famille ayant absorbé l'un de ses remèdes miraculeux (sur l'étiquette duquel était pourtant écrit en petit "lotion pour frictions corporelles - ne pas avaler"...). Bref, Harper, recherché par la justice du Texas, a traversé le Rio Grande il y a trois jours (le lieu exact pouvant varier selon les campagnes) et s'est réfugié au Mexique.


La ballade des Dalton

Les PJ vont donc devoir à leur tour traverser le Rio Grande et se rendre au Mexique (si aucun d'entre eux ne parle l'espagnol, le MJ peut choisir de les faire accompagner par Chico... ou de les laisser se débrouiller !).
Le trajet des PJ peut être pimenté de différentes péripéties : par exemple, en traversant les terres d'un autre ranch pour atteindre la frontière, ils pourraient être pris pour des voleurs de bétail : selon les circonstances de la rencontre, leur attitude et les explications fournies, cela peut dégénérer jusqu'à une tentative de pendaison sur le champ.
Du côté mexicain, les PJ pourraient avoir maille à partir avec une patrouille frontalière, fort suspicieuse devant l'incursion dans leur pays d'un groupe de cavaliers gringos armés, ou avec des bandidos.

Suivre la piste de Harper sera d'autant plus aisé qu'il continue d'exercer son activité de docteur itinérant, et les PJ finiront par le retrouver dans un village proche... mais en fâcheuse posture.

En effet, un groupe constitué d'une douzaine à une vingtaine (selon la composition du groupe de PJ) de villageois excités et hurlants a acculé le chariot du docteur au fond d'une impasse, et semble bien décidé à le lyncher sur place. Un gros malabar moustachu l'a déjà empoigné par le col et est en train de l'arracher au siège de sa carriole, et des torches s'approchent dangereusement de la bâche de celle-ci. Si les Dalton boys veulent leur élixir, il leur faudra d'abord tirer Harper de cette mauvaise (im)passe !
Ne perdez pas de vue que, même si on a facilement tendance à voir le Mexique comme une version "sauvage" du Far West, provoquer un bain de sang entraînera la poursuite de ses auteurs par les autorités locales. Pour autant, raisonner une foule de ce type ne sera guère possible, et il faudra probablement recourir à une diversion, ou foncer à cheval dans le tas pour s'emparer du docteur en sacrifiant son chariot.

Au fait, pourquoi cette colère populaire ? Si les PJ l'apprennent, ils risquent d'avoir une bien piètre image du docteur Harper, car un remède qu'il a vendu aux villageois pour traiter leurs chèvres (victimes d'une épizootie dont les symptômes sont assez semblables à ceux dont souffrent les bovins du ranch Dalton) les a toutes fait crever !


L'élixir du docteur Doxey

Espérons donc pour la suite du scénario que les PJ parviendront à s'enfuir avec le docteur Harper.
Celui-ci, qui leur exprimera chaleureusement sa gratitude dès qu'il le pourra, doit leur apparaître comme l'archétype du charlatan bonimenteur et roublard, s'exprimant de façon ampoulée en inondant son discours de termes médicaux.

Une fois que les PJ lui auront expliqué ce qu'ils attendent de lui (il faudra lui décrire soigneusement les symptômes observés sur le bétail, et il demandera moult détails), Harper acceptera sans difficulté de leur fournir son fameux élixir. Malheureusement, il ne lui en reste plus (d'autant plus s'il a dû abandonner son chariot au fond de l'impasse !), et il va devoir en fabriquer à nouveau.
Pour cela, il aura besoin d'un endroit tranquille, d'un peu de temps (une journée environ), de son matériel, et de divers ingrédients.
En ce qui concerne les deux premiers éléments, quelques villageois plus teigneux que les autres risquent fort d'être des empêcheurs de distiller en rond : furieux de voir l'empoisonneur de leurs chèvres leur échapper, ils se sont lancés à la poursuite des PJ, et ils finiront tôt ou tard par tomber sur le campement... au moment que le MJ jugera le plus (in)opportun. Il n'est pas impossible que le groupe doive détaler à plusieurs reprises avant de pouvoir enfin s'installer convenablement pour la fabrication de l'élixir ! Quoi qu'il en soit, Harper refusera catégoriquement de retourner sur le sol texan, s'y sachant recherché.
Le matériel ne posera aucun problème si le chariot du docteur a échappé intact à la populace vengeresse. Dans le cas contraire, il faudra au minimum trouver une solution pour remplacer alambics et cornues, une balance de précision, un thermomètre, une éprouvette graduée, et des récipients pour y stocker le remède !
Enfin, pour les ingrédients, un MJ facétieux pourra envoyer les PJ en quête de divers produits chimiques, denrées alimentaires (alcool, sucre, etc...), plantes ou champignons.

Finalement, Harper devrait parvenir à produire quelques gallons d'une épaisse mixture brunâtre et nauséabonde.
Les PJ s'inquiéteront peut-être de la quantité relativement faible d'élixir produite, par rapport à la taille du troupeau à traiter. Mais il s'agit, comme le leur expliquera le docteur (qui entrera dans moult détails au sujet de la posologie), d'un concentré à diluer dans l'eau de boisson des animaux.


Sur la piste des Dalton

Les PJ, désormais en possession de quelques encombrants gallons de l'élixir du docteur Harper, doivent retourner au Texas pour le ramener au ranch Dalton.
Ils ignorent qu'en leur absence l'épizootie s'est étendue aux troupeaux voisins. Et certains des ranchers, sachant que les Dalton boys sont partis chercher un remède miracle, ne reculeront devant rien pour se le procurer.
Les PJ, qui ne se méfient sans doute guère à ce stade de leur périple, risquent donc de tomber dans une (ou plusieurs !) embuscade(s) tendue par les hommes de main des ranchs voisins, désireux de leur dérober le précieux liquide.


Ma Dalton

Gageons toutefois que nos héros parviendront à regagner le ranch avec leur cargaison. L'effet exact qu'aura l'élixir est laissé au choix du MJ. Il pourra être :
- efficace ;
- inefficace, en raison d'un changement dans la formule, ou d'une fabrication dans des conditions loin d'être idéales (mauvais dosage d'un ingrédient, température trop élevée ou au contraire insuffisante, etc...) ; ou parce qu'il l'a toujours été, et que dans le cas rapporté par Chico, les animaux ont guéri naturellement ;
- délétère, pour les mêmes raisons ; ou parce qu'il a toujours été toxique, mais que lorsque Chico l'avait vu employé, il était suffisamment dilué pour ne pas affecter les animaux ;
- inefficace, car la maladie (maladie des muqueuses) n'est pas celle que Chico a vu guérir avec le même remède ;
- inutile, car le troupeau a été ravagé par la maladie (peste bovine) ou parce que cette dernière a tout simplement rétrocédé (fièvre aphteuse).

Au fait, pourquoi le titre du scénario ?
Eh bien, tout simplement parce qu'une fois l'élixir ramené au ranch et administré au troupeau, Mary Dalton préparera aux Dalton boys un repas à base de... tortillas !
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« Répondre #2 le: 22Septembre, 2007, 13:45:37 »

Fish Connection
Scénario pour Fading Suns
par Kazanoff


Ce scénario pour Fading Suns se déroule sur Byzantium Secundus. Le supplément qui est consacré à la planète est nécessaire ; le Guide des joueurs peut apporter d’utiles précisions sur les Oro’ym.
Il est assez ouvert et lié à d’autres problèmes (à la fois fausses pistes et vraies intrigues) détaillées dans Byzantium Secundus.

L’histoire
Kurmal et Alssir sont deux frères Oro’ym. Cette espèce amphibie récemment redécouverte habite les océans de la planète Madoc. Tous deux vivaient de commerce avec des Guildiens, récupérant sous la mer des antiquités Oro’ym (objets d’art, technologies anciennes et reliques sacrées). De tempérament curieux, ils décidèrent de s’envoler vers les étoiles pour découvrir d’autres mondes et rencontrer les humains. Ils emportèrent avec eux deux caisses d’objets rares et précieux, pour offrir à des dignitaires ou vendre à des marchands. Ils embarquèrent dans un vaisseau à destination de Byz Sec, à un saut de distance, où survit une petite communauté Oro’ym, et où les océans couvrent une grande partie de la planète.
Malheureusement pour eux, les Fouinards chargés de les emmener sont des mauvais garçons… Intrigués par la collection technologique des deux xénomorphes, ils y trouvent des petits trésors, dont des programmes portant sur la recherche génétique, pour lesquels ils connaissent un lucratif débouché. Ils décident donc de se débarrasser de leurs passagers peu après leur arrêt sur la station Cumulus. Mais cela tourne mal : les deux Oro’ym ne se laissent pas faire, et le combat provoque la perte du contrôle du vaisseau, qui finit par se poser en urgence sur une petite île de Galatée, non loin de Port-Autorité.
Alssir parvient à s’enfuir, étant donné la proximité de la mer, et il rejoint un peu par hasard Port Agora. Déçu par les humains et extrêmement méfiant il se cache. Dans le même temps, il aimerait bien se venger des Fouinards, et en particulier du Caïd Luciano, le chef du groupe, qui a tué son frère. Il a également rencontré la communauté des hommes-poissons, aberrations génétiques produites par les recherches inhumaines de l’Ingénieur Prof. Finman ; ceux-ci, complètement perdus, l’ont adopté comme chef de leur petit groupe.
Dans le même temps, les Fouinards cherchent Alssir pour mettre la main sur la caisse qui leur a échappé, et qui représente beaucoup d’argent (assez pour remplacer leur petit vaisseau). Ils ont également contacté le Prof. Finman pour lui vendre les outils de recherche génétique. Et ils ont écoulé sur le marché noir quelques uns des objets Oro’ym. En particulier un programme de recherche génétique, pour lequel ils ont contacté le Prof. Finman…

L’implication des personnages
Plusieurs possibilités, selon les personnages, avec la possibilité de les combiner.
 Ils peuvent entendre parler d’étranges objets de technologie avancée (NT 6, voire 7 pour certains objets) : la technologie Oro’ym est très différente de celle des humains, dans son design et son fonctionnement. Des personnages religieux ou Guildiens, pour des raisons opposées, seraient ravis d’en savoir plus.
Ils peuvent également s’intéresser au crash d’un petit vaisseau à une centaine de km de la Cité Impériale : on leur demande de s’y rendre et de faire le point.
Ils peuvent enfin avoir entendu parler de l’arrivée de deux Oro’ym (aperçus malgré les Fouinards à la station Cumulus par qq Auriges qui en ont parlé autour d’eux) et vouloir les rencontrer, pour s’apercevoir qu’ils ont complètement disparu de la circulation.

Le Novell Naples
Les Fouinards sont parvenus à atterrir en urgence sur l’îlot Istinyé, situé à 200 km de Port-Autorité. L’endroit est pauvre parce que très inondable, et n’y survivent que des serfs paysans ou pêcheurs. Il y a une petite ville : Vieux-Taksim, qui dispose d’un minuscule astroport et d’un port desservi par de rares bateaux. Si proche de la Cité Impériale, on est dans un autre monde.
Tout le monde est au courant de l’accident, et on pourra sans problème indiquer l’endroit aux pj. Les autorités (Josef Hils, homme libre gérant l’îlot pour le compte d’un noble et Aman Tolga, un vieux Guildien de l’Autorité – la guilde principale de Byz Sec), pourront apporter leur maigre concours ; par exemple en indiquant qu’un groupe de personnes a déjà été aperçu sur place. Ils seraient arrivés dans un grand glisseur, et repartis dare-dare.
Le vaisseau est gravement endommagé, et il faudrait l’envoyer en réparation sur un arsenal pour le récupérer. En fait les Fouinards ont été secourus par des membres de leur « gang » ; ils ont aussi récupéré tout ce qui pouvait l’être du vaisseau (plus de machine pensante, d’armes ni de cargaison). Des traces de sang peuvent être décelées dans le poste de pilotage (le pilote a été blessé lors de l’atterrissage), et un bon test de mécanique révèlera que certains des dégâts ne sont pas dus au crash (mais au combat). On peut repérer des impacts laser et un harpon est fiché dans une paroi. Le Novell Naples est un très petit cargo (taille 4) dont une partie de la soute est secrète. Il appartient clairement aux Fouinards (avec leur emblème), et peut franchir des portails de saut. Impossible de savoir d’où il vient.
Si les pj investiguent, ils trouveront ou seront menés au cadavre d’un Oro’ym. Sa combinaison hydratante s’est brisée, et il était déjà blessé.

D’étranges objets (de désir ?)
Alertés par l’Eglise ou par la Guilde, les pj cherchent à se renseigner sur les objets xénomorphes : une relique Oro’ym fait son apparition chez un riche collectionneur Al-Malik ; un élixir de longévité retient l’attention d’Ingénieurs parce que sa composition est anormale ; un marchand de Port-Autorité met en vente des armes de projection (type harpon) perfectionnées et jamais vues ainsi que des pièces de tissu-armure dans une texture inconnue, etc… (en fonction des intérêts des joueurs et de leurs contacts). C’est une piste à la fois facile et impossible à suivre. On aurait proposé une très vieille statuette à Vintius Rudanda, le plus fameux marchand d’art xénomorphe, qui n’avoue cependant pas l’avoir achetée (en fait, si).
Facile parce que les objets sont vraiment hors du commun par leur technologie, et très repérables par leur design. Même si les recéleurs protègent ses sources, au prix de gros efforts (intimidation, chantage, graissage de pate & co), il est finalement possible de remonter aux vendeurs. Impossible parce que tout le monde trafique à Port-Autorité, et tout peut se trouver. N’hésitons pas à envoyer les pj sur des fausses pistes (« Les magiciens de la contrebande », in Byzantium Secundus, se jouerait très bien de front). Et surtout, une source principale : un gang de Fouinards installé dans la Favela au Sud Ouest de l’Astroport (précisément au lieu anciennement dit Bellevue, aujourd’hui Caniveau Sud). Imaginons un concentré de pauvreté régulièrement inondé et infesté de vermines, au propre comme au figuré.

Une explication cordiale
Tôt ou tard les pj vont se tourner vers les Fouinards. Il est difficile de rentrer en contact avec le gang de Luciano. Il s’occupe de racket, de vol et de recel, et de trafic de technologie ; ses activités sont donc très discrètes. Il fait régner la terreur sur son territoire, Caniveau Sud, et les gens ne parlent pas. Au contraire, toute investigation un peu ostensible conduira à une confrontation musclée avec les brutes qui l’entourent.
Ses activités d’ « export-import » avec la planète Madoc ont plus pignon sur rue, parce qu’elles nécessitent des contacts et une logistique. Les pj peuvent se faire passer pour des acheteurs ou des vendeurs et le rencontrer. Il ne dira pas grand-chose pour autant. Si on le met au pied du mur, il conseille aux gens de s’occuper de leur business. Son supérieur en revanche, le Consul Antonio Suvatski, est plus soucieux des relations publiques, et n’a guère apprécié les méthodes expéditives de Luciano. Il tentera de pacifier la chose, promettant de protéger Alssir s’il le retrouve. Mais il n’agira pas contre Luciano, sinon en lui donnant un avertissement. C’est en le rencontrant à son bureau que les pj croisent Alvarez, l’Aurige qui pilotait le vaisseau et qui s’est blessé lors du crash. Animé de sentiments xénophiles, il a mauvaise conscience et expliquera ce qui s’est passé. Il parlera aussi des livraisons secrètes de matériel génétique au Prof. Finman. Détail intéressant : le matériel livré est inutilisable en l’état, il faut le compléter par des programmes en possession d’Alssir… devant la somme d’argent en jeu, les Fouinards ne vont certainement pas en rester là.

Retrouver Alssir
C’est quasiment impossible. Il se cache dans la Ville Engloutie (appelée Stygriat), dans une Eglise abandonnée. Le lieu est à la fois inondé, labyrinthique et dangereux. Les pj peuvent entendre parler d’hommes poissons, sorte de mythe urbain des pêcheurs et des éclusiers. Ils n’ont rien de mythique, et sont une fausse fausse piste. C'est-à-dire que se renseigner sur eux conduit à en rencontrer – difficilement – un, mais il ne s’agit pas d’un Oro’ym. Juste un humain génétiquement modifié. Mais il sera bien en contact avec Alssir ! (On peut croiser ici l’intrigue avec celle proposée dans Byzantium Secundus : des crimes ont été commis par de mystérieux amphibiens. Les pj soupçonneront l’Oro’ym, alors qu’il s’agit des hommes poissons, agissant en fait sous la contrainte d’un groupe anti-xénomorphes qui considèrent qu’on accorde trop de respect et de droit aux rares Oro’ym résidant sur Byz Sec).
Une piste s’offre aux pj sous une forme funeste : des éclusiers sont morts d’un mal étrange. Renseignements pris (par exemple au sanctuaire Amalthéen), il s’agit de la grippe bleue, une maladie de Madoc anodine pour les Oro’ym mais fatale en 48h pour les humains. Les éclusiers ont été contaminés en travaillant dans Stygriat entre l’Astroport et Port Autorité. Pour l’anecdote, l’Elixir Oro’ym soigne très bien ce genre de chose. Et Alssir en a encore en sa possession. Ce peut-être une bonne motivation pour un pj malheureusement contaminé, et une bonne source de tension…
C’est parti pour une partie de plaisir dans les souterrains inondés !

Stygriat
L’expédition souterraine s’annonce rigolote. Les tunnels sont remplis d’eau saumâtre et stagnante, et constituent un labyrinthe immense fait de milliers de couloirs, salles et recoins sombres. Les pj peuvent louer à prix d’or les services d’un guide de la guilde des éclusiers. Connaissant le secteur où il faut chercher, ils n’en vont pas moins patauger péniblement pendant, disons 4 bonnes heures. Temps amplement suffisant pour toutes sortes de rencontre plus ou moins sympathiques : criminels y ayant leur refuge, sectes de psychomanciens psychotiques, groupes politiques dissidents, créatures diverses et monstrueuses. On peut donjonniser à loisir. Personnellement, j’aime bien les Raech-Ul, sorte de Trolls des cavernes dont on ne sait pas s’il s’agit de xénomorphes, de natifs de Byz Sec dégénérés, d’humains modifiés ou de démons. Mais on sait qu’ils sont méchants et bêtes, et qu’ils font un bruit du type « chit-chit-chit-chit ».
Stygriat est le nom donné à la Souterraine par les Ukar, qui s’y retrouvent plutôt mieux que les Humains. Un Ukar du coin ferait également un très bon guide, tout en étant potentiellement un terroriste du Front de Libération des Xénomorphes…

De nombreuses rencontres
Admettons que les pj finissent par trouver le repère d’Alssir, épuisés, sales et probablement blessés, mais heureux. Il s’agit d’une vieille église abandonné à la montée des eaux, et sur laquelle d’autres souterrains ont par la suite été construits. Une étrange lumière bleutée illumine maladivement les murs croulants et l’eau croupie. L’eau arrive jusqu’aux genoux, mais les souterrains en sont complètement inondés. On tombe facilement dans un trou d’eau. Alssir, qui apparaît gracieusement à la surface. Des hommes-poissons restent cachés, prêts à intervenir si la situation dégénère. Accordons une petite conversation avec l’Oro’ym.
Rapidement, les choses deviennent plus compliquées : les Fouinards apparaissent, l’arme au poing. Ils cherchent juste à se débarrasser d’Alssir et à récupérer la marchandise. On peut négocier… difficilement. Le Prof. Finman, en tenue de plongée galvanisée et harpon en main, fait son entrée suivi d’hommes poissons galvanisés eux aussi. Il a été prévenu par les Fouinards, et tente de les doubler (il veut éviter de payer le prix exorbitant qu’ils demandent pour le matériel de recherche génétique). Il est complètement fou, les yeux exorbités, persuadé que le futur de l’humanité aura des branchies, et qu’il va régner sur un monde rempli de poissons humanisés (ou l’inverse). Les hommes-poissons alliés d’Alssir sortent à ce moment là et font corps autour de leur nouveau maître (ils avaient réussi à s’échapper de l’emprise de Finman, et ne nourrissent pas de tendres sentiments à l’égard de celui qui les a capturés, opérés, torturés, bannis de la société des humains et réduits en esclavages). Bien sûr, Finman a été suivi par l’Inquisition : la sublime Sœur Scarletta débarque avec force Avestites et lance-flammes, ravie de tomber sur une réunion de généticiens, variants, trafiquants de technologie, xénomorphe païens et pj douteux. (La génétique, que l’on soit chercheur ou produit de la recherche, est le pire crime technosophiste aux yeux de l’Eglise).

Résolutions et conséquences
Une fois que tout le monde a menacé tout le monde, plusieurs options sont possibles, avec certaines inconnues. Le bain de sang est la plus probable, les Inquisiteurs nettoyant le tout au lance-flammes. Ensuite, tout un dégradé de solutions plus pacifiques. Finman est le Grand Méchant pour l’Inquisitrice, et elle peut être convaincue que seul lui est réellement dangereux, voire qu’il vaudrait mieux l’arrêter et l’interroger plutôt que le supprimer. Ses hommes-poissons peuvent facilement être retournés contre lui. Tout le monde peut s’allier contre les Avestites pour s’expliquer ensuite. Les Fouinards peuvent être amenés à battre en retraite ; après tout, la vie est plus importante que l’argent. Alssir risque de prendre la fuite dès qu’il le peut et que la situation devient intenable. Bref, combats ou négociations ou les deux ad libidum.

Selon les résolutions, plusieurs conséquences : l’Inquisition peut se retrouver sur les traces des Fouinards, eux-mêmes sur celles des pj. D’autres impasses mexicaines en perspective. Finman peut être en fuite, emprisonné ou mort. L’Inquisition aimerait bien un coup de main (contre l’arrêt de toute suspicion) pour démanteler son réseau de trafic de technologie et explorer son laboratoire… Les pj peuvent trainer en justice les Fouinards pour le meurtre d’un (ou deux) Oro’ym).

Par ailleurs, le sort des homme-poissons reste en suspens. Si les Avestites n’ont pas réglé la question (version poisson grillé), cela soulèvera moult problèmes. Ils sont victimes après tout… Le plus probable reste qu’ils retournent à leur cachette, à survivre en attendant la mort. Mais les pj peuvent tenter d’en référer aux autorités.
Le sort de l’Oro’ym est tout aussi compliqué, surtout si l’on veut ajouter à l’intrigue. Il ne compte pas moisir dans les eaux pourries de Byz Sec : les océans de Madoc sont bien plus beaux. Organiser son rapatriement constitue une aventure en soi. Qu’en serait-il s’il venait porter tribut à Alexius, avant de se faire piéger ? Les pj pourraient tenter d’obtenir une entrevue pour ce marchand extraordinaire. Qu’en serait-il s’il voulait remercier les pj ? les fonds de Madoc regorgent de merveilles qui n’attendent que des inventeurs, et de mystères à explorer et révéler. L’amitié d’un Oro’ym est chose rare et précieuse…
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« Répondre #3 le: 23Septembre, 2007, 23:27:14 »

18ème amendement
Scénario dans le Chicago de la Prohibition
par Xaramis



Le 18ème amendement à la Constitution des Etats-Unis est connu pour être celui qui a instauré la Prohibition de consommation, fabrication, vente et transport d'alcool. Il a été proposé par le Congrès le 18 décembre 1917. Il a ensuite été ratifié par 44 états, de janvier 1918 à mars 1922. Deux états l'ont rejeté, Connecticut et Rhode Island. Le 18ème amendement est entré en vigueur le 29 janvier 1919, suffisamment d'états l'ayant ratifié à ce moment-là. Il sera abrogé le 5 décembre 1933, par le 25ème amendement.


Le contexte
Chicago, printemps 1928
Les PJ sont des agents fédéraux du Trésor, étrangers à la ville et censément incorruptibles. Le maire de Chicago, William "Big Bill" Thompson, est probablement le maire le plus corrompu de l'histoire de la ville, et Al Capone règne quasiment en maître sur le Comté de Cook (Cook County, que l'on surnomme « Crook County », c'est-à-dire le Comté du Malfrat).
Les PJ sont venus en ville mener une enquête particulière sur un des conseillers municipaux, Joseph Harriman, dont des informations reçues par le Bureau du Trésor laissent penser qu'il est fortement impliqué dans divers trafics. Joseph Harriman dirige directement ou par l'intermédiaire de membres de sa famille plusieurs entreprises : une entreprise de transport sur les Grands Lacs, une usine de textiles qui vient de remporter le marché de la fourniture des uniformes de la police municipale (quel heureux hasard !), une entreprise de construction d'immeubles, une société d'import-export vers l'Europe, etc.

Premiers pas mouvementés à Chicago
Les PJ peuvent commencer à se faire la main avec l'examen de paperasses (pour se familiariser avec les affaires que mène Harriman), mais il arrive un moment où l'action sur le terrain devient nécessaire. Les PJ découvrent le goût de Harriman pour divers clubs à la mode, surtout dans la 35ème Rue, entre State Street et Calumet Street (le Sunset Café, le Dreamland, le Panama). Harriman est le plus souvent escorté de deux hommes vigilants.
Un soir où ils sont en planque devant une de ces boîtes, un trio s'engouffre dans la voiture de Harriman, l'un des accompagnateurs habituels de Harriman tire sur les PJ, et le véhicule tente de leur échapper. S'ensuit alors une course-poursuite, avec tirs nourris. Le final de la poursuite doit conduire le véhicule de Harriman à tomber dans la Chicago River. Et personne ne sort vivant du véhicule qui coule à pic, sous les flots tumultueux de la rivière.

Sur les traces d'Harriman
A défaut de pouvoir interroger Joseph Harriman, les PJ peuvent rencontrer son épouse, Elizabeth, à leur domicile. Celle-ci est sans nouvelle de son mari depuis quelques jours, mais ce n'est pas inhabituel, car il se déplace beaucoup pour régler ses affaires.

Interroger des relations d'affaires ou des accointances de Harriman est malaisé, surtout si les PJ ont vraiment des apparences de flics ou de fouineurs. Mais, si les PJ procèdent sur la pointe des pieds, ils peuvent être mis sur la piste de sa maîtresse, Lonette Carter, une beauté pétillante qui chante au Dreamland. Cette maîtresse n'est pas un secret très bien gardé (mais Elizabeth Harriman n'en a rien dit aux PJ lors de leur première visite). Et surveiller l'appartement de Lonette Carter amène à penser qu'elle y cache quelqu'un (par exemple, elle achète plus de provisions qu'elle ne pourrait en consommer à elle seule, etc.). Cependant, ce « quelqu’un » est étranger à l’affaire : c'est un autre amant de Lonette, un truand de deuxième catégorie, Greg « Sweet Eyes » Landesco, qui pourrait être tenté d'en venir aux poings, ou même de sortir l'artillerie si les PJ éventaient et ébruitaient sa relation avec sa « poulette », comme il dit.
Lonette Carter peut informer les PJ que sa relation avec Joseph Harriman est de l'histoire ancienne depuis plusieurs semaines. Depuis qu'il a délaissé la chanteuse pour une autre, dont elle prétend ignorer l'identité.

[Si les PJ sont particulièrement attentifs, ils peuvent remarquer qu'ils ne sont pas les seuls à surveiller l'appartement de Lonette Carter. Deux hommes dans une voiture semblent surveiller cette résidence également. Mais s'ils se sentent repérés, ils filent sans demander leur reste. Pour le cas où les PJ arriveraient à les « coincer », ils reconnaîtraient être des flics à la retraite, protégeant Mlle Carter pour le compte d'un ami à elle, sans plus de précision.]

[Cette partie de l'aventure est aussi un prétexte pour faire découvrir aux PJ (et donc aux joueurs) diverses facettes de la vie à Chicago dans ces années 1920, boîtes de jazz, speakeasies où l'alcool coule à flots malgré la Prohibition, main-mise des gangsters, etc.]

Un suicide inattendu

Fouiller un peu plus les relations de Joseph Harriman met les PJ sur la piste de sa nouvelle maîtresse, Missy Prober, une danseuse travaillant dans un club voisin du Dreamland, le New Orleans Babies. Et filer discrètement la danseuse conduit à un appartement discret, sur Madison Street. La jeune femme semble familière des lieux, mais, quand elle y pénètre, elle pousse de grands cris et ressort aussitôt, paniquée. Si les PJ vont vérifier ce qui a pu l'affoler ainsi, ils risquent d'être surpris : Harriman se trouve dans l'appartement, mais il est mort, et bien mort.
La fuite « musclée » de la boîte de jazz n'avait donc été qu'une diversion pour essayer de disparaître.
Les premières constatations font penser que Harriman s'est suicidé : il est installé dans un fauteuil, il a un trou dans la tempe, et une arme déchargée était près de lui sur le sol. Toutefois, des éléments troublants peuvent être relevés par les PJ. Par exemple :
- les clés de l'appartement sont introuvables sur le corps ou dans les affaires du défunt (or Mlle Prober a dû se servir du jeu de clés que Harriman lui avait donné, car elle avait trouvé la porte fermée) ;
- il y a des tapis luxueux partout dans l’appartement, mais aucun dans le vestibule. Un œil attentif peut néanmoins y trouver des fils qui font penser qu'il s'en trouvait un à cet endroit. Pourquoi retirer celui-ci et pas les autres ?
- il n'y a pas de lettre d'adieu, ou expliquant son geste ;
- l'appartement a fait l'objet d'une fouille rapide mais peu précautionneuse (livres de la bibliothèque mal rangés, tiroirs du meuble-secrétaire forcés puis refermés, etc.).
Missy Prober peut répondre ajouter quelques éléments. Oui, il y avait bien un tapis dans l’entrée la dernière fois qu'elle était venue. En outre, Joseph Harriman aimait fumer un bon cigare quand il la recevait ici, et on ne trouve nulle part la trace d'un cigare qu'il aurait fumé de mourir. Pourquoi n’aurait-il pas fumé un dernier cigare, dernier plaisir terrestre, avant de se tirer une balle dans la tempe ?
Et quelques objets de valeur, auxquels Harriman tenait particulièrement, semblent également avoir disparu.
Enfin, une fouille minutieuse de l’appartement par les PJ permet de trouver une balle de pistolet dans le chambranle d'une fenêtre et une autre dans un meuble. Et des traces brunes (du sang ?) sur un des tapis et sur une des balles en question.
Décidément, le suicide de Joseph Harriman est bien compliqué, pour un suicide...

[Pour corser cette partie de l'aventure, le MJ peut faire intervenir des flics municipaux, soit une patrouille fortuite, soit une réponse à un appel d'un voisin. Auquel cas, il faut jouer ces flics comme ils sont : très probablement bourrus et très probablement corrompus, à la solde d'une des familles de malfrats de Chicago. Une scène à jouer avec du doigté, du côté des PJ. Les PJ peuvent se dévoiler et faire état de leur statut d'agents fédéraux, mais, dans ce cas, les flics seront mal disposés à l'encontre de ces « Feds » qu'ils soupçonnent de les regarder comme des péquenots incapables, et il deviendra impossible pour les PJ, par la suite, de continuer à être incognito en ville. La nouvelle que des Fédéraux fouinent autour de Harriman risque de se répandre comme une traînée de poudre. Il vaudra peut-être mieux, pour les PJ, tenter de baratiner les flics et de mettre en scène une couverture plausible.].

Un journaliste au parfum
Dès le lendemain du suicide, un journal (Chicago Tribune) publie un article révélant les dessous du suicide du ministre : corruption, maîtresse, etc. Le journaliste signataire de l’article refuse de citer ses sources, même sous les pressions les plus lourdes. En cela, il sera soutenu par la direction du journal.
En fait, les « informations » ont été divulguées au journaliste par un opposant à Harriman au sein du conseil municipal.

Des cambrioleurs (im)prudents
Enquêter du côté des cambrioleurs déjà connus ou des receleurs potentiels permet de retrouver certains objets dérobés chez Harriman et chez des voisins de son appartement. Le receleur avoue qu'il est en cheville avec quelques monte-en-l'air, qu'il n'est pas très difficile d'appréhender et de faire passer à table pour qu'ils expliquent leurs façons de faire : repérer des victimes potentielles (des riches ayant fait fortune dans des conditions pas toujours très nettes, par exemple la contrebande), ensuite procéder à une longue observation des sites (repérer les usages des domestiques éventuels, etc.), et enfin cambrioler les lieux (en étant à peu près assurés que les victimes ne porteront pas plainte, à cause du côté pas très légal de leur fortune).
Les malfrats ont longtemps surveillé l’appartement de Harriman et ceux d’à côté, et connaissent bien les habitudes et les relations de feu le conseiller municipal :
- quelques amis qui venaient jouer aux cartes, boire de bonnes bouteilles, et lutiner des jeunes filles peu farouches (des prostituées ?) ;
- une femme qui a fait une scène à Harriman (la description correspond à son épouse, Elizabeth).
Les cambrioleurs étaient en train de « visiter » un appartement voisin de celui de Harriman, quand ils ont entendu les coups de feu (trois, pour être précis). Puis ils ont vu deux hommes, dont un qui semblait gravement touché à la jambe et l'autre portant quelque chose roulé sous le bras (un petit tapis ?), quitter précipitamment l'appartement de Harriman.
Après la fuite des trois hommes, ils se sont laissé aller à de la curiosité, jetant un oeil dans l'appartement devenu totalement silencieux. Quand ils sont entrés dans l'appartement, ils ont trouvé Harriman déjà mort. Ils ont tout de même dérobé quelques objets de valeur (petits tableaux, bibelots, etc.), et ont fait très vite pour ne pas être surpris sur les lieux.
Si la question leur est posée précisément, ils répondent, sans détour, que ce n'est pas eux qui ont forcé les tiroirs ou renversé les livres de la bibliothèque : les lieux étaient déjà comme ça à leur entrée dans l'appartement.

Une veuve qui en sait plus qu'elle ne dit
Les PJ doivent désormais se douter qu'Elizabeth Harriman en sait plus qu'elle ne le leur a dit. Elle connaissait, à tout le moins, l'appartement « discret » de son mari, ses conquêtes « artistiques ». Maintenant que son mari est mort, elle sera peut-être un peu plus encline à dévoiler des éléments qu'elle connaît. En effet, loin d'être une femme coupée du monde, elle est un peu au fait des affaires de son mari. Mais elle peut jurer, y compris sur la Bible, que son mari, en dehors de ses frasques amoureuses, est un honnête homme, même si certaines apparences sont contre lui.
Elizabeth Harriman a remarqué qu'elle est surveillée, ces derniers jours. Sa description des personnes qui la surveillent est assez ressemblante avec les deux gars qui planquaient devant chez Lonette Carter (si les PJ ont repéré ces deux-là). La nouvelle du « suicide » de son mari lui fait comprendre qu'elle n'est désormais plus en sécurité. Alors, la perspective d'être, d'une certaine manière, placée sous la protection des Fédéraux, hors de portée des malfrats et des flics pourris, peut la rendre loquace, si les PJ savent jouer sur ce registre (quitte à promettre plus qu'ils ne peuvent tenir...).
Les Harriman ont récemment reçu une lettre qu'elle peut montrer aux PJ. La missive a été envoyée par Becky Coughlin, fiancée à Billy « Duke » Hockney, récemment arrêté pour avoir transporté du gin de contrebande. Duke se pensait appuyé par ses relations dans les milieux politiques et policiers, mais il a été lâché par ses « amis ». Alors il a décidé de les lâcher à son tour. Il détient des documents compromettants sur certaines magouilles du conseiller municipal Dennis Trasher avec le clan O'Banion (un des rivaux de Capone).
La fouille de l'appartement de Harriman sur Madison Street indique peut-être que ceux qui l'ont tué pensaient qu'il avait gardé ce genre de documents dans sa « planque ».

[Becky Coughlin avait déjà pris contact avec Joseph Harriman, qu’elle avait connu par l'intermédaire de Lonette Carter. Mais le premier courrier, qu'elle avait essayé de lui glisser discrètement un soir au Dreamland, avait été intercepté par des hommes d'O'Banion. Ces hommes ont alors cru que Harriman avait déjà reçu d'autres informations. Apprenant sa « mort » dans l'accident de sa voiture, ils ont pensé pouvoir fouiller tranquillement sa garçonnière sur Madison Street ; malheureusement pour eux, Harriman s'y trouvait. Dans la lutte qui a suivi, Harriman a tiré deux fois, blessant l'un des hommes, avant de recevoir une balle dans la tempe. Les hommes ont dû, en vitesse, camoufler l'homicide en suicide, essayer de trouver d'éventuels documents – d'où la fouille sans trop de précautions – puis emporter le tapis trop taché de sang.]

Vengeance en eaux troubles

Billy « Duke » Hockney est prêt à passer à table, mais l'approcher n'est pas chose facile. Il a été pris par des policiers municipaux fidèles à Capone, et comme il est de notoriété publique qu'il appartient au clan O'Banion, il y a peu de chances qu'ils se laissent graisser la patte pour le libérer. Cependant, il y a peu de chances que quelqu'un le fasse disparaître sans raison, car il pourrait servir de monnaie d'échange entre gangs.
C'est donc aux PJ de trouver un moyen direct ou détourné d'entrer en contact avec lui (tout en gardant à l'esprit l'antagonisme flics locaux / Fédéraux signalé plus haut).

Les informations données par Hockney aux PJ permettent de monter une descente contre une livraison d'alcool dans un entrepôt des frères Rourke, des proches d'O'Banion, livraison que doit réceptionner un assistant du conseiller municipal Dennis Trasher. Les PJ peuvent, pour cela, faire appel à quelques amis de Harriman (comme les flics à la retraite qui protégeaient Linette Carter). Mais, malgré tout le soin apporté au secret du montage de l'opération, des fuites ont lieu.
La descente tourne mal, avec la confrontation de plusieurs groupes armés : les PJ (et leurs éventuels alliés comme les anciens flics), des membres du gang des Rourke protégeant la livraison, et des flics à la solde de Capone, bien décidés à porter tort aux intérêts des proches d'O'Banion. Bien évidemment, tout le monde est enfouraillé comme pour aller à la guerre. Et chacun comprend probablement qu'il n'est de l'intérêt de personne de tirer la première cartouche, sous peine de carnage.

Mais les PJ ont désormais en main, grâce à Duke Hockney, quelques atouts à jouer contre Dennis Trasher, à défaut de pouvoir les jouer contre O'Banion et ses sbires.
« Dernière édition: 24Septembre, 2007, 10:02:24 par Xaramis » Journalisée

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« Répondre #4 le: 24Septembre, 2007, 10:07:56 »

Note salée
Scénario pour Te Deum pour un massacre
par Ayla


Nous sommes le 23 avril 1562. Toute la France est à feu et à sang. Toute?
Presque.
Catholiques et huguenots se livrent des combats acharnés un peu partout dans le royaume. Le 15 avril, Rouen est tombée aux mains des réformés. La guerre civile gagne peu à peu la Normandie.


L'histoire

Nos chers PJ se trouvent être de la clientèle de Gilles de Gouberville, quelque soit leur religion. Ils n'en sont pas très proches mais ont eu quelques fois l'occasion de le rencontrer.
Celui-ci leur demande un service: aller porter une lettre à l'abbé Le Fillastre, supérieur de l'abbaye du Voeu. Alors qu'ils sont de passage à Cherbourg, une émeute éclate. La rumeur court que la ville deviendrait assujettie à la gabelle dont elle était exemptée jusque là. Le collecteur du grenier le plus proche est même assassiné alors qu'il se trouvait en ville. La milice réprime violemment les troubles. La rumeur est vivement démentie par les autorités. Jacques du Moncel, lieutenant de l'amirauté, fait mander les PJ et leur confie la délicate mission d'enquêter sur l'origine de cette rumeur. Partie d'une innocente phrase (« C'est bien la peine qu'ils nous privent de pain, ces damnés boulangers, ils feront moins les fiers quand ils achèteront le sel. »), lancée à dessein dans une taverne bondée du faubourg, elle a atteint son but: faire diversion et permettre que l'assassinat d'un homme soit considérée comme une simple conséquence malheureuse.
Oeuvre de Bartholomé d'Isigny, sergent de l'amirauté, afin de prendre le contrôle du grenier local de la collecte de la gabelle, il s'agit ni plus ni moins que d'une déclaration de guerre entre deux bandes désormais rivales.


Voyage et arrivée à Cherbourg

Gilles demande un service aux PJ: faire parvenir un message au père Le Fillastre.
Il leur en explique en quelques mots la teneure: il s'agit de le prévenir qu'il ne pourra pas lui faire parvenir son don annuel à l'abbaye, en raison des évènements qui secouent le royaume. Faire voyager de l'argent, même sur une aussi courte distance...on ne sait jamais.
Une fois que les PJ ont accepté, ils se mettent en marche.
Le trajet nécessite une demi-journée de cheval, ou une journée de marche.
La population n'est pas très rassurée par les nouvelles des dernières semaines et regarde d'un mauvais oeil quiconque pourrait avoir l'air louche ou étranger.

Cité fortifiée de quatre mille habitants, Cherbourg est protégée par des pont-levis aux trois portes principales (est, sud et ouest), gardées en permanence et fermées du coucher du soleil jusqu'au l'aube. A l'intérieur du rempart, le château est protégé par de larges fosés et muni d'un donjon et de douze tours qui occupe le sud-est de la ville. Ville à très grande majorité catholique, la Réforme n'a guère trouvé d'adeptes ici.
A l'extérieur, le faubourg se tient le long de la Divette au sud des remparts et est fréquenté par les matelots. A l'ouest, l'abbaye du Voeu se trouve à environ deux kilomètres des murs.
Au sud-est de la cité, des hauteurs dominent le littoral proche.

Pour venir du Mesnil-au-Val (où réside le sieur de Gouberville), il faut utiliser le grand Pont de Grèves, parfois submergé à marée haute, qui relie la cité aux grèves de Tourlaville sur la rive droite près de la saline des Mielles.
Nous sommes en période de grandes marées, il est donc possible de couper au nord des remparts à marée basse.

Si les PJ passent par la ville, ils peuvent être marqués par une tension qui se lit sur le visage des habitants. Des conversation animées occupent toute l'attention des commères et des autres. Pas une seule boulangerie n'est ouverte depuis trois jours. Un conflit très sérieux oppose les compagnons boulangers aux maîtres. Les compagnons demandent une augmentation de leur salaire que leur refusent les maîtres. En représailles, ceux-ci les contraignent au chômage, espérant ainsi briser la contestation en montant la population privée de pain contre les compagnons. Les esprits commencent à s'échauffer tandis que les prix flambent jusqu'à atteindre 20 deniers la miche (prix habituel: 10 deniers).

Commission et retour

Il faut moins d'une heure aux PJ pour rejoindre l'abbaye du Voeu. Là, ils peuvent rencontrer l'abbé Le Fillastre et lui confier le message de Gilles.
L'abbé les reçoit avec aménité. Il pensait bien recevoir sous peu une telle missive. Il n'en tient pas rigueur à Gilles et lui fait transmettre son bonjour par les PJ.

Alors que les flots lèchent le bas des remparts, les PJ reviennent en ville.
Partout ce n'est que cris, vociférations tandis que les bonnes gens ferment leurs volets, apeurés. Une troupe hétéroclite de matelots avinés, de gueux en hardes, et d'artisans au pourpoint élimé s'avance. Elle sait où elle va : au domicile cherbourgeois du collecteur du grenier des Rouges Terres, Alphonse Launay. Celui-ci n'est guère éloigné. La populace a tôt fait d'enfoncer la porte et de piller la demeure, passant au fil de l'épée Mouche et ses quelques domestiques.
 
Soudain un martèlement de ferrailles entrechoquées et de marche cadencée retentit dans la rue. C'est les troupes du guet, renforcée de la milice des côtes, qui vient mater la révolte. Certains émeutiers fuient tandis que d'autres engagent le combat avec les soldats.

Cavalcades, hurlements, morts. La nuit passe.

Si les PJ ont essayé de sortir de la ville et de regagner le pont, ils le trouvent submergé par la marée haute.

Au service de l'amirauté

Au matin, Jacques du Moncel fait appeler les PJ (il a appris leur présence en ville par l'abbé Le Fillastre). Ses traits tirés et son teint blafard témoignent de la nuit agitée qu'il vient de vivre. Cette affaire est du ressort de l'amirauté car des matelos y ont pris part et en seraient à l'origine.
En quelques mots, il explique la raison de cette convocation. Il demande l'aide des PJ pour trouver l'origine de la rumeur qui a conduit à cette révolte. Il ne soupçonne en aucun cas son sergent qu'il tient pour une brute maligne, mais une brute tout de même.
Quand les PJ ont accepté d'enquêter pour lui, il se fait plus précis.

Conscient des enjeux nationaux, du Moncel pense à un quelconque jeu politique venant de l'une ou l'autre des parties. Il conseille aux PJ la plus grande discrétion dans leur enquête, c'est d'ailleurs pour cela qu'il fait appel à eux et non à ses hommes habituels. Concernant le meurtre d'Alphonse Launay, du Moncel le mentionne comme gênant, car officier royal, mais ce n'est pas le fait principal pour le lieutenant.

Enquête

Le faubourg est sans conteste le lieu où la moisson d'informations des PJ sera la plus fructueuse. L'atmosphère est encore très tendue, la milice patrouille régulièrement avec ordre de rapporter tout fait notable. Ils sont commandés par d'Isigny qui s'assure ainsi un réseau de renseignements officiel, en plus de ses hommes de main « civils ».
D'Isigny fera tout pour aider les PJ dans leur enquête tant qu'ils suivent la piste qui lui convient, à savoir faire porter le chapeau aux réformés qui par cette révolte auraient pu soulever la ville contre le pouvoir royal et la gagner à leur cause.
Si les PJ s'approchent de trop près de la vérité, il enverra quelque homme de main pour faire disparaître les gêneurs.

Ambroise Launay n'est pas resté inactif depuis la mort de son frère. Il soupçonne quelque chose de louche ( il a lui-même intrigué pour tirer profit de cette nomination, il sait combien elle est lucrative pour qui sait y faire). Il a donc dépêché quelques hommes de sa bande pour découvrir l'auteur du meurtre d'Alphonse. Ils peuvent être des alliés précieux pour les PJ.

Si l'enquête tarde trop, d'Isigny fera courir le bruit que les troupes réformées se trouveraient dans la forêt toute proche et projeteraient de prendre d'assaut la ville. L'abbé Le Fillastre fera alors rapatrier les biens de l'abbaye dans l'enceinte de la ville, tandis que la population en déduira que la rumeur de gabelle est du fait des huguenots. La cohésion des habitants s'en trouvera renforcée mais de violentess représailles auront lieu contre les protestants de la ville.

Epilogue

Si les PJ découvrent toute la vérité, ils obtiendront la gratitude de du Moncel qui deviendra leur obligé, mais ils se feront un ennemi juré de Bartholomé d'Isigny qui devra répondre de ses actes.
Ambroise Launay, même si son organisation a subi un sévère revers, saura gré aux PJ d'avoir démasqué l'assassin de son frère et vouera désormais une haine féroce à Bartholomé et par répercussion, s'avérera être un allié précieux pour les PJ.

Si son leurre fonctionne, d'Isigny restera en poste et aura le champ libre pour mettre la main sur les revenus de la gabelle locale. 

Annexes

La gabelle

Impôt sur le sel, elle fait l'objet d'une grande disparité d'application dans le royaume. Ainsi l'on distingue les pays de grande gabelle (les populations doivent acheter une quantité imposée de sel à un prix imposé au grenier royal, c'est là que le poids de l'impôt est le plus élevé), les pays de petite gabelle (provinces du sud-est, où la quantité de sel à acheter est libre mais ni le lieu d'approvisionnement ni le prix), les pays rédîmés (ont acheté l'exemption de gabelle contre un prix forfaitaire, provinces du sud-ouest), les pays exemptés (Bretagne essentiellement, il s'agissait d'une clause au moment de son entrée dans le royaume). Le Cotentin (équivaut à peu près au département de la Manche actuel) est soumis au régime de quart-bouillon, c'est-à-dire que la population fait bouillir de l'eau de mer et en recueille le sel. Elle doit donner un quart de sa production au grenier royal et peut revendre le restant exempté de toutes taxes.

Comme dit plus haut, le Cotentin est soumis au quart-bouillon, ses voisins ayant des régimes différents. La Bretagne est exemptée, le Maine et le reste de la Normandie sont soumis à la grande gabelle. Russy (possession de Gilles de Gouberville) est à la frontière quart-bouillon/grande gabelle mais assujetti à cette dernière.

Les nobles et les ecclésiastiques sont exemptés de gabelle.

Afin de maintenir une population dans la ville au sortir de la guerre de Cent Ans, le roi Louis XI en déclara les habitants « perpétuellement francs, quittes et exempts » de tout impôt.


Galerie des PNJ

Gilles Picot de Gouberville
Seigneur du Mesnil-au-Val, de Gouberville et de Russy
Lieutenant des Eaux et Forêts pour la vicomté de Valognes


Gentilhomme campagnard s'il en est, Gilles a pour principale préoccupation la gestion de ses terres et particulièrement la culture de ses pommiers, se tenant éloigné des troubles qui secouent le royaume.
D'esprit ouvert, il n'est pas catholique extrêmiste et se rend volontiers aux prêches réformés. Soucieux de préserver son office (hérité de son père), il n'entend pas encourir les foudres royales mais son attachement à sa famille pourrait le pousser à embrasser ponctuellement le parti adverse. Il entretient d'ailleurs de bons rapports avec les chefs réformés du voisinage.


Jacques du Moncel
Seigneur de St Nazaire
Lieutenant de l'Amiral de France à Cherbourg
Capitaine de la milice des côtes qui en dépendent
Epoux de Renée Picot de Gouberville (soeur aînée de Gilles)


Catholique hésitant, il oscille entre les deux fois. Avant tout fidèle au roi et à Coligny (à qui il doit sa nomination), il ne tolère aucune agitation dans le faubourg. Beau-frère de Gilles, il entretient des relations cordiales avec celui-ci, échangeant à l'occasion quelques propos passionnés sur la situation du royaume, quand bien même il ne trouve que peu d'échos en face.


Ambroise Launay
Chef de la bande des Mielles


Auteur de quelques mauvais coups, il n'a vraiment pris son essor qu'au moment où son frère Alphonse a été nommé collecteur de la gabelle, trouvant là une occasion pour s'enrichir à bon compte. Il n'a pas mis bien longtemps à convaincre son jeune frère de marcher dans la combine. Il a donc monté un assez vaste réseau de faux-sauniers qui lui assure de confortables revenus sans trop de risques.
La mort de son frère, non content, de le blesser dans son affection fraternelle, touche son point le plus sensible: sa bourse.
Il n'a pas d'avis sur les questions religieuses qui déchirent le pays tant qu'elle ne contrarient pas ses affaires.


Alphonse Launay dit Mouche
Collecteur de la gabelle au grenier des Rouges Terres


Frère cadet d'Ambroise, il n'a jamais pu vraiment refuser quelque chose à ce frère qu'il admire. Aussi il n'a pu qu'accepter (la promesse d'une bourse bien remplie aidant, il faut bien l'avouer) quand celui-ci lui a proposé de s'associer dans un réseau de faux-saunage alors qu'il prenait tout juste ses fonctions de collecteur de la gabelle du Nord - Cotentin (un oncle avec quelques appuis lui a permis d'obtenir cette charge)
Catholique par conformisme, il entend rester insignifiant afin de profiter du petit pécule qu'il amasse consciencieusement.
Enfant plutôt chétif, mais vif, il laissait ses adversaires s'épuiser à taper dans le vide avant de les frapper à coups redoublés qui faisaient mouche. Mouche. C'est ainsi qu'on l'appelait. Surnom qui lui est toujours resté.


Bartholomé d'Isigny
Fils illégitime du seigneur d'Isigny
Sergent du lieutenant de l'amirauté à Cherbourg


Bras droit de Jacques du Moncel il ne se passe rien dans le faubourg sans qu'il ne soit au courant. Sa fonction lui sert souvent à couvrir des actions peu recommendables, mais le crime ne paie guère et il se verrait bien arrondir sa solde avec les bénéfices du faux-saunage. C'est pourquoi il compte faire nommer un de ses proches comme collecteur de la gabelle si, par un hasard éventuellement provoqué, la place se trouvait vacante.


Guillaume Le Fillastre
Supérieur de l'Abbaye du Voeu


Farouche catholique à la foi intransigeante, il observe, atterré, les déchirements que connaît le pays. En son for intérieur, il reconnaît le bien fondé de certaines des positions réformées, mais ne l'avouera jamais, car se faisant une très haute idée de son devoir de fidélité à la papauté.
Il exècre le régime de commende sous lequel est placé l'abbaye, qui conduit un laïc à profiter du labeur d'hommes de Dieu.
Journalisée

Chez Monsieur de C., dans le sillage de Corto ou au Club Série Noire. Mes inspirations rôlistiques sont dans Inspirôle.
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